Professeur Martinov 13 – Professeur Martinov et le gaz de soumission 8 – Fondue finale par Maud-Anne Amaro

8 – Fondue finale

Résumé des chapitres précédents : Après la mort de Jean Laurillac, ses anciens amis se sont déchirés pour tenter d’obtenir ses cahiers sur lesquels il notait l’avancée de la fabrication d’un gaz de soumission. Le bilan est catastrophique : Enguebert a poignardé Tilleul avant de prendre la fuite, Geneviève Baur est devenue gravement handicapée… Linda réunit quelques amis dont le professer Martinov et Béatrice pour leur expliquer son rôle exact dans cette sombre histoire.

Jeudi 29 septembre

« Etat stable », comme on dit quand il n’y a aucune amélioration. Linda décide de prévenir Christian Roisson.

– Tu crois qu’il ne va pas s’en remettre ?
– Ça m’étonnerait.
– Alors je vais lui rendre une petite visite !
– Tu vas faire quoi ?
– Rien. Me rappeler à son bon souvenir, ça suffira !

Une heure après, Roisson était là. Pendant tout le trajet, il avait peaufiné ce qu’il allait dire à Laurillac. Il tenait sa vengeance : lui balancer sa haine et ses quatre vérités au seuil de la mort, comme dans les mauvais westerns.

– C’est où ?
– Au fond à gauche !

Il entra. Le visage de Laurillac, amaigri et livide lui fit une drôle d’impression.

– Qui êtes-vous Monsieur ?
– Je m’appelle Christian Roisson !
– Ah ? Et vous venez pour quoi ?

Manifestement, non seulement Laurillac ne le remettait pas, mais l’annonce de son nom ne lui évoquait aucun souvenir particulier.

– Je viens pour les compteurs d’eau, je me suis trompé de porte.

Dissimulée dans le couloir, Linda avait assisté à la scène.

– Je me suis dégonflé ! Confia-t-il à Linda, je n’ai pas le cœur à tirer sur une ambulance.
– Merci !
– Merci de quoi ?
– Je te dirai ça plus tard.
– Je peux voir ces fameux cahiers ?

Il les feuilleta. Rien n’avait été écrit depuis dimanche. Le vague plan qu’il avait échafaudé lui sembla alors parfaitement réalisable.

– Je prends le dernier cahier, je vais bricoler un truc. J’ai une journée assez chargée, je le rapporterai vers 19 heures !
– Non, non ! Imagine qu’il aille mieux et qu’il demande après !
– D’accord, je vais faire autrement !

A l’aide de son téléphone portable, il prit plusieurs photos des dernières pages, puis écarta les agrafes du cahier afin d’en subtiliser une double feuille vierge.

Vers 16 heures

Christian Roisson s’exerça pendant une demi-heure à imiter la façon d’écrire de Laurillac sur un petit carnet. Quand il se sentit prêt, il rédigea au brouillon un texte dans lequel il était question de remplacer le composant « B » par de l’acétylaminopharoxyde de phénilarsilate, puis il recopia tout ça sur la feuille du cahier en falsifiant consciencieusement l’écriture de Jean Laurillac.

19 heures

– Voilà, dit-il en revenant, et en expliquant ce qu’il avait fait. Si je n’ai pas fait d’erreur, quand ils découvriront les cahiers et qu’ils voudront expérimenter ce que j’ai écrit, ils vont tous se retrouver à l’hôpital ! J’ai remis la feuille dans le dernier cahier. Au cas où il le réclamerait, il te suffira d’enlever la feuille et de la remettre après.
– Et cette nuit ?
– Tu ne restes pas le veiller ?
– Mwais ! Pt’etre !

Cette histoire de feuille ajoutée au cahier ne plaisait guère à Linda. Comment concilier la mission qu’elle s’était elle-même choisie et qui devenait de plus en plus illusoire – assurer la vengeance de son parrain – avec ce que lui avait demandé Annette – assurer la sécurité de son mari – ? Le plan de Christian Roisson lui paraissant dangereux, elle décida d’enlever ces feuilles du cahier.

Et elle s’apprêtait à le faire quand Laurillac l’appela :

– Linda, j’ai entendu la porte, c’est qui encore ?
– C’est le gars des compteurs. Il était bloqué, il est revenu le débloquer.
– Pfff ! Plus rien ne fonctionne de nos jours. Approchez-vous Linda, j’ai des choses à vous dire. C’est la fin…
– Monsieur…
– Tss, tss. A ma mort je veux que vous fassiez plusieurs choses. D’abord vous préviendrez l’abbé Tilleul en premier. Même si ça ne sert à rien, ça ne pourra pas me faire de mal ! Maintenant fouillez dans la poche de mon pantalon, il est pendu là-bas. Cherchez mon porte-monnaie et apportez le moi !

Linda s’exécuta comme demandé.

– Voilà ! dit-il en extrayant un petit objet du porte-monnaie : avec cette chose vous ouvrirez le petit placard qui est dans mon labo en vous en servant comme d’un levier. Il y a là-dedans un certain nombre de trucs inavouables que j’avais la faiblesse de regarder les soirs de grande solitude. Vous ferez disparaître tout ça !
– Bien monsieur !
– Vous trouverez aussi une vieille boite à cigares. Elle contient de l’argent liquide, vous le prendrez. La maison ne contient aucun objet précieux, sauf peut-être quelques livres, mais si quelque-chose vous tente, ne vous gênez pas ! Encore deux choses : j’ai préparé une lettre sur le buffet pour le notaire. Ne la postez pas mais déposez-là dans sa boite aux lettres dès ce soir.
– Bien monsieur.
– Il y a une autre lettre à côté, à votre attention. Rien d’important mais ça pourra vous servir si on vous casse les pieds.
– D’accord !
– Linda, savez-vous quel fut la dernière volonté de Louis XV ?
– Ah, non !
– Il demanda à Madame du Barry de lui caresser le sein une dernière fois ! Linda, je voudrais faire la même chose !
– Mais, Monsieur, ne soyez pas si pessimiste, vous allez vous en sortir !
– Votre sein, Linda !
– Le voilà, monsieur !

Laurillac lui caressa le sein quelques secondes, puis perdit soudain connaissance.

– Monsieur, monsieur !

Mais rien n’y fit. Laurillac respirait encore faiblement, de plus en plus faiblement, puis plus du tout. Linda s’écroula en larmes. Elle n’aurait jamais imaginé que la mort de son patron lui provoquerait une telle peine.

Que de choses à faire ! Par quoi commencer ? Le placard secret : elle l’ouvrit sans difficultés, la boite à cigares était dissimulée tout au fond derrière un tas de revues et de DVD pornos. Elle contenait une jolie somme bien rondelette qui lui permettrait de vivre tranquille (et même plus pendant plusieurs mois) et qu’elle empocha. Elle lut ensuite le texte contenu dans l’enveloppe à son nom, il contenait différentes instructions concernant les obsèques et se terminait par cette phrase soulignée :

Je souhaite que ce soit Mademoiselle Linda Gobert qui s’occupe des formalités après mon décès. Uniquement elle et personne d’autre.

Voilà une corvée dont elle se serait volontiers passée, mais elle n’allait pas non plus faire la difficile après ce qu’il lui avait laissé.

