Nancy Soitil par Jean-Sébastien Tiroir

 

Les personnages :

Nancy : 1 m 75-yeux bleus- Cheveux blonds vénitiens mi-longs et coiffés avec volume. Poitrine 95 C- 35 ans- Sans profession- Sexuellement plutôt réservée, mais amateur de belle lingerie- restée longtemps fidèle à son mari Olivier- Sexe partiellement épilé depuis quelques semaines

Olivier : 40 ans- Cadre aux goûts et aux idées classiques et stéréotypées. Sportif et assez bel homme. Trompe sa femme à tour de bras- sexualité à l’image de ses goûts.

Jimmy : 30 ans- Antillais- Ingénieur en télécommunication- 1 m 90. Bien monté, mais sans que cela tourne à l’extraordinaire. Voisin d’en face des précédents.

Annette : 28 ans- Antillaise coquine, épouse du précédent. N’intervient pas dans ce récit.

Claudia : 38 ans- secrétaire de direction et maîtresse d’Olivier- Divorcée, elle referait bien sa vie avec ce dernier- Envoie des lettres anonymes à Nancy pour essayer de précipiter les choses. N’intervient pas dans ce récit.

Il est 20 heures 30. Olivier a fini sa journée de travail, et après avoir garé sa voiture dans le garage, il pénètre dans l’entrée de son coquet pavillon. Nancy est en jean et tee-shirt !

- Bonsoir chéri ! Je suis crevé ! Une réunion à la con qui n’en finissait pas !
-
Nancy n’est plus dupe ! Une bonne âme a cru malin de la prévenir des frasques de son mari par lettre anonyme. On lui donnait aussi le moyen de vérifier, elle l’a fait ! C’était vrai ! Elle n’avait jusqu’à présent pas réagit, laissant l’information en réserve estimant s’accommoder jusqu’à présent de cette situation. Il n’est jamais bon de toutes façons de faire quoique ce soit dans la précipitation.  » Jusqu’à présent !  » se répète-elle avec un sourire malicieux !

Nancy est une femme intelligente, loin d’elle l’idée d’aller reprocher à son mari des choses qu’après tout, elle a aussi pratiqué. L’adultère n’est pas une chose simple, même si certains le traite trop simplement. Elle admet qu’une aventure passagère puisse se produire. Elle admet aussi que le dire à l’autre n’est ni simple ni forcément utile. Après tout un couple c’est théoriquement fait pour être solide ! Pourquoi faut-il alors que dans la plupart des cas, il implose à la première incartade sexuelle ?

Non, Nancy a sur le sujet des idées très  » libérales  » ! Par contre ce qu’elle n’admet pas c’est la liaison qui s’éternise, la tromperie permanente, les incessantes justifications de retard, les faux déplacements professionnels.

Samedi dernier, c’était l’anniversaire de Nancy, Olivier ne l’avait pas oublié. Le bouquet de fleur était magnifique, mais quand elle lui avait demandé de l’emmener au restaurant, les choses se compliquèrent :

- On ira demain midi, chéri ! Ce sera bien mieux !
- Et pourquoi pas ce soir ?
- Je suis un peu fatigué, et puis il faut absolument que j’aille à la finale de l’inter-coupe, c’est moi qui remets la coupe…
- Et alors ? Elle ne va pas s’envoler ta coupe ! Si tu n’es pas là, on te remplacera !
- Non, c’est important pour ma carrière, il y aura tous les grands patrons et blablabla

Elle savait pertinemment où il allait, la coupe de je ne sais pas quoi s’appelait Claudia ! Nancy aurait pu à ce moment-là éclater, provoquer la crise. Elle faillit, mais se retint ! Par contre ce qu’elle ne put retenir ce sont ses larmes !

- Bon je vais voir si je peux m’arranger !

Olivier tripatouilla le téléphone, fit semblant de faire quelques numéros, croyant duper son épouse, pour finir par soupirer :

- Pas moyen de joindre quelqu’un !
- Ce n’est pas grave, vas-y ! Tu m’emmèneras au restaurant samedi prochain
- Non, demain, c’est promis, je t’emmène demain midi
- Non ! Samedi, promet moi pour samedi !
- Bon alors d’accord !

