Martinov 16 – Professeur Martinov et le Fidélitas – 14 – De Marianne à Parma par Maud-Anne Amaro

Martinov 16 – Professeur Martinov et le Fidélitas
14 – De Marianne à Parma

Vendredi 20 Décembre

La complicité de Betty semblait assurée. Grave erreur ! Car en arrivant au clandé, elle s’empressa de rapporter à la tenancière la conversation qu’elle avait eue au téléphone avec Framboisert :

- Bizarre ce qu’il m’a demandé, je ne sais pas trop ce qu’il cherche exactement, mais comment peut-il savoir ce qu’il y a dans cette pièce, il n’y est jamais entré !
- Comment ça ?
- On lui a proposé une douche, il a répondu qu’il en prendrait une en arrivant chez lui.

La tenancière tint alors à prévenir Monsieur Liou.

- On est tombé sur un fouille-merde ! Pas bien grave, on ne fait rien d’illégal, aucun brevet n’a jamais été déposé pour ce truc-là. Faudrait quand même savoir à qui on a affaire ? J’ai pas envie que la mondaine vienne fourrer son nez dans nos affaires. Arrange toi pour déplacer les cartons et passe-moi Betty.

- Il t’a dit son nom ?
- Non juste le prénom, c’est Romain.
- Connais pas ! Répondit Monsieur Liou qui ignorait le prénom de Framboisert.
- Tu peux me le décrire ?
- La quarantaine, assez bel homme, pas mon genre…

« Framboisert bien sûr ! » Se dit Monsieur Liou.

- Mais tu me dis qu’il n’a pas vu les cartons, c’est impossible !
- Il n’a pas pris de douche, il n’a pas été pissé, il s’est rhabillé devant moi et je l’ai accompagné jusqu’à l’escalier.
- Bon, il faut que l’on en sache plus, voilà ce que tu vas faire ! Tu vas lui porter le truc, tu l’emmènes boire un coup, tu l’embobines, tu le fais parler, quoi…
- Non !
- Comment ça « non » ?
- Je ne fais rien du tout ! Ces affaires-là ce ne sont pas mon problème !
- Mais enfin, je ne te demande pas la lune.
- Ecoute moi bien mon petit Liou, je suis venue dans ton bordel parce que c’était le fantasme de mon mari de me voir faire la pute, et que de mon côté ça m’excitait. Alors, d’accord, je suis ta pute, mais je ne suis pas ton agent secret, faut pas tout mélanger.
- Je crois que je ne vais pas te garder !
- Et bien, ne me garde pas ! Je n’avais pas de toute façon l’intention de faire ça trop longtemps. Mais t’es quand même gonflé, je t’ai fait prévenir par gentillesse alors que rien ne m’y obligeait. T’as une drôle de façon de me remercier !
- OK ! On laisse tomber. S’il te rappelle tu dis quoi ?
- Je laisse sonner !
- Il va te harceler, dis-lui juste que le carton n’est plus là.
- O.K.

Framboisert fit le pied de grue devant la mairie du 13ème pendant une demi-heure au terme de laquelle il téléphona à Betty.

- J’ai pas trouvé ton truc, tu sais les cartons ici, ça va, ça vient. Au fait j’aimerais que tu effaces mon numéro de ton carnet d’adresses, j’ai parlé à mon mari, ça l’intéresse pas. Allez, je te laisse, bisous !

Et elle raccrocha.

« Et merde ! »

Dans le métro qu’il emprunta pour rentrer chez lui, il réfléchit :

« Si la caisse n’est plus là, c’est sans doute qu’elle est partie au magasin, du coup ça va devenir plus simple ! »

Plus simple ? Pas tant que ça, pourtant. Framboisert ne se voyait pas retourner au magasin de Monsieur Liou. Il ne voyait pas non plus à qui demander de le faire à sa place.

