Martinov 32 – L’avocat ripou – 10 – Faux alibis en pagaille par Maud-Anne Amaro

– T’as bien dormi ? Demande-t-il
– Comme un bébé !
Kevin Moreau a profité de son lever matinal pour réfléchir, la première partie de son plan qui était de séduire Béatrice a très bien fonctionné. Mais la seconde est autrement plus hasardeuse. Pour que ça fonctionne il faudrait à minima que la fille soit un peu amourachée.
Or pour l’instant il n’aperçoit aucun signe en ce sens. Il se dit que peut-être Béatrice a le réveil mal luné, il y a des gens comme ça !
– Tu m’as fait passer une soirée merveilleuse ! Reprend-il
– Tant mieux !
– T’es pas trop causante le matin !
– Non !
– Je suis un peu embêté, je devais partir en Colombie avec ma secrétaire, et elle a un empêchement de dernière minute… C’est con parce que les billets d’avion sont achetés, la réservation de l’hôtel, tout ça.
– Ah bon ? Répond Béa qui s’en fiche éperdument.
– Ça te dirait de venir avec moi ? Ose-t-il demander.
– Non !
– Pourquoi ? Ce pourrait être sympa…
Béatrice ne répond pas, espérant qu’il ne va pas insister.
– Et puis comme ça, on apprendrait à mieux se connaître.
– Ecoute pépère, je ne sais pas où t’es monté, mais tu ferais mieux de redescendre. Ce qui s’est passé hier ce n’est pas le début d’une liaison, c’était un coup d’un soir. Je ne regrette rien mais maintenant tu vas être gentil de sortir de ma vie.
Kevin n’est pas surpris par la réaction de Béa, en fait il s’y attendait plus ou moins. Il n’a pas de plan B. S’il abandonne l’affaire, Lestincourt saura qu’il n’est pas allé en Colombie (il lui suffira de consulter le relevé de sa carte Gold.) Bien sûr il peut toujours y aller seul pour donner le change, mais si l’avocat découvre que Béa n’a jamais quitté la France, il va être mal, très mal.
Alors il change complétement de stratégie.
– Tu sais comment je m’appelle ? Demande Moreau en mâchouillant son croissant
– Oui, mais dépêche-toi de finir, il faut que je me prépare.
– Mon nom complet c’est Kevin Moreau.
Silence de Béatrice.
– Ça ne te dis rien ?
– Non !
– Je suis l’un des types qui a fait un faux témoignage dans l’affaire de ce fameux produit vendu en sex-shop.
– Pardon ?
– Oui et en fait je suis en service commandé, Maître Lestincourt m’a demandé de te séduire et…
…Et Kevin se reçoit une baffe en pleine poire…
– Dehors !
– Juste cinq minutes et après promis, juré, je disparais, mais il faut que tu saches… Lestincourt voulait absolument te pourrir la vie, le plan c’était de te débaquer en Colombie de t’envoyer dans une zone non contrôlée par l’état et de te piquer tes papiers… Tu n’en serais peut-être jamais revenue.
– Et pourquoi tu me dis ça ?
– Parce que je ne peux pas faire ça, je ne suis pas un salaud !
– Et il y a cinq minutes, tu me proposais de t’accompagner en Colombie ?
– On aurait donné le change et je ne t’aurais pas envoyé dans une zone dangereuse…
– Mwais ! Admettons ! Je vais te dire un truc, je commence en avoir marre des frères Lestincourt et de leurs magouilles. S’ils continuent à nous faire chier sache qu’on est en relation avec des gens bien placés et pas trop regardant sur les méthodes. Ils pourraient leur faire regretter leurs conneries. Quand tu verras Lestincourt tu lui diras ça de ma part, maintenant dégage !
– Et si on s’alliait pour faire tomber Lestincourt ! Moi aussi, je n’en peux plus de ce type…
– Si on a besoin de toi, on te fera signe, maintenant lâche moi la grappe !
– Je vais te donner mon numéro !
– Pas la peine, mon avocate saura le trouver !
– Je voudrais qu’on se quitte sans rancune !
– Mais tu vas me foutre le camp, oui !
De retour à Louveciennes, Beatrice relate sa rencontre insolite avec Kevin au professeur Martinov.