Elle remit au lendemain les formalités, mais déposa l’enveloppe à destination du notaire dans la boite aux lettres de l’étude. Elle ne prévient pas Christian Roisson de la mort de Jean Laurillac. Elle n’en avait pas envie… Pas ce soir…

Vendredi 30 septembre

Linda a mal dormi. La journée d’hier l’a chamboulée et celle qui s’annonce risque d’être difficile, quoique dans un autre registre. Elle arrive au domicile de Jean Laurillac à la même heure que les autres jours. Elle appelle un docteur qui constate le décès, mais ne délivre pas le permis d’inhumer. Il faudra prévenir le médecin traitant, et… la police (pourquoi la police ?) afin d’obtenir ce permis. Deux heures de perdues. Linda peut passer à la suite :

L’abbé Tilleul y va de sa crise de larmes qui dure plusieurs minutes. Il s’agenouille et se lance ensuite dans une série de prières qui elles aussi durent un certain temps.

– Vous ne pouviez pas me prévenir plus tôt ? Lance-t-il à Linda en se relevant, droit comme un piquet.
– Hier soir, il était vivant et n’a pas demandé après vous.

Le curé haussa les épaules.

– Vous avez prévenu qui ?
– Je m’occupe des formalités ! C’était ça la question ?
– Mais les obsèques…
– Je m’occupe de tout, Monsieur Tilleul.
– Apparemment vous ignorez qu’on ne dit pas « Monsieur » à un prêtre, mais passons, je tiens à m’occuper personnellement des obsèques, je vais voir avec les pompes funèbres…
– Monsieur Tilleul, intervint Linda avec force, c’est moi qui m’occupe de ça ! Et c’est écrit ici ! Précisa-t-elle en lui flanquant sous le nez la lettre que lui avait laissée Jean Laurillac.

Tilleul devint blanc comme un linge :

– Je préfère ignorer quelles turpitudes vous avez employées pour extorquer ce papier !
– La seule chose que Monsieur Jean m’a demandé de vous dire, c’est de prévenir ses autres amis. Sinon, la sortie c’est là-bas…

Tilleul se dirigea alors dans la direction opposée.

– Vous vous trompez, la sortie c’est de l’autre côté !
– Je vais aux toilettes !

Cinq minutes plus tard, il n’en est toujours pas sorti. La porte des toilettes est restée entrouverte. En revanche, celle du labo est grande ouverte et le père Tilleul est en train de fouiller dans les cahiers de Jean Laurillac, qu’il a éparpillés sur le plan de travail.

– Faut peut-être pas vous gêner, Monsieur Tilleul, en voilà une drôle de façon de respecter les morts !
– Je jetais juste un coup d’œil !
– Cette fois je vais vous raccompagner jusqu’à la porte, je vois que vous avez tendance à vous perdre.
– Vous n’êtes qu’une… qu’une… qu’une pécheresse de la pire espèce, vous finirez en enfer !
– Tant mieux, je me chaufferai le cul et si vous ne disparaissez pas d’ici, je m’en vais chercher une bombe lacrymogène !

Ce bluff fut efficace : Tilleul s’en alla et Linda put alors téléphoner aux pompes funèbres, qui lui demandèrent de passer. Une heure plus tard, elle enfila son manteau, prépara un mot pour afficher à la porte, quand on sonna :

Geneviève Baur tomba en larmes dans les bras de Linda, plutôt surprise de ce geste. La visiteuse resta bien vingt minutes au chevet du défunt pendant que Linda rongeait son frein.

– Bon, je vais partir, annonça-t-elle enfin. Je fais un saut dans la salle de bain, je ne suis plus très présentable. Je connais le chemin, ne vous dérangez pas.

Saisie d’une intuition, Linda suivit du regard Geneviève qui entra dans la salle de bains, ouvrit un robinet d’eau à grand jet, le laissa ainsi et ressortit aussitôt, puis se dirigea vers le laboratoire.

« Décidément, c’est une manie ! »

La jeune femme laissa passer deux minutes avant d’y pénétrer à son tour. Geneviève Baur feuilletait fébrilement les cahiers de notes de Laurillac.

– On peut savoir ce que vous fabriquez ?
– Je n’ai pas l’intention de vous répondre.
– Sortez d’ici, s’il vous plaît !
– Et qu’est-ce qui vous permet de croire que vous pouvez me donner des ordres ?
– Ceci ! Répondit Linda en exhibant une nouvelle fois la lettre de Laurillac.
– Elle est bien bonne, celle-là ! Pauvre Jean ! Finir sa vie ensorcelé par une pute !

Geneviève Baur ne vit pas arriver la gifle.

– N’employez pas des mots dont vous ignorez la signification ! Et foutez-moi le camp !
– Un jour tu vas la regretter ta gifle, tu ne sais pas de quoi je suis capable quand j’en ai après quelqu’un !
– Dégage !

En voilà deux qui étaient bien parties pour se haïr à mort.

Linda remet son manteau pour se rendre enfin aux pompes funèbres. Mais une idée lui trotte dans la tête : ces cahiers qui ont l’air d’intéresser tout le monde, pourquoi ne pas s’en servir pour monter tous les membres du cercle de Laurillac les uns contre les autres ? Voici une belle vengeance qu’elle pourrait offrir à son parrain. Et une vengeance plus intelligente, moins aléatoire et surtout moins dangereuse que cette histoire de formule chimique sur la dernière page des cahiers !

Donc première chose : arracher cette fausse dernière page et deuxième chose : planquer les cahiers !

Avec stupeur, Linda constate alors que cette fameuse dernière page a été arrachée ! Elle est alors persuadée que c’est le père Tilleul qui s’en est emparé.

« Merde, s’il utilise la formule de Christian, il va se retrouver à l’hôpital ! »

Justement ce qu’elle voulait éviter ! Elle trouve son numéro de téléphone et essaie de le joindre, mais il est en mode répondeur. Elle laisse un message volontiers sibyllin :

« Ce que vous avez dérobé est extrêmement dangereux, vous seriez bien avisé de ne pas l’utiliser », rappelez-moi si nécessaire. »

Elle prend alors soin de dissimuler les plus récents cahiers dans la cache de Laurillac.

Et voilà qu’on sonne ! C’est Enguebert ! Après s’être incliné sur la dépouille mortelle de Jean Laurillac, il revient dans le salon, semble vouloir dire quelque chose, hésite puis se lance :

– C’est le père Tilleul qui m’a prévenu ! Euh, Jean Laurillac n’a pas laissé quelque chose pour moi ?
– Ah, non !
– Je pensais à une enveloppe. C’est peut-être dans son laboratoire ?
– Et bien, allez voir. C’est étrange, l’abbé Tilleul et Mademoiselle Baur semblaient aussi très intéressés par le laboratoire !
– Ah ?

Il revient dix minutes après :

– Vous ne savez pas si l’abbé Tilleul ou Geneviève Baur ont emporté quelque chose ?
– Mon pauvre monsieur, je n’ai pas fait attention !
– Les vautours ! Les hyènes ! Les salopards !
– Pardon ?
– Non rien.

Linda peut enfin passer aux pompes funèbres qui firent emporter le corps à la morgue dans l’après-midi.

Mario Grandbillard n’est arrivé qu’après 20 heures (mais cet épisode a été raconté au début de ce récit)

Ce n’est que le lendemain que Linda raconta tout ça à Christian. Il pensait au départ que la dangereuse expérience ajoutée dans le cahier s’effectuerait avec l’ensemble du groupe réuni. Il avait mésestimé les animosités qui existaient entre eux. Seul donc l’abbé Tilleul ferait les frais du mélange toxique. Pour les autres il fallait trouver autre chose et l’idée de Linda de se servir des cahiers pour monter les membres du groupe les uns contre les autres tombait donc à pic.

