Une paire de collant aubergine par André_1

Ma femme s’absente pour tout l’après midi. Le temps est gris et n’invite
pas à sortir. Comme souvent lorsque j’ai la certitude d’être seul, j’ai
envie de m’épanouir en écoutant mes fantasmes, d’être ce moi que j’étouffe,
qui m’étouffe. Sans projet défini je fouille les tiroirs pour me trouver une
tenue érotique. J’aime les collants qui gainent la jambe en la lissant, qui
effacent les imperfections de la peau, qui enveloppent mon pénis et mes
testicules dans un étui élastique et doux, qui dessine le galbe de mes
fesses.

J’en trouve une paire aubergine à demi opaque. Je cherche maintenant un haut
un peu court, un peu moulant. Je découvre un tee-shirt en lycra avec des
manches trois quart dont le col brodé un peu ample découvre la naissance des
épaules. Muni de ce butin je me déshabille devant le psyché de la salle de
bain. Je suis nu devant moi. Je suis barbu, une fine barbe grisonnante
taillée courte, écume d’une virilité presque complètement disparue
aujourd’hui. Un vestige que je garde encore un peu malgré moi pour maintenir
l’illusion. Je prends ma tondeuse pour la raccourcir un peu plus, presque
l’effacer. Mon buste est recouvert d’une toison bouclée qui ondule sur mes
seins, sur le sillon de mon ventre, qui bouillonne autour de ma verge et qui
s’éparpille sur mes jambes. Je remets ma tondeuse en marche et sans vraiment
réfléchir je la fais courir dans la broussaille de ma poitrine. Je découvre
soudain mes seins plus nus que jamais. La tondeuse continue son office,
dénudant mon ventre jusqu’à ma toison pubienne. Je pose ma tondeuse et
prends le rasoir pour affiner cette fenaison. La vibration des lames qui
tournent sur ma peau m’excite et mon pénis s’enfle doucement. Je suis glabre
jusqu’à la ceinture et m’émeus de ce buste inconnu. Je caresse ma peau lisse
en me regardant avec une nouvelle gourmandise. Mes jambes ressemblent
maintenant à celles d’un singe et le duvet de mes fesses devient incongru.
Je reprends ma tondeuse et déshabille mes cuisses, mes genoux, mes mollets,
mes fesses en paysagiste méticuleux mettant ma peau à découvert, blanche
comme celle d’une femme.

Je pose mes outils et me mire de face, puis de profil, puis de dos. C’est
une sensation nouvelle qui me trouble délicieusement. La fourrure d’où
surgit mon pénis m’apparaît maintenant trop épaisse au regard de ce corps
dévêtu. Je reprends ma tondeuse, règle sa coupe à mi-hauteur et attaque ce
dernier bastion. Les boucles tombent à mes pieds, généreuses. Insatisfait du
résultat trop timide je coupe plus court, puis plus court encore. Mon sexe
dressé semble surgir d’une barbe de trois jours et me déplaît ainsi. Alors
je me souviens d’un tube de crème dépilatoire aperçu dans un tiroir. Je me
badigeonne les testicules, la racine du pénis et le pubis tout entier. Je
reste cinq minutes ainsi tout rose de cette audace laissant agir le
défoliant. À l’aide d’une spatule j’enlève la crème mêlée de poils vaincus
découvrant le velours de ma peau mise à nu, encore invisible quelques
minutes plus tôt. Je me rince entièrement sous la douche chaude et me
présente devant le psyché ébloui de me voir ainsi

Mes épaules me semblent plus étroites, mes hanches plus larges,
mes reins plus cambrés. Je me trouve plus mince encore, séduisante. Une
bouffée de désir me submerge. Après avoir fixé des bretelles fines à la
ceinture du collant je l’enfile doucement profitant aussitôt de la sensation
de cette presque soie que j’aide à remonter le long de mes jambes. J’étire
la maille pour empêcher le moindre pli, enveloppe mon sexe redevenu flexible
après la douche, fais glisser les bretelles sur mes épaules, ajuste la
taille sous mes seins et la couture entre mes fesses, jusqu’à l’anus. Le
collant est translucide et les formes bombées tendent la fibre laissant plus
visibles les trésors qu’elle retient. Je passe le boléro de lycra noir et
brillant qui s’arrête dix centimètres au dessus du nombril. Mes tétons se
dresse sous l’étoffe et le moindre relief de mon corps se devine sans
effort. Mon pénis est maintenu replié vers le bas contre mes testicules et
le tissus élastique épouse chaque volume fidèlement laissant deviné la peau
complètement épilée. Le spectacle est ravissant et terriblement excitant. Je
chausse des nus-pieds à semelles compensées qui m’allongent la jambe et fais
quelque pas étonnés et ravis devant la glace, prenant des poses, me
souriant, me draguant m’imaginant en compagnie. Je me caresse d’abord les
seins sans me quitter des yeux, puis les hanches, puis les fesses en
glissant un doigt entre elles et cherchant mon anus pendant que l’autre main
caresse mon pénis qui enfle encore, doucement. J’ai alors l’esprit qui
délire et ce n’est plus mes mains qui me font jouir mais celle d’un homme
imaginaire, séduit mais dominateur et déterminé. Il me frôle les lèvres avec
son pouce (le mien) que je lèche au passage puis que je prends dans ma
bouche pendant que l’autre main glisse sur mon ventre puis sur mon sexe
gonflé et déjà humide. Je me cambre, tends mes fesses et glisse de nouveau
un doigt que j’enfonce plus fermement et me surprends à gémir. J’engloutis
mon pouce et l’enroule de ma langue pour le laisser s’enfuir entre mes
cuisses, pour laisser ma main, la sienne, se refermer sur le renflement
génitoire et le pétrir comme une boule d’argile chaude et odorante. Mon
autre main enveloppe mes fesses et mon index replié entre elles pénètre,
malgré le collant qui résiste, dans mon anus offert. J’ai les pommettes en
feu et les lèvres gonflées. J’implore mon amant rêvé de me prendre, de m’en
donner plus !