– Il faut qu’on arrête ça ! Ce Lestincourt devient vraiment dangereux. Commente ce dernier.
– Et on fait comment ?
– Un avocat qui use de telles méthodes ne devrait pas être trop difficile à faire tomber. Le souci c’est de trouver la bonne faille… Ton Kevin, il t’a bien dit qu’il serait d’accord pour collaborer.
– Oui, mais j’ai pas trop confiance.
– On va demander à Gérard s’il peut le cuisiner…
Il n’est pas chiant, Gérard Petit-Couture, toujours prêt à rendre service, et puis ça l’amuse tellement d’user et d’abuser de sa carte périmée d’agent de la DGSE.
Sophia Canaval lui ayant fourni ses coordonnées, il se rend accompagné de Florentine au domicile de Kevin Moreau le lendemain. Il frappe.
– Occupé ! Répond Moreau.
– Sécurité du territoire, nous avons quelques questions à vous poser. Veuillez ouvrir s’il vous plait.
Peu rassuré, Moreau qui était en train de besogner une cliente, se revêt d’une élégante robe de chambre et va ouvrir, inquiet.
– C’est quoi ?
– Nous sommes mandaté par Mademoiselle Béatrice Clerc-Fontaine pour vous rencontrer…
– Ah ! (soupir de soulagement) Ça ne peut pas attendre une demi-heure, je suis avec quelqu’un…
– N’en profitez pas pour faire une entourloupe !
– Mais non, mais comprenez-moi, je ne peux pas mettre à la porte la personne qui…
– Si vous pourriez, mais on va vous faire une fleur,
Et une demi-heure plus tard…
– On peut entrer cette fois ?
– Oui, oui ! Mais je ne comprends pas, vous êtes la sécurité du territoire ?
– Absolument ! Mais on vous expliquera… On peut s’assoir ?
– Bien sûr, bien sûr.
– Alors question préalable : Vous avez bien confié à Mademoiselle Béatrice Clerc-Fontaine que vous aimeriez être débarrassé de l’avocat Lestincourt. Vous confirmez ?
– Je ne sais pas qui vous êtes, je ne connais pas votre rôle. Donc je m’abstiens de répondre.
– O.K. Répond Gérard en sortant son portable je vais appeler Béatrice devant vous, elle vous confirmera que c’est bien elle qui nous envoie.
– Allo Béa, c’est Gérard, je suis chez Moreau, je suis en hautparleur ! Peux-tu confirmer que c’est toi qui nous envoies chez lui.
– Tout à fait ! Monsieur Moreau m’a fait savoir qu’il n’était pas contre le fait de collaborer avec nous afin de se débarrasser de l’influence de Lestincourt. Je raccroche ou il y des questions ?
Moreau est rassuré et fait signe à Gérard de raccrocher.
– Bon, ce préambule étant réglé, on voudrait savoir de quelle façon Lestincourt vous tient.
– Euh… par où commencer ? Je suppose que vous êtes au courant de l’activité que j’exerce ?
– Oui !
– Donc un jour je suis tombé sur le mari d’une cliente, un type jaloux et super agressif. On en est venu aux mains, je ne me contrôlais plus, je l’ai carrément envoyé à l’hôpital. Ce que j’ignorais c’est que ce type avait des grosses relations, il a porté plainte avec une énorme demande de dommages et intérêts. J’ai donc pris un avocat…
– Lestincourt, Je suppose ?
– Oui ! Et là il m’a dit qu’il pouvait gagner l’affaire à 90%. Mais qu’il pratiquait le dépassement d’honoraires (payable uniquement en cas de réussite). C’était hors de prix, j’allais laisser tomber quand il m’a dit que si je ne pouvais pas payer l’intégralité, il me proposait à la place de rester disponible s’il avait besoin de mes services. Les services en question c’était des fabriques d’alibis dans d’autres affaires. Il m’a donc sollicité deux fois, la première fois ça a dû se passer tout seul, je n’ai pas eu de nouvelles et la seconde c’est l’histoire du produit en sex-shop. Pour moi ça n’avait pas trop de conséquences, mais très dernièrement il m’en a demandé trop….
Et là il raconte le plan « Colombie »…
– Je vois ! Répond Gérard, et avez-vous eu connaissance d’autres affaires où il a utilisé de faux alibis ?