Lundi 23 Décembre

A 10 heures Luis Portillo est venu chercher Parma Schuller à sa sortie de l’hôpital Elle est surprise de le voir. Pendant son séjour il n’est venu la visiter qu’une seule fois et ne lui a jamais téléphoné.

- Tiens, te voilà, toi !
- Surprise ?
- Oui ! Tu me paies à boire ?
- C’était justement mon intention.

Au bistrot, Portillo prit une profonde inspiration.

- Je suppose que tu aimerais savoir comment Dereine t’a piégé ?
- Oui, parce que je n’ai rien compris.
- Il y avait un gadget caché dans ta culotte ?
- Pardon ?

Il lui explique alors ce qu’il sait du « Fidélitas »…

- Ce con a dû confier à quelqu’un qu’il avait acheté ce gadget, les médias l’ont appris dans la foulée de ton agression. Ils en ont fait leurs gorges chaudes. Tout était prêt pour la curée, non seulement ce mec se révélait violent et macho mais en plus il faisait confiance à des gadgets idiots. Le souci c’est qu’ils n’ont rien compris, le gadget n’avait rien d’idiot et a parfaitement fonctionné, mais je ne pouvais pas leur dire, déjà pour ne pas te compromettre, et puis leur expliquer que le « Fidélitas » était plus malin que le détective privé, ce n’était pas tenable.
- Un gadget dans ma culotte je n’y crois pas ! Il est vraiment dérangé ce mec !
- Oui ! J’ai d’abord essayé de limiter les dégâts jusqu’à ce que je m’aperçoive que non seulement il était brûlé, mais que je mettais ma réputation en jeu si je restais avec lui.
- Et alors ?
- Ben je l’ai laissé tomber !
- Ouf ! Soupira-t-elle.
- Quoi « Ouf » ?
- J’ai cru un moment que tu allais me demander d’essayer de me remettre avec lui !
- Non, j’ai joué un gros coup, j’ai perdu, ça ne fait rien, moi, je m’en remettrais…

Il laissa volontairement le reste de sa phrase en suspens.

- Toi tu t’en remettras, mais moi : je coule, c’est ça ? A moins tu aies un coup tordu à me proposer ?
- Non, je t’ai apporté le solde de tes indemnités. Il y a même un petit peu plus. Notre collaboration est terminée. Je suis désolé…
- Oui, bon, ça va, il y a combien là-dedans ? J’espère qu’il y a assez pour rembourser mes frais d’hospitalisation, je n’ai pas de mutuelle.
- Tu leur dois combien ?
- 400 euros !
- Donne-moi ta facture, je m’en occupe !
- T’es un chou !
- On va se dire adieu !
- On ne se reverra plus ?
- Je ne pense pas non !
- Je pensais que…
- Je sais ce que tu vas me dire… Ecoute : le milieu de show-biz est saturé. Il y a trop de monde derrière les portes. Je pourrais te laisser de faux espoirs, je ne suis pas comme ça.
- Et je vais faire quoi ?
- Trouve-toi un mec qui t’entretiendra… Il va falloir que je te laisse, j’ai un rendez-vous aux Batignolles. Adieu Parma et bonne chance.
- C’est ça, on lui dira.

Un adieu sans bisou, ni même une poignée de main… Parma attendit qu’il fut sorti de l’établissement pour ouvrir l’enveloppe. Au moins il avait été généreux, c’était toujours ça, puis elle sortit un stylo et un petit carnet sur lequel elle prenait des notes et inscrivit le mot « Fidélitas »… Comme ça pour s’en rappeler.

Curieusement, l’attitude de Portillo ne la choqua pas, elle pensait ne plus le revoir, il était venu, lui avait apporté de l’argent, il avait été régulier « à sa façon », ce n’était déjà pas si mal. Du coup elle se commanda une grosse omelette au gruyère, histoire de se changer un peu de la bouffe hospitalière.

