Le septième ciel au quatrième sous-sol par Faustin

Louis regarda sa montre, 19 heures. Il pouvait maintenant ranger son bureau
et rentrer chez lui. D’autant plus que l’on était samedi et qu’il était venu
faire des heures sup. à la demande de son supérieur. Personne donc ne pourra
lui reprocher son manque d’implication dans l’entreprise.

Ce n’est pas qu’il aime ça, les heures sup. mais il faut bien faire des
concessions de temps en temps. A 39 ans, il venait enfin d’avoir la
promotion qu’il attendait depuis des années. Il était chef, enfin… petit
chef, trois personnes sous ses ordres dans la section comptabilité dans
laquelle il travaillait depuis vingt ans. Cela faisait des années qu’il
aurait dû l’avoir cette promotion, mais voilà, il avait commis un impair,
une bourde, plus même, une faute professionnelle.

Son esprit l’emmena loin dans le temps. Ce jour où, occupant un poste de
confiance, il était chargé de vérifier les factures avant de les enregistrer
dans les fichiers informatiques. Vérifiant une facture, il faillit
s’étrangler, le montant était faramineux en regard des prestations qui y
étaient mentionnés. Presque cent mille francs (15.000 euros) pour un
week-end prolongé dans un hôtel, certes, de grand luxe, mais quand même ! Il
s’insurgeait, non mais des fois, il n’allait pas la payer cette facture, le
fournisseur allait l’entendre lorsqu’il en réclamerait le paiement. Pas une
seconde Louis n’envisageait d’aller en parler au chef comptable. Il rangea
la facture au fond de son tiroir. Un mois plus tard, une nouvelle facture du
même acabit arriva, elle rejoignit la première sans état d’âme.

Quelques temps plus tard, il fut convoqué par le chef comptable justement au
sujet de ces factures. Celui-ci venait de se faire passer un savon par le
directeur financier qui lui-même… et faisait son enquête pour savoir d’où
venait le dysfonctionnement. Lorsque Louis lui avoua son attitude, le chef
comptable entra dans grosse colère et passa à son tour un savon à Louis.

Depuis, Louis, voyait régulièrement les augmentations lui passer sous le
nez. Les promotions qu’il appelait de ses vœux allaient à des collègues plus
jeunes. Bien sûr, il aurait pu aller chercher du travail ailleurs, mais
voilà, il était un peu mou, il n’avait pas le goût du risque. Un tiens vaut
mieux que deux tu l’auras se disait-il. Et le temps a passé.

Heureusement pour lui, depuis un an, un nouveau chef comptable était en
poste et, depuis trois mois, Louis était devenu petit chef. Aussi ne
pouvait-il pas refuser lorsque son supérieur lui demanda de le remplacer ce
samedi, précisant bien que c’était à la demande du PDG, du grand manitou,
celui qui lorsque l’on le croise par hasard dans le couloir ne vous jette
même pas un regard.

—-0—-
Louis pénétra dans la cabine de l’ascenseur et appuya sur le bouton du
quatrième sous-sol pour rejoindre le parking de la société. Au moment où les
portes se refermaient, il aperçut la splendide créature qu’il avait vue dans
le bureau du PDG, celle-ci se dirigeait vers l’ascenseur. Galamment, Louis
mis son pied afin d’empêcher les portes de se refermer. La créature pénétra
à son tour dans l’ascenseur sans un regard ni même un petit sourire de
remerciement pour Louis.

Elle était magnifique, grande, environ 1,80 m, blonde, des cheveux soignés
qui tombaient en un brushing impeccable sur ces épaules, vêtue d’un tailleur
pantalon en cuir rouge foncé manifestement taillé sur mesure, pas de
manteau, comme si elle était venue en voisine dans cet immeuble. Elle
portait en bandoulière un sac à main assorti et elle était juchée sur des
chaussures aux talons aiguilles interminables.

