Edito n°16 – Je t’en foutrais, moi de l’addiction sexuelle !

Je t’en foutrais, moi de l’addiction sexuelle !

Il y a 100 ans on nous racontait que la masturbation rendait sourd… On croyait avoir dépassé ça ! Et bien pas du tout !

Lisez donc ce tissu d’imbécilités :

« La semaine prochaine, sort le film Shame, film coup-de-poing sur l’enfer de l’addiction sexuelle. Un magnifique cauchemar sur grand écran. Car, si les frasques de certains people pourraient laisser penser que cette « nouvelle maladie » est juste une bonne excuse pour maris volages, pour ceux qui la vivent, la dépendance sexuelle n’a rien de glamour. Les véritables accros du sexe ressemblent plutôt à des morts en sursis qu’à des « bons vivants ». Ils mentent, ils s’isolent, vont de plus en plus loin, au point de mettre leur vie en danger. Pour eux, le sexe n’est plus un plaisir, c’est une prison. Un esclavage qui, d’images pornos en prostituées, les éloigne chaque jour un peu plus de leurs frères humains. Cet orgasme qu’ils pourchassent sans relâche les détruit. La petite mort les tue à petit feu. »

Ça ne vient pas d’un site ultra-catholique ni d’un site islamiste, mais de ce machin !

Résumons-nous : Il existe sans doute des gens qui ont très peu de besoins sexuels (et il existe aussi et surtout pas mal d’hypocrites). Ces gens-là considèrent donc ceux qui ne se conduisent pas comme eux comme des anormaux. Et les anormaux, et bien il faut les soigner !

En philosophie, cette façon de raisonner se nomme un sophisme. L’URSS utilisait la même méthode avec ses dissidents :
1) Notre système tend vers la perfection. (et il ne peut y en avoir d’autres aussi parfait)
2) Toute critique du système est donc le fait de gens anormaux
3) Et les anormaux, faut les soigner.

Partie des Etats-Unis, cette théorie de l’addiction sexuelle est en train de faire des ravages… A terme c’est le retour aux valeurs puritaines (et hypocrites, une fois de plus) du 19ème siècle qui est prôné :

- Le sexe, c’est avec son partenaire habituel et point barre (le mariage constituant un plus)

- L’écart est condamnable. Le libertinage, les couples ouverts, la pratique de la bisexualité et/ou des sexualités alternatives, la fréquentation des prostituées, la vision d’images pornographiques, l’utilisation de sex-toys… tout cela constitue un syndrome grave de l’addiction sexuelle.

Or, il faut savoir que :

1) l’addiction sexuelle est un business, rien qu’un business.

Tout a commencé en 1983, quand un certain Patrick Carnes inventa le terme dans son livre, Out of the Shadow: Understanding Sex Addiction. 30 ans après, Carnes a fait fortune et dirige la très coûteuse clinique de désintoxication sexuelle (c’est là que Tiger Woods s’est fait « soigner »). Selon ces messieurs-dames, de 3 à 5 % de la population américaine (des hommes dans 85 % des cas) serait concernée, soit 9 millions de personnes ! Ces dix dernières années, le nombre de sexologues spécialisés dans l’addiction a déjà été multiplié par 15 ! C’est donc un marché colossal !

2) Bien évidement cette théorie est largement relayée par les ultra-féministes (est-ce bien étonnant quand on sait qu’elles voient en tout un homme un violeur potentiel ?)

3) Cette théorie ne repose sur rien ! Bien sûr il existe des cas limites, mais (et sur Vassilia, nous sommes bien placés pour le savoir) la description citée en début d’article est farfelue (pour ne pas dire malhonnête) car :

- En quoi et pour quelles raisons les personnes libérées sexuellement seraient-ils des menteurs ?
- En quoi met-on sa vie en danger lorsqu’on est conscient de ce qu’on fait ?
- Où et quand une personne libérée sexuellement aurait-elle déclaré que le sexe ne serait plus un plaisir ?
- Quelle publication sérieuse aurait conclu quelque part que l’abus de sexe serait à terme, destructeur ? (voir mortel puisque le mot a été employé)

Alors qu’en fait c’est le contraire. Par exemple et dans le désordre :

- Une activité sexuelle fréquente améliore la santé et prolonge même la vie, jusqu’à 10 ans, selon certaines études.
- Le sexe est le tranquillisant le plus sécuritaire au monde. Il est effectivement 10 fois plus efficace que le Valium.
- Le sexe est une thérapie miraculeuse pour les dépressions légères. Des endorphines couleront dans vos veines produisant une sensation d’euphorie et vous laisseront avec une sensation de bien-être.
- Le sexe, contrairement à la croyance populaire, ne donne pas le mal de tête mais plutôt le soulage ! Lorsque vous faites l’amour, vous soulagez toutes pressions dans les vaisseaux sanguins de votre cerveau.
- Les hormones de stress sont nocives pour la matière grise, tandis que l’euphorie déclenchée par l’acte sexuel élimine toute forme d’anxiété. Le sexe permettrait au cerveau de produire de nouvelles connexions neuronales.
- Les rapports sexuels font libérer de la Vitamine F, qui évite la destruction des cellules du cerveau.
- Et on pourrait allonger la liste…

Alors chers amis de Vassilia, puisque nous sommes en janvier, puisque 2012 rime avec partouze, faisons le vœu de ne pas nous laisser influencer par tous ces empêcheurs de baiser en rond, nom de nom ! Continuons à nous éclater et que notre seul guide soit le plaisir (dans le respect de chacun, bien évidemment)

Bonne année 2012 !
Eddy

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2 réponses à Edito n°16 – Je t’en foutrais, moi de l’addiction sexuelle !

  1. Volmer dit :

    Si tout les gens étaient des addicts sexuels et pratiquaient leur addiction dans le respect mutuel, qu’est ce que le monde serait beau !

  2. Gateau dit :

    bien argumenté, merci pour cet article

  3. Enrique dit :

    Bravo ! Ça fait du bien de lire ça !

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