L’initiation par Rvnrv

Je devais en finir avec ce fantasme. Le réaliser. Hétéro jusqu’ici, avec mon
lot de frustrations ; des périodes où, ayant copine, ma libido pouvait se
réaliser plus ou moins ; d’autres de plus en plus fréquentes où je restais
seul. Je commençais alors à gamberger, me rappeler. J’allais beaucoup sur
Internet. J’avais des attentes précises, un ami m’orienta sur Vassilia2, un
site où l’on pouvait trouver des sexualités différentes.

Adolescent, dans les années 80, j’ai pris l’habitude de regarder des films
pornos. J’en ai vu beaucoup. Petit à petit, je me suis rendu compte que voir
ces filles aux plastiques trop parfaites, au sexe épilé, les seins gonflés,
etc. m’indifférait. Les années 90 ont tué mes envies de porno. Je restais
voyeur, mais j’avais envie de vrai. Ce que j’ai enfin trouvé sur Internet
avec les pages perso des amateurs. Voir des couples vrais faire l’amour,
voilà ce qui m’excitait. Voir des femmes authentiques, des mecs qui
n’étaient pas des sur-hommes.

Il me restait un souvenir trouble d’une période de mon adolescence : je
matais les cassettes pornos avec un ami : nous avons commencé à nous
caresser, puis à nous sucer. Pour moi, il s’agissait surtout de libérer mon
excitation, de découvrir la sexualité (je devais perdre mon pucelage que
très tard) ; trop timide pour aborder les filles, je profitais de la
présence de mon ami. Notre relation dura quelques années, mais de manière
très épisodique. Vers la fin, se posa la question de la pénétration, mais je
me dégonflais (si l’on peut dire). Mon ami devint homo ; je mis encore
quelques temps avant de découvrir vraiment les filles. Pourtant, lorsque je
pense encore à ces moments-là, je suis pris d’un vertige incroyable,
rarement mon sexe durcit autant.

Lorsque qu’un ami, donc, me fit découvrir Vassilia2, ce trouble
revint de manière obsessionnelle, notamment à cause (grâce ?) à un article
sur la bitophilie dans lequel je me retrouvais complètement. Les femmes me
fascinent totalement. J’aime leurs formes, leur sexe. Je veux qu’une femme
ait des seins, des hanches, des fesses, et surtout un ventre ; je veux du
moelleux, du doux. Du naturel, du vrai !

Je ne suis pas homo, je n’aime pas les hommes, ils ne m’attirent pas. Leurs
corps, les poils, cela me freine. Par contre, l’idée de sucer une bite ou de
me faire sodomiser m’excite au plus haut point. Longtemps j’ai dit comme une
boutade  » j’aimerai faire l’amour à une femme qui aurait une bite  »
Bizarrement, les travellos, les trans., etc. ne me font aucun effet. J’ai vu
pas mal de films et sites gays, mais cela ne me branche pas non plus. Par
contre, les récits et galeries bi hhf me font bander gravement.

J’en étais donc là, à me dire qu’il me faudrait réaliser ce fantasme d’une
relation bi, un trio hhf ; me retrouver seul, face à un mec ne me disant
rien (peur peut-être, trop gay ?). Restait à trouver un couple pour passer à
l’acte. Je suis très timide de nature, réservé ; et j’ai des exigences. Je
n’aime pas la vulgarité, les m’as-tu-vu ; visiteur régulier de sites pour
adultes (doux euphémisme), je me suis forgé une opinion (un à priori) sur
les couples adeptes de l’exhibe, échangisme, etc.

Trop souvent me semble-t-il, ils veulent singer l’imagerie érotico-toc de
l’industrie porno : lingerie  » affriolante  » mais ringarde, poursuite de la
performance…

Rechercher le plaisir, bien sûr, c’est le but ; mais le faire honnêtement,
pas pour la caméra, se faire plaisir à soi, à l’autre. Je souhaitais donc un
couple qui aurait les mêmes exigences que moi, les mêmes goûts. La
trentaine, cultivés, ne se prenant pas la tête. Un homme pour qui, comme
moi, cela serait la première expérience bi. Une femme qui ne se contenterait
pas d’être seulement spectatrice, qui nous aiderait, nous mettrait en
confiance…

Où trouver ce couple merveilleux ? J’eus l’idée de passer une annonce sur
Vassilia2. Après tout, c’est ce site qui est à l’origine de mes tourments
(il n’a pas fallut beaucoup me forcer d’accord).