- Quatrième sous-sol ! édicta-t-elle avec l’aplomb de ces gens habitués à
avoir des larbins en permanence sous leurs ordres.
- C’est déjà fait, répondit-il, même étage que moi, se crut-il même obligé
d’ajouter.

Elle se tenait bien droite, hautaine. Louis qui pourtant, mesurait 1,78 m,
se sentait tout petit, minable dans son costume de confection plus ou moins
fripé. Brusquement, il eut honte de son col de chemise pas très net, de sa
cravate sans relief, de son look de vieux garçon.

—-0—-
L’ascenseur commença sa descente.

—-0—-
Ce n’était pas par choix, mais Louis était un vieux garçon. A vingt ans,
comme tous les garçons, comme tous ses copains, il clamait à tous ceux qui
voulaient l’entendre qu’il ne se marierait jamais. Même si tous espéraient
le contraire. Cette prise de position leurs permettait de cacher la
frustration de n’avoir pas de petite amie, de ne pas être capable de draguer
les filles dont ils rêvaient en se branlant la nuit dans l’intimité de leur
lit.

Chaque fin de semaine, ils sortaient dans les boîtes ou dans des bars, Mais
au lieu de draguer ou de danser, ils restaient accoudé au bar à ingurgiter
des boissons alcoolisées pour se donner du courage. Au bout de la nuit, ils
sortaient plus souvent saoul qu’au bras d’une fille. Les rares filles qu’ils
baisaient étaient des filles sur qui tout le monde était déjà passé sauf le
train disait-on.

Doucement, le temps a passé, les copains se sont quand même mariés un à un.
A trente ans, Louis s’est retrouvé seul, il allait bien voir ses copains de
temps en temps, mais entre les mioches qui hurlaient et leurs mères qui
réclamaient toujours plus de sous, leurs préoccupations divergeaient
maintenant. Alors, Louis essayait de prolonger ses jeunes années, mais
lorsqu’il sortait en boîte, il était un vieux pour les filles. Bon gré,
malgré, il vivait seul avec sa maman.

—-0—-
Natacha était une pute. Natacha n’était pas son vrai nom, c’était un nom de
guerre, son nom de pute. Une pute oui, mais pas n’importe quelle pute, de
celles qui font facturer leurs prestations entre vingt mille (3000 euros) et
quarante mille francs (6000 euros) le week-end, de celles qui se déplacent
n’importe où sur la planète, le plus souvent en jet privé. Toute son
activité était coordonnée par une madame Claude qui récupérait vingt pour
cent au passage.

Ce jour-là, sa mission était un peu spéciale, elle était venue voir le PDG
de la société x, celle justement dans laquelle travaillait Louis. Cette
société pétrolière traitait des affaires dans le monde entier et souvent
avec des pays plus ou moins développés. Les bakchichs étaient la norme, et
pour faire encore plus plaisir aux dictateurs nègres, aux princes du
pétrole, aux milliardaires russes, le PDG, par l’intermédiaire de la madame
Claude, leurs payait la compagnie de dames très classe et très
accommodantes.

Sans qu’il y ait évidemment de conventions écrites, un bon donneur d’ordre
comme le PDG de Louis avait droit de temps en temps, s’il le souhaitait, à
une ristourne en nature. Il n’avait pas besoin de réclamer, il lui suffisait
pour cela de bloquer quelques factures et la patronne de Natacha comprenait
qu’il fallait envoyer une fille pour récupérer les chèques.

Justement, ces derniers jours, le PDG s’était senti d’humeur primesautière
et avait décidé d’avoir envie de quelques gracieusetés sexuelles. Ce n’est
pas qu’il ait de grosses pulsions, à soixante-cinq ans, il avait d’ailleurs
plutôt du mal à bander. Mais il trouvait toujours plaisant d’éprouver son
pouvoir sur les autres.