J’ai, en d’autres séances, préparé un socle de bois percé d’un trou dans
lequel je fiche la partie métallique d’un fusil à aiguiser dont le manche,
dressé vers le haut, est de forme et de dimensions délicieusement phallique.
Je vole à la cuisine chercher cet attirail sans me soucier des baies vitrées
grandes ouvertes et des voisins désœuvrés qui guettent à leur fenêtre.
Qu’ils me voient me dis-je, qu’ils me désirent surtout et qu’ils se
masturbent en pensant à moi ! Je retrouve mon miroir et je m’y retrouve avec
délice. Je dispose mes appareils en face, me campe debout les jambes
écartées face à lui et de l’index d’une main me caresse l’anus par devant en
frôlant ma verge à chaque va-et-vient et fait mine de branler le gland de
bois de mon autre main. Puis, sous la pression de mon partenaire imaginaire,
je me penche vers l’objet et entreprends de le lécher doucement et de
déposer des baisers sur son extrémité. Progressivement je le prends dans ma
bouche et le suce avec application tout en me caressant l’intérieur des
cuisses, les fesses, le pénis ou les seins avec un plaisir croissant. Je me
retourne, me cambre, présente mes fesses à l’objet, me frotte contre lui, le
place entre elles que j’écarte de mes deux mains, l’appuie contre mon anus,
ondule mon bassin, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte, me retourne
encore pour le sucer de nouveau, l’engloutir tout entier dans ma bouche. Ma
main caresse mon sexe humide et recueille à travers le collant le suc de son
plaisir que je dépose sur le phallus de bois pour le sucer de nouveau, plus
odorant, plus réel. J’enlève mon tee-shirt comme si on me l’ordonnait, me
caresse les seins et suce encore ce gland au parfum renouvelé.

 » Prends moi  » dis-je à vois rauque en regardant dans le vide. J’enduis de
lait de toilette, crémeux et blanc le manche du fusil. J’ôte mon collant. Ma
verge se dresse, libérée, je suis complètement nu, complètement rasé et ne
m’appartiens plus. Je dis : viens, viens, je me retourne et cherche entre
mes fesses le gland factice mais bien réel dans mon esprit fiévreux, le sens
enfin sur mon anus. J’appuie alors doucement pour qu’il me pénètre. C’est un
peu douloureux, je m’éloigne puis reviens, il me pénètre un peu plus loin,
ressort puis de nouveau entre plus loin encore, la douleur s’estompe,
disparaît et laisse place à un plaisir inouï. Je vais et je viens sur
l’outil, jusqu’à la garde en gémissant et me regarde gémir dans la glace me
régalant du spectacle de ce corps vibrant, offert et glabre, mes mains sont
folles, s’éparpillent sur ma peau avide, partout sans s’arrêter, tantôt me
pressant, me pétrissant, m’effleurant et me pétrissant encore l’une d’elle
se saisit de ma verge un peu molle et la branle doucement accompagnant le
mouvement de mes reins. Mon anus se contracte en spasmes répétés sur l’objet
de mon plaisir que je sens jusque dans mon ventre. Je pose mes lèvres sur le
miroir contre les miennes, je cherche ma langue avec ma langue, enfin une
vague irrésistible me submerge, le sperme jaillit en saccades et me coule
sur les doigts, mon anus se contracte dans un dernier et sublime sursaut
autour du manche en bois et j’exhale un soupir, un cri, un râle ! C’est
fini.

Je me retrouve alors, pantelant et honteux, devant ma glace. Pourquoi cette
honte après tant de bonheur ? Pourquoi cet instant terrible qui ruine dans
de douceur ? Pourquoi si je me trouvais si joli, si excitant il y a quelques
minutes à peine je me trouve ridicule et méprisable en cet instant cruel ?
Serais-je aussi honteux avec un partenaire bien réel ? Répondez moi vous qui
m’avez lu, réponds moi Eddy, toi qui me permet ses lignes. Merci

André

fil.fam@wanadoo.fr

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Une réponse à Une paire de collant aubergine par André_1

  1. Lope56 dit :

    J’ai les mêmes habitudes que toi André : j’adore enfiler des bas-nylon que j’agrafe à un porte-jarretelles et je termine par une petite culotte à demi transparente à empiècement en me contemplant dans un miroir. J’embrasse alors mon image avec la langue tout en me masturbant et je jouis.
    Je t’embrasse.
    André

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