Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 10 – Le curé et le gigolo par Maud-Anne Amaro

 

Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 10 – Le curé et le gigolo par Maud-Anne Amaro


Le lendemain

Myriam

Myriam, la jolie kiné asiatique se demandait si elle serait capable de mener à bien cette « mission », Madame Mornay-Sauvignac pouvant se montrer tellement imprévisible.

Après dix minutes de massage, elle osa se lancer :

– Je regardais l’autre fois votre bibliothèque, vous êtes passionnée de sciences occultes ?
– J’ai horreur du matérialisme. Répondit sèchement la vieille bourgeoise.
– Moi je n’y croyais pas, mais je me suis retrouvé l’autre jour chez un type qui faisait tourner les tables…
– Pff ! Il a plein de charlatans dans ce milieu.
– Celui-là m’a relaté un évènement tellement personnel que je n’en avais jamais parlé à personne.

Pas de réponse. Un silence s’installe.

– Il m’a aussi mis en garde contre quelqu’un que je considérais comme une amie, en me fournissant des détails troublants…
– Un peu plus haut, s’il vous plait.

« Bon, ça ne mord pas ! Je ne vois pas comment relancer sans paraitre lourde. »

Le massage se poursuivit et se termina dans un quasi-silence.

– Voilà, c’est fini pour aujourd’hui, j’espère que je ne vous ai pas trop ennuyé avec mes histoires de tables qui tournent ?

Pas de réponse.

« Qu’est-ce que ça peut être pénible ces gens qui ne répondent pas ! »

Myriam rangea ses affaires sans se presser, tandis que la vieille semblait perdue dans ses pensées.

« J’ai complétement foiré mon truc ! Tant pis, ce n’est pas bien grave, quand ce n’est pas possible ce n’est pas possible ! »

– Bon, on se revoit mardi prochain ?
– Votre bonhomme, on peut le joindre comment ? Demanda alors Madeleine.

« Putain, ce n’est pas vrai ! »

– Je dois avoir sa carte, attendez.

« Et voilà !

Maria-Ines

Pendant l’heure du déjeuner, Maria-Ines appela Rosemonde :

– Je vais accepter vos propositions. Même endroit que l’autre fois ?
– Non, soyez à 18 heures à la brasserie « le Tartare », demandez Honoré, vous lui remettrez une enveloppe soigneusement cachetée avec l’argent, en échange il vous remettra ma propre enveloppe avec le plan.
– Ce ne serait pas mieux qu’on discute ?
– Il n’y a rien à discuter, le plan proposé sera clair et précis.
– Ce serait quand même plus convivial…
– C’est à prendre ou à laisser.
– Et qui vous dit que mon enveloppe ne sera pas vide.
– Amusez-vous à cela, s’il manque un centime, j’enverrais à Madame Mornay-Sauvignac l’enregistrement de notre conversation de l’autre fois, elle sera ravie !
– Salope !
– Je sais !
– Et si je laisse tomber ?
– Vous voulez vraiment que l’héritage vous passe sous le nez ?
– Un instant je vous prie.

Maria-Ines réfléchit. La situation devenait compliquée, car elle ignorait évidement à quel moment sa correspondante récupérerait l’enveloppe. En principe on ne laisse pas trainer une telle somme, mais viendra-t-elle la récupérer le jour même, le lendemain, le surlendemain ? Les deux lascars qui devaient suivre cette mystérieuse Nadine avait accepté ce rôle pour un prix modique parce que cela leur paraissait facile rapide et amusant. Accepteraient-ils de faire le pied de grue pendant des heures dans un bistrot plusieurs jours de suite ? Et puis rien ne permettait d’affirmer que la récupération aurait lieu dans ce bistrot, ni qu’elle ne se ferait pas par un intermédiaire. Autrement dit sans plan de diversion, les chances de remonter la piste de l’inconnue étaient quasi nulles. Mais déjà une vague idée germait dans son cerveau fertile.

– Bien, on va faire comme vous avez dit, je remettrai l’enveloppe à 18 heures.

Maria-Ines avait préparé deux enveloppes, l’éventualité d’un plan foireux ne pouvant être complétement écartée, l’un d’elles contenaient des billets de 50 euros coincée entre deux petits cartons, l’autre rembourrée avec des feuilles de papier journal contenait un simple petit mot :

« Je n’ai aucune confiance dans ce garçon de café, j’ai gardé l’argent à votre disposition, appelez-moi pour prendre un autre rendez-vous. »

A 18 heures elle s’installa en terrasse au « Tartare ». Honoré en a vu des canons, mais là il est subjugué :

– Bonjour, qu’est-ce que je vous sers ?
– Un thé au citron, mais je voudrais voir Honoré.
– C’est moi !
– Nadine a dû vous remettre une enveloppe ?
– Je vais la chercher, mais avant vous devez m’en donner une autre !