~o~
 » A la recherche d’une première expérience bi (comme bitophile), j’aimerai
rencontrer un couple dont ce serait aussi les débuts en trio. Vulgarité et
performances à tous prix exclues. J’ai la trentaine et suis sur la région
marseillaise. A bientôt.  »

~o~
Deux semaines déjà que l’annonce est passée. Toujours rien. Par contre mon
e-mail m’attire tous les marchands de sexe que le net a créé. Troisième
semaine. Un message arrive dans la boite.  » Nous sommes un couple comme vous
à la recherche d’une première expérience bi hhf. La trentaine. Lui, plutôt
mince, de taille moyenne ; elle grande et ronde. Nous voulons une relation
dans le respect, la discrétion, le calme. Nous sommes dans la région
marseillaise. Peut-être pourrions-nous faire connaissance ?  » Ca y est !
J’ai la trouille, faut-il que je réponde au mail ? Depuis le temps que je
désire ça, vais-je franchir le cap, réaliser mon fantasme, passer à l’acte ?
Justement, c’est un fantasme, ne doit-il pas le rester ?

Je réponds au message, l’envie est trop forte. Je veux en savoir plus sur
eux. Faut-il encore qu’ils me plaisent. Que nous nous plaisions… Mariés,
c’est un couple de fonctionnaires. Ils m’envoient une photo sur laquelle ils
sont habillés. J’apprécie. Il ne fait pas trop viril, je préfère ; elle est
effectivement ronde, bien en chair. Ils ont de l’humour, ne fument pas. Le
couple parfait ! Je leur envoie une photo de moi, je complète mon
autoportrait. Cela semble leur convenir. On se plait. Par Internet interposé
en tous cas. Et maintenant ?

Nous décidons d’un premier rendez-vous dans un café. Une prise de contact
autour d’un verre. L’ambiance feutrée d’un pub sur le port. Ils arrivent se
tenant par la main. Jeunes, ils ont l’air amoureux. Que veulent-ils, un peu
de piment ? Ou bien comme moi, un vieux compte à régler… Ils sont vêtus
décontractés, ne donnent pas l’impression de se prendre la tête. Je suis peu
bavard ; les débuts sont difficiles. Nous parlons de nos boulots respectifs,
peu intéressant tout ça. Alors quoi, nos hobbys ? Une même passion pour la
musique et les bouquins. Je me détends un peu ; eux ne paraissent pas avoir
ce problème. Je regarde le mec, l’imagine nu, sa bite dure, nos peaux
collées. J’en ai le souffle coupé. Ils me dévisagent aussi, échangent des
regards complices.  » Tu es toujours d’accord ?  » C’est elle qui parle ;
peut-être n’est-il pas aussi cool que ça. Ca m’arrange.  » On habite dans le
centre, pas loin. Ca te branche ?  » Nous y voilà. Je n’avais pas prévu que
cela se passe maintenant. Je manque singulièrement de spontanéité. Je dois
chaque fois me préparer à ce que je vais dire, faire. Je suis au pied du
mur, à deux doigts de me faire enculer (si j’ose dire).  » O.K. Je vous suis.
 »

L’appartement est sobre, fonctionnel. Cela fait peu de temps qu’ils ont été
mutés dans la région. Dans la pièce principale, il y a un grand
canapé-convertible, une table basse, un meuble pour l’audiovisuel. Elle met
un disque, du jazz. Musique d’ambiance. Il apporte de quoi boire. Nous nous
asseyons sur le canapé, tous les trois, elle au milieu. Nous sommes en
attente, le temps est suspendu. Enfin, elle pose une main sur mon genou,
idem pour son mari. Lui et moi ne savons que faire. Je mets une main sur la
cuisse de la fille. Elle porte un jeans, preuve peut-être que cela n’était
pas délibéré. Ma main caresse son aine ; c’est chaud. Lui, décide de faire
comme moi ; nos mains se frôlent. Je me raidis. Maintenant nous nous
intéressons à ses seins, par-dessus son pull en laine. Elle ne porte rien
dessous sinon un soutien-gorge. Ils sont gros, lourds. Je sens leurs pointes
durcir. Moi aussi d’ailleurs, car elle me masse l’entrejambe.  » Nous
devrions peut-être nous mettre à l’aise.  » dit son mari. Et il commence à se
désaper ; chaussures, chaussettes, jeans, chemise et caleçon valdinguent
dans un coin. Nos affaires les rejoignent. Nous sommes maintenant nus, tous
les trois. Il n’est presque pas poilu, un peu de ventre, comme moi. Je
regarde sa bite bandée. Elle n’est pas très grosse comme la mienne. Fine et
moyenne. Je suis soulagé. Sa femme est toute en rondeur, sa peau est douce,
chaude. Nous sommes debout. Je ne peux m’empêcher de la caresser, lui aussi.
Nos mains se mélangent ; je ne sais plus quel corps je caresse, quelle main
me touche. Je l’embrasse elle. Lui, je ne suis pas chaud : c’est sa bite que
je veux. Pourtant je sens sa langue dans mon cou, puis ma bouche. Mon sexe
est trop tendu ; j’ai peur d’éjaculer. Cela m’arrive souvent quand après
trop d’abstinence, les affaires reprennent ; je ne suis pas un bon coup les
premières fois. Elle se met à genoux, nous suce à tour de rôle, lèche les
couilles, passe un doigt sur la raie. Pendant ce temps nous nous caressons
le torse, il titille la pointe de mes tétons, je masse ses fesses.  » Arrête,
sinon je vais éjaculer !  » Je n’en peux plus. Nous restons quelques instants
les bras ballants, puis, en même temps, comme si nous répondions un signal,
chacun s’empare de la bite de l’autre et nous nous branlons doucement. Je
redécouvre cette sensation de caresser une autre queue. Pendant ce temps,
elle s’est dirigée vers le canapé et l’a transformé en lit.

Nous nous mettons en 69 et chacun prend le sexe de l’autre dans la bouche.
Je suis dessus, lui dessous. Je lèche le gland, la hampe, les couilles.
C’est bon. Trop bon.  » Attention, ça y est ! « . Je m’écris.  » Vas-y…  » Je
jouis. Mon sperme inonde sa bouche. Sa femme s’approche et vient recueillir
la semence aux lèvres de son homme. Ils s’embrassent. Je me suis arrêté de
le sucer sous le coup de l’émotion.

Sa femme passe dans mon dos et vient me lécher l’anus. Avec sa langue, elle
fouille, puis je sens un doigt, deux doigts. C’est divin.  » Tu veux ?  » me
demande-t-il. Bien sûr que je veux. Son sexe est raide ; il met un
préservatif. Je suis déjà en position. Il se place derrière moi. Je sens sa
bite contre mon trou. Il force un peu ; déjà distendu, humidifié, mon cul
semble accepter l’hommage. Pourtant, la base, large, du gland peine à
entrer. Un doigt enduit de lubrifiant ; il prend mes hanches et pousse. Un
cri, une douleur terrible.  » Merde, excuse-moi.  » Je lui dis que ça va,
continue. Il y va très lentement. Je sens cette masse aller et venir en moi.
Passées la première souffrance, je commence à apprécier. Maintenant, je vais
au contact, avec mon cul je cherche sa bite. C’est fantastique. Pour lui
aussi qui ne tarde pas à jouir. Il s’effondre collé à mon dos.

Nous sommes tous les trois enlacés, les deux hommes épuisés. Les femmes
rondes ont un pouvoir d’excitation terrible sur moi. Leur odeur, leur
moelleux me fait bander irrésistiblement. Elle ne déroge pas à la règle. A
son contact, doucement le désir revient. Ma main s’attarde un peu sur son
ventre puis descend vers sa chatte. Humide bien sûr. Je caresse son
clitoris, le fait rouler sous mon doigt. Elle ondule langoureusement des
hanches. L’expression n’est pas belle, mais j’aime bouffer de la chatte ; je
m’y emploie. Souvent parvenir à faire jouir une femme avec ma langue, un
doigt, suffit à mon bonheur ; j’ai trop peu confiance en mon sexe pour m’y
abandonner totalement. Aussi, lorsque je l’entends gémir, me demander de la
prendre, j’hésite, puis m’y résous. Cette bonne vieille position du
missionnaire. Rapidement elle parvient à l’orgasme. Moi je peine ; autant
tout à l’heure je fus prompt à partir, là je rame. Le mari vient à mon
secours :  » Et moi tu m’oublies ?  » C’est vrai, j’oubliais ; si je voulais
me faire enculer, lui aussi !
Il est allongé sur le dos, comme sa femme cinq minutes avant, offert. Un
doigt de lubrifiant et je le pénètre. Je lui fais face, je sens son sexe dur
contre mon ventre, son visage près du mien, tout comme lorsque je baisais sa
femme… La sensation est troublante. J’aime la sodomie, des deux côtés de la
bite maintenant. Comme sa femme il gémit et très vite en lui j’éjacule.
Aussitôt je me retire et enfourne sa queue dans ma bouche gloutonne. Il
n’est qu’un spasme. Rapidement je sens sa semence chaude sur la langue ; je
recrache sur son ventre.

Nous restons quelques temps épars sur le lit. Il est tard. Je décide de
rentrer.

~o~
Que faire de nos fantasmes ? Les confesser, en faire des récits susceptibles
d’intéresser d’éventuels lecteurs et avoir peut-être un retour, un avis, les
réaliser…

Octobre/novembre 2002 – rvnrv@yahoo.fr

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