Martinov 32 – L’avocat ripou – 9- Des croissants chauds par Maud-Anne Amaro

Alors ! Affaire terminée ? Ce serait bien mal connaître Stanislas Lestincourt qui n’admet pas l’échec… et puis il a promis à son frère de le venger, et il adore tenir ses promesses.
Mais comment faire ? Il a assez de voyous dans ses contacts pour fomenter un mauvais coup… Mais quel mauvais coup ? Incendier la voiture de cette Béatrice ? Bof, l’assurance lui remboursera les dégâts, lui faire cambrioler son appartement ? Lui piquer ses papiers ? Pas assez méchant, tout ça !
Une idée finit par germer dans son cerveau machiavélique.
« Je vais faire en sorte de l’envoyer dans un pays dangereux où elle va se retrouver sans papiers avec de grosses difficultés pour revenir en France… et si elle ne revenait pas ce serait encore mieux. »
Restait à trouver celui qui se chargerait du sale boulot !
« Pourquoi pas Kevin Moreau ? il est beau garçon, il plait aux femmes et je suis sûr que ça va l’amuser. »
Kevin, contacté et peu scrupuleux accepte le deal sans trop réfléchir
– Il va me falloir un budget…
– J’ai une carte gold de chez Mastercard, je ne m’en sers pas, je te la prête. Mais attention n’en abuse pas… Bon je vais te décrire la fille, je n’ai pas de photos… la trentaine bien roulée. Tu vas la trouver facilement il n’y a pas 40 personnes qui bossent chez Martinov, je te file l’adresse… Elle habite Paris, elle est célibataire, je te donne aussi l’adresse de son domicile.
Kevin Moreau s’est mis sur son 31. Costard, cravate eau de toilette et sourire format commercial. Il repère l’adresse du professeur Martinov et gare sa voiture cinquante mètres en amont.
« Ah, voilà une belle nana qui sort, ça ne peut être qu’elle ! Je dois l’aborder avant qu’elle monte dans sa bagnole. »
– Ah ! Marylin ! Quelle surprise ! S’exclame-t-il en allant à la rencontre de Béatrice.
– Vous faites erreur, je ne suis pas Marylin !
– Me tromperais-je de prénom, nous nous sommes rencontrés chez Pedro Alvares il y a quinze jours.
– Vous confondez monsieur… maintenant si c’est une façon de draguer, sachez que vous n’êtes pas du tout mon genre.
– Je ne draguais pas, et si vraiment j’ai confondu, je vous prie d’accepter mes excuses. Accepteriez-vous que je vous offre un café vite fait afin de me faire pardonner ?
Allez donc savoir pourquoi Béatrice accepta ? Peut-être simplement parce que le bonhomme avait une bonne bouille ou parce qu’elle avait vraiment besoin d’un café ?…
Au café Kévin aurait souhaité qu’ils s’y attablent, mais c’est vers le bar que Béatrice se dirigea.
– Quand même il y a de ces ressemblances ! Commença l’homme.
– J’ai l’impression que vous ne me croyez pas quand je vous dis que je ne suis pas Marylin.
– Je n’aurais pas ce toupet…
– Mais vous n’en pensez pas moins (puis s’adressant au patron) Dites à ce monsieur comment je me prénomme !
– Ben Béatrice !
– Vous voyez !
– A moins que vous soyez venue chez Alvares avec un pseudo. Mais bon, je n’insiste pas ! Vous êtes garée loin ?
– Mais qu’est-ce que ça peut bien vous faire ?
– C’est parce que je suppose que vous rentrez chez vous.
A ce moment le plan de Kevin était de monter dans la voiture de Béa, après il improviserait.
– Je vais vous laisser, merci pour le café.
« Je vais la suivre jusqu’à sa bagnole, après on verra bien… »
Sauf que Béatrice ne vient à Louveciennes en voiture que fort rarement, et le chemin qu’elle emprunte en sortant du troquet est celui de la gare.
« Mais, elle s’est garée où, cette conne ? »
Et il se rend compte au bout de 100 mètres qu’elle chemine à pied en direction de la gare.
Quelques grosses gouttes commencent à tomber et Béatrice n’a pas pris de parapluie !
« Béni soit la flotte ! Je change de plan ! »
– C’est encore moi, vous allez vers la gare ?
– Vous allez me les lâcher, oui ?
– Ma voiture est là tout près, vous y seriez au sec.
Béatrice hésite un peu d’autant qu’elle a déjà subit pas mal de déboires (lire les épisodes précédents), mais d’une part on ne refuse pas l’abri d’une voiture quand il pleut des cordes et d’autre part elle a dans son sac une petite bombe au poivre prête à l’emploi au cas où…
– Vous prenez le train pour où ? demande Kevin.
– Paris !
– J’y vais aussi, je peux vous déposer.
– Pourquoi pas ? D’autant que mon mari doit s’inquiéter, je suis partie en retard et mon portable n’a plus de batterie.