Maria-Ines lui donne l’enveloppe sans argent, elle garde l’autre dans le sac au cas où… Honoré revient avec la consommation et l’enveloppe de Rosemonde. Elle l’ouvre :

« Après être revenu dans les bonnes grâces de sa tante, Herman devra fonder une association caritative, par exemple « SOS enfants du Tibet » ou quelque chose dans le genre si c’est déjà pris, pour fonder une association, il suffit de… (Suivent des détails techniques dont le lecteur n’a que faire). Toute l’astuce consiste ensuite à faire comprendre à la tante qu’une indiscrétion a permis de savoir qu’elle léguait sa fortune à une association inconnue, puis de la convaincre que ce legs serait en meilleures mains s’il s’agissait d’une œuvre gérée par un membre de la famille. »

« En soi ce n’est pas con, même si je m’attendais à nettement mieux. Seulement, il y a quelque chose qui cloche, il faut absolument que je sache d’où sort cette bonne femme, mais peut-être que le garçon sait des choses ? »

Elle l’appela.

Les cafés, restaurants et brasseries ont toujours été des lieux où se nouent et se dénouent des trafics de toutes sortes. Le personnel le sait, certains font mine de ne rien voir, d’autres conservent les informations au cas où ils pourraient en retirer quelque chose. Honoré appartenait plutôt à la première catégorie estimant que moins on n’en sait, moins on n’a de chances d’être emmerdé.

– Je peux vous poser une question ?
– Posez toujours.

Un instant Honoré eut l’espoir que cette beauté brune s’égare dans des propos coquins. Mais il déchanta :

– Nadine, vous la connaissez bien ?
– Non !
– C’est une cliente régulière ?
– Je m’excuse, Madame mais je ne souhaite pas répondre à ce genre de questions.
– Même avec un petit billet ?
– Vous auriez voulu savoir quoi ?
– Les clients finissent toujours par se dévoiler un peu, n’est-ce pas ? Alors les deux ou trois choses que vous savez d’elle j’aimerais juste les savoir aussi. Tenez, voilà 50 euros pour le renseignement.

Elle le tendit mais ne le donna pas.

– Laissez-moi réfléchir, je vais voir si je peux me souvenir de quelque chose.

Honoré était embarrassé. Récemment un de ses collègues s’était fait salement amoché par des voyous pour ne pas avoir été suffisamment discret. Un autre il y a quelque temps avait fait 48 heures de garde à vue uniquement pour avoir servi d’intermédiaire entre deux trafiquants.

Si son intention première était de ne rien dire, cela ne l’empêchait pas de se demander à quoi jouaient ces deux bonnes femmes. L’image de Rosemonde alias Nadine se forma dans son esprit. Il avait apprécié la correction et le tact de cette belle femme mature. Elle au moins, l’avait respecté et non pas traité comme un gode à pattes à l’instar de certaines de ses clientes.

Du coup il se remémora l’étrange comportement dont avait fait preuve Rosemonde juste avant de prendre congé. Et l’évidence s’imposa à lui : si elle avait tenu ces propos c’était pour qu’ils soient répétés. L’avait-elle considérée alors comme un mouchard potentiel ? Non on ne moucharde pas quand on rapporte ce qui est clamé haut et fort – et qui est probablement faux, mais qu’importe -. Honoré eut alors envie de rendre service à Rosemonde.

– Je me rappelle juste quelques propos où elle parlait de son métier, je doute que ça vous intéresse ? Dit-il en revenant vers Maria-Ines.
– Si, si, ça m’intéresse ! Répondit-elle en lui tendant ostensiblement le billet.
– Laissez-ça, je vais vous dire ce que je sais et vous verrez si ça le mérite.
– Vous êtes drôle, vous ! Alors c’est quoi son métier ?
– D’après ce que j’ai compris, elle travaille chez un préteur sur gages.
– Pardon ? S’écria Maria-Ines incrédule.
– Il y a un problème ?
– Non, non, et c’est tout ?
– Elle n’avait pas l’air d’apprécier son métier.
– Elle vous a dit ça comment ?
– Que cela lui faisait de la peine de gager des objets appartenant à des personnes âgées.
– Une personne sensible donc ?
– C’est l’impression qu’elle donne.
– Et quoi d’autre ?
– Rien. Vous ne m’avez jamais posé de questions et je ne vous ai pas répondu.
– Tenez ! Dit-elle en tendant une nouvelle fois le billet.
– Non puisque je ne vous ai rien dit.
– Tenez ! Répéta-t-elle, puisque je ne vous ai rien donné.

Honoré empocha le billet et s’éloigna.

Conseil de guerre

– Prêteuse sur gages ? S’étonnait Herman.
– C’est plausible, c’est le genre de personne à laquelle on peut raconter sa vie.
– Mais toi, Romuald tu n’en saurais rien ? Reprit le jeune homme.

Romuald s’amusait : ainsi la clerc de notaire avait-elle réussi à faire gober un gros mensonge à Maria-Ines. Il décida d’entrer dans ce jeu sans trop se mouiller.

– Elle peut la rencontrer le samedi, je ne suis pas là.
– Mais tu tiens sa comptabilité, non ?
– Elle a un compte personnel auquel je n’ai pas accès. Elle me demande parfois d’y virer de l’argent.
– Des grosses sommes ?
– Moyennes
– C’est quoi « moyenne » ?
– 1000, 2000.
– Ça n’a aucun sens, et elle le dépense comment ce fric ?
– Son gigolo !
– Elle ne n’a plus !
– Elle en aura trouvé un autre.
– Ah, je vois ! Intervint Maria-Ines. Elle fait des virements pour payer ses passes et elle gage des objets pour lui faire des gros cadeaux.
– Ça se tient ! Admit Herman. Et le rôle de cette Nadine dans cette affaire ?
– Elle aurait juste voulu nous soutirer 1000 euros ? C’est gagne-petit, je trouve. Répond Maria-Ines
– Et son plan ?
– Je croyais qu’elle n’aimait pas les pauvres ? S’étonne-t-elle en interpellant Romuald.