Après cela elle regagna le petit studio qu’elle avait conservé, Porte d’Orléans, releva son courrier et rechargea son téléphone portable. Vers 15 heures elle parvint à joindre Dereine et lui demanda à quelle heure elle pouvait passer rechercher ses affaires.

- Quand tu veux ! Je suis à la maison, je ne bouge pas.

Dereine avait d’ors et déjà entassé les affaires de Parma dans des sacs. Son passage en serait d’autant plus bref, il le regretta, avec un peu de temps il aurait peut-être pu s’expliquer…

- Tout est là, mais j’ai peut-être oublié des trucs, si tu veux faire un tour dans l’appart, tu peux.
- Y’a les bijoux ?
- Oui ! Euh, tu peux m’écouter cinq minutes…
- Non !
- Juste une minute !
- Non !
- Tout cela est un malentendu !
- Un malentendu qui m’a valu trois semaines d’hôpital, un gentleman aurait essayé de me joindre, m’aurait adressé un mot, mais tu ne seras jamais un gentleman.
- J’y ai pensé, mais je n’ai pas osé !
- Par contre allez foutre des conneries dans mes culottes, ça tu as osé.
- Je le regrette !
- Ça me fait une belle jambe tes regrets !
- On m’a vendu un truc pourri ! Et tu ne vas pas me croire, mais j’ai retrouvé l’inventeur et j’ai été lui dire ma façon de penser…
- Hein ! Tu connais l’inventeur !
- Oui, c’est Martinov à Louveciennes, y’a l’adresse sur Internet.
- OK ! Écoute-moi bien connard ! Ce que je te reproche ce n’est pas tellement de m’avoir foutu des gadgets débiles dans ma culotte, c’est de m’espionner. Tu aurais dû vivre au moyen-âge, tu t’es trompé d’époque.

Elle sortit les clés de sa poche et les jeta à l’autre bout de la pièce. Et pendant qu’il s’éloignait pour les ramasser, elle disparut de l’appartement et de sa vie.

En bas de l’escalier, elle ressortit son petit carnet et indiqua : « Martinov, Louveciennes ».

Mardi 24 Décembre

La période des fêtes était arrivée à grande vitesse et Béatrice était allée fêter Noël chez sa maman à La Rochelle.

A 10 heures le téléphone sonna chez le professeur Martinov.

- Bonjour, je voudrais prendre rendez-vous, ce serait possible à quelle heure ?
- Il faudrait déjà me dire pourquoi, il y a des choses que nous ne faisons pas, autant ne pas vous déranger pour rien si…
- C’est pour retaper un vieux phonographe à manivelle. Il manque des pièces.
- Ah ! Alors d’accord ! Jeudi ? Quelle heure vous conviendrait ?
- 14 heures ?
- D’accord, c’est quel nom ?
- Parma Schuller.

« Encore une année de foutue ! » soupira le professeur Martinov qui n’appréciait pas trop cette période de l’année mais qui faisait « avec ». Comme tous les ans, ou du moins depuis qu’elle était libre, il passerait le réveillon de Noël avec Marianne, la veuve du grainetier. Un bon petit repas au champagne et aux chandelles avec ce qu’il fallait d’huîtres, de foie gras, de dinde aux marrons, de bûches glacée et autres boustifailles de circonstances. Et comme tous les ans, la partie de jambes en l’air était programmée pendant qu’au même moment à Rome, le pape célébrait la messe de minuit. Et comme tous les ans, ils n’en firent rien, vaincus par la bouffe et l’alcool et allèrent se coucher bien gentiment…

Par contre, le lendemain matin…

Mercredi 25 Décembre

Le professeur se réveilla avec la trique et une forte envie d’uriner. Il se leva donc. « Pisser quand on bande n’est point chose aisée ! » disait le poète. Il attendit donc que la bête se calme. En se soulageant il se fit la réflexion qu’il n’avait jamais parlé d’uro avec Marianne. En fait il n’osait pas ! Et puis si la chose l’amusait (et l’excitait), il n’en faisait pas non plus une obsession.