Elle n’avait pas jeté les fleurs, les disposant avec élégance dans un superbe vase de cristal. Elle souhaitait que sa vengeance soit imprévisible. Mais elle devait maintenant intervenir très vite. Cette fausse inter-coupe était le mensonge de trop ! Désormais, son mari la dégoûtait, il était clair qu’il ne souhaitait pas divorcer, peut-être l’aimait-il encore à sa façon ? Mais peut-on à la fois aimer quelqu’un et se foutre de sa gueule ?

- Ben tu fais quoi tu rêves ?
- Oui !
- Je boirais bien un truc avant de manger !
- Pas le temps ! Le dîner est prêt, sinon ça va brûler !

Archi-faux, rien ne risquait de brûler, mais elle voulait qu’il reste le plus sobre possible, pour la suite.

- Bon alors, on y va !

Il retire sa veste et ses chaussures et se met à table

- Et toi, ta petite journée, rien de spécial ?
- Bof, la routine !
- T’as rien fait alors ?
- Si j’ai rangé mes fringues !
- Passionnant !
- Et j’ai retrouvé ce petit ensemble que tu m’avais acheté, je croyais l’avoir perdu, tu sais, le truc en dentelles rouge et noir, avec le soutien gorge à balconnet et le porte-jarretelles !
- Il te va encore ?
- Bien sûr qu’il me va encore, ce que tu peux être con, parfois ! Je l’ai essayé et je me suis mis une paire de bas, par contre, je n’ai pas retrouvé la culotte, j’ai dû la foutre en l’air !
- Ça ne m’étonne pas ! Tu jettes tout…
- Et tu sais ce que j’ai fait après ?
- Non, rassure-moi, j’ai peur !
- Si ça ne t’intéresse pas on parle d’autres choses !
- Continue, je plaisante !
- J’ai passé pardessus mon petit tailleur rouge, je me suis trouvé vachement sexy !
- Comme ça, sans chemisier, sans culotte ?
- Tout à fait !
- Et tu sais quoi ?
- Pourquoi ? Il y a encore une suite ?
- Une fois prête, je me suis rendu compte que la fenêtre était restée grande ouverte !
- Personne ne peut nous voir de la chambre, quoique si, il y a la maison des blacks, mais ils ne sont jamais là !
- Cet après-midi, il y avait quelqu’un, et il m’observait à la jumelle !
- Quoi ? Mais je vais lui casser la gueule !
- Je ne te le demande pas ! Ce n’est pas de sa faute, à sa place tu aurais peut-être fait pareil !
- Tu lui trouves des excuses maintenant !
- Oui !
- Et à part t’exhiber devant la fenêtre, rien d’autre ?
- Si, un type a sonné !
- Ah ! Et qu’est ce qu’il voulait ?
- J’en sais rien, il ne m’a rien dit !
- Passionnante, ton histoire !
- Il m’a sourit et m’a demandé s’il pouvait entrer, très poliment, très correctement.
- Ah ! Et alors ?
- Alors je l’ai fait rentrer, et je l’ai fait asseoir dans le canapé Comme il ne disait rien, je lui ai demandé s’il désirait boire quelque chose et je lui ai proposé un verre de porto ! On a trinqué !
- Mais qu’est ce qu’il voulait ?
- Je ne sais pas, il ne m’a rien dit !
- Mais attends, tu étais toujours avec ton tailleur et pratiquement rien en dessous ?
- Bien sûr et je me suis rendue compte qu’en regardant d’une certaine façon dans l’échancrure de ma veste de tailleur on pouvait voir très nettement l’un de mes tétons ! Bien sûr, j’aurais pu fermer un bouton supplémentaire mais ça faisait horrible !
- T’es en train de me dire que tu as montré tes nichons à un inconnu ?
- Je ne les lui ai pas montré, je lui ai laissé la possibilité de les voir. Il faut prendre ça comme un jeu !
- N’importe quoi ! Mais c’est qui ce mec ? Tu l’avais déjà vu ?
- Je ne sais pas, j’ai supposé que c’était le grand noir qui m’avait observé à la jumelle, mais je n’en étais même pas sûre !
- Bon alors il a bu un verre, il s’en est foutu plein la vue, et après ?
- Il a voulu voir ma poitrine, je veux dire ma poitrine toute entière !
- Et c’est à ce moment là que tu t’es enfin décidée à le mettre à la porte ?
- Pas du tout !
- Il ne t’a pas violé au moins !
- Mais absolument pas ! Ce type est resté d’une correction et d’une gentillesse exemplaire, il m’a demandé de pouvoir regarder mes seins, je ne vois pas pourquoi je lui aurais refusé, je n’avais qu’à ouvrir ma veste. Euh ! Mange ça va refroidir !
- J’ai plus très faim !
- Il m’a complimenté sur mon petit soutien-gorge et son contenu ! Je lui ai expliqué que je n’avais pas retrouvé la petite culotte. Il a fait semblant de ne pas me croire quand je lui ai dis que je n’en avais pas mise. Alors par jeu je lui ai montré ! Tu ne te sens pas bien chéri ?
- Si ! Si ! Super !
- Il m’a expliqué qu’il était tout excité et m’a demandé de me lécher le bout des seins, juste quelques instants, je ne pouvais pas lui refuser !
- Ben voyons ! Au point où en est !
- Et puis moi aussi la situation m’a excité, j’ai dégrafé moi-même sa braguette et j’en ai sorti sa grosse queue. Ensuite, je l’ai coincé entre mes deux seins pour la faire bien bander !
- Nancy, tu es devenu folle !
- Tu veux que j’arrête de raconter ?
- Mais dis-moi que c’est pas vrai ! Que tu es en train de fantasmer !
- Il m’a demandé de le sucer, toujours très correctement, j’ai commencé par lui lécher les couilles, tu sais que j’adore ça, lécher les couilles !
- Nancy !
- Elle est magnifique sa queue, toute noire, bien longue, bien épaisse, si douce, avec le gland tout brillant. Hum ! Un vrai régal !
- Abrège !
- Puis après j’ai craqué. Quand il m’a demandé de le chevaucher, j’étais si mouillée, que l’idée m’a semblé tout à fait naturelle. Sa grosse bite m’a pénétré sans aucune difficulté.
- Je rêve !
- Après il a voulu faire un break et m’a léché le minou, il m’a fait jouir comme ça, rien qu’en me léchant, un artiste !
- Ça va durer encore longtemps ?
- Il a voulu me prendre ensuite en levrette, puis m’a dit qu’on allait faire un nouveau break ! Il s’est mis à me lécher, mais cette fois c’était mon petit trou, j’ai compris qu’il était en train de le lubrifier pour me préparer à ce que tu sais !
- Ce que je sais ? A oui ! T’as peur de le dire ! T’as peur d’associer tes fantasmes avec les mots ! C’est bien ! Quelque part, ça me rassure !
- Non, je n’ai pas peur, il voulait m’enculer, mais cet homme a du savoir-vivre, et il n’était pas question qu’il entre là dedans comme dans un moulin !
- Mon Dieu !
- Il m’a enculé, en levrette d’abord, puis j’ai préféré le chevaucher pour contrôler moi-même le rythme et la profondeur de la pénétration.
- Je t’en prie ! Epargne-moi les détails techniques !
- Pendant qu’il me labourait le cul, je m’excitais un peu le clito avec mes doigts !
- Je ne sais pas où tu vas chercher tout cela ! Si ça continue, on va pouvoir résilier l’abonnement à Canal Plus !
- Il m’a demandé s’il pouvait jouir dans mon cul !
- Ben voyons !
- Je lui ai dis que je préférais qu’il m’asperge ! Je l’ai sucé un peu !
- Tu vois bien que tu affabules ! Tu es en train de me raconter que tu l’as sucé comme ça après qu’il t’ai enculé ! Elle devait être propre sa bite ?