Ce dernier empêtré dans son double jeu répond dans le vague.

– Caritatif, c’est pas forcément les pauvres !
– Autrement dit, on n’en sait rien, on ne sait pas quel est le bon testament. C’est le bordel.
– On va attendre que cette Nadine réagisse, quand elle va découvrir l’enveloppe vide, elle va appeler. En attendant, je vais m’occuper de ce Crochicourt.

Crochicourt

Afin de connaître l’adresse de l’abbé Crochicourt, Maria-Ines imagina un plan simpliste. Romuald lui ayant précisé que le curé avait souvent un ridicule béret noir sur la tête, elle lui demanda de le cacher et… mais lisez plutôt :

Au moment de partir, Crochicourt fut surpris de ne point retrouver son béret.

– Mais ça alors, j’avais bien un béret sur la tête quand je suis arrivé ?
– Vous savez, je ne vois pas toujours bien ! Répondit la vieille Madeleine. Romuald, est-ce que le père Crochicourt avait son béret quand il est arrivé ?
– Je n’ai pas fait attention, madame !
– Vous ne faites jamais attention à rien ! Et vous Ninotchka ?
– Il me semble qu’il avait un béret, mais je ne suis pas sûre !
– Bon ce n’est pas bien grave ! J’ai dû le poser machinalement dans un endroit impossible.
– Si on le retrouve, je vous le ferais porter !
– C’est gentil, vous avez mon adresse ?
– Au presbytère des cerceaux !
– Non ! des cerneaux ! Comme des cerneaux de noix.

Romuald est content, cela a été plus facile que prévu. Munie de l’adresse, Maria-Ines peut maintenant lui faire porter un message.

« Si vous pouviez être au café « Le rossignol », boulevard Montmartre à 14 heures, c’est extrêmement important, c’est au sujet d’une vieille dame que nous connaissons tous les deux. J’aurais le « chasseur français » à la main. Ayez « Spirou » à la vôtre.

« Une vieille dame ! » Voilà qui avait de quoi inquiéter Crochicourt qui se posait plein de questions : laquelle ? Pourquoi ? Quelqu’un aurait découvert quelque chose ? Un maitre chanteur ? Toujours est-il qu’il s’empressa d’annuler le rendez-vous qu’il avait à cette heure-là afin de pouvoir se rendre au café en question.

Le « Rossignol » est un tout petit bistrot disposé en « couloir ». Il y a au mieux une quinzaine de places assises devant le bar. Maria-Ines y est installée depuis dix minutes quand elle voit un homme tenant « Spirou » à la main, Herman attend au fond d’une brasserie voisine sur le même trottoir.

Crochicourt jette un regard circulaire sur les consommateurs, ne voit personne avec « le chasseur Français », déplie ostensiblement son Spirou afin d’attirer l’attention, et s’installe au comptoir.

– C’est avec moi que vous avez rendez-vous !

Maria-Ines a ouvert son imperméable dévoilant un décolleté aussi vertigineux qu’avantageux. Mais le curé ne semble pas intéressé, mais alors pas du tout.

« Ça se présente mal », se dit Maria-Ines, » cet abruti souhaite peut-être respecter son vœu de chasteté, mais il pourrait pour le moins être troublé, c’est vexant cette situation ! »

– Vous deviez avoir un journal ?
– Qu’importe ! Par contre, il y a un problème, notre entretien se doit d’être discret, je vous propose de nous rendre à la brasserie juste à côté.
– Comme vous voulez.

La ‘brasserie du Prince » offre quelques coins discrets, très discrets même où parfois des couples souvent illégitimes viennent échanger baisers passionnés et tripotages de braguettes.

Maria-Ines se débrouille pour que Crochicourt soit adossé contre le mur, elle, se plaçant devant lui.

– Nous allons attendre nos consommations.

Un silence s’installe, il dure bien dix minutes pendant lesquelles Crochicourt s’occupe en tripotant son portable.

« Je cours tout droit au râteau ! » Se dit Maria-Ines. « Je vais quand même essayer, ce n’est peut-être qu’un grand timide. »

Enfin le barman apporta les cafés, les laissant seuls.

– Comment vous me trouvez ? Lui demande alors la jeune femme.
– Si vous en veniez au fait ?
– Mais nous y sommes, non ?
– Excusez-moi, je n’y comprends rien !
– Donnez-moi 20 euros je vais vous montrer quelque chose.
– 20 euros ?
– Ben oui, 20 euros !
– Ecoutez, dites-moi ce que vous avez à me dire et qu’on en finisse !
– C’est 20 euros !

Il est complétement largué, Crochicourt, il cherche le piège, persuadé qu’il y en a un.