Sa petite vidange accomplie, il regarda avec une certaine déception son membre devenu flaccide. Cinq minutes plus tôt il fantasmait sur un tas de situations et maintenant tout cela s’était envolé ! Mystère insondable des libidos matinales !

Il se recoucha, se demanda si Marianne allait tarder à se réveiller et eut très vite la réponse :

En effet la main de cette dernière vint à la rencontre de sa bite et la branla de telle sorte qu’elle ne tarda pas à retrouver une rigueur de bon aloi.

Le professeur Martinov qui avait le sens des civilités, lui rendit la politesse en envoyant sa propre main taquiner la minette de sa compagne de lit.

Mais ces travaux manuels ne durèrent pas longtemps.

- Attache-moi, attache-moi les mains !
- Tu es sûre !
- Oui, j’ai envie qu’on fasse comme ça…

Et elle se retourna, Martinov compris que Marianne souhaitait être sodomisée. Il n’avait rien contre mais regrettait n’avoir pas eu droit à une petite pipe préalable.

- Je voudrai te demander un truc ! Ajouta-t-elle
- Dis-moi !
- C’est juste un fantasme, ne te fous pas de moi !
- Mais non ! C’est quoi ?
- Je voudrais que tu me traites de tous les noms pendant que tu m’encules.
- Ah ?
- Tu ne veux pas ?
- Je veux bien essayer, mais c’est pas trop mon truc !
- Essaie, on verra bien !

Et Martinov après s’être encapoté comme il se doit se mit à ramoner le cul de la veuve du grainetier.

- Allez insulte-moi !
- Tiens chienne ! Tiens salope !
- Ça manque de conviction !
- Grosse salope !
- Je ne suis pas grosse !
- Vilaine, femme de mauvaise vie, pécheresse, catin ! Reprit le professeur changeant complétement de style littéraire.
- Ça ne va pas, fais comme si tu voulais m’humilier !
- Mais enfin, Marianne…
- Mais c’est un jeu, Dédé !
- T’aimes ça que je t’encule, hein poufiasse ? T’aimes ça les bites les bites bien baveuses ?
- Ouiiii !
- Je vais jouir dans ton troufignon, c’est ça que tu voulais, ma salope !
- Ouiii !

Elle mouillait, elle gémissait et le professeur, désireux de la rejoindre dans son extase, accéléra le mouvement, éjacula violemment et s’écroula sur elle.

- Oh, mon Dédé, quelle fougue ! Tu peux peut-être me détacher maintenant !
- Tu m’as fait dire de ces choses…
- Ben quoi, on s’est bien éclaté, c’est le principal, non ?

Et après qu’elle fut détachée, ils s’embrassèrent avec la même passion que deux adolescents découvrant l’amour.

- Il a des restes, on peut les finir ensemble à midi, si tu veux ! Proposa Marianne.

…comme tous les ans…

Et alors qu’ils finissaient de déguster leur entrée, la veuve du grainetier prit soudain un ton fort sérieux :

- J’ai un aveu à te faire !
- C’est grave ?
- Non ! Tu sais ton client avec le vélo bizarre ?
- Oscar ?
- Parce que tu l’appelles par son prénom ?
- Il a un nom un peu compliqué !
- Ben j’ai couché avec !
- Tu le regrettes ? Demanda Martinov, pas plus surpris que ça.
- La question n’est pas là ! Mais autant que les choses soient claires entre nous.
- Mais Marianne, tu es une femme libre, tu fais ce que tu veux, ça ne me regarde pas !
- Tu n’es même pas un peu jaloux, un petit peu, juste un petit peu ?

La conversation prenait un tour déplaisant. Martinov ne voyait pourtant pas quelle carte abattre sinon celle de la franchise :

- Non Marianne, je ne suis pas jaloux !
- Tant pis !
- Pourquoi « tant pis » ?
- Peut être que ça m’aurait fait plaisir que tu sois un peu jaloux !

