Clairière par Nicolas Solovionni

 

Clairière
par Nicolas Solovionni


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Mes pas m’avaient conduit dans ce bois.
Il est le lieu de toutes les rencontres, je crois.
Les fortuites, les interdites, les ahurissantes,
Et puis il y a ceux que seule la vision hante,
Ceux qui viennent sachant qu’on va les voir.
Je ne saurais dire aujourd’hui quel est mon espoir ?
Le hasard comme toujours sera mon laquais.
Je croise des hommes, des couples sous la futaie
Parfois je risque un sourire, il se veut complice.
Mais aucun n’aboutit, cela me hérisse.
Et bientôt, voilà que je désespère
Heureusement il y avait cette clairière

Elle est brune, les cheveux permanentés,
Le nez allongé et les escarpins ôtés
Plongée dans la lecture d’un ouvrage de poche.
Je me dis  » ciel cette créature n’est point moche.
Mais que fait-elle donc ici à cette heure ?
Professionnelle ? Je n’en ai point peur,
Mais je doute qu’elle le soit !
Rendez-vous ? Voilà qui me rendrait pantois !
Une épreuve ou un jeu ordonné par un amant ?
Qu’importe ? Je saurais dans un moment ?

Je l’aborde, elle hésite, me dévisage
M’examine, sait déjà que je ne serais pas sage
Puis m’invite à m’asseoir à ses côtés.
Le profil de son sein est de toute beauté
Je hasarde :  » Vous attendez quelqu’un ?  »
 » Qui sait ? Peut-être mon destin ? « 

Elle me relate alors son émoi.
Me dit qu’elle est seule depuis des mois
Lassée des rencontres urbaines
Et des amants à la peine
Elle aime l’amour, elle a soif de désir
Il lui faut du sexe fou, du sexe en délire.

La suite  » pipe, baise et sodo  » ne l’intéresse guère.
Elle me parle de ses parties de fesses en l’air
Des hommes, des femmes, des groupes,
Tout est bon pour lui flatter la croupe.
Des fessées des liens, des chaînes
Du plaisir, elle veut être la reine !

C’est par défi qu’elle est venue dans ce bois.
 » Si tu le veux, maintenant, je peux être à toi.
Tu peux me faire tout ce que tu veux.
Mais respecte-moi, des tabous j’en ai peu. « 

Alors l’inconnue du bois quitte ses vêtements
Et de suite, sa poitrine je l’embrasse goulûment.
Nu à mon tour, ma verge se dresse à la vue de sa chatte.
La femme se tourne, se met à quatre pattes.
Puis de fort belle façon, elle relève les fesses.
Révélant à mes yeux une vision enchanteresse.

Elle veut que je lui urine sur son fessier rebondi
 » Pas facile quand en érection !  » Lui ais-je dis

Mais persévérant j’y parviens et l’arrose de ma bière
Son cul est luisant de ma pisse et reflète la lumière.

Son petit trou souriant est trop tentant
D’autant que désormais il devient béant.
Ma langue s’en approche, virevolte et butine
S’enivrant de curieuses saveurs intimes.

Je finis par y glisser un doigt, je le remue, je l’agite
Je le tourbillonne, le ressorts, le lèche, le remets vite.
De goûter mon index à son tour, elle me demande.
Je ne la déçois pas, cette belle gourmande.
Je remets un doigt, puis deux, puis trois
Ils rentrent facilement dans son conduit étroit.

Les voyeurs sont arrivés, bruits de branches.
Mains nerveuses qui s’astiquent le manche.

Jusqu’à quelles limites ma tendre inconnue me conduira ?
Un regard dans ses yeux, je sais que ça ira.

Nicolas (9/2003)

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Une réponse à Clairière par Nicolas Solovionni

  1. Forestier dit :

    Solovionni poétise
    Et sa plume est exquise

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