– Ben alors, vous vous décidez ?
– Bon, je veux bien vous donner 20 euros, mais vous n’aurez rien d’autre !
– Attendez de voir l
– Bon, voilà, je vous écoute ! Se résigna-t-il en plaçant un billet bleu sur la table.
– Faut pas m’écouter, faut regarder ! Répond Maria-Ines qui après avoir vérifié si personne ne reluquait dans leur direction, se dépoitraille et flanque sa poitrine sous le nez du curé.

Discrètement Herman a pris une première photo.

– Vous êtes complétement folle ! S’égosille Crochicourt.
– 150 euros pour une heure, tarif d’amis !

Mais Maria-Ines sait déjà que le plan est en train d’échouer, mais elle a de la ressource et de l’expérience et sait déjà comment rattraper le coup.

– Si c’est pour ce genre de choses que vous m’avez écrit, sachez que je ne mange pas de ce pain-là ! S’égosille Crochicourt.
– Je ne crois pas vous avoir écrit, par contre, vous, vous ne manquez pas de toupet, Monsieur Christophe. Répond Maria-Ines sans élever la voix.
– Je ne m’appelle pas Christophe et je ne fréquente pas les putes !
– Attendez, ce n’est pas avec vous que j’avais rendez-vous ?
– C’est évident que ce n’est pas avec moi !
– Evident ! Évident ! Moi, je ne trouve pas, ce n’est pas marqué sur votre visage que vous êtes coincé de la braguette.
– Sale pute !
– Pourquoi sale ?

Crochicourt se dit alors qu’il avait été « victime » d’un quiproquo, que son « vrai » correspondant devait l’attendre au « Rossignol » avec le « Chasseur français » dans la main et y retourna en vitesse. Maria-Ines se devant de donner le change s’y rendit également tout en restant derrière le curé en civil.

Herman la rejoignit :

– La photo a donné quelque chose ?
– Non, c’est flou, on ne pourra rien faire avec ça !
– OK ! Donc plan B ! Tu m’appelles !

Au Rossignol, Crochicourt s’étonnant que personne ne l’attende, réalisa qu’il n’avait plus son « Spirou ».

« J’ai dû l’oublier à la brasserie, peut être que c’était indispensable pour le contact ? Mais qui ça peut être ? Le mec en costard là-bas ? Non surement pas ! J’attends cinq minutes et je m’en vais. Si ce correspondant bizarre veut vraiment me contacter, il m’enverra un autre message. »

Maria-Ines fait semblant de téléphoner et quitte l’établissement en dodelinant du croupion sous le regard courroucé du curé.

Ce dernier s’en va à son tour après avoir éclusé un demi-panaché. Herman le suit et le rattrape cinq minutes plus tard.

– Mon père, mon père, vous me reconnaissez ?

Crochicourt est gêné ! Comment ce type a-t-il pu le reconnaitre avec ses habits civils, ses grosses lunettes et sa perruque ?

– Euh, c’est à dire, je vois tellement de monde !
– Il faut m’aider, mon père, j’ai besoin de me confesser.
– C’est à dire…

Herman joue les énervés, agrippe le curé par le veston et le secoue comme un prunier.

– Mais vous devez m’aider. C’est votre rôle…
– Mais enfin, calmez-vous, lâchez-moi !
– Vous ne voulez pas m’aider ?
– Je n’ai pas dit ça !
– Parce que vous n’en n’avez pas le courage ! Mais ça ne va pas se passer comme ça ! Vous allez voir !

Et après avoir pointé un doigt accusateur en direction du curé, Herman traverse le boulevard et s’engouffre dans le métro.

– Qu’est-ce qu’il peut y avoir comme cinglés ! Commente un courageux témoin.

Herman prend n’importe quelle ligne de métro au hasard, ressort en surface après seulement deux stations, s’engouffre dans un bistrot, commande une bière, puis se rend aux toilettes, s’y enferme et peut enfin feuilleter le portefeuille qu’il vient de subtiliser au père Crochicourt pendant qu’il lui secouait le paletot.

« Voyons voir ! Des cartes de visites, un ticket de pressing, des vieilles photos sans intérêt, une liste de bouquins aux titres presque illisibles, bon je ne vais rien trouver, et là-dessous… »

Bingo !

Herman tenait dans sa main une carte de fidélité au trois quarts pleine. L’insolite de la trouvaille était que la carte était à l’enseigne du « diable d’or, club gay », en fouillant plus minutieusement, il dénicha la photo d’un jeune homme très « biquet » en caleçon de bain bien moulant.

Il appela Maria-Ines et lui demanda de la rejoindre.

– Voilà pourquoi, il n’en avait rien à branler de mes nichons !
– C’est le cas de le dire.

La réalité était en fait un peu plus complexe, certes, l’orientation sexuelle dominante du père Crochicourt était homosexuelle. Mais il se trouve que le personnage était quelque peu schizophrène, et si le curé non revêtu des insignes de sa fonction était un habitué des backrooms gays, le curé en exercice fantasmait sur tout ce qui pouvait être transgressif et à ce compte-là que sa proie soit un jeune moinillon ou une nonne « innocente » lui importait guère.

