La cabine d’essayage 3 – chapitre 3 par Pateric

La cabine d’essayage
chapitre 3
par Pateric


J’ouvris le mitigeur, que j’avais préalablement réglé à la température qui me convenait, c’est-à-dire, à une température plutôt assez chaude pour la majorité d’entre vous, messieurs… Puis je le douchai à l’eau claire.

– C’est un peu chaud ! – Releva-t-il.
– Non ! C’est une bonne température. La preuve : je viens juste de me doucher. – Affirmai-je. Regarde ! – Ajoutai-je en venant me doucher de nouveau : – Elle est parfaite. –

Je fis gicler l’eau sur mes seins. Je creusai mes reins et fis de même sur mes fesses en le regardant.

– Tu vois ! Tournes-toi : montres-moi ton joli petit cul ! –

Il s’exécuta sans un mot et je fis gicler le jet qui massa ses fesses en un jet puissant et bouillonnant. Lorsqu’elles commencèrent à rosir, je remontai le jet le long de son dos : le long de sa colonne vertébrale. Puis, je massai sa nuque :

– Regardes-moi ! – Commandai-je. Il se retourna et je constatai :

– Tu bandes comme un âne ! – Ajoutai-je en saisissant sa verge de ma main libre, pour la branler très lentement…

Je coupai l’eau et replaçai le pommeau sur son support sans cesser de le branler lentement. Prenant le flacon, je l’ouvris et en versai une larme sur son gland que j’étalai de ma main masturbatrice. Le lait moussa comme de la crème sur un café brûlant. Je versai une nouvelle larme… Puis une autre… Et encore une… Sans cesser ma branlette jusqu’à ce que son sexe, de la hampe aux valseuses, fut entier avalé par cette mousse. Je lui demandai alors :

-Dis-moi, avec tous les produits de soin que tu as ici, tu n’aurais pas un savon intime ? –

– Oui ! Dans l’armoire derrière toi.

Cette réponse, très loin de me surprendre, me confirmait ce que j’imaginais « être » juste… Or, ça ne l’était pas réellement : vous allez le vérifier tout de suite…

Je sais : avant de vous prononcer vous auriez souhaité connaître, au juste, ce que j’imaginais juste.

J’imaginais simplement que dans cette partie boudoir de la réserve… Il devait s’y dérouler aussi quelques belles parties de baises… Je me les imaginais plutôt homosexuelles que bisexuelles. Et je pensais fermement qu’avant aujourd’hui le boudoir n’avait jamais accueilli de partie uniquement hétérosexuelle.

– Petit vicieux ! – Le taquinai-je en le faisant mousser : – Tout pour être toujours prêt… –
– Heu ! Pourquoi tu dis ça ? – S’étonna-t-il.
– Il doit s’en passer de belles, ici ! Si cette douche et le canapé pouvaient parler, je suis sûre qu’ils auraient beaucoup d’histoires hot-hot à me raconter. – Plaisantai-je encore.
– Oh eh beh, alors là… Suis désolé : tu te trompes – Répondit-il sur un ton vraiment désolé.
– Tu vas pas me faire avaler que tu ne reçois jamais personne ! – Répliquai-je incrédule.
– Si. Je te jure que c’est vrai : j’aime pas mélanger. – Insista-t-il.
– Tu reçois qui tu veux, tu fais ce que tu veux, avec qui tu veux, ici, ça me regarde pas ! Je dis ça pour te taquiner… Aussi, parce que, côté soin, t’es équipé comme un salon de beauté … – Tentai-je de le rassurer tout en poursuivant mes douces caresses de mousse douce.
– C’est que je passe beaucoup de temps, ici… Enfin : j’y passe presque tout mon temps. –
– Ah, tu habites ici ! – Percutai-je soudain : – Je comprends mieux ! –
– J’habite pas vraiment ici ! Et en principe, j’ai pas le droit… Mais… – Hésita-t-il gêné.
– Mais… Tu manges où ? Tu peux pas cuisiner ici : bonjour l’odeur ! – Changeai-je de sujet.
– A la cave ! Je me cuisine des bricoles à la cave… – Chercha-t-il à enterrer ma curiosité.
– Oui ! Fais gaffe, à ton âge, faut pas manger n’importe quoi… – Insistai-je, maternelle….
– Oui, oui… Oui-oui-oui-non arrêtes je vais jouir – Cria-t-il.
– Non : tu jouiras pas ! – Lui interdis-je de jouir en serrant fortement la racine de sa verge.

Une bulle de mousse éclata au bout de son gland en faisant quelques bulles. C’est tout !

– Piouf ! C’est fou ! C’est trop bon comme ça ! – Siffla-t-il.
– Et attends : ce n’est que le début ! – Lui affirmai-je en prenant le pommeau de douche…

J’ouvris le mitigeur, testai la température… Et quand je la jugeais parfaite, je le rinçais. D’abord je fis gicler le jet sur ses pectoraux. Lorsque la mousse eût totalement disparu de sa verge, je pointai le jet sur son ventre. Devenu rose vif, je visai la bite qui tressauta deux fois. Puis je visai les testicules. Sa queue, en bite bien élevée, salua du bonnet. Les yeux clos, il serrait les dents :

– Ecarte tes jambes ! – Ordonnai-je : – Mieux que ça : montre ton anus ! – Il obéit.