Ça peut paraître bête, mais c’est à cause de cela que Louis s’était retrouvé
à faire des heures sup… Il fallait quelqu’un à la comptabilité pour
rédiger les chèques. Vers dix-sept heures, Louis fut appelé par le PDG en
personne. Timidement, comme s’il avait peur de déranger, il est allé frapper
à la porte du bureau présidentiel. Invité à entrer, il s’est avancé sur la
pointe des pieds dans l’immense bureau. Le patron était assis dans un
fauteuil de salon un peu à l’écart du bureau proprement dit. En face de lui,
une créature de rêve, elle aussi enfoncée dans un fauteuil moelleux, en
jetant un regard furtif, Louis avait remarqué la tenue moulante de la dame,
mais il avait vite détourné son regard de peur que celui-ci fut mal
interprété. Le PDG avait demandé à Louis de déposer le parapheur sur la
table basse. C’était tout, tout le samedi après-midi pour uniquement
quelques minutes de boulot.

Malgré tout, Louis n’avait pas tout perdu, il n’allait pas mourir idiot. En
remplissant le chèque, il s’était aperçu qu’il s’agissait du même
fournisseur que celui qui lui avait valu tant de malheur, et, lorsqu’il vit
la dame, le voile s’est déchiré, il comprenait maintenant le pourquoi du
comment, pourquoi la sanction avait été si impitoyable. Dans les marigots de
la corruption, il valait mieux fermer les yeux et boucher ses oreilles.

En sortant, il se dit que puisqu’il était sur place, il pouvait maintenant
tranquillement terminer les rangements qu’il avait commencés avant de penser
à rentrer chez lui.

—-0—-
L’ascenseur continuait sa descente dans un silence ouaté, ils venaient juste
de passer le 3ème sous-sol lorsqu’ils furent tous les deux secoués par un
arrêt brutal de la cabine.

- Ne vous inquiétez pas, dit Louis avec l’air de quelqu’un qui en a vu
d’autres.

La dame semblant s’apercevoir de sa présence le regarda d’un œil septique
mais ne semblait pas s’inquiéter. Louis appuya plusieurs fois sur la
sonnerie pour appeler des secours.

Un quart d’heure passa, aucun signe de vie de l’extérieur. La lumière de la
cabine s’éteignit, remplacée par l’éclairage de secours, une atmosphère
sinistre s’insinua. Louis appuya de nouveau plusieurs fois sur le bouton de
la sonnerie, plus nerveusement cette fois. De nouveau dix minutes, toujours
pas de signe de vie. Natacha commençait à s’énerver.

- Faite quelque chose enfin, essayer de voir si on ne peut pas sortir, criez
mais rester pas là comme une chiffe molle.

Vexé, Louis émis quelques timides appels au secours. Natacha y joignit sa
voix et tous deux criaient maintenant à gorge déployée. Toujours pas de
signe de vie.

- On ne peut rien faire, faut attendre, de toute façon il y a un gardien et
lorsqu’il s’apercevra qu’il y a un problème avec l’ascenseur il viendra nous
sortir de là

A deux ou trois reprises, ils entendirent l’ascenseur jumeau qui se mettait
en marche. Aussitôt, ils se mettaient à crier mais leurs appels restèrent
vains.

Cela faisait plus d’une heure et demie qu’ils étaient coincés. Louis, depuis
bien longtemps déjà, s’était assis dans un angle de la cabine. Natacha en
avait marre, elle commençait à fatiguer et avait enlevé ses chaussures à
talons hauts.

- Mais qu’est-ce que je fais là ? se demandait-elle tout haut, c’est dingue,
il n’y a qu’à moi que cela arrive.

—-0—-
Natacha n’avait pas toujours fait la pute. Au contraire, fille d’une famille
bourgeoise, elle avait eu une éducation exemplaire, écoles privées,
pensionnat chez les bonnes sœurs. A treize ans, comme toutes les gamines de
son âge, elle rêvait de devenir artiste. Non pas qu’elle avait la vocation,
mais la célébrité, les paillettes, c’est quand même plus excitant que de
devenir chercheur au CNRS ou créateur d’entreprise. Il est vrai
qu’infirmière est un métier autrement plus difficile qu’artiste et qu’en
plus ça paie beaucoup moins, mais comble de l’horreur, ça peut être utile.

A seize ans, le rêve était passé faute de savoir comment faire pour y
arriver, les cours de comédie lui ont appris qu’il valait mieux avoir de
solides relations que du talent. Mais tout n’était pas perdu pour elle, elle
mesurait 1,80 m et était tellement maigre qu’elle ressemblait à un squelette
ambulant, elle avait donc toutes ses chances dans le mannequina (prononcez
mannequina comme si vous aviez la bouche pleine de cailloux, façon VGE)

Soutenu par sa mère qui rêvait de voir sa fille sur les podiums vêtue
d’oripeaux, elle avait fait le siège des différentes agences de mannequins.
Chanceuse, elle fut retenue pour apprendre ce métier extrêmement difficile
qui requiert au moins deux heures d’apprentissage. Cela consiste à marcher
en croisant outrageusement les pieds les uns devant les autres, d’affecter
un déhanchement ridicule et d’afficher une tronche à faire peur à une bande
d’assassins multirécidivistes.

Après ce rapide apprentissage, elle joua des coudes comme les autres et
réussit à faire quelques photos pour des magazines. Cependant, rien ne la
distinguait des autres, pour cela, il fallait coucher avec le patron de
l’agence. Elle coucha, eut une petite période de gloire puis le patron se
lassa, il en avait trouvé une autre. Natacha coucha donc avec le directeur
artistique, de nouveau une courte période euphorique puis le directeur en
trouva une autre lui aussi. Lorsque le garçon de course commença à la
draguer, Natacha compris que les Claudia et autre Naomi n’était que des
produits d’appel donnés en exemple à des jeunes filles comme elle qui sont
ensuite des proies faciles pour tous les dépravés. Dans un certain sens, on
peut comparer ces tops modèles un peu à la façon des canards que les
chasseurs attachent dans le but d’attirer les autres canards migrateurs.

A 25 ans, malgré tous les régimes et une discipline de fer, elle ne pouvait
plus cacher ses rondeurs féminines, elle était déjà trop veille. Au vu de
tous les males qui se précipitaient à ses genoux la langue pendante, elle
prit conscience de ses énormes atouts, se disant que s’il fallait coucher,
autant que ça lui rapporte. Elle accepta la proposition faite par une dame
de la haute. C’est ainsi qu’elle était devenue call-girl.

—-0—-
Le temps passait et Louis sentait monter une grosse envie de pisser. Ni
tenant plus, il demanda à la dame l’autorisation de se soulager dans
l’interstice de la porte de l’ascenseur.

- N’y pensez même pas lui répondit-elle, je ne sais pas combien de temps
nous seront bloqué ici et je veux pas avoir à subir l’odeur de l’urine
fermentée.
- Ben oui, mais j’ai envie moi, dit-il, à la façon d’un petit garçon qui
vient de se faire remonter les bretelles.

Malgré tout, il n’osa pas transgresser l’interdit. Dix minutes plus tard,
l’envie était toujours là. Il se demandait comment il allait bien pouvoir
faire lorsque le petit génie alluma l’ampoule au-dessus de sa tête. C’était
tout simple, il n’avait qu’à vider l’eau de la bouteille qu’il avait dans
son attaché-case et se soulager dedans. Ce qu’il fit en se retournant dans
un coin sans cette fois demander l’autorisation à la dame, des fois qu’elle
trouverait encore quelque chose à redire.

Le temps passait, la montre de Louis indiquait 21 heures. Natacha, fatiguée,
avait fini par imiter Louis et s’était assise dans un angle de la cabine. De
nouveau, Louis avait envie de pisser, heureusement la bouteille avait une
contenance d’un litre et il restait encore de la place. Comme la première
fois, il se leva et se tourna dans un coin pour se soulager remplissant
pratiquement la bouteille.

Natacha avait maintenant envie elle aussi mais elle ne pouvait pas l’avouer
après ses réflexions précédentes. La miction de Louis avait été un supplice
pour ses oreilles et son bas-ventre. Comment faire, elle qui faisait bander
les hommes les plus puissants de la planète n’allait quand même pas se
rabaisser devant un minable employé de bureau.

Pas question de s’accroupir pour faire dans l’interstice de la porte, pas
question non plus de vider la bouteille dans ce même endroit, parce qu’il
lui faudrait demander la bouteille et que l’homme aurait été capable de la
lui donner sans la vider au préalable.

Natacha se rappela un client qu’elle avait eu un mois auparavant. Ah ! S’il
avait été là, les choses auraient été bien plus simples. En effet, le
richissime homme d’affaires avait besoin de mises en scènes pour pouvoir
bander. Sur la fiche que lui faisait parvenir sa patronne avant chaque
mission, les préférences de chaque client étaient mentionnées. Pour ce
client précis, il était écrit  » SM  » sans plus de précisions. Natacha, en
bonne professionnelle, s’était habillée en conséquence avec cuissardes et
badine. La soirée s’était bien déroulée mais lorsque le client, au comble de
l’excitation, l’avait supplié de lui faire pipi dans la bouche, elle avait
eu beaucoup de mal à faire quelques gouttes sans perdre sa dignité.
Aujourd’hui, il aurait été bien servi.

Cela ne résolvait pas son problème, sa vessie était pleine et elle était
coincée dans un ascenseur avec un homme qu’elle ne connaissait pas mais dont
la probabilité qu’il soit un adepte de l’urolagnie était proche de zéro.

Le temps semblait s’être arrêté. Aux grands maux les grands remèdes, faisant
fi de ses principes et de sa fierté, elle décida de faire les premiers pas
vers l’homme afin de lui demander la bouteille. Affichant son sourire le
plus aguichant possible, elle s’entendit dire.

- Comment vous appelez-vous ?

C’était les premières paroles qu’elle lui adressait comme on s’adresse à un
être humain. Méfiant, Louis répondit.

- Louis. Pourquoi ?
- Louis. Savez-vous ce que je fais dans la vie ?

Louis se doutait bien, mais il ne pouvait pas répondre  » je sais, vous êtes
pute « , aussi prit-il l’air innocent pour dire.

- Non, je n’en ai aucune idée.
- Eh ! Bien, ça va peut-être vous surprendre, je travaille dans les
relations publiques !
- Ah ! Oui, c’est comme cela que vous appelez ça, vous ! En quoi cela
consiste-t-il ? Ajouta-t-il sans rire.

Vexée par l’allusion, elle continua sur un ton pincé.

- A accompagner des messieurs seuls dans les dîners mondains et parfois à
dresser ceux qui se montrent impertinents !

Droit au but. Louis en était resté interloqué. Après avoir avalé sa salive,
il réussit à répondre.

- Ah ! C’est bien ça, mais pourquoi me dites-vous cela ?
- L’expérience, je t’observe depuis tout à l’heure. Je suis sûre que tu te
fais ton cinéma à mon propos et que tu meurs d’envie de me sauter !

Louis était estomaqué. Jamais une fille ne lui avait parlé comme ça. Son
cerveau était resté bloqué mais il eut le temps d’avaler sa salive.
Finalement.

- Oui, c’est vrai avoua Louis soulagé de n’être plus obligé de cacher son
émoi en douce, mais je vous fais remarquer que jusqu’à présent, j’ai été
très correct.
- Et tu as intérêt à ce que cela continu… mais si tu es gentil avec moi,
peut-être ne le regretteras-tu pas.

Louis appréciait la tournure des évènements.

- Ben, moi, je veux bien, que dois-je faire pour vous être agréable ?

Natacha se jeta à l’eau, il fallait que ça passe ou que ça casse. Au pire,
elle pourrait se mettre en colère avec toute la mauvaise foi dont elle était
capable et de se soulager près de la porte de l’ascenseur. Reniant les
reproches faits à Louis auparavant. Au mieux.

- J’ai une grosse envie de pisser et je veux bien t’en faire profiter !

Louis devint tout rouge, des gouttes de sueurs commençaient à perler sur son
front. Il avait douze ans environ lorsqu’il avait appris que des personnes
pratiquaient l’ondinisme ou l’urolagnie. Au début, cela lui avait paru
incroyable, impossible, d’autant que personne n’en parlait autour de lui.
Avec le temps, il apprit que certains avaient des pratiques encore plus
incroyables.

Depuis, avec l’avènement de l’Internet, comme tout le monde, il surfait à la
recherche de sites érotiques. Tout ne l’intéressait pas, mais lorsqu’il
découvrit Vassilia.net, il devint accroc et attendait la fin du week-end
avec impatience pour lire et relire tout ce qui se publiait sur l’urolagnie.
Il lisait tous les articles et histoires ayant trait à ce sujet. En
particulier, il connaissait par cœur les histoires écrites par Faustin,
histoires qu’il aurait bien aimé vivre lui-même.

Natacha, en bonne professionnelle, sut qu’elle était sur la bonne voie
lorsqu’elle remarqua un début d’érection, poussant son avantage, elle plaqua
sa main sur l’excroissance du pantalon de Louis. C’était presque gagné. Elle
se leva, enjamba Louis et porta l’estocade.

- Descend mon pantalon !

Subjugué, Louis se releva de sa position assise et se retrouva à genoux, le
visage à vingt centimètres du bas ventre de Natacha. Les mains moites, les
cloches qui carillonnaient dans sa tête. Les choses allaient trop vite, il
n’arrivait pas à suivre. Tout en déboutonnant délicatement le pantalon en
cuir, il pensait à tous ces hommes prêts à tout, qui passent des annonces
recherchant désespérément des femmes qui veuillent bien les utiliser comme
urinoirs. Malheureusement pour eux, les seules femmes présentes dans ces
annonces recherchent-elles aussi, des femmes.

Et lui, élu parmi les élus, se trouvait à genoux devant une merveilleuse
créature qui se proposait de lui faire goûter son cocktail intime. Combien
de fois s’était-il branler en s’imaginant dans une situation comme celle-ci
? Tout se déroulait comme dans un brouillard, rêvait-il ou était-il éveillé
? Il était incapable de répondre à cette interrogation.

Le sang lui tapait très fort dans les tempes pendant qu’il descendait
précautionneusement la petite culotte blanche. Il vit apparaître un
entre-jambe aussi soigné que l’on puisse imaginer. Composé sur le mont de
vénus, d’un petit rectangle de poils coupé ras, épilé autour de la sublime
chatte aux lèvres humides délicatement ourlées.

Louis avait le cerveau complètement ankylosé, jamais il n’avait goûté de ce
champagne, mais pour rien au monde il n’aurait laissé sa place. Il ne savait
pas comment mais il serait à la hauteur de l’honneur qu’on lui faisait, il
s’assit sur ses talons, Natacha cambra les reins et poussa doucement pour ne
pas étouffer son partenaire. Un petit jet timide sortit et atteignit la
bouche que Louis avait eu le temps de bien positionner.

Il fut surpris par la tiédeur du liquide, en général les boissons qu’il
ingurgitait étaient soit froides soit chaudes. Rapidement, le fait d’avoir
surmonté ses premières appréhensions l’encourageait. Il était prêt
maintenant pour déguster franchement la pisse de Natacha, celle-ci
maîtrisant maintenant son besoin, distillait de longs jets puissants qui
atterrissaient immanquablement dans la gorge avide de Louis. Le temps
semblait s’être arrêté. La cabine de l’ascenseur s’était transformé en île,
ils étaient seuls comme Adam et Eve. Les lois, les conventions, la France
d’en haut, la France d’en bas, plus rien n’avait la même valeur, ils étaient
en train de réinventer les relations entre un homme et une femme.
Lorsqu’elle eut fini, elle ordonna.

- Lèche.

Louis s’empressa d’obéir, il pouvait goûter maintenant la douceur des lèvres
intimes de la dame, insinuer la langue dans replis secrets de la chatte, il
trouva le clitoris et le tritura avec sa langue. Natacha laissait faire,
elle prenait un plaisir intense à cette caresse buccale, et le fit savoir à
l’homme en libérant des jets de cyprine.

Après un laps de temps qu’ils ne mesurèrent pas, Natacha se retira et se
rhabilla. Alors, elle demanda à Louis de se relever. A son tour, elle se mit
à genoux et descendit le pantalon et le caleçon de Louis. Celui-ci, la queue
triomphante, compris que c’était son jour de chance. La coquine allait lui
faire une pipe.

Le sexe de Louis n’était pas bien gros ni très grand, en fait, il était même
en dessous de la moyenne, bien qu’il n’en fasse pas un complexe, c’est un
sujet sur lequel il n’aimait pas trop s’étendre. Mais c’était vraiment son
jour de chance, Natacha préférait, et de loin, les petites bites. D’abord,
parce qu’elles ne lui faisaient pas mal en tapant sur la matrice lors des
rapports mais surtout, elle pouvait les emboucher sans avoir besoin de se
décrocher la mâchoire et sans hauts le cœur.

Par contre, la petite queue de Louis était dure comme du granit, cela la
changeait de l’énorme queue toute molle du PDG qu’elle avait sucé
l’après-midi. Bien qu’elle n’ait plus de préservatif, elle goba le petit
machin et le suça goulûment.

Absorbé tous les deux, elle par sa besogne, lui, par un merveilleux
bien-être, ils ne se rendirent pas compte que la lumière de l’ascenseur
s’était rallumé et que celui-ci avait reprit doucement sa descente.

Au bord de l’apoplexie, Louis ne pouvait plus se retenir. Il se laissa
aller.

Aucun des deux ne s’était aperçu que les portes de l’ascenseur s’ouvraient
laissant apercevoir deux pompiers qui n’en croyaient pas leurs yeux.

Heureusement pour elle, Natacha qui détestait le goût du sperme, avait senti
l’aboutissement de son œuvre et eut le temps de se retirer, pas suffisamment
tôt néanmoins pour ne pas être aspergé sur le visage et dans la commissure
de lèvres par le sperme dont Louis la gratifiait abondamment.

Un des pompiers fit une remarque de circonstance.

- Finalement, ils n’ont pas eu besoin de nous pour éteindre l’incendie !

Une voix de femme se fit entendre derrière les pompiers.

- Louis, gros dégoûtant, tu vas me faire mourir de honte ! Tenez,
mademoiselle, essuyez-vous.

C’était la maman de Louis qui tentait de se frayer un chemin entre les deux
pompiers, un mouchoir en papier à la main. En effet, c’était elle, qui
inquiète de ne pas voir son fils rentrer du travail avait averti le gardien
de l’immeuble et celui-ci avait ensuite appelé les pompiers.

Louis se rhabilla lentement comme à regret. L’aventure venait de prendre fin
et ce n’est pas tous les jours que l’on se fait tailler une pipe par une
pute à vingt mille francs la nuit.

Faustin

Note de l’auteur : J’ai trouvé cette photo sur Internet, elle n’illustre
pas très bien le récit, mais j’ai trouvé la bouille (et le reste) de la
coquine tellement avenante que j’en ai salivé. Elle donne envie de se
précipiter sous l’échelle.

Ce texte a obtenu le 1er prix Vassilia du « meilleur récit URO publié
sur notre site en 2002

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