– Bon, on sait avec quoi le piéger, reste à échafauder quelque chose qui tienne la route !
– Montini ? Suggéra Herman
– Quoi, Montini ?
– Le gigolo de tata Madeleine.
– Tu déconnes… Quoi que… T’as raison, t’es génial quand tu veux !
– Hé !

Fausto Montini

Maria-Ines avait conservé ses coordonnées et le contacta par téléphone.

– Allo bonjour, une question préalable, vous « faites » aussi les hommes.
– Les hommes, les femmes, les couples, vous n’avez pas été sur mon blog ?
– En fait, non ! J’ai une affaire à vous proposer en rapport avec Madame Mornay-Sauvignac.
– Connais pas !
– Vous ne connaissez pas Madeleine ?
– Ah, cette vieille cinglée ! Je n’ai aucune envie de la revoir.
– Je suppose que vous avez de bonnes raisons de vous venger d’elle !
– Me venger de quoi ? Elle est folle, ce n’est pas de sa faute.

« Il n’a pas l’air au courant pour le testament, ça ne va pas être évident. »

– On se rencontre pour en parler ? Propose Maria-Ines.
– Pour parler de quoi ? Et d’abord qui a bien pu vous confier que je la fréquentais ?
– Son coffre-fort : Il avait à l’intérieur un poème d’amour signé de votre prénom et votre adresse figurait sur son testament avant qu’elle ne le modifie.

Ce dernier détail était faux mais qu’importe.

– Le testament ? C’est quoi cette histoire ?
– Rencontrons-nous, je vous en dirais plus.
– Si vous avez l’intention de me faire chanter, vous pouvez toujours courir.
– Je n’ai aucunement cette intention, et je ne vous ferais pas perdre votre temps non plus. On se rencontre une heure dans un bistrot et je vous règlerai le prix d’une passe.
– Rappelez-moi dans dix minutes.

Fausto n’était pas tranquille, il flairait le piège, on allait, craignait-il, le suivre et le passer à tabac dans un coin sombre. Pourtant en y réfléchissant, il trouva ses craintes absurdes : si on avait son adresse et qu’on lui voulait querelle, l’entretien téléphonique préalable et le rendez-vous extérieur étaient inutiles à moins que la personne ne bluffe. Il attendît qu’elle le rappelle :

– Vous m’aviez dit connaître mon adresse.
– Oui, rue d’Amsterdam, c’est ça ? J’ai aussi votre date de naissance.
– Et bien si vous tenez tant à me voir passez donc chez moi.
– Pourquoi pas ? Dans une heure ?

C’est ainsi qu’ils ne se retrouvèrent pas au bistrot (il y a décidément beaucoup trop de bistrots dans cette histoire, et ce n’est pas fini) mais dans l’appartement « petit mais chic » de Fausto Montini.

Maria-Ines avait pour la circonstance revêtue une tenue de femme d’affaire, tailleur pied de poule, chemisier en soie et faux carré de soie Hermès.

Vu de près Fausto Montini était un homme relativement jeune et réellement très séduisant, grand, fin, le cheveu blond décoloré, les yeux bleus comme la mer un jour de grand calme, le sourire charmeur, mais sans cette désagréable sensation de « m’as-tu-vu ? », si courante chez les play-boys. Maria-Ines en d’autres circonstances aurait bien tenté sa chance, mais elle n’était pas venue pour ça.

– Je suis la conseillère financière de Madame Mornay-Sauvignac, elle est amenée à me faire des confidences, c’est ainsi que j’ai appris votre existence…
– Bravo la discrétion !
– Elle m’a parlé de vous en termes très flatteurs, du moins la première fois.
– Je ne sais pas ce que je lui ai fait, on se voyait presque toutes les semaines, et puis un jour plus de nouvelles, je pensais qu’il lui était arrivé quelque chose, j’ai téléphoné. Elle m’a traité de tous les noms, je n’ai pas pu en placer une. Je n’ai pas compris, j’avoue. Elle m’a même demandé de lui rendre les cadeaux qu’elle m’avait faits. Pour ça, elle peut toujours se brosser.
– Elle a demandé une enquête de moralité… Quand je dis, « elle a demandé », disons qu’elle a été fortement influencée par un curé de son entourage.
– Une enquête sur moi ?
– Oui !
– Mais ça n’a pas de sens, elle savait très bien ce que je faisais, c’était une cliente, rien d’autre !
– Je crois qu’elle se figurait que vous aviez fini par lui réserver l’exclusivité de vos prestations.
– Quelle naïveté ! Et c’est qui ce curé ?
– Un dénommé Crochicourt, je vais y revenir. Vous saviez qu’elle avait rédigé son testament en vous désignant comme légataire universel ?
– N’exagérons pas, elle m’a juste dit que j’aurais un petit quelque chose de son héritage.
– Je l’ai vu, son testament ! Vous étiez bien son légataire universel.
– Je rêve !
– Ne rêvez pas trop ! Elle l’a refait, son testament !
– C’est la vie !

Montini essayait de se donner bonne contenance, mais intérieurement il bouillait et se serait bien vu en train d’écrabouiller la vieille Madeleine comme une vulgaire punaise.

– Elle a donc refait son testament en faveur du père Crochicourt.
– Il couche avec ? Demande Montini.
– Je ne crois pas, il est homo, il fréquente les clubs gays et semble apprécier les hommes dans votre genre.
– Ah !
– Il se trouve que j’ai un sérieux contentieux avec ce curé. Je ne souhaite pas en parler, c’est trop personnel, mais si l’héritage pouvait lui passer sous le nez, j’en serais ravie à un point que vous n’imaginez même pas !
– Je vous vois venir ! Et ce serait quoi le plan ?
– Le compromettre.
– Faut voir, ce n’est pas forcément évident, et puis même si on y arrive, ce n’est pas pour ça qu’elle va revenir à son ancien testament.
– Elle n’y reviendra probablement pas ! Et puis je serais très franche avec vous, ce n’est pas le but de l’opération !

Montini réfléchit quelques instants.

– Je veux bien essayer, mais je ne vous promets rien. Vous me payez combien ?
– Vous voulez de l’argent ?
– Ben, oui, c’est un travail, non ?
– Je pensais que la vengeance serait une motivation suffisante.
– Vous rêvez ?
– 500 euros ?
– Pas assez !

Après un petit marchandage, ils parvinrent à se mettre d’accord sur un prix.

– Et comment je le rencontre ?
– Il sera à 14 heures demain au café le Rossignol, il aura « Spirou » à la main.
– C’est où ? C’est grand ?
– C’est un petit bistrot des Grands Boulevards.
– Vous lui avez déjà signifié le lieu de rendez-vous ?
– Pas encore, non.
– Alors donnez-lui rendez-vous au « Barbotin », c’est une brasserie de l’avenue des Ternes.
– Et pourquoi là ?
– Parce ce que je connais les urinoirs.
– ?
– Je suppose qu’il vous faudra des photos ?
– C’est le but de l’opération. J’allais vous en parler.
– Alors, c’est moi qui m’en occupe, je ne veux pas qu’on y voie mon visage, mais on verra nettement le curé avec mon sexe dans sa bouche.
– Euh, je veux bien, mais techniquement vous allez faire comment ?
– Je vis avec un compagnon, c’est lui qui prendra les photos. On se retrouve après-demain ici, même heure ?
– D’accord !
– Les sous, s’il vous plaît ?
– La moitié, l’autre moitié après-demain.

Le lendemain

Le lendemain matin, le père Crochicourt recevait deux courriers, le premier distribué par la poste contenait son portefeuille, un simple mot l’accompagnait « trouvé sur les Grands Boulevards ». Apparemment on ne lui avait rien volé. Le fait qu’il n’allait pas être obligé d’effectuer des démarches afin de refaire tous ses papiers le rendit d’humeur primesautière. Il ouvrit ensuite le second pli parvenu par porteur et libellé d’une écriture différente :

« Si nous nous sommes ratés avant hier, c’est qu’après réflexion, j’ai préféré préserver mon anonymat. Pourriez-vous être au « Barbotin », avenue des Ternes à 14 heures, avec Spirou dans la main. Vous vous montrerez au bar et vous demanderez s’il y a une enveloppe pour Spirou. Soyez à l’heure, il serait préférable que l’enveloppe ne traine pas. Merci de venir, m’obliger à vous relancer, ne serait qu’une inutile perte de temps. »

« C’est quoi encore ce cirque ? Pourquoi m’envoyer une enveloppe pour me dire d’aller chercher une enveloppe. Par discrétion ? Bon je vais aller voir ! »

A 13 heures 55, Fausto Montini est accoudé au comptoir du « Barbotin », en parcourant d’un œil distrait une revue automobile. A 14 heures il voit arriver un homme tenant le « journal de Spirou » à la main.

« Oh ! Le voilà ! C’est donc à ce mec-là que la Madeleine destine son héritage ! »

Crochicourt demande l’enveloppe et la lit.

« Une lettre de dénonciation est parvenue à l’évêché. Je suis assez bien placé pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de suite. Je ne demande que 500 euros pour le service et vous n’entendrez plus parler de moi. L’argent devra être déposé dans une enveloppe sous le paillasson de Madame Mornay-Sauvignac demain entre midi et midi et demi. »

Crochicourt est perplexe, d’un côté il minimise l’affaire, le maitre chanteur est gagne-petit et ne peut être qu’un familier de Madame Mornay. Quant à cette lettre de dénonciation, elle n’existe probablement pas, du moins pas encore. S’arranger pour en découvrir l’origine ne lui semble pas bien compliqué, et il forge déjà une ébauche de plan dans sa tête.

C’est en sirotant sa bière que son regard est irrésistiblement attiré par son voisin de comptoir.

« Quel beau mec ! Mais ne rêvons pas, je ne suis pas assez bien pour lui. »

Montini se lance :

– Excusez-moi, vous êtes du quartier ? Lui demande-t-il.
– Non pas du tout, vous cherchez quelque chose ?
– Le Musée du chocolat !
– Je ne vois pas du tout, désolé, je ne savais même pas que ça existait.
– Si, si, ça existe ! Mais je trouverais bien, j’ai vraiment envie de voir ça. J’adore le chocolat.
– Ah, oui, c’est bon ! Répond Crochicourt conscient de la platitude de sa réplique.
– J’aime bien tous les plaisirs de la vie, je suis un épicurien, il faut en profiter, vous savez la vie est si courte !
– Vous avez bien raison ! Balbutie Crochicourt qui se demande où l’autre veut en venir.
– Ça ne m’étonne pas que vous soyez d’accord avec moi, vous avez une physionomie de bon vivant.
– Ah, ça se voit tant que ça ?
– Oui à la façon que vous avez de me regarder !