Je m’accroupis et pointai le jet. Il frissonna comme sous l’effet d’un glaçon. Sous mon nez, sa belle bite à l’apogée de l’arrogance salua de nouveau. J’ouvris mes lèvres, léchai le gland… Et l’avalai…

Ma bouche le masturba un peu : juste pour l’exciter davantage. Puis je stoppai tout en ordonnant :

– Ne bouge pas. Et ne regarde pas non plus ! –

Dans l’armoire de toilette je pris le flacon de savon intime qui s’y trouvait bien en évidence, masquant un petit plug que, vous l’imaginez bien, je pris aussi en main avec plaisir. Je remarquai que ce petit joujou était creux et que sa base disposait d’une ouverture cylindrique en latex souple qui m’apparut adéquate (parmi d’autres usages) pour servir de bouchon au flacon de savon. Effectivement ! Je repris place, accroupie entre ses jambes, et lentement, je pointai le plug aux portes de son anus qui l’accueillit comme on accueille un ami… Bref ! Ce petit traitement associé à une fellation fit grimper la tension de mon amant jusqu’au signal d’alerte. Ma bouche abandonna sa verge. De ma main tenant comprimée à la base sa veine à foutre, je la collai entre mes seins. De l’autre je persévérai à flatter son anus. Puis, je lâchai la pression. Dans un râle guttural, il répandit sur mes seins l’onctueux jus de sa jouissance…

Nous batifolâmes encore un certain temps sous la douche…

Je le laissai me caresser comme il le désirait tandis que par ma bouche j’aidais son doigt d’amour à, de nouveau, insulter les cieux avec insolence. Puis nous nous installâmes confortablement dans le canapé. Exactement, il m’invita à m’y allonger très confortablement en prétextant :

– C’est à mon tour de prendre soin de toi maintenant. –

Mon excitation étant vive, je lui accordai très volontiers ce prétexte en lui offrant mon entrechat. Le mignon approcha ses mains et caressa tendrement l’intérieur de mes cuisses en remontant lentement vers le chas de ma chatte. Et je sentais monter le désir, en même temps que les frissons…

– Humm ! Ah !

Le petit salaud qui posa ses mains sur mon pubis en ayant bien pris soin d’ignorer mon pertuis et ses secrets !

Ah, – que ses mains douces sur mon ventre attisaient mon buisson ardent !
Ah, oh ! Voui ! -que ses lèvres suçant mes seins aux tétons acérées de plaisirs conduisaient mes lèvres sacrées à saliver de sa nacre des désirs…
Ah, AH Oh-oh Oui ! – pas manchot, ce petit salaud !
Oh, oh, ah ! – Il voulait lambiner, prolonger cet instant d’avant. Il voulait laisser flâner ses mains sur mon corps… Et sa bouche se repaître de mes seins…
Oh, oh oui ! – Il ne me cachait rien de ces intentions…
Oh oui ! – Elles étaient douces, et tendres ; elles étaient patientes, et attentives au plus infime de mes frissons, ses vénérations honorant mon corps. Et toutes ses ferveurs qui commençaient à faire planer mes sens. A me sentir vibrer par elles…

Un étonnement sournois, à me sentir fondre d’autant d’obligeance : surtout, qu’elle puisse appartenir au patrimoine sexuel d’un homme aussi jeune, traversa mon esprit. Par certains côtés, elle me rappelait mon mari. Et ses « écoutes vigilantes » des paroles de mes sens ; paroles qui, surtout avec lui, sont le plus souvent des constructions rhétoriques, sinon polémiques. Ce qui, peut-être, est assez normal puisque nous sommes, comme qui dirait, consanguins. Heureusement que cet étonnement s’enfuit aussitôt, car en cet instant, ma volonté à jouir de ses hommages étant devenue bien plus prégnante que toutes mes considérations d’ordre philosophique, ou psychologique… Ou de désordre pathologique… Sentant sa verge frôler mon clitoris, je la saisis fermement et la conduisit à le coiffer de son gland en exhortant mon amant :

– Caresses-moi aussi… De ta verge sur mon bouton d’amour. –

Comme il me semblait hésiter, je creusai mes reins et venais frotter mon clitoris sur son gland.

– Heu ! J’ai pas mis de capote – S’excusa-t-il – Attends, je vais… –
– Non ! Toi attends ! – Ordonnai-je – Laisses-moi faire ! – Le rassurai-je aussitôt, immédiatement me masturbant sur son gland, assez sauvagement, je dois l’admettre ; et je me masturbai jusqu’à mouiller sur lui.
– Je voudrais sucer ton sexe ! – M’implora-t-il. Exactement oui : sa demande ressemblait à une prière.
– Attends ! – Répondis-je en me levant – Prends ma place : je vais venir sur ta bouche. –
– Oh oui ! – Accepta-t-il enjoué : – J’adore cette position ! –
– Moi aussi ! – Admis-je : – J’adore quand une langue me fouille. –
– On, oh ! – … Le cochon ! Qu’est-ce qu’il me fouillait bien !

Il me fouilla jusqu’à ces spasmes incontrôlés, incontrôlables desquels peu de mes partenaires de baises parvinrent à me dominer. Peu ? Tout compte fait, avant lui ? Aucun ! Avant lui, juste les trois et uniques amours de ma vie, qui étaient plus que partenaires. Et cette soudaine prise de conscience me fit jouir, intensément et sans retenue, sous les coups de langues chafouins de mon amant : me fit tant jouir, mon amour, mon mari si tant aimé ; me fit tant jouir, ma chère « partie de moi-même », ma chère et tendre moitié de mon être ; me fit tant jouir, que toi, mon dieu, toi, le dieu de ma connaissance, toi, le dieu de toutes mes sciences et de mes excentricités, toi, mon amour, toi le fondateur de ma vie, toi, mon « solide et inébranlable amour », en cet instant de jouissance, tu disparût de mon être profond. Et, quelle ne fut pas ma joie, lorsque reprenant un peu, peu à peu, reprenant le cours de mes sens, tout à la fois mon esprit comme mes sens, se portèrent de nouveau vers toi ; oh toi mon être adoré, goupillon de l’encensoir de mes encens oniriques, fanal de mes feux sacrés, toi. Toi qui n’a de cesse de me soutenir dans les afflictions de nos amours disparues qui me déchirent encore trop souvent ; toi qui n’a de cesse de me consoler du chagrin de la disparition d’une part de nos âmes ; toi qui n’a de cesse à m’encourager en m’incitant instamment à me libérer du carcan des doux souvenirs de nos passions passées afin que s’expriment les vrais délices de mon corps et de mon esprit à l’unisson réunis…