Martinov resta bouche bée, ne sachant que répondre, alors Marianne non sans difficultés en rajouta une couche :

- C’est vrai que tu serais plutôt mal placé pour être jaloux !
- Mais enfin, Marianne, où veux-tu en venir ?
- Moi je ne cache rien ! J’ai couché avec Oscar, je te le dis. Maintenant à ton tour !

Marianne n’aurait pas eu des larmes dans les yeux, Martinov serait probablement parti sur le champ. Oui mais voilà, Marianne avait des larmes dans les yeux.

- Vas-y déballe tout ce que tu as sur le cœur et après on causera, je ne veux pas que tu sois malheureuse.
- Ta blondinette, tu couches bien avec ?

Martinov pousse un long soupir avant de répondre.

- Je ne sais pas qui fait courir ce bruit, ni dans quel but. Personne ne peut rien prouver…
- Je sais bien que personne ne peut rien trouver, mais tu couches avec ou pas ?
- Oui !

Et la Marianne se met à chialer comme une madeleine.

Et le professeur Martinov ne sait plus où se foutre et se demande ce qu’il fait là ! Alors il attend que ça se passe.

- Je suis vraiment conne de pleurer pour ça ! Après tout ce n’est pas mon problème, tu ne m’appartiens pas. Tu ne vas pas me dire que tu es amoureux d’elle ?
- Bien sûr que non, je suis lucide ! On a une telle différence d’âge ! Disons qu’il nous arrive de nous amuser ensemble, mais c’est purement sexuel, il n’y a rien d’autre.
- Mais comme est-ce possible ? Comme tu as fait pour la draguer.
- Je ne l’ai pas dragué, c’était en 2001, on expérimentait un truc pour augmenter la fertilité des lapins, en fait on avait trouvé un aphrodisiaque, on ne savait pas trop comment le tester, on l’a testé sur nous. (voir Professeur Martinov et le « lapin dur »). On s’est rendu compte qu’on s’était bien amusé, c’était un jeu, il y a treize ans qu’on joue.
- Et c’est purement sexuel ? T’es vraiment sûr ?

Martinov réprima l’envie de lui demander ce que ça « pouvait bien lui foutre », mais notre vert professeur n’usait de vulgarité qu’avec parcimonie

- Ben oui !
- Tu n’as pas le moindre sentiment pour elle ?
- Elle occupe une petite place dans mon cœur et je pense que c’est réciproque, mais ce n’est pas de l’amour.
- Quand tu vas prendre ta retraite, tu ne la verras plus !
- Je sais.
- Et ça te fait quoi ?
- Rien, c’est la vie !

Martinov mentait. Un jour, il serait trop vieux et trop endolori pour continuer à travailler et la perspective de cette situation qui verrait Béatrice s’éloigner le rendait malade.

- En plus, elle doit bien avoir un petit ami, ta Béatrice ?
- Ce n’est pas ma Béatrice !
- Ça ne répond pas à la question.
- Il y a des gens qui n’aiment pas se fixer. J’en fais partie, elle aussi.
- Tu crois vraiment qu’elle ne couche qu’avec toi ?
- Elle couche avec qui elle veut !
- Une « Marie-couche-toi-là » !
- Marianne, tu commences à m’énerver ! S’emporte alors Martinov !

Surprise de sa réaction, elle se mordit les lèvres par crainte d’envenimer les choses.

- O.K. On en parle plus ! Excuse-moi, je dois être un peu zinzin ! Conclu-t-elle.

Sur ces mots elle se leva de table afin d’aller chercher le reste de dinde. En revenant, elle parla de tout autre chose. Martinov eut quelque mal à se remettre d’une certaine nervosité provoquée par cette discussion, mais au dessert tout semblait redevenu normal. C’était mal connaître Marianne qui l’air de rien en remit une nouvelle couche.