- Mais bien sûr qu’elle était propre puisqu’il avait mis un préservatif pour me prendre ! Qu’est ce que tu crois ? Que je suis assez irresponsable pour m’envoyer n’importe qui sans précautions ?
- Bon ! C’est pour bientôt la conclusion ?
- Il m’a dit qu’il allait jouir ! Alors j’ai arrêté ma fellation et il a joui sur mes nichons ! Pendant ce temps là, je me masturbais à nouveau et j’ai joui une deuxième fois quelques secondes après lui.
- Bon je suppose que c’est la fin du délire ?
- Et puis tu vas rire ?
- Je suis plié d’avance !
- Il n’avait rien sous la main pour nettoyer le sperme, alors il a enlevé l’une de ses chaussettes, et il l’a essuyé avec !
- Quelle imagination débordante !
- Après, il m’a demandé de pouvoir prendre une douche, je me suis dit que j’en avais besoin moi aussi et qu’il serait sympa de la prendre ensemble, et alors tu sais ce qu’il m’a demandé à ce moment-là ?
- Je m’attends au pire !
- Il avait une grosse envie de faire pipi, alors en rigolant, il m’a demandé de la lui tenir. Tu sais que c’est très rigolo et très excitant de tenir un sexe en train de pisser ? Et tu sais quoi ?
- Non, je ne sais pas quoi !
- Un moment j’ai dirigé son jet sur mon corps, il y avait longtemps que je voulais faire ça, c’était très agréable, très excitant, très… comment dire très pervers !
- Demain je te prends un rendez-vous chez le psy…
- Après la douche, nous nous sommes embrassé, et il est parti !
- Sur la bouche, j’imagine !
- Evidemment !
- Il n’a rien dit d’autre ?
- Non il n’a rien dit ! En fait, je ne sais pas pourquoi il est venu ?
- On ne le saura sans doute jamais !

Ils ne parlèrent pratiquement plus pendant le reste du repas. Pour Olivier sa femme était soit en train de péter les plombs, soit de le provoquer ? Aurait-elle appris quelque chose ? Mais son histoire ne tenait pas debout. Après le repas il alla s’installer dans le salon pour regarder la télévision pendant que Nancy finissait de débarrasser. Le cendrier sur la table basse n’avait pas été vidé. Un superbe briquet trônait à son côté !

- C’est à qui ce briquet ?
- Oh ! Ce doit être Jimmy qui l’a oublié !
- Jimmy ? Qui c’est encore celui-là ?
- Jimmy c’est le gentil monsieur qui s’est si bien occupé de moi cet après-midi !
- Ecoute Nancy arrête ! Tu n’es pas drôle ! Tu peux peut-être à présent me dire ce que ce type venait réellement faire ici ?
- Je n’en sais rien ! Il ne me l’a pas dit !

 » Bon un type était passé pour un motif obscur, avait fumé 2 ou 3 cigarettes, c’était bizarre ! « , mais on était loin du délire de Nancy. Elle ferait mieux de faire le ménage un peu plus à fond au lieu de raconter des conneries, il y a plein de trucs qui traînent, il y a même une chaussette par terre. Ça devient le bordel ici !  » Se dit Olivier.

Il se lève, regarde avec incrédulité la chaussette. Une chaussette d’homme qui n’est pas à lui ! Débile, la mise en scène de Nancy. Personne n’oublie ses chaussettes ! Il va falloir qu’elle aille se faire soigner. Mais où l’a t-elle dégoté ? Elle l’a sans doute tout simplement acheté au supermarché du coin. Machinalement il la ramasse. Elle à une odeur ! Elle a réellement été portée ! Le cœur d’Olivier commence à défaillir ! Mais elle ne sent pas que les pieds, elle est toute poisseuse et l’odeur est celle… du sperme ! La chaussette est pleine de sperme ! Quelqu’un a essuyé du sperme avec une chaussette ! Tout s’écroule autour de lui ! Il court dans la chambre, rassemble quelques affaires dans un sac de voyages, remet ses chaussures et sa veste et se précipite vers sa voiture.

- J’aurais été vache, je l’aurais fait boire, il se serait planté en bagnole !

Elle versa néanmoins une larme, c’est une partie de son existence qui s’en allait, sans doute irrémédiablement, il allait maintenant falloir gérer cette nouvelle situation

- Allô Jimmy ! Tout c’est passé comme prévu ! Mais maintenant, j’ai besoin de parler à quelqu’un, tu ne pourrais pas t’arranger pour passer 5 minutes ?
- Euh ! Mais passe donc, toi ! Je vais te présenter à Annette ! Je suis sûr que vous allez devenir une paire de super copines !
- Pourquoi pas ? J’arrive !

JEAN SEBASTIEN TIROIR
10-94 réécrit et corrigé en septembre 2000 et mai 2001 ©
Post-scriptum : Pour répondre à quelques personnes, je précise que c’est volontairement que j’ai essayé d’écrire un très long dialogue sans aucun marquage et sans aucune didascalie. C’est ce qu’on appelle le style radiophonique… qui n’existe plus et dont j’ai la nostalgie.

monsieur_tiroir@hotmail.com
Ce récit a eu l’honneur d’obtenir le 1er prix du concours des histoires érotiques décerné par Revebebe pour Mai 2001

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Une réponse à Nancy Soitil par Jean-Sébastien Tiroir

  1. Gaston dit :

    On va dire que l’exercice de style est réussi, c’est vraiment pas mal

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