– Je ne suis pas intime avec lui au point qu’il me fasse ce genre de confidences.
– Vous n’allez pas me dire qu’on est venu pour des prunes ?
– Non, mais je ne suis sûr de rien.
– Réfléchissez.
– Il y a bien l’affaire de la bijouterie Constantin qui m’a toujours paru bizarre.
– Racontez.
– C’est deux mecs cagoulés qui ont raté un casse chez Constantin. La police est arrivée, il y a eu une fusillade, l’un des agresseurs a tiré sur un poulet et l’a tué avant de s’enfuir. L’autre a été maîtrisé. Evidemment les flics ont passé à tabac le mec capturé et lui ont fait avouer le nom du gars en fuite. Ils sont allés le cueillir chez lui, il a juré ses grands dieux qu’il n’était pas sur les lieux… et qu’il avait un alibi…. Je me demande si l’alibi en question n’a pas été fabriqué par Lestincourt.
– Bon, ça fait une piste, on va vérifier… Tu en as d’autres.
– Là tout de suite, non, mais je peux y réfléchir. Mais pourquoi vous vous compliquez la vie, si le docteur Machin-truc reconnait avoir établi un faux document, ça devrait suffire ?
– C’est ce qu’on fera en dernier ressort, en sachant que si on fait ça il sera radié de l’ordre des médecins.
– Et alors, ce sera bien fait pour lui.
– Les choses ne sont pas si simples, il a pu faire ça sous la contrainte… et puis entre nous foutre dans les pattes de Lestincourt un faux alibi destiné à innocenter un tueur de flic c’est quand même davantage porteur qu’une histoire de fiole qui donne des boutons…
– Je voudrais me concerter quelques instants avec mon collègue intervient subitement Florentine
Et tandis que Moreau se retire dans le couloir contiguë, Gérard se demande bien ce que veut lui confier sa compagne…
– Il est trop mignon ce mec, je me ferais bien un extra !
– Mais enfin Florentine !
– Ça t’embête si je lui demande ?
– Mais t’as le feu au cul ou quoi ?
– C’est pas une réponse !
– On n’est pas là pour ça, mais si ça te fait plaisir.
– Super, et toi tu pourras mater !
– Ben voyons !
Ils font signe à Moreau qu’il peut revenir.
– Une question un peu hors sujet ! Lui dit Florentine. Ça vous poserait problème que je sois votre cliente ? Je vous trouve beau garçon….
– Pas du tout, c’est quand vous voulez ! Répond Moreau même pas surpris.
– Maintenant ?
– Pourquoi pas ? Mais monsieur…
– Il va regarder !
– Ah bon ! 150 pour une demi-heure, ça vous convient ?
– Vous prenez les chèques ?
– En principe, non, mais je peux faire une exception. Vous souhaitez vous doucher avant ?
– Non, non ! Je me sens fraiche.
– Alors passons dans la chambre…
La chambre est très kitch avec un énorme éventail géant dans les fonds bleus sur le mur de la tête de lit.
– Vous voulez du classique ou des spécialités ?
– Je suis un peu soumise, n’hésitez pas à me malmener, des mots crus… tout ça…
– OK, on va se déshabiller, et monsieur peut s’assoir sur la chaise là-bas.
A poil, Kevin Moreau apparait complétement glabre, torse et aisselles rasées, et poils du pubis itou.
Florentine ne voit pas bien l’intérêt mais n’en fait pas un problème, préférant toucher la bite demi-molle de l’escort-boy.
– Hum, c’est pas mal tout ça !
– Ça te plait les bites ? Hein salope ?
– Bien sûr, je suis une suceuse de bites.
Elle ne va pas aller jusqu’à avouer à ce quasi inconnu qu’avant de vivre sa vie avec Gérard, elle était escort-girl de luxe, ça ne le regarde pas.
Florentine est maintenant nue.
– Quels beaux nichons ! Lui dit Moreau.
« Tu parles, il doit dire ça à toutes ses clientes ! »
– Qu’est-ce que t’attends pour me sucer, morue ?
Un petit coup de branlette et on y va.
Et ses petits doigts agiles ont tôt fait de faire raidir la bête !