- Je ne souhaite pas qu’on revienne sur les conneries que j’ai sorti tout à l’heure, mais je voudrais te demander juste un truc :

Le professeur se retient de soupirer d’exaspération.

- Quand tu auras pris ta retraite, et que ta blondinette ne sera plus là, on pourrait peut-être…

Elle hésite à continuer, le regard de Martinov ne lui dit rien que vaille.

- Enfin, je dis ça comme ça, on pourrait peut-être se mettre ensemble.
- On en n’est pas là !
- Je te demande juste d’y réfléchir.

Martinov compris alors que la discussion allait repartir de plus belle, alors refusant l’affrontement il mentit effrontément.

- J’y ai déjà réfléchi !
- Ah bon ? S’étonna Marianne.
- C’est une éventualité que je ne repousse pas du tout !
- Oh ! Dédé ! Viens que je t’embrasse !

Jusqu’à la fin du repas le professeur craignit qu’elle ne remette ça une troisième fois, mais elle ne le fit pas.

- On se revoit pour le réveillon du jour de l’an ? Demanda-t-elle au moment où ils allèrent se séparer.
- Non pas cette année !
- Tu es fâché ?
- Est-ce que j’ai l’air fâché ? Non, je suis invité ! On ne peut pas toujours refuser les invitations, et puis, je ne crois pas que ce sera une corvée, ce sont des gens intéressant que j’ai connu par le boulot.
- Début janvier alors ?
- Sans problème.

« Et voilà ! Deux mensonges à gérer ! » Se dit Martinov en se dirigeant vers sa maison.

Le premier mensonge ne portait pas à conséquence, Il n’avait aucune envie de s’arrêter de travailler, et si un jour il devait prendre sa retraite il trouverait bien un prétexte pour qu’on lui foute la paix. Elle était gentille la Marianne, mais vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur son dos, il savait qu’il ne pourrait la supporter.

L’autre mensonge était plus compliqué, personne ne l’avait invité et il n’avait invité personne, il avait simplement besoin de prendre du recul avec Marianne, ne souhaitant pas qu’elle continue de le tanner avec ses problèmes de jalousie mal placée.

Alors le soir du 31 décembre, il disparaîtrait de chez lui, la Marianne étant bien capable de se déplacer jusqu’à son domicile pour vérifier s’il était là.

« Si j’allais faire un tour à Bruxelles ? Il y a longtemps que j’ai pas été à Bruxelles ? »

Mais il n’eut pas à se donner cette peine :

Jeudi 26 Décembre

C’est fort incidemment que le professeur Martinov aborda son emploi du temps du 31. Il pestait ce jour-là si fort après son ordinateur que Béatrice arriva à la rescousse :

- Qu’est-ce qu’il t’arrive, mon petit professeur ?
- J’essaie de prendre des places de train, ça ne marche pas !
- Attends, je vais t’aider ! Tu veux aller où ?
- A Bruxelles !
- D’accord ! Date de départ ?
- 31 décembre
- Ah, bon ? Tu pars avec Marianne ?
- Non justement, je la fuis.
- Vous êtes fâchés ?
- Non, mais elle devient collante, je te raconterai.
- Et tu vas faire quoi à Bruxelles ?
- J’ai rien prévu, j’improviserai, je trouverai bien quelque-chose à faire.
- Tu sais que les Framboisert m’ont invité pour le réveillon ? Ils voulaient t’inviter mais je leur ai expliqué que tu n’étais jamais libre pour les fêtes. J’ai peut-être fait une gaffe. Tu veux que j’arrange le coup.
- Ma foi, pourquoi pas ?

Béatrice « arrangea donc » le coup.

- On sera six, il y aura un autre couple, sympa et décontracté, parait-il.
- Ça me plaît pas trop, qu’il y ait un autre couple ! Bougonna le professeur qui avait le sentiment de s’être fait piéger. Je me demande si je ne vais pas laisser tomber.
- Fait pas ton vieux ronchon.

Un peu plus tard

- Allô André ! C’est Oscar, tu vas bien ?
- Faut pas se plaindre !
- J’ai trouvé aux puces une draisienne miniature, en fait c’est une espèce d’automate, mais il ne fonctionne pas, tu saurais réparer ?
- Les automates c’est pas trop mon truc, mais si c’est pas trop compliqué, je peux me débrouiller.
- O.K. Je te l’apporterais un de ces soirs, après les fêtes, tu fais quoi toi le 31 ?
- Je suis invité, mais je ne sais pas si je vais y aller, il y aura des gens que je ne connais pas.
- T’es un sauvage, toi ! Moi ça me gonfle tout ça, je n’ai pas besoin d’un jour spécial pour faire la fête ! Alors j’ai rien de prévu, si ça te dis de venir bouffer des huîtres avec moi, fait moi signe.

Le professeur Martinov était dubitatif, la proposition d’Oscar ne lui déplaisait pas trop, mais d’un autre côté laisser Béatrice aller seule chez les Framboisert l’embêtait un peu, étant donné qu’elle avait eu la gentillesse de lui faire cette proposition. Et puis il y avait autre chose, Oscar avait tendance à devenir collant et Martinov n’envisageait absolument pas que leur relation se transforme en liaison. Que faire ? Mais que faire ?

- J’ai reçu un coup de fil d’Edith Framboisert, l’informe Béatrice un peu plus tard, le couple d’amis avec qui on devait passer le réveillon s’est décommander. Ça a l’air de les embêter !
- Pourquoi donc ?
- Je ne sais pas, ils m’ont même demandé si on ne connaissait pas un couple « comme eux ». Vas trouver ça, toi, à cinq jours du réveillon !
- Je vais essayer un truc !

Alors Martinov rappelle Oscar, lui expliqua rapidement la situation :

- … C’est un couple bisexuel super sympa, et très libéré… »
- Tu sais dans mon milieu, les couples bisexuels super sympas, et très libérés, ce n’est pas ça qui manque !
- Oui, mais c’est toujours un peu les mêmes ? Là t’aurais vu des nouvelles têtes !
- T’es un malin, toi ! Bon j’ai compris, ça te ferait plaisir que je vienne. Alors d’accord, je vais venir.
- Sauf qu’il y a un petit problème.
- Ah ?
- C’est un couple qu’ils cherchent !
- Alors, ce n’est plus un problème !

14 heures

- Il y a une nana qui va passer avec un phono, ça ne devrait pas être bien long ! Prévint Martinov
- O.K. Je te laisserai avec elle, c’est quoi cette boite ?
- C’est l’usine du « Lapin dur » (voir Martinov et le lapin dur) qui me propose un nouveau conditionnement, c’est moins cher à la fabrication, mais je trouve ça pas trop pratique qu’est-ce que tu en penses, toi ?
- La couleur : c’est pas terrible, on dirait une boite de cachous ! Répondit-elle en ouvrant la boite avec une involontaire brusquerie. Du coup quelques pilules s’éparpillèrent sur le bureau.

Et alors qu’elle s’apprêtait à les ramasser, la sonnette de l’entrée retentit et elle alla ouvrir