Rien de tel que l’évocation d’un mari imaginaire pour anéantir tes tentatives de drague ! Mais Kevin ne se démonte pas.
– Je vous prête mon portable, appelez-le.
Prise à son propre jeu, Béatrice compose un numéro bidon
– Allo, mon chéri, ne t’inquiètes pas j’arrive, panne de batterie.
Après un moment de silence, Kevin se croit obligé de faire la conversation.
– Je suis venu à Louveciennes pour un client mais l’affaire était plus compliquée que prévue, ce sont les risques du métier.
Béatrice aurait dû relancer, ne serait-ce que par politesse, mais elle ne le fait pas, elle s’en fout.
– Vous n’êtes pas très bavarde !
– C’est ma nature…
Nouvel épisode de silence et puis voilà que le portable de Béatrice se met à sonner. Par réflexe Bea le sort de son sac, et se rendant compte de sa bévue raccroche aussi sec.
Kevin choisit de commenter l’incident sous forme de plaisanterie (mais a-t-il le choix ?)
– Ah ! Vous m’avez faire bien rire ! Vous devriez faire de la comédie…
– Mais…
– Ne dites rien, je ne vous en veux pas, votre réaction est normale, pour vous je ne suis qu’un inconnu et un inconnu c’est toujours potentiellement dangereux, mais rassurez-vous tout va bien.
– Je suis confuse !
– Mais non, quant à votre mari je serais prêt à parie que vous n’en avez pas !
– Ça ne risque pas, je suis lesbienne exclusive. Mentit Béa.
– C’est votre droit mais vous n’en avez pas le look !
– Pourquoi, elles ont un look spécial ?
– Certaines, oui ! Mais comme vous avez essayé de me mener en bateau, j’ai envie de vous imposer un gage.
– On ne m’impose rien du tout et je vais descendre dès qu’on apercevra une bouche de métro.
– Tant pis pour moi, mais voyez-vous, j’ai un peu faim, je voulais vous demander de m’accompagner au restaurant, c’est moi qui invite bien entendu.
– C’est ça votre gage ?
– Oui, vous voyez, ça n’a rien de méchant.
– Un truc rapide alors, une pizza ou un chinois.
Béatrice avait répondu spontanément sans trop savoir pourquoi, revenir en arrière était toujours possible mais elle ne le fit pas.
Et les voilà donc attablés face à face dans un pizzeria du Boulevard de Belleville.
– On se boit quoi ? Rouge, rosé, blanc ?
– Je prendrais bien un peu de rosé répond Béa.
Le type adopte l’une des bonnes attitudes du bon dragueur, laissez le monopole de la parole à la femme et feindre de l’intérêt pour ce qu’elle raconte.
Seulement ça ne marche pas, Béatrice n’ayant nulle envie de faire la causette. Alors c’est Kevin qui se met à jaqueter. Mais là encore il connaît les codes. On évite de parler de sport ou de politique, mais il reste la cuisine, les bouquins, le cinéma, les voyages…
Et contre toute attente, Kevin se révèle un conteur passionnant égrenant des anecdotes savoureuses sans se mettre en avant. Il parvient même à faire rire Béatrice.
« Femme qui rit est à moitié dans ton lit ». Dit un proverbe… Mais n’anticipons pas.
Béatrice apprécie ce petit rosé et en boit pas mal, à ce point qu’à la fin du repas, elle est un peu pompette. Elle laisse Kevin régler l’addition puis se lève.
– Merci pour la pizza et le reste, je vais vous laisser et rentrer en métro.
– Ce fut un plaisir !
– Oh, lala, on a sifflé toute la bouteille de rosé, j’ai un peu la tête qui tourne.
– Je ne vais pas vous laisser rentrer comme ça, je vais vous accompagner.
– Juste en bas de mon immeuble, alors !
Ils reprennent la voiture et arrivés à destination, Kevin use d’une ruse bien connue mais toujours efficace.
– J’aurais dû faire pipi au restau, j’ai une grosse envie.
– Montez avec moi, mais après on se quitte, d’accord ?
Ils rentrent dans l’appartement, Béa lui indique les toilettes, il y va, il pisse ou il fait semblant (on s’en fiche)
– Voilà, j’espère que vous avez passé une bonne soirée.
– Excellente mais je n’aurais pas dû boire autant.
– Un bon dodo, et ça ira mieux !
– Une douche d’abord !
– Je l’aurais bien prise avec vous !
– Oh, vous ! Vous auriez des pensées lubriques que ça ne m’étonnerait pas.
– Rassurez-vous je sais me tenir ! Un bisou avant de nous quitter ?
Béatrice lui tend la joue…
– J’aurais préféré un bisou plus intime. Lui lance-t-il avec un sourire charmeur.
– Et puis quoi encore ?
– Faites-moi plaisir !
– C’est bien parce que vous êtes sympa.