– Hum ! Regarde Gérard, cette belle bite, elle ne te fait pas envie ?
– Ma foi, elle est bien jolie ! Répond l’intéressé.
– Tu fais les hommes aussi ! Demande Flo à Moreau.
Ce dernier croit comprendre ce qui risque de se passer.
– Ça m’arrive ! Avec les hommes je suis switch.
– Hein ?
– Je veux dire : je peux être actif ou passif.
– Ça t’intéresse Gérard ?
– Pourquoi pas ?
– Alors ce sera 100 euros de plus.
Et tandis que Florentine commence à glouglouter la bite de Moreau, Gérard se déshabille à son tour à toute vitesse. Et il bande déjà, le coquin !
Et voilà qu’il rejoint Florentine, la pipe est maintenant à deux bouches, l’homme et la femme se repasse la bite dans la bonne humeur.
– Toi la nana, tu vas me lâcher la bite et venir derrière moi me lécher la rondelle. Allez dépêche-toi je veux sentir ta langue de pute dans mon trou de balle.
Voilà qui n’a rien d’une corvée pour Florentine qui vient faire feuille de rose à l’escort-boy. Elle adore ce genre de choses.
– Maintenant je vais vous enculer tous les deux ! Reprend Moreau. Et soyons galant, madame d’abord ! Allez, en position, poufiasse !
Florentine se met en levrette et relève vicieusement son joli popotin offrant une vue imprenable sur ses trésors intimes.
– Oh le joli cul que voilà ! Et si je lui faisais quelques petites misères ?
– A votre guise !
– Un peu de cravache, alors ?
– Modérément !
– Ta gueule ! Les grosses putes faut les punir, sinon elles font n’importe quoi ! N’est-ce pas monsieur ?
– Vous êtes un philosophe ! Répond Gérard, pas contrariant.
Moreau s’est donc saisi d’une cravache (il y en avait justement une de disponible dans un porte- parapluie) et vise la fesse gauche de Flo qui encaisse avec un bruit étouffé. Le second coup est pour sa fesse droite (c’est ce qui s’appelle la parité fessière) Et il continue, en alternant à chaque fois, Florentine supporte mais souffre, des larmes lui viennent aux yeux, le Rimmel fout le camp.
– On va peut-être s’arrêter là ! Finit-elle par dire
– OK, un dernier pour la route… Shlack !
– Ouille !
– Ne bouge pas, je m’enfile une capote et je t’encule comme une salope !
– Oh, oui ! oh oui !
Une noisette de gel pour lubrifier l’endroit et hop après une petite poussée, la bite de Moreau va et vient dans le cul de Florentine.
– Ça te plait de voir ta collègue se faire enculer ! Lance-t-il à l’attention de Gérard !
– Ma foi , c’est un beau spectacle !
– Et tu ne perds rien pour attendre ce sera bientôt ton tour !
– Mais avec plaisir.
Kevin Moreau est un pro et il sait se retenir de jouir, il attend donc que la belle Florentine ait pris son pied pour déculer, changer de préservatif et de partenaire…
Et cette fois comme il n’ a pas d’autres rendez-vous coquin dans la journée, il se lâche et pilonne Gérard jusqu’à ce qu’il jouisse dans la capote.
Gérard a le cul satisfait mais n’a pas joui. Moreau fait là encore preuve de professionnalisme en lui prodiguant une finition buccale.
Maitre Sophia Canaval s’est débrouillée pour avoir accès au rapport rédigé par le juge d’instruction dans l’affaire du casse de la bijouterie Constantin.,
« Bertholet affirme être resté dans l’appartement de Madame Julia Ravine de 15 à 16 heures, ce qui a été confirmé par le gardien de l’immeuble. Il ne pouvait donc être physiquement sur les lieux de la bijouterie Constantin à 15 heures 20, heure du hold-up… »
En revanche, elle ne trouva rien au sujet de cette Julia Ravine.
« L’affaire est peut-être classée à un autre nom… »
Après concertation avec Gérard Petit-Couture, celui-ci propose d’y aller au flan après que l’adresse eut été dénichée.
C’est une soubrette en tenue qui vient ouvrir à nos deux aventuriers. Ceux-ci se présentent comme ils ont l’habitude de le faire…
– C’est que Madame Ravine est occupée. Est-ce que…
– Si elle est occupée, elle remettra ses occupations à plus tard, ne nous obligez pas à entrer de force.
– Entrez, je vais la prévenir…
Trois minutes plus tard, la soubrette faisait pénétrer le couple de faux agents secrets dans le salon de l’appartement. Deux femmes en robe de chambre y sont présentes, une brune et une fausse blonde.
– Bonjour tout le monde, laquelle de vous deux est Madame Ravine ?
– C’est moi ! Répond Julia.(la brune)
– Donc je répète que nous sommes la sécurité du territoire, nous désirons nous entretenir de façon privée avec Madame Ravine.
– Autrement dit faut que je dégage ! Soupire la blonde.
– Reste à côté, je ne pense pas que ces messieurs-dames en aient pour bien longtemps.
Et une fois la blonde passée à côté, Gérard peut attaquer, il a préparé son coup mais n’est sûr de rien…
– Madame, vous êtes en relation avec une personne soupçonnée d’intelligence avec une organisation étrangère hostile…
– Mais qu’est-ce que vous me racontez là ?
– Il s’agit d’un avocat, Maitre Stanislas Lestincourt.
– Lestincourt ? Mais je ne suis pas en relation avec lui, il a été mon avocat dans une histoire abracadabrante mais c’est tout .
« Un point de gagné, on sait maintenant que Lestincourt est dans coup… enfonçons le clou ! »
– L’affaire du casse de la bijouterie Constantin, ça vous parle ?
La Julia devient rouge comme une tomate.
– Pas plus que ça ! Finit-elle par dire.-
– N’empêche que vous avez fourni un alibi à un monsieur Bertholet qui était soupçonné d’avoir participé à ce casse. Un casse au cours duquel un policier a été abattu de sang-froid,
– Je ne connaissais même pas son nom, c’est quand j’ai vu sa photo dans le journal que je suis spontanément allé voir la police pour leur dire que ce ne pouvait être lui puisqu’à l’heure du hold-up il était chez moi. Le concierge l’a d’ailleurs confirmé ! C’est tout, ça vous va ? Vous pouvez me laissez tranquille à présent ?
– Attendez…
Le téléphone de Gérard vient de sonner, c’est Sophia Canaval
– Je ne peux pas parler, là, rappelle-moi dans une heure !
– Non, débrouille-toi, c’est super important
Gérard s’éloigne dans le couloir
– Juste deux infos, la mère Ravine a été placée en garde à vue pour complicité dans une affaire de trafic de diamants. Aucune charge n’a été retenue contre elle… et je te le donne en mille, son avocat c’est Lestincourt.
La seconde info, il l’avait pratiquement deviné au bluff et avait été confirmé, en revanche la première, c’est du petit lait.
– Madame, je viens de recevoir un coup de fil qui ne va pas arranger vos affaires, nous avons maintenant la preuve que Bertholet n’était pas chez vous aux heures indiquées. Vous avez donc livré un faux témoignage.
– Et la parole du concierge, vous en faites quoi ?
– On va s’en occuper ! Je vous propose un deal pour vous sortir de cette situation; c’est de faire une déposition spontanée à la police en disant que l’on vous a contraint à faire un faux témoignage.
– Et le concierge, vous allez lui demandez quoi ?
– Ma collègue va descendre lui dire bonjour ! En attendant je peux reconstituer ce qui s’est passé, Vous avez été soupçonné de je ne sais plus trop quoi dans une affaire de trafic de diamants.
– Mais ce n’est pas un peu fini vos délires, j’ai été complétement blanchie dans cette histoire.
– Non, ce n’est pas comme ça que ça s’est passé, Lestincourt a inventé un scénario pour vous innocenter, mais quand il vous a présenté la facture vous êtes tombé du placard, alors il vous a proposé un deal, il passait l’éponge sur le reste à payer en échange de la promesse de lui rendre quelques petits services complétement illégaux. J’ai bon ?
– Merde !
Et pendant ce temps-là Florentine rend visite au concierge.
– Police, n’ayez pas peur, c’est juste une ou deux questions !
– J’ai rien fait de mal
– Je sais ! La police est venue vous voir au sujet de l’affaire du casse de la bijouterie Constantin ?
– Oui, ils m’ont bien cassé les pieds, ça ne va pas recommencer !
– Dites-moi ce que vous leur avez dit !
– Je leur ai dit que le monsieur qu’ils soupçonnait était innocent puisque je l’ai vu monter chez Madame. Ravine.
– Mais comment vous pouvez être sûr ?
– Ben le lendemain du casse il y avait la photo des deux braqueurs à la une dans le « Parisien ». C’est madame Ravine qui me l’a montré, elle m’a dit, « ils sont complétement fous, ce mec-là était chez moi, il ne pouvait pas être en même temps à la bijouterie Machin »
– Donc si je comprends bien, vous avez vu un mec monter vers 15 heures chez Madame Ravine et elle vous a convaincu que c’était Bertholet.
– Je sais ce que je vois quand même ! Et je ne vois pas pourquoi Madame Ravine me mentirait, c’est une brave femme.
– D’accord, et ils font quoi ces messieurs qui montent chez Madame Ravine ?
– J’suis un gardien d’immeuble, pas une balance !
Elle remonte et trouve Gérard et Madame Ravine face à face, celle-ci s’est enfermée dans le silence.
– Je viens de parler avec le concierge, son témoignage ne vaut rien !
– Et bien voilà, Madame Rabine vous n’avez plus de cartes en main !
– Je peux réfléchir ?
– Réfléchir à quoi ? On peut essayer de régler ça à l’amiable, mais un faux témoignage c’est la correctionnelle et la peine c’est 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Sauf si vous apportez la preuve de la contrainte.
– La preuve ? Je n’ai pas de preuve !
– Si vous aviez refusé, il aurait fait quoi Lestincourt ?
– Je suppose qu’il aurait sollicité un autre pigeon. Mais moi je n’ai pas réfléchi, j’avais une occasion de me libérer de la dette que j’avais envers lui et voilà.
Et Madame Ravine se met à chialer comme une madeleine.
– Vous n’aurez qu’à dire qu’il vous a menacé de mort, personne n’ira vérifier. Et moi de mon côté je vais faire fuiter dans la presse quelques activités douteuses de cet avocat pour noircir un peu le tableau.
– Et si je refuse votre proposition ?
– Nous avons assez d’éléments pour nous passer de votre collaboration… mais plus vous collaborerez plus cela arrangera votre affaire.
– Mais la prison ?
– Je ne peux pas vous promettre que vous n’en ferez pas, mais encore une fois si vous collaborez, ce ne sera que quelques mois sous bracelet électronique et du sursis…
– Bon, vous pouvez m’aider à rédiger quelque chose ?
– Bien sûr !
Gérard a accompagné Julia Ravine au commissariat. Les fonctionnaires de police l’ont tout de suite placée en garde à vue. Maître Sophia Canaval s’est présenté spontanément pour l’assister. Présentée au juge d’instruction celui-ci n’a pas requis de mandat de dépôt mais a ordonné un contrôle judiciaire strict.
Lestincourt est convoqué par la police, il se débrouille pour en connaître l’objet, ne s’y rend pas, prépare une valise et commande un taxi qui l’emmène à Roissy où il achète un aller simple pour Buenos-Aires. Il n’y a pas besoin de visa pour entrer dans ce pays et il n’existe aucun traité d’extradition entre la France et l’Argentine. Personne n’ira le chercher.
L’affaire est cette fois terminée, Gérard propose à tous les participants de se retrouver chez lui dans son joli pavillon à la périphérie d’Amiens, pour un barbecue festif
Brigitte n’a pas pu venir (je sais les lecteurs vont râler mais nous avons pu voir évoluer Brigitte et le chien de son gardien un peu plus en avant, il serait donc malvenu de se lancer dans des redites)
Béatrice a suggéré à Gérard et Florentine d’inviter Romain et Edith. Après tout ils ont bien le droit de participer à la fête, les explications de Romain ayant permis de débunker rapidement l’affaire.
– Mais on ne les connaît pas !
– Eh bien vous ferez connaissance ! Vous ils ne sont pas tristes
A suivre
- Plus de 3800 textes et récits
Moi aissi j’ai un alibi, a cette heure-là je changeais l’eau de mon poisson rouge