Du coup Crochicourt devient rouge comme un kilo de tomates.

– Ne vous méprenez pas…
– Je ne me méprends pas, en plus ça tombe très bien, j’adore la compagnie des hommes mûrs.

Puis s’adressant au barman en lui tendant un billet

– Tenez ! Je paie aussi la consommation de monsieur.

– Je vous remercie ! Répond Crochicourt. Mais autant vous prévenir de suite, je n’ai pas d’argent sur moi !
– Mais qui vous parle d’argent ? Je descends aux toilettes, tu viens avec moi ?
– Mais…
– Tu en meurs d’envie, moi aussi et on ne vit qu’une fois, ça fait trois bonnes raisons.

Alors Crochicourt suivit le gigolo comme un zombie.

Montini s’approcha de l’urinoir et fit comprendre au curé qu’il devait se placer dans l’espace mitoyen. Il sortit ensuite de sa braguette sa queue et ses couilles qu’il présenta à son voisin accompagné d’un sourire entendu.

– Si ça te tente, moi je suis partant, je suis switch !
– Switch ?
– Actif ou passif, je peux être les deux, si tu aimes la bite, je suis ton homme, mais si tu veux mon cul, il n’est pas mal non plus.

Crochicourt ne sait plus où se mettre, Montini en ajoute une couche en lui mettant la main à la braguette.

– Ça bande là-dedans !
– Je…je…bredouille l’ecclésiastique
– Bon, je t’emmène chez moi ?
– Chez vous ?
– Oui, chez moi, on ne va pas aller à l’hôtel, c’est sordide, je n’habite pas très loin, c’est vers la Place Clichy.
– Crochicourt flaire un piège !
– Je vous préviens, je n’ai pas d’argent sur moi et je n’ai pas de carte bleue.
– Arrête de baliser, je m’en fous de ton argent, j’ai juste envie de passer une heure avec toi !

Le curé hésite encore

– Et puis imagine qu’il t’arrive quelque chose, il y a mon nom sur la porte, les voisins me connaissent, où est le risque ?

– Hummm… Vous habitez seul.
– J’ai un « coloc », mais rassure-toi, il nous laissera tranquille. Je l’enverrais faire un tour, il n’est pas jaloux.
– Sûr ?
– Mais oui !

Dans le métro, Montini s’efforça de faire la conversation afin d’occuper l’esprit du prélat. Il ne fallait pas que l’esprit d’escalier le fasse renoncer au dernier moment.

– Tu fais souvent des rencontres ?
– Parfois, je me rends dans un club.
– Ah oui, où ça ?
– Le « diable d’or ».
– Ah, je ne connais pas.
– Mais ton musée du chocolat ? S’étonne Crochicourt
– Si tu veux on ira après tous les deux !
– Je ne sais pas si j’aurais le temps.

Montini poussa un soupir de soulagement.

Devant la porte, Crochicourt à le réflexe de mémoriser les deux noms qui y sont indiqués. Il ne lui vient pas à l’esprit que ce sont deux noms fantaisistes.

– Voilà, c’est Gilles mon colocataire.
– Euh, bonjour, répondit Crochicourt un peu gêné.
– Je vous laisse, je reviens dans deux heures ! Dit alors Gilles. Il faut que je prenne du pain ?
– Oui, et un peu de fruits aussi.

Montini accompagna son compagnon jusqu’à l’entrée et lui répéta en deux mots ce qu’il attendait de lui.

Et tandis que Fausto Montini offrait un verre au père Crochicourt, Gilles claqua la porte comme s’il sortait. Puis il se faufila dans la chambre, ouvrit les double-rideaux pour faire entrer la lumière du jour et se dissimula dans le dressing, son smartphone à la main dont il avait pris soin de désactiver le flash et de neutraliser le son.

– Viens là mon kiki ! Lui dit le gigolo.

« Mon kiki ! Il m’appelle mon kiki ! Je rêve ? »

Les deux hommes se font face, Montini passe la main sous les vêtements de Crochicourt à la recherche de ses tétons qu’il pince d’abord timidement, puis plus fermement quand il s’aperçoit que son partenaire réagit favorablement à cette caresse.

L’abbé approche sa bouche de celle de son partenaire qui ne refuse pas ce baiser : « Business is business »

« Pouah ! Dégueulasse, ça sent le cachou à la réglisse ! »

– Bon, on se fout à poil ! Proposa Montini.

Crochicourt semble hésiter

– Je n’ai pas trop l’habitude… bafouille-t-il
– Tu fais quoi en club ?
– C’est différent, les contacts ne durent pas très longtemps, je n’ai jamais été chez les gens.
– Il y a toujours une première fois.
– Oui, mais là, je me suis laissé emporter par mes pulsions… ça va trop loin, je suis désolé, il vaut mieux en rester là.
– Tant pis, mais je trouve ça dommage ! Répond Montini.