Et le piège se referme, cette fois le baiser est profond, les mains de Kevin se font baladeuses, l’excitation gagne Béatrice.
– Bon, on ne va pas tourner autour du pot, t’as envie de me baiser, c’est ça ?
– Je n’aurais pas dit ça de cette façon, mais…
– Taratata, on ne va pas passer la soirée à se faire des politesses, ma chambre est par là.
« Et voilà le travail ! » Se dit Kevin, satisfait d’être parvenue à son but. du moins à la première partie de son but, parce qu’ensuite ce n’est pas forcément gagné.
Beatrice se déshabille à la hâte, alors que Kevin est encore en boxer et chaussettes.
– Qu’est-ce que tu fous ? Ah, tu regardes mes nichons, ils te plaisent au moins !
– Ils sont magnifiques !
– Tu parles ! Tous les hommes trouvent toujours tous les nichons magnifiques ! Caresse-les donc, tu en meurs d’envie.
Il s’approche…
– Tss, enlève-moi ce boxer, il n’est pas beau ton boxer… et puis je veux voir ce que tu caches à l’intérieur… Oh la jolie bibite ! J’espère que tu vas bien me baiser ! J’aime bien être prise par le petit trou.
Si j’osais, je vous demanderais volontiers de m’accorder une petite fantaisie…
– Dite toujours !
– Je coincerais bien ma bite quelques instants entre vos jolies mamelles
– Jusqu’à la jouissance ?
– Non, non, juste quelques instants…
– Allez-y jeune homme !.
Et c’est donc parti pour une cravate de notaire, Kévin s’excite, un peu trop sans doute, Béatrice comprend qu’elle doit reprendre l’initiative
Les deux amants toujours debout se plotent à qui mieux-mieux, la bouche de Kévin sur les tétons de Béa qui s’amuse à lui branler la bite.
– On s’allonge ? Suggère-t-elle, j’ai un peu de mal à rester debout.
Elle se jette sur le lit, étendue sur le dos, jambes écartées…
– Occupe-toi de moi, je me laisse faire.
Voilà qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, Kevin après être revenu sur les nénés de la belle (il y a des choses dont on ne se lasse jamais), descend plus bas et entame un cunnilingus en règle sur le minou offert et dégoulinant.
C’est que (il s’est bien gardé de le dire à Béatrice) rappelons-le, Kevin Moreau exerce l’activité d’escort-boy et qu’il a pu avec le temps parfaire sa maîtrise du cunnilingus.
Et Béatrice surprise de la bonne technique de son partenaire ne tarda pas à crier sa jouissance.
– Eh bien toi, alors !
– J’aime donner du plaisir aux dames ! Répondit-il en toute modestie.
– Remonte que je fourre ta bite dans ma bouche.
Nos lecteurs savent les très forts penchants de Béatrice envers les femmes, mais elle n’a rien contre le fait de sucer une bonne bite de temps à autres. Et elle s’en régale, combinant de sa langue toutes les variations de l’art de la pipe.
Mais son but n’est pas de faire décharger l’homme prématurément, elle stoppe sa fellation dès que la première goutte de pré-jouissance perle sur le méat.
Elle s’écarte, se retourne, offre son cul au regard de l’homme.
– Occupe-toi de mon cul !
– T’aimes la sodo ?
– J’aime bien qu’on m’encule ! Mais prépare-moi bien !
Message reçu ! Kevin commence par lubrifier l’endroit à grands coups de langue avant d’oser enfoncer un doigt, puis il s’en va chercher une capote dans la poche intérieure de sa veste, se l’enfile, approche sa bite de l’anus de Béatrice et s’y enfonce.
– Aaaah !
En bon professionnel, Kevin sait se contrôler, il pistonne Béa attendant qu’elle jouisse pour se libérer à son tour.
Les deux amants se déboitent, s’embrassent. Béatrice baille, elle a sommeil.
– Je peux dormir ici ? Demande Kevin.
– Si tu ronfles pas !
Béatrice s’endormit comme une masse et ne fut réveillée que vers 7 heures du matin par une tenace envie d’uriner.
Un peu dans le coaltar, elle se lève et se souvient de sa soirée de la veille.
« Mais qu’est-ce qui m’a pris de baiser avec ce type ? Et où il est ? Il serait parti sans me dire aurevoir ? Ou alors c’est moi qui perds la mémoire ? »
Après avoir satisfait son petit besoin naturel c’est anxieuse qu’elle s’en va vérifier dans son sac à main et dans son portefeuille si rien n’a été dérobé. Non tout va bien.
Elle prend une douche rapide, puis se dirige vers la cuisine pour y prendre son petit déjeuner.
C’est à ce moment qu’elle entend la porte d’entrée grincer.
– Coucou, c’est moi, je suis descendu acheter des croissants, ils sont tout chauds. ! S’annonce Kevin.
Béatrice se serait bien passée de ce retour, mais on ne met pas à la porte un homme qui apporte des croissants chauds.
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