Néanmoins, Linda et Christian décidèrent d’attendre quelques jours, le temps que Tilleul fasse son expérience. Linda restait en contact avec Annette Grandbillard, ils seraient donc prévenus.

Mercredi 5 octobre

Linda n’assista pas aux obsèques de Jean Laurillac qui, selon ses dernières volontés, furent célébrées dans la plus stricte intimité. Mais elle eut une pensée émue pour ce personnage bien plus complexe qu’elle ne l’aurait de prime abord imaginé.

Lundi 17 octobre

Linda et Annette Grandbillard continuaient de se voir une fois par semaine pour une séance de pause. Son mari n’avait plus aucun contact avec les autres membres de son cercle. Impossible donc de savoir si l’abbé Tilleul avait tenté l’expérience décrite sur les fausses pages des cahiers de Jean Laurillac. Roisson rongeait son frein, il avait envie de savoir ! L’idée de monter un canular téléphonique pour joindre l’abbé le tenta un moment, mais il y renonça, cela risquait de lui éveiller des soupçons.

– S’il s’était passé quelque chose, l’information serait remontée jusqu’à Grandbillard, non ? Demanda Roisson, assez énervé.
– En principe ! Mais ce n’est même pas sûr ! lui répondit Linda.
– Il s’est dégonflé ou alors il attend de trouver quelqu’un qui lui améliorera le matériel !
– Il y a malheureusement une autre hypothèse : imagine qu’il ait fait l’expérience sur un cobaye. Si c’est ça, à l’heure qu’il est, c’est le cobaye qui est à l’hôpital !

Roisson, à cette évocation devint soudan tout pâle.

– J’avoue que je n’y avais pas pensé ! Ne parle pas de malheur ! On fait quoi ?
– On passe au plan B !

Celui-ci était simple : vendre les cahiers à Grandbillard ou à Enguebert ou encore à Geneviève Baur. Puis une fois l’acheteur sorti de l’immeuble, les lui faire voler par un complice en mobylette. Puis s’arranger pour que la victime soupçonne ses anciens « amis ».

Le premier à être contacté aurait dû être Enguebert mais la messagerie de son téléphone fixe indiquait qu’il était en déplacement en province. Le choix se reporta donc sur Mario Grandbillard. Linda sans en référer à Christian Roisson, prévint Annette, lui précisant que le contenu des cahiers restait inoffensif, que le chèque demandé ne serait pas encaissé et que le but de l’opération n’était que de semer la zizanie. Annette, pas fâchée de ce plan qui ne pouvait qu’éloigner son mari de ces anciens amis, ne fit aucune objection.

Mais l’affaire tourna court (et même assez mal) avec Grandbillard. Ils contactèrent alors Geneviève Baur qui, à leur grande surprise ne se déclara pas intéressée. Ils en conclurent donc que c’était elle qui avait subtilisé les feuilles factices. Ils tentèrent alors de vendre les cahiers à l’abbé Tilleul, qui sembla dans un premier temps séduit avant de rechigner sur le prix. Restait Enguebert, qui fut contacté à son retour le lendemain. Ce dernier accepta… et se fit comme prévu subtiliser son achat en pleine rue quelques minutes plus tard.

Mercredi 26 Octobre : : Intermède : le récit d’Annette.

Annette Grandbillard est dans la rue, avec ses deux valises à roulettes et son sac de voyage sur l’épaule.

« Et maintenant, je fais quoi ? Et maintenant je vais où ? »

C’est bien beau de quitter le domicile conjugal, comme ça sur un coup de tête, après une dispute, mais il faut assumer ensuite !

« Faire le point ! Faire le point ! Ne pas rester comme ça ! »

« On ne fait pas le point en tirant des valises » (fausse citation de Lao-Tseu), aussi Annette s’installe-t-elle dans un café.

La pression est redescendue, elle se mentait à elle-même en se disant qu’elle allait quitter Mario. Non, elle avait trop à perdre, mais il n’était pas non plus question de rentrer et de perdre ainsi la face. Il lui fallait marquer le coup, alors deux ou trois jours ? Une semaine ? Quinze jours ? Elle verrait bien.

« Déjà, me faire héberger ! »

Pas de bol, tous ses amants sont mariés. Elle pense alors à Linda, mais son portable est en répondeur. Reste l’hôtel, mais l’hôtel où ça ? Pas dans ce quartier de toute façon. Elle règle sa consommation et attend un taxi.

Le chauffeur descend, ouvre le coffre afin d’y entreposer les bagages :

– C’est quelle gare ?
– Saint-Lazare ! Répond-elle au hasard.

Après tout, pourquoi ne pas passer quelques jours à Deauville ?

« La dernière fois que j’ai pris cette gare… Tiens, pourquoi pas ?  »

Et c’est ainsi que Madame Grandbillard n’alla pas à Deauville !

C’est en sortant du cinéma que Linda découvrit un message d’Annette :

« Violente dispute avec mon mari, je suis partie de la maison, j’ai essayé de te joindre, mais je tombe toujours sur le répondeur. Je rappellerais. Bisous »

Elle en fit part à Christian Roisson.

– Laurillac mort, la mère Grandbillard dans la nature ! Autrement dit on ne saura jamais la suite ! Si toutefois il y a une suite, se lamenta ce dernier.
– Bien sûr qu’il va y avoir une suite, ils vont se chamailler à propos des cahiers !
– On n’en saura rien.
– Pas si sûr, rétorqua Linda
– C’est quoi ton idée ?
– Une idée comme ça !

Jeudi 27 octobre

Il est 9 heures, Linda finit de se préparer. Son téléphone portable sonne. Elle reconnait le numéro qui s’affiche : c’est celui d’Enguebert. Elle s’attendait plus ou moins à ce qu’il appelle. Elle ne répond pas, partant du principe qu’on manipule bien plus efficacement les gens quand on les rencontre de visu, plutôt qu’au téléphone. Enguebert laisse un message, elle le lit. Sans surprise, il l’informe qu’on lui a volé son sac contentant les cahiers qu’il venait d’acheter et il demande qu’on le rappelle.

« Un peu dur à la détente le mec ! Il a quand même laissé passer une journée entière avant d’essayer de me joindre ! »

Vers 10 heures, Linda Gobert sonne à l’interphone au pied de l’immeuble de Jacques-Marie Enguebert, avenue des Ternes, dans le 17ème.

– C’est Linda, l’ex-gouvernante de Monsieur Laurillac, est-ce que je peux vous déranger juste cinq minutes ?
– Revenez dans 20 minutes, je finis de me préparer.

Enguebert s’interroge. Linda aurait mal compris le message qu’il lui a envoyé, où il lui demandait de le rappeler, pas de passer ? Il ne peut pas la recevoir déguisé comme il l’est, il faut d’abord qu’il se démaquille, puis qu’il troque ses vêtements féminins contre une tenue classique. Malgré tout, il garde les bas résilles autofixants, enfilant son pantalon par-dessus. Sa séance de masturbation devant le miroir de l’armoire de la chambre, au cours de laquelle il s’excite de sa propre image, sera donc retardée. Pas trop grave.

Vingt minutes plus tard, il accueille Linda. En lui serrant la main, il réalise avec horreur qu’il a oublié de retirer le vernis rouge cerise qu’il s’est appliqué sur les ongles. Linda ne peut échapper à ce détail mais n’en souffle mot, bien évidemment. Il la fait entrer dans son salon et la fait asseoir.

– Voilà, commence Linda, dans les cahiers que je vous ai vendus, je me suis rappelé qu’il y a un passage qui me concerne, c’est très personnel et un peu gênant, j’aimerais récupérer cette page. Juste cette page.
– Mais… Mais… vous n’avez pas reçu mon message ?
– Un message, vous m’avez envoyé un message ? feint de s’étonner Linda

Linda sort alors son portable de son sac.

– Ah, oui, il y a un message, je n’ai pas entendu la sonnerie, ça devait être dans le métro. Faut que je l’écoute ou vous me dites ?
– Je vous disais qu’on m’avait volé le sac avec les cahiers quelques minutes après que je sois sorti de chez vous !
– Non ? S’exclame-t-elle en mimant la surprise.
– Ben si ! Deux types en mobylette.
– Vous avez porté plainte ?
– Oui, pour la forme, mais je ne me fais aucune illusion, la police ne fera rien ! Ils m’ont demandé si c’était des objets de valeur, j’ai répondu que c’était des manuscrits, ils avaient l’air de s’en foutre.
– Des petits voyous ? Répondit Linda innocemment, quand ils vont ouvrir le sac, ils vont faire une drôle de tronche !
– A moins que ce ne soient pas des petits voyous !
– Des gros voyous alors ?
– Non, je pensais à autre chose, c’est d’ailleurs pour cela que je voulais vous joindre. Ces cahiers, est-ce que vous pouvez me dire si vous les avez proposés à d’autres personnes avant moi ?

« Et hop en plein dans le panneau, l’Enguebert ! »

– Oui, à l’abbé Tilleul, il m’a dit que c’était beaucoup trop cher pour lui, et il m’a suggéré de vous contacter ! C’est lui qui m’a donné votre numéro de téléphone !
– Je vois, il ne vous a rien dit d’autre sur moi ? Essayez de vous rappeler, c’est important !
– Non, enfin, si. Il m’a précisé que vous étiez souvent absent, mais que là, vous seriez sans doute présent et qu’il fallait sauter sur l’occasion.
– Il a dit ça ! Le salopard ! C’est curieux, j’avais un pressentiment, je savais que c’était lui.
– Ah, bon ? Vous pensez que c’est lui ?
– Evidemment que c’est lui, je ne crois pas aux coïncidences !
– Et vous allez essayer de les récupérer ?
– Et comment donc ! Figurez-vous que ce soir Tilleul organise une réunion de l’ancien cercle de Laurillac. Je ne sais pas trop comment mais je vais lui foutre la honte devant tout le monde et l’obliger à me les rendre.
– O.K. Je vous téléphonerai demain, j’aimerais bien récupérer la page dont je vous ai parlé !
– D’accord.

Linda était satisfaite, demain elle aurait des nouvelles des amis de Laurillac car avec l’huile sur le feu qu’elle venait de jeter, l’ambiance promettait d’être chaude. Elle s’apprêta à repartir…

Au début de la conversation, Enguebert s’était efforcé de cacher ses ongles en maintenant ses poings serrés. Son attention s’étant ensuite détournée, il avait de nouveau ouvert les mains. Et il venait de constater que Linda lorgnait dessus.

– Il y avait un échantillon de vernis à ongles dans ma boite aux lettres, je me suis amusé à m’en mettre, une idée comme ça qui m’est passée par la tête… , se crut-il obligé de justifier, en rougissant comme un gamin pris en faute.

Linda sourit. Enguebert croisait les jambes dans le fauteuil face au sien, et on pouvait à présent distinguer les bas résilles entre le bas du pantalon et les charentaises.

– On a tous à des moments donnés des idées bizarres qui nous passent par la tête, c’est normal, un doigt de délire dans la vie, ça ne peut pas faire de mal ! indiqua Linda, amusée.
– C’est ce que je me dis aussi, et puis ça ne fait de mal à personne.
– Vous faites ça souvent ?
– Non, à vrai dire c’est la première fois !
– Ah ! Pardon ! Je croyais quand j’ai vu vos bas sous votre pantalon que vous travestissiez de temps en temps.

Instinctivement, Enguebert décroisa les jambes. Il était devenu rouge comme une tomate.

– J’ai voulu m’amuser et…
– Et vous avez appliqué le vernis comme un pro, pour une première fois, c’est vraiment réussi ! Chapeau !
– Mais qu’est-ce que ça peut vous faire ? D’abord !

Il devient agressif ! Vite ! Rattraper le coup !

– J’ai un frère auquel je suis très attachée, il se travestissait assez souvent, il vit à l’étranger maintenant, il me manque, le milieu du travestissement me fascine.
– Ah ? C’est vrai ?
– Puisque je vous le dis !

Du coup Enguebert se sent tout émoustillé et invente une histoire débile qu’il débite à Linda :

– Bon, je vais vous dire la vérité. C’est une vieille passion. Etant jeune j’étais fasciné par les maquillages et les costumes au cinéma, il y avait des gens qui étaient capables de faire des trucs extraordinaires, de vous transformer un acteur. Je voulais devenir maquilleur. Mais mes parents ne voulaient pas entendre parler de ça. J’ai fait de la chimie, c’est pas mal non plus, mais ça n’a rien à voir. Je m’étais dit « quand je serai majeur, je ferai ce que je voudrai », et puis il y a eu l’engrenage de la vie, le manque de temps. Aujourd’hui je suis en retraite, je ne vais pas aller proposer mes talents aux studios de cinéma, surtout que maintenant tout est numérisé ! Alors je me maquille et je me déguise moi-même ; je suis le maquilleur et le maquillé. Idem pour les vêtements… les plus beaux vêtements ce sont les vêtements de femmes, alors je m’amuse avec, les sous-vêtements aussi.
– Je comprends !
– Vous voyez, il n’y a rien de sexuel là-dedans, se crut-il obligé de préciser.
– J’essaye de vous imaginer, travesti en femme, ce doit être intéressant.
– Ça l’a été, mais je n’ai plus 20 ans, le physique ne suit plus, je suis vieux et j’ai un peu de ventre.

« Un peu de ventre ! Il en a dix fois trop, oui… »

– Mais je peux vous montrer des photos qui datent de plusieurs années si ça vous intéresse. Continua-t-il.
– Mais bien sûr que ça m’intéresse !
– Vous ne bougez pas, je reviens dans cinq minutes.

Enguebert revint avec un album photo et l’ouvre !

– C’est vous ça ?

Le fait est qu’il était méconnaissable !

– Ben, oui, j’avais du succès à l’époque, une double vie : ingénieur chimiste le jour et travesti la nuit.

Plus il parlait, plus il se dévoilait. Il avouait maintenant avoir eu une double vie, ce qui n’avait plus rien à voir avec la version débitée dix minutes auparavant.

– Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas homo. Au contraire, j’aime tellement les femmes que parfois je joue à en devenir une !
– Je comprends parfaitement.
– Depuis plusieurs années, je ne sors plus, je me contente de faire le guignol devant la glace, ça ne fait de mal à personne. Je suis mon propre public !
– Je suppose que c’est ce que vous faisiez juste avant que j’arrive !
– On ne peut rien vous cacher !
– Je peux vous faire une proposition un peu spéciale ?
– Dites toujours !
– Votre petit numéro interrompu, reprenez le devant moi !
– Vous plaisantez ?
– Pas du tout ! Il y a des années que je n’ai pas eu l’occasion de voir un travesti à l’œuvre, ce serait pour moi l’occasion.
– Et pourquoi ferais-je ça devant vous, après tout je ne vous connais pas ?

Linda sourit mais ne répondit pas, préférant d’abord biaiser :

– Je suppose que quand vous vous travestissez, vous changez de prénom ?
– Je me faisais appeler Jackie !
– Alors dites-moi, Jackie, il y a combien de temps que vous n’avez pas eu un nouveau public ?

L’argument fit mouche. Certes Enguebert continuait à fréquenter quelques hommes de sa génération qui eux aussi se travestissaient, mais ces rencontres avaient tout du pis-aller et lui laissaient désormais un goût amer.

– J’ai un peu honte quand même ! Tenta-t-il de temporiser.
– Laissez votre honte de côté et tamisez la lumière, et ça ira très bien !
– Bon, je reviens. Vous voulez également que je me maquille ? Ça risque d’être un petit peu long.
– Faites donc un maquillage minimum !
– Vous voulez boire quelque chose en attendant ? C’est presque l’heure de l’apéro ! Un Martini ?
– Vous avez du whisky ?
– Non, j’évite les produits étrangers !
– Ah ! Alors un Martini !

Pendant qu’Enguebert s’affairait, Linda arpenta la pièce. C’était propre et maniaquement organisé. Une reproduction d’un portrait de la reine Marie-Antoinette ornait un pan de mur, un autre étant occupé par une bibliothèque peuplée de livres-club, d’ouvrages ostensiblement royalistes, de biographies de quelques gens peu recommandables, mais aussi et de façon inattendue de littérature automobile.

Lorsqu’Enguebert, devenu Jackie refit son apparition, Linda se retint de pouffer de rire : le bonhomme avait revêtu une guêpière rouge qui n’arrivait absolument pas à cacher son embonpoint. Sa perruque blonde était digne d’un carnaval de sous-préfecture, et ne parlons pas du rouge à lèvres couleur tomate, du soutien-gorge rembourré à la ouate ou des escarpins taille 44 ! Sachant qu’il avait passé autour du cou un horrible boa rouge, vous aurez une idée du tableau !

« Tout le monde a le droit de se travestir, même les gros et les plus tous jeunes » mais comme dirait quelqu’un « Quand c’est pas beau, c’est moche ! » Se dit Linda.

Mais le plus insolite, dans ce travestissement raté était encore le string dont la taille ridicule, ne parvenait pas à cacher la bite de son propriétaire. Linda se demanda si cette exhibition n’était pas volontaire.

Mais ce n’était pas sa seule interrogation et elle devait gagner sa confiance, afin qu’il puisse être celui qui lui raconterait les mésaventures des anciens amis de Laurillac. Mais avait-elle besoin d’aller si loin ? Sans doute non ! Mais comment reculer maintenant ? Difficile ! Alors autant prendre tout ça pour un jeu !

– Alors, vos impressions ?
– Vous êtes bien dans votre peau, vous allez jusqu’au bout de vos fantasmes, n’est-ce pas ça qui est important ? Important, que dis-je ? Extraordinaire !
– Merci !
– Ah ! Je vois quelque chose qui dépasse !
– Ah, oui ? Ça ne devrait pas !

Il tenta gauchement de mieux ranger son sexe, mais l’état semi-bandé de l’organe ne le lui permettait pas.

– Laissez là donc comme ça votre quéquette, elle ne me dérange pas !
– C’est un peu gênant, tout de même !
– Mais non, en plus elle est mignonne votre quéquette, je peux la toucher ?
– La toucher ? Vous voulez la toucher ?
– Je peux ?

Il n’en revient pas, le déguisé !

– Je ne sais pas !
– Vous n’aimez peut-être pas qu’une femme vous touche ?
– Si, si, au contraire !
– Ben alors ?
– Comme je vous l’ai dit, j’adore les femmes, j’aurais voulu en être une. Quand j’étais petit, je jouais avec les poupées de ma sœur, parfois je lui empruntais ses vêtements. En fait je n’aime pas les hommes, si j’avais été une femme j’aurais été lesbienne, je sais que ce n’est pas bien…
– Et pourquoi ce n’est pas bien ?
– Mais, c’est contre-nature ! Mais que voulez-vous, je suis comme ça ! Quand j’ai eu l’âge d’avoir des relations sexuelles, je pensais trouver facilement une femme qui accepterait mon fantasme, qui me considérerait comme une femme. J’ai vite déchanté et je suis resté célibataire.
– Alors je peux toucher ?
– Ce sera une première, les seules personnes qui m’ont touché le sexe jusqu’à présent ce sont d’autres travestis ou des transsexuelles.

Un vrai moulin à paroles ! Une seule façon de le faire taire : Linda s’empare de sa bite et se met à la branler. Quelques secondes plus tard, elle est raide comme un piquet. Elle renonce à le faire jouir par crainte d’une réaction post-jouissive négative.

– On va peut-être en rester là !
– Vous allez me laisser comme ça ?
– Pour aujourd’hui oui, mais je reviendrai.
– Permettez-moi de me branler devant vous.
– Pas cette fois ! Je vous téléphone demain matin pour avoir des nouvelles des cahiers et je passerai vous voir !
– Demain promis ?
– Promis, au revoir… Jackie !

Vendredi 28 octobre

Voilà trois fois que Linda essaye de joindre Enguebert sans succès. Evidemment elle ignore tout de la scène qui a eu lieu la veille au soir et au cours de laquelle l’abbé Tilleul a failli perdre la vie. Elle ignore qu’Enguebert est à Roissy, prêt à s’envoler pour l’Amérique du Sud.

L’après-midi elle reçoit un coup de fil anonyme (en fait une personne payée par Mario Grandbillard) lui annonçant la visite à 19 heures de Damien de la Tournelle et de Geneviève Baur. En fait, ils cherchaient à savoir si elle avait parlé à quelqu’un de la transaction faite avec Enguebert.

Elle réussira à manipuler Damien et à le faire se fâcher contre Geneviève (voir plus avant) et en est très fière !

Lundi 31 Octobre

Linda tente de joindre Enguebert pendant le week-end. Manifestement, son portable est fermé. Et il ne répond pas aux messages. Elle ne sait que faire. Il lui semble hors de question de se rapprocher de Mario Grandbillard ou de Geneviève Baur, étant donné ce que sont devenues leur relations. Tilleul qui réside dans un presbytère lui semble une cible compliquée. Reste Damien de la Tournelle, mais elle ne voit pas sous quel prétexte l’aborder ! Linda a soudain envie de tout laisser tomber !

La surprise fut énorme quand elle reçut vers 10 heures une communication de Mario Grandbillard. Il s’en suivit un léger quiproquo car elle pensait d’abord qu’il revenait à la charge pour les cahiers. Non, il souhaitait que quelqu’un s’occupe de ses tâches ménagères suite au départ de sa femme.

A 10 heures, elle commençait ; à midi son nouveau patron l’invitait au restaurant et commençait les confidences, lui narrant notamment l’incident du dernier vendredi au cours duquel Enguebert avait gravement blessé l’abbé Tilleul avant de disparaître dans la nature.

Linda en fut effrayée mais n’en fit rien paraître. Pour elle cette affaire allait trop loin, beaucoup trop loin !

Le soir elle en informa Christian Roisson par téléphone :

– On arrête tout ! Déclara-t-elle.
– C’était ton idée, tu disais que c’était moins dangereux que ma substitution de produit !
– C’était peut-être mon idée, mais c’était une mauvaise idée !
– Et quand tu dis qu’on arrête, tu veux qu’on arrête quoi au juste ?
– On ne fait plus rien !
– Je ne suis pas vengé !
– Ah ! Oui ! Voir l’abbé Machin complètement paralysé, ça ne te suffit pas ?
– Non, d’abord cette ordure n’a eu que ce qu’il méritait, ensuite Geneviève Baur n’a pas l’air de vouloir se servir des feuilles qu’elle a arrachées et Grandbillard est épargné !
– Il n’est pas épargné, sa femme est partie !
– Ça n’a rien à voir !
– Je m’en fous. C’est fini ! J’ai cru m’amuser en t’aidant et on se retrouve avec un drame.
– Tu ne peux pas me laisser tomber !
– Si, je ne te dois rien !
– Bon, ce n’est pas grave, je me débrouillerai tout seul.

Et il raccrocha brusquement, laissant Linda désemparée. Elle espéra qu’il la rappellerait, il ne le fit pas.

Linda n’avait pas l’intention de quitter son emploi chez Grandbillard. Certes elle avait l’argent que lui avait légué Laurillac, mais elle avait décidé de le mettre de côté. Avoir un emploi par les temps qui courent était une chance à ne pas négliger, et puis contre toute attente, elle avait envie de protéger Mario contre les éventuelles folies que pourrait tenter Christian Roisson ! Grandbillard avait beau être con, c’était un être humain et la perspective de le voir finir comme Tilleul la rendait mal à l’aise.

Jeudi 3 Novembre

Ce jour-là, Linda eu l’occasion de lire le courrier que Geneviève Baur venait d’adresser à Mario Grandbillard, accompagné de la fameuse fausse feuille des cahiers. Après avoir mis en garde ce dernier et pressentant qu’il s’était passé quelque chose, elle s’en fut au domicile de Geneviève. De deux choses l’une : ou bien la formule de Roisson était loupée et tout pouvait continuer, ou bien elle fonctionnait et il fallait qu’elle se rende compte de l’ampleur des dégâts. C’était pire que ce qu’elle avait imaginé, d’autant qu’au cours des rares mots échangés avec Geneviève Baur, Linda avait appris qu’une victime innocente avait également été gazée. Elle revint chez Grandbillard empêchant ce dernier in-extremis d’accomplir des bêtises, puis tenta de joindre Christian Roisson.

Ce dernier faisait la gueule et s’abstenait de répondre depuis leur dernière conversation. Cette fois encore, il ne répondit pas. Alors Linda lui envoya un message, accompagné de photos

« Geneviève Baur a fini par faire l’expérience suggérée sur ta feuille, je t’envoie les photos du résultat ! Je suppose que tu es enchanté, ravi ? Tu dois te demander quel est ce jeune homme qui lui aussi a reçu plein de gaz en pleine poire ? C’est un cobaye embauché par Geneviève sous un prétexte quelconque. Ce type n’a rien à voir avec ton histoire, il risque néanmoins d’être handicapé à vie ! Tu es content, connard ? »

Une demi-heure plus tard, Roisson appelait :
– On peut se voir ce soir ?
– Si tu veux, passe à la maison !

A 20 heures, il était là, la mine défaite.

– Linda, j’ai agi comme un salopard, je ne me suis pas rendu compte des conséquences de mes conneries. Tu étais dans le vrai quand on s’est téléphoné l’autre jour.
– Donc on arrête le cirque ?
– Oui, mais ce pauvre type qui est amoché, comment je pourrais faire quelque chose ?
– Tiens regarde ça ! Lui répondit-elle en déballant la toile qu’elle avait achetée l’autre jour. Tu trouves ça comment ?
– Quel rapport…
– Tu vas voir ! Dis-moi ce que tu en penses.
– Rien, c’est un peu au-dessus de la moyenne de ce qu’on peut voir dans les galeries. Ce n’est pas pire que ce que je peins moi-même. Et c’est quoi ?
– L’auteur s’appelle Jérémie Quélange, c’est lui qui s’est fait gazer à cause de Geneviève Baur. Je vais te donner ses coordonnées, tu peux sans doute te débrouiller pour lui organiser une expo quelque part.
– En voilà une bonne idée, si j’arrive à lancer le mec, je pourrai ensuite snober la Geneviève : « Tu vois, le pauvre mec que tu as failli handicaper à vie à cause de tes expériences de merde, et bien aujourd’hui il est célèbre, et devine qui l’a lancé ? Christian Roisson ! » Quelle belle, quelle très belle vengeance !
– Tu ne changeras jamais, toi !
– Bisous ?
– Bisous !

Fin du flash-back (récit de Linda)

– Quelle histoire compliquée et abracadabrante ! commenta le professeur, mais en même temps, c’est une belle histoire !
– Allez Christian, ressers nous du Champagne, c’est la fête !

Ils en étaient quand même à la troisième coupe, autant dire que les esprits s’échauffaient et si les hommes restaient sages, Béatrice et Annette étaient devenues très gaies.

Christian tente de canaliser tout ça en parlant peinture et en présentant quelques toiles de Jérémie Quélange. Celles-ci furent accueillies avec le sourire.

– Au moins, ça ne se prend pas au sérieux ! Tenta Annette. Mais je ne sais pas si j’aurais ça chez moi !
– J’en ai vendu des bien pires et fort chères ! précisa Roisson.
– Si on se mettait à table, proposa Linda que le sujet barbait. C’est une fondue, il me faut du monde pour apporter tout le bazar.
– Ah ! Une fondue ! Génial ! On va pouvoir se donner des gages ! Intervint Annette.
– Des gages coquins, alors ! Renchérit Béatrice.

Personne ne protesta mais tout le monde fit bien attention de ne pas faire tomber son petit bout de viande dans le bain d’huile bouillante. Christian Roisson et Jérémie commençaient à leur tour à déconner grave.

Et puis au bout de peut-être un quart d’heure, il arriva ce qu’il devait arriver : Linda sortit du bain d’huile sa fourchette à fondue auquel aucun bout de viande n’était plus accroché.

– Un gage ! Un gage !
– Allons-y pour le gage, concéda Linda, bonne joueuse, en espérant néanmoins que ça n’aille pas (déjà) trop loin !

Annette qui avait une idée derrière la tête, s’empressa de parler avant les autres :

– Linda, le gage, ça va être de nous montrer le gode que tu as piqué chez Geneviève Baur !

De bonne grâce elle s’en alla chercher l’objet qui fut accueilli avec « Ah ! » de satisfaction.

– Voilà, elle ne s’ennuyait pas la Geneviève ! Ajouta-t-elle en le passant à Roisson afin qu’il le fasse « tourner » parmi l’assistance.
– Mais c’est le mien ! S’écria alors Martinov !

A ces propos spontanés, l’assemblée s’esclaffa.

Moment de flottement, Martinov réalise sa bévue ! Béatrice vient à son secours en faisant exprès de faire tomber sa viande.

– Un gage ! Un gage !
– Béatrice montre-nous tes fesses !

De bonne grâce, Béa se lève, défait son pantalon et se tourne ! Elle n’a pas retiré son string mais tout le monde applaudit.

Ça chauffe !

Martinov n’ose plus lâcher sa fourchette à fondue, qui croise celle de Jérémie. Ce dernier la retire, le bout de viande s’en est détaché.

– Un gage ! Un gage !

Martinov en profite pour retirer la sienne… vide également…

– Un gage ! Un gage !
– Quelqu’un a une idée ?
– Oui, moi ! Intervint Annette, en pleine forme. Jérémie tu vas venir devant Monsieur Martinov et il va t’ouvrir ta braguette.

Martinov parait un moment tétanisé. Il semble hésiter, chercher un prétexte pour quitter ces gens avant de se dire qu’il sera bien temps de le faire si les choses se compliquent de trop. (On se ment toujours à soi-même.) N’empêche que Jérémie, pour ce qui le concerne ne s’est posé aucune question métaphysique. Il est maintenant planté devant le professeur et attend.

Martinov ouvre la fermeture d’un geste sec. Il se demande si le gage est accompli. Il lui semble que oui. Ce n’était pas si méchant.

– Heu, c’est fait ? Demande-t-il.
– Oui c’est fait ! Mais du coup, tu as droit à une récompense ! Répond Annette ménageant le suspense
– C’est quoi la récompense ? Finit pas demander quelqu’un
– Et bien on va dire que Monsieur Martinov a maintenant le droit de fouiller à l’intérieur de la braguette.
– Que je fouille… balbutie l’intéressé.
– Ben quoi, vous n’allez pas refuser ce cadeau ! Reprend Annette.
– Mais j’ignore si Monsieur est d’accord ?
– Vous avez ma permission ! Le rassure Jérémie. J’adore qu’on vienne farfouiller dans ma braguette !

Martinov n’est plus sur terre, sa main entre dans la braguette, trouve la bite semi bandée du jeune homme et la caresse. Jérémie déboutonne carrément son pantalon qui glisse sur ses chevilles. Il est encouragé par l’assistance. Du coup le caleçon ne tarde pas à prendre le même chemin. Et voilà notre vert professeur avec une splendide bite maintenant bien raide, devant son nez.

Il la prend, la masturbe quelques instants. Cette queue le nargue, elle est trop belle, bien droite, d’une jolie couleur, parcourue par une veine friponne et terminée par un gland arrogant. Il en a l’eau à la bouche.

– Suce ! Propose Jérémie.

Martinov hésite, Annette et Linda l’encouragent.

– Je peux ? demande le professeur incrédule.
– Vas-y suce ! Répète le jeune homme.

Et hop, la bite de Jérémie est engloutie par la bouche du professeur, qui la fait aller et venir dans son palais.

Christian Roisson paraît infiniment troublé par cette scène et s’approche des deux protagonistes pour mieux voir.

Jérémie profite d’une pause dans la pipe que lui prodigue Martinov pour se déshabiller complétement.

Ce jeune homme est troublant de chez troublant, peu musclé, complétement imberbe à l’exception du pubis, les tétons sont hyper développés et leur teinte brune tranche avec la pâleur de sa peau.

Martinov bande en le regardant.

– Si tu veux, je te prends ! Propose le jeune homme ! J’adore enculer les séniors.

Bref regard circulaire de Martinov :

Annette a entrepris Béatrice et les deux femmes se pelotent et s’embrassent « en veux-tu, en voilà, » complétement déchaînées.

Seule Linda reste sage. Parions que cela ne va pas durer !

– Tu ne veux pas la sentir dans ton cul ? Insiste Jérémie. Je fais ça très bien, tu sais !
– D’accord ! Finit par répondre Martinov dans un souffle, avant de se déshabiller.

Roisson fait la tronche d’être mis à l’écart, Jérémie s’en aperçoit.

– Toi aussi, t’aimerais qu’on te prenne ? Viens, je vais vous prendre tous les deux.

Du coup lui aussi se déshabille à toute vitesse. Les trois hommes se dirigent vers le canapé.

– Je commence par toi, mets-toi en levrette ! Demande Jérémie. Christian, place-toi devant lui, il va te sucer pendant que je l’encule.

Il n’entrait pas dans les intentions de Martinov de pratiquer une fellation sur Christian Roisson, mais comme c’était demandé gentiment… et puis la situation était somme toute, très excitante, le cul rempli, la bouche aussi ! Et c’était vrai que Jérémie était un spécialiste de la sodomie. Il allait et venait dans son cul avec une technique d’enfer, sans aucune brutalité. Des ondes de plaisir parcouraient le vieux professeur, à ce point qu’il en avait du mal à sucer la bite du troisième larron.

– Allez, on permute ! Indiqua Jérémie en se retirant.

Martinov aurait bien continué, mais que voulez-vous, une partouze est aussi un partage, on n’y est jamais le seul centre d’intérêt !

Il se positionna donc à son tour devant Roisson, pendant que ce dernier se faisait sodomiser. Se faire sucer par un homme n’intéressait pas trop Martinov dont la bisexualité était principalement passive. Mais il était vrai que Christian se débrouillait très bien du moins au début, parce qu’ensuite, le plaisir de la pénétration devenant intense, il fut incapable de continuer à sucer correctement.

Un râle ! Jérémie a joui dans le fondement de Roisson, il se retire, enlève sa capote et invite ses deux partenaires à venir s’assoir à ses côtés sur le canapé. Il attrape alors les deux bites et commence à les masturber.

Devant eux, il y du spectacle : Les filles se sont débarrassées de leurs vêtements. Linda s’est saisie du godemichet et a rejoint Béatrice et Annette. C’est cette dernière qui a l’honneur, le plaisir et l’avantage d’avoir le gode introduit en elle, d’abord dans sa chatte, puis dans son cul ! Elle pousse des cris de damnée, et pendant ce temps-là, Béatrice lui bouffe les seins.

Roisson jouit le premier entre les doigts experts de Jérémie. Martinov ne tarda pas à faire de même. Tout cela l’avait quelque peu épuisé mais il s’en alla chercher de suite une petite pilule miracle dans la poche de son veston. On n’est jamais trop prudent ! Car si parfois Linda consentait à quelques fantaisies avec lui… On peut toujours rêver…

On avait du mal à suivre ce qui se passait en face, les trois nanas étant si sévèrement emmêlées qu’on ne savait dire qui léchait qui ? Toujours est-il qu’à un moment Annette poussa un cri de folie, provoquant le rire des deux autres. Elle se leva, la chatte et les cuisses dégoulinantes avant de s’affaler sur une chaise.

– Je souffle cinq minutes ! Précisa-t-elle pour ceux qui n’auraient pas compris.
– Me permettez-vous de vous embrasser les nichons ? Lui demanda alors Jérémie.
– Oui, mais doucement, faut que je récupère.
– Je vais te laisser récupérer cinq minutes et après je t’encule !
– En voilà une façon de draguer, jeune homme ! On ne vous a donc jamais appris les bonnes manières ?
– Les circonstances sont exceptionnelles, chère madame ! Je ne vous aurais jamais proposé une telle chose en vous abordant dans la rue.
– Manquerait plus que ça !

Jérémie sans répondre se mit à lui lécher les tétons avec avidité passant de l’un à l’autre et de l’autre à l’un. Annette se laissa faire, après tout, pour ce genre de choses, elle avait accordé sa permission !

– Tu me la suces un peu avant que je te la foute dans le cul ?
– Tu sais que tu n’es pas du tout mon genre d’homme, moi je les aime virils, poilus…
– Tout comme moi, je les aime aussi virils et poilus et de préférence d’âge mûr ! Mais de temps en temps on peut changer ! Tiens par exemple moi j’adore la cuisine française, c’est la meilleure du monde, ça ne m’empêche pas de temps en temps de me régaler dans un bon restaurant chinois !
– Si tu m’avais laissée finir au lieu de me faire un cours !
– Je t’écoute !
– Je disais que tu n’étais pas mon genre, mais tu as une belle bite et tu es rigolo.
– Alors ?
– Ben alors je vais te la sucer et après tu vas m’enculer comme une salope !
– Alors allons-y !

Plus loin Béatrice et Linda étaient parties dans un soixante-neuf qui semblait interminable. Martinov pour sa part jouissait du spectacle en attendant que la petite pilule miracle fasse son effet. Quant à Roisson, il ronflait.

– Humm ! Quelle technique ! Tu as dû en sucer des bites, toi ? Commenta Jérémie pendant que la sienne était dans la bouche de la belle mature.

Cette dernière avait été bien éduquée par sa maman, qui lui avait appris qu’on ne parle pas la bouche pleine, aussi, s’abstint-elle de répondre. N’empêche que le jeune homme retrouva fort vite sa vigueur. Le sentant, la belle lâcha l’affaire et se retourna, prête à recevoir l’assaut !

Il ne tarda pas ! Il y avait fort longtemps que le chemin avait été banalisé. Il appuya son pilonnage donnant des coups de béliers bien plus secs que ceux qu’il avait prodigué aux hommes en les ponctuant de « han », « han ».

– Si vous pouviez m’enculer en évitant de pousser des cris de chevaux ! Plaisanta-t-elle.
– Mais Madame, rien n’arrête la cavalerie !
– « Han », « han ».
– Oupf, Oooh, c’est bon !
– « Han », « han ».
– Oooh !
– « Han », « han ».

Et c’est sur ces onomatopées très peu littéraires que ce couple atypique prit son pied de façon quasi simultanée.

Si le bruit de leur jouissance ne réveilla pas Christian Roisson qui ronflait comme un bateau à vapeur remontant le Mississipi, il fit sortir de leur torpeur les deux jeunes femmes qui étaient tombées dans un demi sommeil après s’être brouté mutuellement la minouche.

Un moment de folie avait soufflé sur la petite assemblée, personne ne s’en plaignit.

– On n’a pas fini la fondue ! Indiqua Linda qui n’arrivait pas à retrouver ses vêtements, mais ne les recherchait peut-être pas dans le bon tas.

Le professeur Martinov se dit alors que l’opportunité de faire quelque chose avec Linda allait sans doute lui passer sous le nez. Alors, lui qui n’avait jamais rien eu d’un dragueur fou lui lança :

– Vous êtes magnifique, Linda ! Vous regarder est un véritable plaisir !
– Merci, c’est gentil, un compliment, ça fait toujours plaisir.

Mais ce fut tout ! Martinov savait se tenir et n’insisterait pas. Alors ce fut Béatrice qui malicieusement vint à son secours en s’adressant à Linda.

– Et si on s’occupait de lui toutes les deux, juste cinq minutes ?
– Si tu veux !

Non Martinov ne rêvait pas ! Quelques instants après, les deux jeunes femmes, la brune et la blonde lui prodiguaient une pipe en doublette. Les langues couraient sur sa bite, dans un ballet infernal, allaient partout, du méat jusqu’aux couilles, et dès que l’une des deux bouches se libérait, l’autre prenait le relais.

Bien sûr le professeur était aux anges, mais il regrettait de ne pouvoir caresser Linda, ce qui était impossible pour le moment. Il osa donc lui demander de façon toute simple.

– Linda, j’aimerais vous caresser un petit peu !

Les filles cessèrent alors leur fellation. Linda se fit alors peloter de bonne grâce par Martinov qui, conscient du fait que cela ne plaisait peut-être que moyennement à sa partenaire, eut le tact de ne pas trop s’attarder à ce petit jeu.

– Merci, vous avez la peau trop douce, c’était un enchantement.
– Je vais te faire jouir ! Vieux coquin !

Elle reprit la bite en bouche, seule cette fois.

Et c’est alors que Jérémie, qui ce soir pétait la forme, s’approcha d’eux.

– Alors professeur ! C’est la fête ! Tu es la vedette de la soirée. Je te trouve sexy, tiens ! Je peux te faire un bisou ?

Martinov se demanda si le jeune homme allait bien, de le déranger ainsi en pleine pipe, mais d’un autre côté, il ne pouvait pas non plus l’envoyer promener pour une simple bise sur la joue.

– Alors je peux ?
– Si tu veux !

Et Martinov ne sut jamais comment la langue de Jérémie lui atterrit dans la bouche. Le bel éphèbe lui roulait un patin pendant que Linda lui suçait la queue. L’excitation atteignit son paroxysme. Le professeur déchargea dans la bouche de Linda tandis que les deux hommes continuaient à s’embrasser tendrement.

– Ça te dirait qu’on passe la nuit ensemble ? Chuchota Jérémie à l’oreille du professeur.
– Oui, bien sûr !
– Tu vas voir, ça va être génial, on va se sucer, on va s’enculer…

Excité par cette proposition Martinov se surprit à rechercher lui-même le contact de la bouche de son partenaire, pour un baiser aussi fougueux que passionné.

Annette se mit alors à applaudir avec force, imitée par Béatrice, mais aussi par Linda, dont la bouche dégoulinait de sperme.

Tout ce bruit finit par réveiller Christian Roisson :

– J’ai raté quelque chose ? Demanda-t-il, provoquant l’hilarité de l’ensemble de la petite assemblée.

Epilogue

Annette était venue avec un « scoop ». Elle avait attendu vainement l’occasion de le « placer » dans la conversation. Un message était parvenu sur le portable de Geneviève Baur, désormais conservé par Mario Grandbillard, qui rechignait à s’en servir. Il émanait d’un avocat de Montevideo et indiquait que Damien de la Tournelle était emprisonné dans l’attente de son procès pour tentative d’homicide.

Cette information, Annette décida de la garder pour elle. Inutile de gâcher la fête !

– Ça m’a donné faim tout ça ! On est obligé se rhabiller pour finir la fondue ? Demanda-t-elle simplement.

La soirée ne faisait que commencer.

Fin de l’épisode

La Rochelle – Printemps 2012
© Maud Anne Amaro
Maud_Anne@hotmail.fr

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2 réponses à Professeur Martinov 13 – Professeur Martinov et le gaz de soumission 8 – Fondue finale par Maud-Anne Amaro

  1. Darrigade dit :

    C’est un peu comme dans Astérix, à la fin tous les prsonnages (du moins les gentils) se réunissent pour un joli reaps bien convivial, sauf qu’ici ça se termine en partouze, et quelle partouze, mes aimis, il en faut du talent pour décire tout ça sans se méalnger les crayons.
    Critique sur l’ensemble de l’épisode n’13 : Je dirais un must ! Une fusion parfaite entre érotisme et thriller. Des petites perversions que l’on adore, des personnages positifs bien délurés, quelques jolis portraits de méchants (il y a même une méchante), une intrigue très travaillée, et beaucoup d’humanisme (eh oui)

  2. Muller dit :

    Les aventures du professeur Martinov se terminent souvent par une mega partouze et celle-ci est super bien raconté. La conclusion d’un long récit très érotique mais aussi très passionnant.

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