A toi mon ineffable amour je te rends grâce, dans le don de ma chair à l’adulation d’une chair qui n’est pas tienne, du deuil des douleurs de l’absence éternelle de nos amants adorés qu’en cet instant je m’apprêtai à conclure…

Ayant saisi sur la table un linceul de latex j’enveloppai l’encensoir de mon jeune et nouvel amant…

Et comme je finissais délicatement de le revêtir, dans le voile éclatant de la lumière étincelante de l’Univers éternel m’apparurent l’autre épouse de ta vie et son mari mon autre époux souriants de joie …

Et dans cette apparition, mon amour, y lisant leur bénédiction accordée à mon acte de débauche, sinon leur approbation complice, je fus convaincue que dans tout mon être venait de s’accomplir le deuil de leur absence charnelle. Je sus que, désormais, nul autre de mes futurs désirs charnels ne s’entachera d’aucune culpabilité à me croire leur être infidèle : infidèle à l’amour, charnel et spirituel qui nous liait à eux ; à cet amour si unique qu’aucune langue sur terre ne possède le verbe suffisant pour décrire la force, la vigueur et la magnificence qui s’en exprimait…

Lorsque je fis entrer en moi la verge de mon nouvel amant, c’est toi, mon amour, que je sentis en moi animer ma danse sauvage sur ce pieux dont je me pénétrais avec délices ; sur ce pieux dont je me délectais de chaque assaut que je sentais buter au fond de mon sexe…

Mon amour, tu connais parfaitement tous mes déchaînements. Tu sais comment par ma chatte j’avale une bite ; comment, dans un feulement rauque je me pavane sur l’artimon qui me pilonne ; comment mes lèvres vaginales épousent le pylône.

Tu sais comment, en dansant, du ventre jusqu’à sa base, je l’ébranle… Comment je l’ébranle mieux que d’autres qui de leurs mains branlent pour qu’explose le foutre en un jet dense. Et tu sais, toi mon amour, comment, avant que j’ai pleinement joui de la danse de mon con sur cette anse, je refuse au baiseur de s’épandre : comment dès lors que je sens entre mes lèvres les prémices d’expansion de la semence sourdre à la base de sa verge j’interdis l’explosion d’une contraction vive et puissante l’emprisonnant. Et je sais combien, à vous les hommes, ce retard d’allumage vous maintenant suspendus aux portes de l’orgasme redouble vos ardeurs tout autant que votre impatience.

Et tu sais, toi, comment moi je rompais le lien avec tous ceux qui voulaient inverser leur posture soumise pour venir me prendre, eux, (et peut-être plus leur orgueil) comme s’ils avaient eu hâte d’en finir. Tu le sais, toi mon amour qui ne m’ayant jamais fait pareil affront, comment tu te délectes toujours des assauts fougueux de mes danses du ventre, comment tu vibres et frémis, comment tu soupires et halètes… Combien tu jouis à espérer atteindre l’instant de ta délivrance. Et comment, au bout de ta petite agonie d’orgasme, ta délivrance aboutit…

Mais, mon amant lui, ne savait rien de tout ça, à cet instant où je lui interdis d’éjaculer : rien de rien. Et l’instant suivant, craignant que, comme nombre d’autres avant lui, lui aussi… Je me crispai prête à l’abandonner, là. Et pire : je sais que j’aurais eu envie de le gifler, sèchement. Et aussi sûrement, envie de l’insulter… Et pourtant, non : lèvres serrées, yeux clos, chair frissonnante, bras en croix, il ne broncha quasiment pas. Alors, je le remerciai en caressant langoureusement son corps entier. Et son visage. Et je léchai ses lèvres. Et ses yeux… Excitant mes seins sur sa poitrine, je repris mes folles danses du ventre, alternant pénétrations violentes, oscillations vibrantes, contractions périnéales frénétiques sans faiblir jusqu’à mon orgasme s’accomplissant dans le flot de sève et de sucs incontrôlé libérés par mon antre… Tous les pores de mon corps transpirant répandant le parfum musqué de mes humeurs d’orgasme, je me redressai vivement, enfouissant une fois encore la bite de mon amant pour qu’elle bute fort sous mon diaphragme, qu’elle me coupe le souffle, que j’y cherche et puise un second souffle…

Y parvenant, je contractai à nouveau tous mes muscles. Et un doux, un suave frisson me parcourut entière : des portes de mon sexe à celle de mon anus, il remonta le long de mon dos jusqu’à ma nuque… Et jusqu’au fond de ma gorge où ma salive prit le goût amer de l’adrénaline.

Mon amant, lèvres ouvertes, yeux clos, corps luisant de nos sueurs, se laissait encore bercer au plaisir qu’il venait de prendre… Alors que sa queue toujours raide en moi résonnait des battements désordonnés de nos deux cœurs, il ramena ses deux mains sur mes seins, pinça tendrement leurs érections épanouies et dures en disant doucement :

– J’adore tes seins : ils sont si vivants. –

Je le remerciai sincèrement de contractions plus fortes autour de sa verge, contractions renouvelant le suave frisson ; frisson accentué sur mes seins en approbation de ses merveilleuses caresses…

– Tu es belle… Et éblouissante quand tu jouis… Et puis… T’es une reine de sexe ! – Balbutia-t-il de mots hésitants qui m’émurent intensément. Si intensément que relâchant l’étreinte de mon sexe autour du sien je l’abandonnai en lui promettant :
– Je vais te faire jouir mon tendre amant. Je vais te faire jouir comme je crois jamais avant tu n’as joui ; je vais te faire jouir d’une offrande unique : d’une offrande qu’avant aujourd’hui je n’avais jamais prodiguée à nul autre de mes amants. –

Car, je venais de ressentir monter du tréfonds de mon corps, le désir irrépressible de venir me sodomiser sur sa bite. Un désir et une certitude d’y prendre un plaisir fort, tant elle me plaît, sa bite. Oui mon amour : de me sodomiser, moi qui ai toujours affirmé ne trouver aucun plaisir particulier à cette pratique, moi, comme tu le sais, mon amour, je croyais tant mes jouissances vaginales extrêmes suffisantes à mes orgasmes.

Je m’extrayais donc de sa bite. Je m’en extrayais si lentement que je la croyais sans fin. Et lorsque, hors de moi, m’apparut son arrogance luisante de mon foutre, je sus aussitôt qu’elle me pénétrera aisément le fondement : sans hésitation ni restriction.

Je la présentai au pistil de ma rose anale qui, s’épanouissant d’aise, l’avala entière en deux mouvements et trois succions…

Je restai plantée, immobile, cherchant un instant l’angle agréable.

Aussi, comment m’agiter sur elle, et autour d’elle.

Pensant ridicule toute question ; pensant absurde le libre cours du discours cognitif de la raison ; pensant surtout que cette offrande de moi offerte à mon amant sera un gage favorable à celle que je lui réclamerais plus tard : lorsque je l’inciterai à m’ouvrir son anus pour que je lui fasse connaître le vertige qu’agite son fantasme, je le baisai aussi naturellement que précédemment je l’avais baisé de son sexe dans mon sexe. Et comme précédemment je dansais du ventre et contractais mes muscles. Et à chacune de mes contractions anales, je sentais mon sexe s’épanouir : bailler un peu comme si lui aussi avait eu faim d’une bite…

Cette sensation de désir, ou de « manque » (aujourd’hui, je ne sais toujours pas y donner « le » sens), produisit un plaisir physique inconnu qui me saisit entière. Prenant vie dans tout mon bas ventre, il grimpait en moi, lentement mais inexorablement…

Et comme, sentant gonfler tout aussi inexorablement l’urètre de la verge de mon amant, sachant l’instant décisif proche du dénouement, désireuse de connaître le résultat jouissif dont je rêvais, savoir : -L’orgasme anal existe-t-il aussi chez moi comme chez mes amants : existe-t-il aussi fort, aussi intense, aussi chavirant… – Impatiente d’en toucher l’issue finale née du plaisir déjà transmit par mes tissus de chair aux tissus de ma pensée, je lâchai prise et m’animait animalement sur sa verge. Et lorsque je pris conscience qu’elle pénétrait au-delà de mon anneau pubo-rectal et frottait sur le dos de l’utérus, j’y serrais le gland et le masturbais de contractions aussi brèves que violentes. Lorsque sentant l’explosion d’orgasme de mon amant distendre mes entrailles, je ressentis, au plus profond de moi, m’envahissant entière, du cul jusqu’au crâne et du clitoris jusqu’au bout des seins, une jouissance inconnue, puis un orgasme impressionnant me raidissant entière entre chacun des innombrables spasmes qui me secouèrent tandis que, pour la première fois de ma vie, je vis mon sexe éjaculer sur le ventre de mon amant. Je dis bien : propulser mon foutre féminin hors de moi… Je sais mon amour que ce n’est pas la première fois que j’éjacule ; je le sais au nombre des fois où tu m’as dit adorer la sentir exploser sur ton sexe ; au nombre des fois où j’ai vu ta bouche avide s’en repaître, où j’ai admiré ta langue courant sur tes lèvres s’en délecter jusqu’à la dernière larme, où je suis venue manger ta bouche avec délices. Mais jamais, mon amour, avant aujourd’hui, j’avais pu (ou su, peu importe !) admirer la beauté de cette explosion. Et alors ? Alors je te le jure ! Je recommencerai…

Mon amour, j’avoue sans rougir que j’ai intensément joui de la bite de mon amant, dans mon con et dans mon cul.

Et je te remercie, mon amour, de pouvoir te le dire sans rougir ; je te remercie de pouvoir te le dire en étant totalement persuadée et sereine que tu m’aimes ; je te remercie de savoir que tu sais que je t’aime par dessus tout

Je m’étais affalée sur mon amant. Son cœur battait dans ma poitrine et c’était doux, relaxant. Et sa bite apaisée glissait dans la faille de mes fondements Et ses mains douces caressaient mon dos affectueusement. Ma bouche scellée à celle de mon amant.

… De nouveau sous la douche, ventre à ventre, nous laissâmes gicler le jet d’eau, entre

… Il caressait mes seins, vaguement songeur, tendrement titilleur :

– A quoi tu penses ? – M’enquis-je.
– A rien. A rien de particulier : je savoure. – Dit-il en pinçant toujours mes tétons dressés.
– Tu trouves ça comment ? – Pointai-je du nez ses gestes.
– Heu, pardon ? Ça quoi ? – S’étonna-t-il.
– Tes caresses, sur mes tétons ? – Appuyai-je.
– T’aimes pas ? Tu veux que j’arrête ? – S’inquiéta-t-il.
– Pas le moins du monde ! – Le rassurai-je – Je voulais savoir si tu aimais ça. –
– Oui ! Surtout les tiens. J’adore leur sensibilité sous mes caresses… – Affirma-t-il.
– Alors, tu ne les trouves pas trop petits, mes seins ? –
– Beh ! – Bafouilla-t-il. – C’est pas le volume qui compte, non ? –
– Certainement ! Mais mes seins, ils sont vraiment petits, oui ? –
– J’sais pas. Moi je les aime : je les trouve harmonieux… Ils te vont bien… Et puis, ils sont tellement sensibles que c’est que du bonheur de les caresser… –
– T’es un gentil garçon. Et diplomate, avec ça ! – Le chahutai-je.
– Non, non : je suis sincère. – Se défendit-il.

Je posai un baiser sur son nez, le tirai par le bras… et nous sortîmes de sous la douche…

Quelques minutes plus tard, je reprenais « les choses en main » en prenant le bras de mon amant :

– Viens ! On retourne dans le canapé. –

Il se laissa guider. Je le fis s’asseoir confortablement enfoncé au fond du canapé et m’assis au bord de ses genoux, face à lui, cuisses ouvertes lui offrant la vue bien dégagée de mes lèvres entrouvertes et de mon clitoris congestionné qu’il zieuta avec un intérêt non dissimulé. Et comme il allait étendre son bras gauche vers mes appâts, je saisis sa main au vol et la serrais dans ma main, tandis que, de mon autre main enveloppant sa verge endormie, entre pouce et index, je dégageai le gland de son prépuce. Et je le fis coulisser lentement le long de sa verge, en exigeant :

– Attends ! J’ai une question à te poser. – Il leva les yeux et m’offrit un regard étonné :
– Ah bon ! C’est quoi ? C’est quel genre de question ? – Chuchota-t-il.
– Tu es pressé ? – Leur Répondis-je (Oui : à lui et à son étonnement)

Le regard lyrique et parnassien, le sourcil circonflexe, les lèvres boudeuses, il demeurait silencieux :

– Réponds-moi ! – Exigeai-je sèchement en haussant le ton : – Et ne dis pas des bêtises ! –

Il sursauta, cligna des paupières, se raidit un peu, serra les dents… Et s’encouragea à me dire :

– T’es une femme surprenante : aussi réfléchie qu’impétueuse et aussi douce que sévère. –
– Et alors ? Oses dire que tu n’aimes pas ça ! – L’excitai-je.
– Ça me déplaît pas ! – Finassa-t-il comme quelqu’un qui, se refusant à répondre, fait dans le « politiquement correct ».

Comme il ne me connaît pas autrement que par sa bite (comme je ne n’exige pas qu’il me connaisse plus, ni pour autre chose que pour le cul et la bite, parce qu’aussi je n’attends de lui que plaisirs sexuels. Et qui plus est, plaisirs sexuels non conventionnels)… Jamais je lui dirai que je déteste les réponses inutiles, les faux-fuyants et le politiquement correct et leurs discours lénifiants.

Cependant, remarquant que ce garçon n’est pas qu’une bite ; remarquant qu’il est bien éduqué, sinon assez intelligent, voire instruit ; remarquant que son vocabulaire n’est pas « élémentaire », qu’il sait s’en servir avec nuances et maîtrise des signifiances, je me dis que, à baiser pour baiser, tout compte fait je préfère baiser avec un érudit qui baise comme un bûcheron que de baiser avec un bûcheron qui ne s’exprime que par borborygmes. Néanmoins, je veux demeurer aussi maîtresse de moi que de mon sujet. Pour ce sujet-ci en l’occurrence aujourd’hui, dès l’instant où l’envie de venir le prendre me saisit, ce fut de le prendre pour en jouir, moi, à ma guise. Et non pas pour qu’il me fasse jouir lui, à la sienne. Évidemment ! Je savais bien que si, moi, je voulais jouir de lui, il fallait bien qu’il désire, lui aussi, jouir de moi. Au risque de me répéter, jusqu’à présent je sais que son plaisir de jouir avec moi, fut grand. Tout comme je sais que c’est bien aussi pour tout cela que je pus en jouir aussi intensément.

Non ! Je n’ai jamais considéré tous les hommes comme de simples bites : du cerveau jusqu’à la bite.

Oui ! J’en ai connu au moins un, dans ma jeunesse délurée. Un que j’ai détesté dès qu’il souleva mes jambes et les écarta brutalement comme si elles étaient inutiles : inutiles autant à mon corps qu’à son abordage de boucanier par lequel il vint planter son gland à l’entrée de ma grotte sacrée ; le planter comme un pirate plantait son épée dans le corps d’un douanier…

J’aurais certainement éprouvé beaucoup de dégoût envers lui, et sûrement beaucoup plus envers moi de m’être laissée ainsi posséder sans autre réaction que l’abandon, si toi, mon mari, abandonnant ma voisine non sans lui demander – Pardon ! – ; sûrement me serais-je dégoûtée pour longtemps des plaisirs libertins, si toi, mon amour, n’avais bondi et sauvagement repoussé ce soudard avant qu’il ait eu le temps de m’asséner deux nouveaux coups de pendard, tout en, t’en souviens-tu, lui rugissant : – Vire de là espèce de connard : on est en êtres humains ici, on n’est pas des bestiaux ! –

Tu avais fait fuir cet animal d’homme comme on dit, la queue entre les jambes. Mais évidemment ! Cette nuit fut courte !

Évidemment plus personne n’avait eu le cœur au sexe.

Évidemment l’épisode servit de leçon, autant à nous qu’aux camarades favoris de nos jeux sexuels.

Évidemment que nos sélections devinrent dès lors fort rigoureuses.

Et toi mon mari, le gardien de mes nuits, toi et ta vigilance devinrent d’une extrême circonspection face aux délicatesses, caresses, douceurs, applications, adulations ou empressements, des fouteurs de bites ou des lécheuses de con… Bref !

Revenons plutôt à mon jeune amant d’aujourd’hui.

Revenons surtout à l’emprise, physique comme mentale, que j’avais décidé d’avoir sur lui. Emprise consciente ? Inconsciente ?

– Tu dois savoir ! Je n’aime pas la demi-mesure : soit ça te plaît, soit ça te plaît pas ! Tu le dis clairement et immédiatement ! – Lui servis-je froid.
– Y’a aucun problème. Je ne suis pas pressé. Je suis bien avec toi et tout ce que tu fais me plaît. Et tout ce que tu voudras encore faire me plaira aussi. – Débita-t-il d’un trait.
– Vraiment tout ! Tu en es bien sûr ? – Demandai-je sur le ton de celui qui doute.
– Oui ! Je t’assure ! – N’hésita-t-il pas un seul instant à affirmer.
– D’accord ! Pour ce que nous avons fait jusqu’ici, je n’ai aucun doute. En revanche, pour ce que j’aurais bien envie de faire, je ne suis pas sûre… Tu ne sais pas de quoi je suis capable quand je me lâche… Es-tu certain d’avoir bien réfléchi à ça ? – Insistai-je.
– Oui. Je crois que tu sais être autoritaire, mais je crois que n’es pas méchante. Je crois aussi que tu as trop de respect pour les gens pour être sadique. – Me lâcha-t-il en pleine poire.
– Sois pas insolent : je pourrais avoir envie de te fesser… – Cachai-je qu’il m’avait touché.
– Si ça te fait plaisir ! – Répliqua-t-il en se relevant souriant et en me montrant son cul.
– Bof, la fessée ce n’est rien : j’ai bien meilleur pour toi. – Appuyai-je d’une tape sur ses fesses.
– C’est certain… Je suis même sûr que tu veux te taper mon cul. – Joua-t-il en se dandinant.
– Dis-donc, morveux : tu prendrais pas tes vices pour la réalité, toi ? – Le tapai-je plus fort.
– Si Madame, Oh que si Madame ! – Joua-t-il. Et si bien que j’éclatais de rire. Et lui aussi.
– Dis-moi sincèrement. – Lui demandai-je entre deux éclats de rire : – Samedi dernier quand je t’ai demandé si t’avais un gode, tu m’as bien répondu désolé : « Hélas, non ! » ? –
– Oui ! – Soupira-t-il
– Tu en en étais aussi désolé que ce que j’ai cru le comprendre ? –
– Plus que ça même : ton petit dialogue avec ton mari m’avait fortement donné envie.
– Envie que je t’encule ! –
– Oh oui, Madame ! J’en avais très envie… Jusqu’à maintenant, ça ne m’a pas du tout passé. Et puisque vous voulez tout savoir, Madame, votre petit nettoyage de tout à l’heure, me fait penser que je vais enfin y avoir droit. – Joua-t-il la mine réjouie.

Et il se mit à danser des fesses sous mes yeux. Puis, les écartant de ses mains, il dévoila son anus, un joli anus imberbe, un anus à l’œillet pourpre et humide, un œillet aux pétales denses et réguliers : un anus de jeune homme, quoi.

– Dis-moi, il s’est déjà fait sodomiser par une femme, ce joli petit trou ? – Demandai-je… Je lui posai cette question, juste pour savoir comment je m’y prendrai lorsque le moment sera venu.
– Oui ! Deux fois – Avoua-t-il. Ajoutant aussitôt : – Mais ce fut pas très réussi. –
– Tu sais pourquoi ? – Cherchai-je à comprendre.
– Oui ! Elle n’était pas à l’aise et elle avait trop peur de me faire mal. – M’expliqua-t-il.
– Ah ! Elle n’avait pas l’habitude ! – Me rassurai-je. – Mais au fait, si j’ai bien compris, c’était la même femme les deux fois. –
– Oui ! –
– Et c’est qui, cette novice ? –
– Une amie… –
– Tiens donc… – L’interrompis-je d’un air supérieur…
– C’est une amie d’enfance. – Précisa-t-il en enveloppant « enfance » d’un geste de la main.
– Fort intéressant. Et vous avez joué à d’autres jeux je présume. – Souris-je.

Il ne répondit rien, son cul toujours aussi ostensiblement planté à vingt centimètres de mes yeux : planté comme d’autres qui, dans une posture béate attendent (toujours) le messie qui ne viendra pas.

– Oh ! Je t’ai posé une question… – Le secouai-je.
– Excuses-moi, j’étais songeur. – Se réveilla-t-il en frissonnant.
– Toi, t’es amoureux de ton amie ! – Affirmai-je de cette certitude qui me trompe rarement…
– C’est vrai. – Accepta-t-il un brin de mélancolie dans la voix.
– Et pas elle – Demandai-je mi affirmative, mi interrogative.
– Si, si, on s’aime beaucoup tous les deux. Mais… – Se tut-il comme incapable d’en dire plus.
– Mais sexuellement, ça ne marche pas, c’est ça ! – Cherchai-je à savoir. Pour cela, j’enfonçai le clou « du vice » :
– Elle n’apprécie pas ta bisexualité. –
– Ma bisexualité n’est pas en cause. Elle même… – Stoppa-t-il net : comme dans un mur.
– Elle l’est aussi ? – Jetai-je. Mais il ne dit rien : – Mais elle en a honte. – Complétai-je.
– Elle dit qu’elle n’a pas de plaisir avec le sexe. – Se lança-t-il comme on lance un SOS.
– Ça m’étonne ! – M’étonnai-je.

Car je l’avais trouvé plutôt bon baiseur et plus prévenant que la moyenne : plus doux et délicat. Je l’avais trouvé encore plus doué avec sa langue qu’avec sa queue : si doué que je n’imaginais pas un clitoris rester indifférent. Et sa propriétaire, encore moins. Je le lui dis sans aucune fioriture. Exactement, je dis que s’il avait été du genre empressé et goujat… J’aurai pu comprendre qu’elle n’éprouvât aucun plaisir… Mais pas lui qui est plutôt un amant délicat. Surtout à la façon dont il s’applique en suçant un bourgeon…

– Qu’elle ne ressente aucun orgasme vaginal ? Si tu la fais trop jouir du clitoris, c’est possible… Mais jamais alors, elle ne te dirait pas qu’elle n’a aucun plaisir avec le sexe. Et puis, tu sais, j’ai connu des femmes qui adoraient le sexe et jouissaient comme des malades sans aucune pénétration vaginale. –
– C’est ça ! – Approuva-t-il – Elle n’aime pas les pénétrations. –
– Aucune pénétration, c’est ça : pas qu’avec toi. –
– Si, seulement avec moi. – Sembla-t-il de désoler.
– Et avec d’autres hommes, elle a des orgasmes vaginaux ? – Cherchai-je à savoir.
– Non, elle n’a jamais voulu faire l’amour avec un autre homme que moi. –
– T’en est bien sûr ? – Doutai-je.
– Oui : elle préfère les femmes. – Affirma-t-il péremptoire.
– Attends… – Cherchai-je à réfléchir : – Tu me dis bien qu’elle a déjà eu des orgasmes vaginaux avec des femmes. Mais jamais avec toi, c’est ça ? Seulement avec des femmes. –
– C’est ça, oui. –
– C’est ce qu’elle t’a dit ? –
– Non : je l’ai vu de nombreuses fois. – Appuya-t-il chaque mot pour que je le croie.
– … – Mon amour, je te fais grâce de la suite du dialogue qui fut assez long. Mais je te dirai l’essentiel de ce que j’appris des péripéties sexuelles de mon amant et de son amoureuse. Car, elle est réellement très amoureuse de lui. Et lui l’aime tout autant. D’ailleurs, tu auras l’opportunité de le vérifier un peu plus tard, mon amour. Si, si. Comment ? Ah, ah ! Surprise !

Comment ? Vous aussi ? Vous souhaiteriez le vérifier ? Évidemment, le vérifier de vos yeux de gros cochons : ah, ça m’étonne pas !

Hélas ! Faudra juste me croire sur paroles… Et davantage bien me lire, jusqu’au bout et même entre les lignes.

L’essentiel de ce que j’appris me permit découvrir qu’il est beaucoup plus jeune que je l’imaginais. Et son amoureuse, aussi…

Sauf qu’en cet instant où il me parle de son amoureuse unique, leur extrême jeunesse me soucie peu : bientôt elle s’effacera. Réussite ou pas, c’est néanmoins la sourde réalité. Sourde non de jalousie déplacée, de dépits ou autre frustration.

Non ! Sourde par sa cruauté réelle, quasi abjecte, malveillante et dégradante qui m’en fit mesurer l’horreur.

Elle redoute la pénétration de son sexe, tout comme, elle persiste à vouloir qu’il la pénètre à chacune de leurs relations sexuelles. Où, après qu’elle a joui de la langue de son amant, elle pleure de douleur de leur accouplement…

C’est ce qu’il m’expliqua, la voix chargée de tristesse, ajoutant que, lui, il se complairait à l’aimer seulement de caresses… Et qu’il serait aussi très heureux qu’elle lui concède de la faire jouir comme la font jouir ses copines… Cependant elle les lui refuse toujours, ces simples jouissances buccales et digitales. Elle insiste en disant que leur copulation est la rançon de leur amour. Elle dit qu’elle ne veut pas se livrer à lui comme à ses simples partenaires sexuelles. Elle dit qu’avec elles, il n’y a aucune place pour les sentiments. Alors qu’avec lui… Elle accepterait volontiers qu’il n’y ait pas de place pour le sexe… Si elle était sûre que son amoureux la chérisse toujours aussi fort… Mais non ! Elle dit qu’elle se doit à lui autant par amour que par « devoir conjugal »… Ah, que voilà un bien vilain péril de l’amour que ce devoir-ci ! Voyons, voyons ! Le devoir conjugal, au XXIème siècle ?

– Ah ! Pour ça oui ! Voyons ! Mais nous sommes sexuellement libres ! – Éructa mon amant en réponse à mes doutes et à mes difficultés d’intégration de cet état paradoxal créant scission entre leur « être » et leur « faire » tout aussi « peu libres » …

Je sais, mon amour ce que tu m’en diras :

– Tout être humain est libre de vivre sa vie selon ses choix : tout humain est libre de se rendre esclave d’autrui. Tout humain est libre de se laisser asservir par les carcans d’une société avilissante ; asservir sous les arcanes de principes et de dogmes… –

Je sais tout ça mon amour. Et tu sais parfaitement que c’est également mon « point de vue moral ».

– Mais tu sais aussi qu’en ce qui me concerne, très souvent, je laisse les méandres cognitifs de ma pensée s’emparer de ma volonté à vouloir tout mesurer sous les toises de la raison. Et, trop souvent, je m’agace contre ma vertu à analyser les facteurs de comportements ; que je me perds à m’évertuer vouloir tout psychologiser.- Te répliquai-je souvent du fond de mes tourments.

Je sais, mon amour, ce qui tu me rappelles encore : – L’abus de science tue la conscience et trop de raison tue le « moi ». –

Je vous connais si bien, mon amour, toi et ton couteau à dénerver. Ce couteau à circonscrire aux parenthèses d’inutilité toutes les circonvolutions qui réduisent les plaisirs de la vie à de vulgaires variables complexes, couteau tranchant à vif les tumeurs de l’esprit, cancers de la pensée … Je sais mon amour, tu vas encore me servir Boris VIAN pour que je rie et m’arrête de discourir :

– Si l’on me demande à brûle-chemise : « l’innocence est une vertu ? », je ne réponds pas. Je cherche un faux-fuyant. Je dis : « Avez-vous lu Cézanne ? »… Y a des gens qui oublient de réfléchir et qui répondent : « Heu ! Je ne sais pas ! »… Ma tante était pleine de vertu… Elle est morte… Je vous dis : « Cherchez un faux-fuyant. » Si on n’en trouve pas, on peut toujours se suicider… –

Évidemment mon amour ! Je ne pouvais pas rester muette sur mon désaveu du « devoir conjugal » !