Mais en fait ce dernier bluffe, il n’a aucune envie de voir s’envoler la seconde moitié de la prime promise, et vient se placer l’air de rien entre la porte d’entrée et le curé.

– On se dit « au revoir » gentiment ! dit-il en s’approchant.

Le curé ne comprend pas de suite ce que veut faire Montini. Ce dernier lui pince de nouveau et fortement les tétons à travers sa chemise, il les tire, les tortille. Crochicourt est tétanisé, la bite en érection.

– Reste un peu, juste un petit peu, on n’a que le bon temps qu’on se donne ! J’ai envie de toi ! Lui dit le gigolo tout en baissant son pantalon et son caleçon.

Le curé regarde fixement la bite de Montini en se mouillant les lèvres.

– Allez, montre-moi comment tu suces.

L’homme d’église s’agenouille (normal pour un homme d’église) et embouche la bite du gigolo avant d’entamer une fellation en règle accompagnée de savants mouvements de va-et-vient et de titillements du gland.

« C’est qu’il suce bien ce con ! »

– Allez viens dans ma chambre, on sera mieux !

Léger moment d’hésitation.

– Allez, je vais te faire monter au ciel !

Le mot amusa Crochicourt, lui qui ne croyait plus au ciel depuis des lustres.

Il suivit le gigolo dans la chambre et se déshabilla.

– Suce moi encore, tu fais ça trop bien !

Montini se plaça de telle façon que Gilles puisse le prendre en photo. Restant sur le bord droit du lit, le curé ne pouvait se placer que sur sa gauche et quand il reprit sa fellation il était juste devant l’objectif.

Gilles fit sonner le portable de Montini lui signifiant par-là que la photo était prise et réussie.

– Votre téléphone ? S’inquiète le curé.
– On s’en fout, ils rappelleront !

Le gigolo laissa passer cinq minutes puis estimant que cela suffisait demanda au curé de stopper sa turlutte.

Je vais quand même voir qui c’est qui m’a appelé, on ne sait jamais !

Il fait semblant d’appeler quelqu’un.

– Vois avez essayé de me joindre… Quel hôpital ? … J’arrive tout de suite.

– Un souci ? Demande bêtement Crochicourt
– Ma mère est encore tombée. Faut que je me rende à l’hôpital
– Je suis désolé, je vais vous laisser.

Les deux hommes se rhabillent en silence.

– Nous nous reverrons peut-être dans des circonstances moins douloureuses annonce le curé en prenant congé.

« Ça m’étonnerait, conard ! »

– Une demi-heure dans un placard ! Je commençais à avoir des crampes, rouspéta Gilles en sortant de sa cachette.
– Ça te fera un souvenir. Les photos sont bonnes ?
– Super ! Regarde !
– Joli travail, envoie-les sur mon ordi, je vais les recadrer.
– Tu aurais dû l’enculer, il ne demandait que ça !
– Je n’avais pas vraiment envie, vois-tu ?
– Pourtant du bandais bien !
– J’avais pris ce qu’il fallait et puis je pensais à quelqu’un d’autre pendant qu’il me suçait !
– Et c’est qui ce quelqu’un ?
– C’est toi ! Grand cornichon !
– Et tu n’aimerais pas me foutre ta bite dans le cul, là tout de suite ?
– Quel langage !
– Encule-moi ma bichette !

Montini ne répondit pas mais se débarrassa vite de son pantalon et de son caleçon, Gilles en fît de même, puis se mit en position de levrette, attendant l’assaut de son amant. La pénétration ne vint pas tout de suite Fausto adorait lécher les jolis culs et justement Gilles l’avait beau. Sa langue agile fureta autour de l’œillet brun jusqu’à ce que celui-ci s’entrouvre, il glissa alors un, puis deux doigts, puis sentant que son camarade de jeu était prêt à le recevoir, il l’encula d’un violent coup de rein avant d’entamer un pilonnage en règle.

– Oh ! Qu’est-ce tu m’encules bien !
– T’aime ça, hein ?
– C’est si bon une bonne bite dans le cul !

– Une heure après Maria-Ines recevait les photos sur son portable !

« Génial, mais j’imprime ça où ? Je ne vais quand même pas faire ça dans un cyber-café ! Et ça me prend la tête de faire un aller-retour jusqu’à Chantilly. »

– Allo, Romuald, tu as une imprimante chez toi ?
– Oui,

Elle lui explique.

– Je n’ai pas de papier photo.
– Et bien tu en achètes, bougre d’âne. Tu donnes ça demain à la mère Mornay-Sauvignac, dans une enveloppe vierge comme l’autre fois.
– Faut que j’achète une enveloppe alors ?
– Ben oui !

« Qu’est-ce qu’il trimbale, parfois ! »

– Fais tout de même attention, faudrait pas qu’elle nous fasse une crise cardiaque… Ce serait… prématuré.

 

à suivre

Ce contenu a été publié dans Histoires, Récits, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 10 – Le curé et le gigolo par Maud-Anne Amaro

  1. Forestier dit :

    On va dire que c’est un chapitre de transition, peu de sexe mais l’histoire n’en reste pas moins passionnante

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *