Rencontre troublante par Sollers29

Sans être non plus un Brad Pitt en puissance, je ne suis pas non plus le
plus contrefait des êtres… Mais je n’ai jamais très bien su séduire la
gente féminine, un excès de timidité sans doute… De plus, à chaque fois
que je me livre un peu, je fais plutôt peur: un peu trop de ténèbres
cachées… Je n’entends pas passer pour le poète maudit de service,
l’écorché vif du dimanche, mais tout simplement cela doit expliquer que je
n’ai pas baigné dans l’extase quand l’un de mes potes m’a proposé de sortir
en boîte.

Bon, j’ai 25 ans, je fuis les boîtes depuis… 25 ans. Mais de temps en
temps, certains arrivent à me traîner. J’ai beau clamer que je préfère
prendre un pot entre copains et copines, rien n’y fait. Tant pis, me voilà
pieds et poings liés (c’est une façon de parler, le thème de cette nouvelle
n’est pas le SM. Suivez un peu!).

Aurais-je omis de me présenter? Je m’appelle Paul, j’ai donc 25 ans, brun,
yeux marrons, plutôt grand et assez bien bâti encore que présentant une
petite tendance à la surcharge pondérale. Rien de grave, mais juste ce qu’il
faut pour crisper les complexés de nature…

Toujours est-il que je me retrouve enfermé dans une espèce de boîte enfumée,
diffusant de la musique que je ne préfère pas qualifier par politesse,
debout contre un mur et maugréant des refus désabusés à mes bourreaux qui me
proposent de les rejoindre…

Au début, je ne remarque pas la jeune fille qui danse à quelques pas de moi.
C’est quand elle vient se camper droit devant moi que je sors de ma
léthargie. Elle m’adresse un charmant sourire auquel je réponds poliment.
Seulement voilà, séduire n’est pas ma spécialité, alors en boîte n’en
parlons pas, et je ne me sens pas d’humeur à me prendre un râteau bien
senti…

Mais elle insiste, se met à danser avec une certaine langueur, sans
vulgarité, et j’ai de plus en plus de mal à décrocher mon regard de cette
jeune femme féline… A tel point que l’un de mes camarades, venu finir son
verre, me glisse: « t’as une touche vieux ». Il préfère fuir devant mon regard
noir…

Au point où j’en suis, pourquoi ne pas essayer après tout? Je ne voudrais
pas garder ce minois en tête en me disant que j’ai peut-être raté quelque
chose de pas mal du tout… Je me lève donc.

- Salut, je m’appelle Paul. Et toi ?
- Audrey. Tu m’invites à danser ?

Peste, voilà qui est rapide. Mais nous sommes en boîte alors en avant. Elle
danse bien, très bien même, en tout cas bien mieux que moi. Je sens que je
la fais sourire un peu, mais devant ma mine déconfite elle se ravise.

- Excuse-moi, je ne voulais pas te vexer, c’est plutôt attendrissant de te
voir danser. Tu es un peu maladroit mais c’est charmant…

Bon sang, je sens mes tempes bourdonner. L’afflux de sang sans doute…

Elle est vraiment charmante. Plutôt petite, menue, avec de grands yeux en
amande noirs, de longs cheveux un peu roux qui ondulent le long de son
visage et de sa peau blanche, et un corps fragile et délicat. Elle doit
avoir au maximum 23 ans, et sa fraîcheur transparaît dans tous ses gestes.

Au terme de cet épisode où John Travolta peut aller se rhabiller, je
m’assois avec ma complice. Nous discutons longuement. Elle est en arts
plastiques, moi en lettres, et je m’étonne de ne jamais l’avoir vue. J’ai
moi-même honte d’une avance aussi grossière mais elle ne semble pas s’en
formaliser. Nous discutons longuement, je me livre spontanément, elle aussi
même si je décèle une zone d’ombre inextricable. Mais enfin, la soirée
s’achève, je la raccompagne à son appart et nous échangeons un baiser sur le
pas de la porte.

Inutile de préciser que les jours suivants sont fastes. Nous nous voyons
presque tous les jours, devisons de choses et d’autres, et je luis fais
arpenter les rues de Bordeaux puisqu’elle vient de Paris.

Puis, quelques jours plus tard, je me lance. Je lui propose de dîner chez
moi. Et elle accepte! Incroyable, je rentre chez moi en sautant
littéralement sur place pendant qu’elle rentre se changer.

Juste le temps de faire les courses et de passer en cuisine (ce qui explique
peut-être la surcharge), de prendre une douche, j’enfile une veste et elle
sonne à la porte. Quel timing!

J’ouvre la porte et je reste bouche bée. Elle porte une robe noire assez
moulante, ses cheveux forment une tresse sur ses épaules nues et de longs
lacets enserrent ses chevilles.

- Je peux rentrer ?

Réalisant que je l’ai laissée sur le pas de la porte tant je
suis resté médusé, je bredouille :

- Oui je t’en prie excuse moi j’ai eu un moment d’égarement ».

Elle sourit et s’assied. Elle est exquise. Tout simplement. Je n’avais
jamais remarqué ses formes graciles, et ses yeux pétillent nouvellement à la
lumière de mes bougies (oui je sais je suis un peu nostalgique).