Évidemment que je n’allais pas davantage l’exprimer à mon amant. Alors ? Il ne me restait qu’une chose à faire : digresser. Abandonner ma maladie à tout vouloir comprendre pour porter toute mon attention au petit cul de mon amant, que je n’avais pas cessé de caresser durant tout notre dialogue. Car, comme celui-ci s’étant déroulé par miroir interposé, mon amant avait conservé la posture ostentatoire de son cul planté anus dévoilé à vingt centimètres de mes yeux, donc, de mes mains… que j’avais enduites du gel parfumé pris plus tôt dans son armoire de toilette : de mes mains qui s’en étaient excitées de deux doigts le fouillant. Et elle s’impatientait bien sa fleur anale à soupirer après toute autre chose que mes doigts. Et je le dis tout net à mon amant :

– Il est prêt ton petit trou. Tu veux que je le prenne maintenant ? – En revêtant prestement ma tenue de virilité. – Et tu veux que le prenne comment ? – Conclus-je une fois harnachée.
– En levrette ! – S’enthousiasma-t-il en s’affalant sur l’accoudoir du canapé, cul bien offert.

Je m’approchai et pointai lentement ma grosse verge de latex sur le cœur de l’anneau. Mais la vue de la proéminence de son gland à la porte de l’anus me fit douter un instant que ça passera aussi aisément que ça… Que… Je me dis que… Que ce postiche-ci n’est pas fait pour les débutants… Que… Peut-être aurais-je dû apporter l’autre plus proche de la taille d’une bite d’homme normal. Toutefois, voyant son sphincter se détendre parfaitement, me rappelant que mon amant n’est pas un débutant de la « choses anale », j’introduisis le gland, lentement, précautionneusement. L’entrée passée et le gland avalé par l’anus jusqu’à son repli, je stoppai ma poussée en quête d’une réaction de mon amant : une réaction me permettant de… Seulement, c’est mon amant qui s’empala net sur ma bite et l’avala entière sans coup férir. Pfui ! Je ressortis lentement la hampe jusqu’au gland, la pénétrais à nouveau, lentement et entière. De nouveau. Encore une fois. Et encore, tout en accélérant progressivement ma cadence de pénétration et bientôt atteindre un rythme de croisière plutôt élevé : une vraie croisière…

Mon amour, je dois un aveu à nos chers lecteurs : je suis une coureuse de marathon. Autrement dit, je m’essouffle difficilement.

De fait, je suis endurante. Autrement dit aussi, je ne doutais aucunement qu’il jouît avant que je cherchasse mon second souffle.

Et je ne redoutais pas davantage les effets de ma propre jouissance produite de l’excitation de mon clitoris sur la base de « mon pénis postiche » : agitation qui pour excitante qu’elle est toujours, ne parvint jamais à me faire jouir la première.

Certes, tu le sais mon amour que je jouis toujours de mes assauts en toi. Mais tu sais aussi que je n’en jouis vite qu’après que tu en as joui de « petite mort ». C’est même ces instants de latence qui me plaisent le mieux : ces instants d’interminable attente où mon excitation est si grande que dès l’alarme de ton orgasme, en un clin d’œil je consens à mon orgasme de m’envahir.

C’est vrai mon amour que de jouir intensément de te sodomiser, comme aujourd’hui je sais en jouir, ne me fut pas aisé.

C’est vrai qu’aux débuts, si j’appréciais beaucoup de t’aimer aussi ainsi, je connus quelquefois des instants où cette excitation mutant en irritations m’ôtaient tout désir à vouloir, moi aussi, jouir : instants de déplaisir, suivis d’instants de frustrations.

Je te sais gré mon amour, de les avoir lus et d’être toujours venu à la suite m’apaiser de ces massages relaxant dont tu as le secret. Et plus encore, de m’avoir poussée à protéger mon clitoris et mes lèvres de gel… Tiens ! Je le dis aussi à l’attention de mes amies… Des fois que… Sait-on jamais… Ce puisse être utile…

En tout cas, je sais, moi, comment tout cela est délicieux.

Tout comme sachant que mon amant d’aujourd’hui ne pâtira pas des hésitations et autres atermoiements d’une inexpérimentée, je l’honorai sans autre envie que de le faire beaucoup jouir ainsi.

Lorsque je sodomise un homme je ne me considère nullement en état de supériorité sur lui. Je ne conçois cette pratique que comme un échange équitable de plaisirs entre deux êtres libres et consentants, que cette pratique soit un jeu sexuel résultant d’un jeu dépourvu de tout sentiment comme ce fut, là, le cas avec mon jeune amant ou que ce soit un jeu sexuel naît de l’amour que j’éprouve pour mon mari. Pour autant, je suis nullement opposée aux jeux sexuels de domination-soumission. Toutefois, leur pratique ne me tente pas. Et je me connais trop bien : je ne saurais jamais être soumise à quiconque, même par jeu. Je ne me vois pas davantage revêtue de l’uniforme de la maîtresse dominatrice. Non. Je réfléchis trop pour pouvoir jouer de cela. Ceci dit, il ne me déplaît pas de jouer la « sévère », « l’autoritaire », « l’intransigeante » ou la « cynique ». Et pas que par jeu, je vous assure. Néanmoins, ce n’est que lorsque ce n’est que pas « jeu consenti » que je m’amuse vraiment…

A suivre

Ce contenu a été publié dans Histoires, Récits, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à La cabine d’essayage 3 – chapitre 3 par Pateric

  1. Zimmert dit :

    Trouvé ce texte par hasard en faisant une recherche sur le mot « chafouin » ! Question : Comment des coups de langues peuvent-ils être chafouins ????
    Sinon ce texte que je n’ai lu qu’en diagonale contient de beaux exemples de langages naturels de tous les jours un peu comme ça : « – Mais tu sais aussi qu’en ce qui me concerne, très souvent, je laisse les méandres cognitifs de ma pensée s’emparer de ma volonté à vouloir tout mesurer sous les toises de la raison. Et, trop souvent, je m’agace contre ma vertu à analyser les facteurs de comportements ; que je me perds à m’évertuer vouloir tout psychologiser… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *