La flaque par Helena Sevigsky

Je suis divorcée et ça y est j’ai dépassé cette fatidique quarantaine.

Quelques mots sur moi : Blonde naturelle d’origine polonaise, 1,55 m, j’ai longtemps gardé les cheveux longs. Ma peau est pâle et craint le soleil, mes seins sont trop gros et j’ai comme disait Sophie dans ses moments de gentillesse :  » un grand nez qui donne à mon visage un petit air canaille « . Je ne me plais pas mais je plais. Pas à tout le monde, mais je plais.

Gamine, je fantasmais plus sur les filles que sur les garçons.

- Ça te passera quand tu rencontreras un homme que tu aimeras ! M’avait dit ma marraine à qui j’avais confié mes angoisses.

Je me suis marié trop tôt à un garçon charmant et intelligent, qui me foutait une paix royale, j’étais vierge, je l’aimais, pas une foudre de guerre au lit, mais attentionné, il n’oubliait jamais mon propre plaisir.

Je ne l’ai trompé que deux fois, une fois avec un homme, c’était sympa mais ça ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable, une autre fois avec une femme, et là cela m’a laissé un souvenir ineffaçable ! Mon mari me trompait à tour de bras, je fermais les yeux, je lui demandais simplement de ne pas prendre de maîtresse.

On a fini par se séparer, non pas à cause de ce que je viens de dire, mais tout simplement parce qu’on ne faisait plus rien ensemble, sinon bouffer et dormir. On ne s’est même pas fâché, et parfois on se téléphone.

J’ai essayé d’apprendre à vivre toute seule. Je n’ai pas mon permis de conduire, faire les courses au supermarché qui est à deux kilomètres avec mon caddie devint vite une corvée. Je me rendis compte que je n’avais jamais éprouvé le besoin d’apprendre comment faire fonctionner le magnétoscope. J’étais incapable d’effectuer une réparation, appelant l’électricien alors qu’il fallait juste changer un fusible. La goutte d’eau de trop fut quand je voulus refaire la peinture de ma cuisine, une catastrophe, j’avais tout simplement le vertige sur mon escabeau. Il me fallait un mec ! Mais d’autre part ma nouvelle liberté avait fait ressurgir de vieux démons et c’est souvent que je masturbais en m’imaginant au lit avec une femme.

Je ne me masturbais d’abord qu’en pleine nuit, dans ma chambre et sous mes draps, mais j’ai vite réalisé que cela m’excitait davantage de le faire en pleine lumière pour me permettre de regarder mon corps sous la jouissance. Je me donnais ainsi du plaisir les jambes écartées, deux doigts d’une main dans la chatte tandis que l’autre pinçait mes tétons. Un jour après avoir joui, je me rendis compte que les rideaux de la chambre n’étaient pas tirés à fonds. Peut-être m’avait-t-on vue ? D’autres en seraient mortes de honte. Pas moi, sans doute un vieil exhibitionnisme refoulé qui remontait à la surface !

A ma boîte, le volume de travail dans mon bureau baissait dangereusement, et on me proposa une mutation dans un autre immeuble. Enfin quand je dis  » proposa « … Me voici donc à La Défense (40 minutes de trajets en plus) dans un environnement inconnu. On m’explique le boulot, ce n’est pas très compliqué.

Il y a dans le bureau une belle blonde (fausse) les cheveux tirés en arrière et maintenu par une petite queue. Mon dieu qu’elle est belle, je n’arrête pas de la reluquer. Si ça continue, elle va s’en apercevoir, j’essaye de me dominer, mais cette fille est un véritable aimant. J’essaie de me dominer, les femmes attirées par les femmes ne sont pas si nombreuses que ça, et même si c’était le cas, pourquoi serait-elle libre ? Plutôt la garder pour mes fantasmes. Voilà la solution, ce soir je me masturberais en pleine lumière en pensant à elle. Je suis tout excitée et sens une tiédeur moite dans ma culotte, il va falloir que je me calme ! L’aimant refonctionne, je la regarde à nouveau, et cette fois elle s’en est aperçue et me balance un doux sourire ! Je rêve ou quoi, je suis en train de fondre !

J’essaie de me concentrer sur mon travail et parviens à me calmer. Une heure après sans doute, la voici qui s’approche de mon bureau, je peux la voir entière. Elle est craquante, les seins ne sont ni trop gros ni trop petit, elle est plus grande que moi, elle me tend une enveloppe non cachetée. Elle se penche, et l’espace d’un instant j’aperçois un sein dans le déboutonnage de son chemisier. Je ne sais plus ou me foutre. Elle se redresse, et dans cette position personne ne peut plus rien voir.

- Je pense que c’est à vous ce document ?
- Non !
- Si ! Si ! il y a votre nom à l’intérieur !
- Ah bon merci !

Elle regagne sa place, je sors de l’enveloppe un bout de papier plié en quatre. Je lis stupéfaite :  » Si tu veux me joindre après 19 heures, voici mon téléphone personnel. Pour ce qui est du bureau, sois discrète, ma réputation est faite mais pas la tienne. Bisous (si tu veux) »

C’est pas vrai. ! Je m’efforce de ne pas regarder dans sa direction, le papelard je l’ai lu dix fois, vingt fois, je l’ai appris par cœur.

En sortant du boulot, je ne rentre pas chez moi, je décide de rester à Paris jusqu’à l’heure du coup de fil. Dès fois qu’elle me demande de la rejoindre. L’attente m’angoisse, il fait très chaud, une douche m’aurait fait du bien, je vais boire un truc dans un bistrot afin de profiter des toilettes pour me remaquiller.

- Allô c’est Hélène !
- J’étais sure que tu téléphonerais !
- Je n’ai pas été très discrète !
- Peu importe, j’adore ce genre de situation… Tu es où en ce moment ?
- Dans un bistrot prés du Forum
- T’es libre ?
- Oui ! (J’ai failli crier !)
- Et bien, explique-moi où il est ton bistrot et j’arrive dans une petite demi-heure !

La petite demi-heure dure déjà depuis 35 minutes et toujours pas de Sophie à l’horizon. Après 10 nouvelles minutes, je retéléphone, ça ne répond pas, elle est donc en route… ou alors elle s’est foutu de ma gueule, ou il lui est arrivé quelque chose ou alors…

- Bonsoir Hélène !
- Bonsoir… Euh ! Je peux t’embrasser ?
- Bien sûr !

Elle se déplace pour me faire un bisou et au lieu de s’asseoir face à moi elle s’installe à mon côté. Elle défait un bouton de son chemisier et écarte légèrement le tissu, puis se positionne afin que je puisse y plonger mon regard. Elle n’avait pas les seins nus comme je l’avais cru tout d’abord, mais un soutien gorge à balconnet, ce qui ne change pas grand chose….

Je me souviendrais toujours de nos premiers propos échangés où en deux phrases elle jeta aux orties quelques idées que j’avais pourtant bien arrêtées.

- Alors comme cela t’es attirée par les filles !

Alors je lui sors mon couplet, non, je ne suis pas lesbienne, je suis bisexuelle, et puis un homme c’est quand même pratique, et je lui parle de mes petits soucis domestiques ! Elle m’écoute sans m’interrompre, elle sait écouter, et soudain elle balance :

- Mais Hélène ! Tous ces trucs dont tu me parles, ça s’apprend ! Comment je fais, moi ?

Je ne sais plus quoi répondre !

- Ouais t’as peut-être raison !
- Je t’emmène chez moi ?

J’acquiesçais de la tête, ivre de bonheur, incapable de sortir un son.

Non, je ne vous raconterais pas cette torride première soirée, un jour peut-être. Sophie est devenue ma maîtresse. Jamais je n’avais connu un tel bonheur, le plaisir d’être avec quelqu’un que l’on aime et puis son savoir-faire qui m’épuisait littéralement en orgasmes à répétitions.

Elle avait ses cotés chiant.

Dans le catalogue des réflexions à deux balles sur les lesbiennes. Il y a toujours un imbécile qui posera la question stupide : C’est laquelle qui fait l’homme ? J’essayai de répondre que les amours entre femmes sont justement autre chose, et qu’il est ridicule de recréer des rapports singeant ceux des couples ordinaires.

N’empêche qu’elle me dominait, mais c’était un jeu et je m’y prêtais volontiers.

Un jour pour me punir de je ne sais pas trop quoi (elle était toujours en train de me punir !) elle a voulu me faire le ménage à poil avec le manche du plumeau enfoncé dans mon cul pendant qu’elle, assise comme un pacha dans le fauteuil bouquinait un roman policier. Bien sûr ça n’a pas tenu longtemps et en plus ça m’a fait mal au cul, mais ce genre de situation avait le don de m’exciter !

Et puis elle avait des idées spéciales, un jour pendant l’amour elle m’a carrément pissé dessus.

- Mais t’es givrée ou quoi ?
- Pourquoi ? C’est pourtant d’un classique, il faut sortir ma grande…
- Je ne veux pas de ça !
- Bon, d’habitude ça ne choque pas tant que ça, mais c’est comme tu le sens !

Et sur ce elle se lève du lit

- Tu fais quoi ?
- Ben je vais pisser dans les chiottes !

En revenant, elle enfila une robe de chambre !

- Qu’est ce que t’as, t’es fâchée ?
- Je ne suis pas fâchée, je suis contrariée !
- C’est pas de ma faute si tu as des idées bizarres !
- C’est pas de ma faute si tu as des inhibitions !
- Ce que tu peux être chiante, bon allez pisse-moi dessus ! Puisque ça te fait vraiment plaisir !
- Je n’ai plus envie !

Le  » boudage  » sexuel dura quelques jours. Je décidais donc de mettre les pieds dans le plat.

- Bon, écoute Sophie, on n’est pas obligé d’avoir les mêmes fantasmes ! Alors je veux bien que tu me pisses dessus, ce que je ne veux pas c’est que ça devienne systématique. Et puis, je ne veux que la pisse ! Pas autre chose ! Ça te va comme ça ?
- C’est quoi autre chose ? Tu as peur que je te chie dessus ! Alors là je te rassure, la merde ça pue et c’est dégoûtant, et c’est vraiment pas mon truc ! La merde et la pisse c’est deux choses différentes, ça n’a rien à voir !
- Alors d’accord !
- Et toi tu me pisserais dessus ?
- Mais t’es malade, je suis incapable de pisser sur quelqu’un !
- C’est pas difficile, tu fermes les yeux et tu te forces !
- Mais je ne veux pas ! Pas tout à la fois, Sophie !
- Et si je te pisse dessus, t’en boira un peu ?
- Tu cherches quoi ? A me provoquer ?
- Je te signale que sauf quand on a mangé des asperges, le goût de la pisse n’a rien de désagréable, mais arrêtons là-dessus. Non, je ne provoque pas ! Je vois bien que ça te gênes, mais tout le monde à des pulsions cachées au fond de soi. Je n’aborderais plus le sujet pendant quelques semaines, mais je voudrais simplement une chose :
- Dis toujours !
- Je voudrais que maintenant à chaque fois que tu iras pisser, l’idée d’en déposer un peu sur tes doigts et de les lécher te vienne dans la tête !
- N’importe quoi ?
- Bon et maintenant on ne parle plus de ça et on fait la paix ! Viens m’embrasser !

On a du faire l’amour après, je ne me rappelle plus, mais sans pipi ! Quant à son idée ridicule j’espérais bien qu’elle allait disparaître de ma mémoire aussi facilement que ses autres idées biscornues !

C’est en allant pisser que sa phrase me revint en tête ! Elle est vraiment allumée la Sophie ! N’empêche que cela devenait obsessionnel, j’étais beaucoup plus troublée que je ne l’aurais imaginé par ce jeu pervers. Plusieurs fois, je me mouillais les doigts, mais me dégonflait toujours au moment de les porter à ma bouche, il y avait bien l’odeur, mais la pisse fraîche ne sent pas grand chose, et cette odeur, cette légère fragrance ressemble tellement à celle de la chatte de Sophie. La solution était peut-être là, me contenter de l’odeur… Non ! Je savais maintenant qu’un jour je le ferais. Quel magnifique cadeau ce serait pour Sophie !

En fait les choses ne se passèrent pas tout à fait comme cela :

Nous étions sorties avec deux de ses copines. Elle m’agaçait à m’imposer ses copines, mais celles-ci étaient malgré tout supportables. Nous consommions à une terrasse de café.

On avait beaucoup bu et quand je suis un peu saoule, je ris sans arrêt, et là j’avais vraiment trop bu !

A force de rire et de boire une énorme envie de faire pipi vint me tordre le ventre. J’avais peur de me lever pour aller aux toilettes, je commençais à avoir le tournis…

La crainte de me faire pipi dessus me fit encore plus rire, mais pas longtemps, cette fois je serrais fort les cuisses, de véritables crampes me torturaient le ventre, mais comment demander à Sophie de me soutenir sans lui faire honte devant ses amies ? Je devais être blanche quand les premières gouttes arrivèrent, mon seul réflexe fut de retrousser ma jupe sous mes fesses pour ne pas la tacher. Le froid de la chaise sur mes fesses n’arrangea rien. Je paniquais comprenant qu’il ne m’était plus possible d’arrêter le flot. Je m’excusais en disant qu’il me fallait aller d’urgence aux toilettes. Une fois seule il fallut faire vite, ma culotte était déjà toute mouillée, je me levai et m’aidant des murs me sauvai vers les W-C. Je réussis tant bien que mal à baisser un peu ma culotte. Je fit un pipi énorme, mis ma culotte mouillée dans mon sac et m’aspergeai un maximum pour essayer de chasser les vapeurs d’alcool. En revenant j’eus la surprise de voir Sophie occuper ma place ! Je ne compris pas, elle allait avoir le cul trempé. Sans trop chercher à savoir, je m’assis donc à la sienne.

- Tu es belle ce soir !
- Pourquoi ce soir ?

Et puis quelle idée de me faire une déclaration devant les deux autres pétasses ! Sophie tendit sa main vers mon visage, sa main était légèrement humide, je ne compris pas tout de suite ce qui allait se passer. Elle approcha ses doigts de mes lèvres !

- Lèche !

Je le fit et réalisa enfin, effectivement cela n’avait rien de dégoûtant, et tandis qu’un plaisir trouble envahissait l’intérieur de mes cuisses, je décidais de l’étonner, la Sophie !

- Donne-m’en encore !

J’ai encore en mémoire le visage de Sophie, rayonnante du présent que je lui faisais.

Sophie proposa alors d’aller boire un dernier verre chez elle, nous nous sommes levées.

Je repartis dans un fou rire en passant devant la table où nous étions, sur la chaise que quittait Sophie, une petite flaque attendait le prochain client…

© 2000 Hélèna Sevigsky
Helenesevigsky@hotmail.com
Ce récit a eu l’honneur d’obtenir le 2ème prix du concours des histoires érotiques décerné par Revebebe pour Août 2000

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Une réponse à La flaque par Helena Sevigsky

  1. Claire dit :

    L’un des premiers récits d’Hélèna et c’est déj très humide !

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