Le dîner est un moment délicieux. Elle m’embrase de plus en plus par sa
sincérité, sa tendresse, sa douceur. Je bois ses paroles avec régal.

Le repas s’achève. Nous prenons un verre sur le canapé. Tout à coup, elle se
plaint d’une légère fatigue. Elle a fait du squash le jour même, et les
crampes apparaissent… Elle me demande si je peux la masser. Et autant je
danse comme un balai, autant je crois pouvoir dire que je sais masser. C’est
une copine qui m’avait appris ça il y a longtemps. Je trouve sans peine le
point de contraction et m’y active. Sa peau est douce sous mes mains, et je
sens une certaine chaleur m’envahir. J’embrasse ses épaules nues, et elle
tourne la tête en souriant. Sa nuque me tend les bras, j’y dépose de doux
baisers. Son dos subit les caresses de mes mains qui redoublent d’effort.

- Tu peux me masser les fesses aussi ?

Ni une ni deux, je suis parti. Je descends le long de son dos et caresse
doucement ses fesses, puis ses jambes, puis ses pieds que je libère de leur
prison. Elle ne porte plus, à présent, qu’une petite culotte noire très
mignonne, et les bretelles de son soutien-gorge pendent le long de son
torse. Ses petits gémissements mettent le feu à mes sens. Puis elle se
retourne, et me révèle ses yeux et son ventre blanc. C’est à peine si je
remarque une légère protubérance sous ses dessous. Je libère cette fois
complètement sa poitrine, petite et adorable, et j’agace ses tétons de ma
langue. Elle se cambre sous mes va-et-vient. Puis je remonte jusqu’à ses
lèvres, nos baisers sont langoureux, son parfum doux et sucré me fait
tourner la tête. Son sourire m’invite à aller plus loin.

J’écarte alors son ultime dessous et, surprise, découvre une verge! Une
petite verge, certes, mais une verge tout de même. Les idées se bousculent
dans ma tête, moi qui ai toujours été rangé, sans ce que je considérais
comme des travers, me voilà face-à-face avec un choix compliqué pour un
enfant de la culture standardisé qui voit en toute différence une perversion
irréfutable… Je lève les yeux et vois sa moue peinée. Elle a l’air au bord
des larmes. C’est insupportable pour moi. Qu’est-ce que cette différence
peut faire? En vérité, c’est une originalité. En est-elle moins jolie, moins
désirable, moins douce, moins fascinante? Non, elle ne l’est que plus
encore. Je la prends dans mes bras, je la soulève et nous partons vers ma
chambre. Je l’allonge sur le lit et son sourire, alors, vaut tout l’or du
monde. De nouveaux baisers et je repars à l’assaut. Ce n’est pas facile pour
un homme de faire ce pas mais pour Audrey je le veux. Je prends donc son
sexe dans ma bouche et m’applique à le caresser, l’enrober, le titiller. Je
le sens se durcir, cela me surprend un peu mais je redouble d’ardeur. Au
bout de quelques minutes, elle me demande d’arrêter. Elle ne veut pas aller
trop loin puisqu’elle a compris, évidemment, que c’est une première pour
moi. Elle s’allonge alors sur moi et prend mon sexe dans sa bouche. Sa
langue semble un alizé tant elle est vive et douce. Je sens le plaisir
monter, monter, j’essaie de la repousser mais elle résiste. Et finalement
elle recueille le fruit de mon plaisir…

Elle m’adresse encore son sourire unique, qui me fait fondre. Puis elle
s’allonge à mes côtés, m’embrasse vivement plusieurs fois, et me susurre:

- Et maintenant, je voudrais que tu me prennes. Sois à moi.

Je suis maintenant totalement subjugué. J’ai l’impression d’avoir plus vécu
en quelques minutes qu’en 25 ans. J’attrape un préservatif pendant qu’elle
attrape un tube d’une substance que je ne connais pas. Je m’active de mes
mains sur son sexe et sur sa fleur, j’y introduis gaillardement un doigt
mais devant son petit cri je décide d’employer le tube qu’elle me tend
maintenant pour préparer tout cela. Mes caresses sont les plus douces
possibles, là encore c’est nouveau pour moi. Puis tout à coup, elle
s’agenouille, tend sa croupe et me sourit. Je me présente à l’entrée de son
antre chaud, appuie doucement, la fleur s’ouvre et je m’introduis, non sans
quelque peine, en elle. J’ai un peu de mal à trouver mes marques et mon
rythme, mais petit à petit je trouve un peu. J’y mets mon ardeur, ma vigueur
mais surtout je me laisse bercer par l’émotion qu’elle m’inspire pour
trouver le bon geste. Une espèce d’harmonie commence à poindre. C’est bon,
trop bon, ses cris résonnent à mes oreilles comme un chant merveilleux, et
nous jouissons presque en même temps. Je retombe à ses côtés. Elle me sourit
et m’embrasse.

La nuit a été longue ce soir là. Ma découverte n’a été que joie, et
aujourd’hui encore Audrey et moi coulons une vie commune paisible. Elle m’a
fait mûrir, m’a révélé de nouveaux plaisirs, tout un monde, et m’a appris à
penser au delà des conventions de bienséance.

Aujourd’hui je suis comblé. Et c’est grâce à elle.

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