- Je suis Parma Schuller, j’ai rendez-vous…
- Entrez, mais je ne vois pas le phono ?
- C’est normal, vous êtes madame Martinov ?
- Non sa collaboratrice, mais le voilà qu’il arrive, il va vous recevoir…
- Bonjour, chère Madame ! Commence ce dernier, subjugué comme vous pouvez bien le penser par le charme fou que dégage cette belle jeune femme brune aux formes voluptueuses. Euh, vous m’aviez parlé d’un phonographe.
- On s’en fout du phonographe, je voulais vous rencontrer…
- Mais…
- Laissez-moi parler ! Ce ne sera pas long ! Vous avez brisé ma carrière avec votre invention à la con…
- Quelle invention ?
- Le « Fidélitas » !
- Ah ! Non ! Hurlèrent ensemble le professeur et Béatrice
- Quoi non ? Alors de deux choses l’une ou bien je porte plainte, ou alors vous acceptez l’arrangement à l’amiable que je vais vous proposez.
- Mademoiselle vous êtes dans l’erreur…
- Non pas du tout ! Vous permettez que je prenne un cachou !
- Non ! Crièrent une nouvelle fois en chœur Martinov et Béatrice.

Mais il était trop tard, Parma venait de mettre dans sa bouche une pilule de « lapin dur ». Et ça fondait très vite sur la langue.

- Recrachez, c’est dangereux !
- Comment ça, c’est dangereux !
- Ce ne sont pas des cachous !

Elle regarde la boite !

- A ben non c’est pas des cachous ! C’est quoi ?
- Un aphrodisiaque !
- N’importe quoi, vous voulez faire une diversion pour vous éviter de me répondre, vous êtes malins, vous !

Martinov et Béatrice se regardent, se demandant comment gérer la situation. Dans 20 minutes leur visiteuse risque de développer une crise d’érotomanie aigue et il n’existe pas d’antidote. Béatrice reprend la boite et ramasse les pilules éparpillées sur le bureau.

- Ne bougez pas, je vous demande une seconde, on revient ! Dit alors le professeur entrainant Béatrice dans le laboratoire. On fait quoi ?
- Faut surtout pas qu’elle sorte, elle va vouloir baiser avec tout le monde et nous faire un scandale.
- O.K. Je verrouille la porte, pendant que tu essaies de prolonger la discussion avec elle.
- Et après ?
- Je crains qu’il nous faille assumer, je vais prévoir des préservatifs
- Et encore après, quand elle sera calmée ?
- J’en sais rien, j’en sais rien du tout !

- Mademoiselle, asseyez-vous, je vais vous expliquer…
- Attendez, êtes-vous d’accord ou non pour un arrangement ?
- Mais bien sûr qu’on va s’arranger mais laissez-moi parler. Je ne suis pas l’inventeur du « Fidélitas ». Voyez-vous, un jour on m’a présenté une puce sans me dire à quoi elle servirait et m’on a demandé de fabriquer un étui de protection. J’ai accepté mais au moment de la livraison du prototype j’ai exigé de mon client qu’il me dise à quoi servirait son invention. Il a refusé et il m’a volé le prototype. Vous me suivez ?
- Qui me dit que vous me dites la vérité ?

« Et dire qu’on ne peut pas la foutre dehors ! » se lamentait le professeur.

- D’autant que ce que vous me racontez, vous ne l’avez pas dit à Michael Dereine.
- C’est un ami à vous ?
- C’est mon mari, et il m’a largué à cause de votre invention à la con.
- Monsieur Dereine est un individu violent, il n’a pas été possible de discuter avec lui, il a fallu qu’on le maîtrise, on voulait le livrer à la police, mais il nous a promis de nous foutre la paix, on l’a laissé partir.
- Tiens, j’ai eu un son de cloche assez différent.
- Et qu’est-ce qu’il dit votre son de cloche ?
- Il fait chaud, tout d’un coup, vous ne trouvez pas ?

« Déjà ! Elle a pris combien de pilules ? »

- Vous savez Monsieur Martinov, c’est dommage que nous soyons en conflit, parce que je trouve que vous avez un charme fou !
- A vous trouvez ?
- En plus j’adore les barbus ! Je n’ai jamais fait l’amour avec un barbu sauf dans mes rêves, j’aimerai bien essayez en vrai !
- Est-ce que vous réalisez que vous êtes sous l’effet d’un aphrodisiaque ?
- Mais pas du tout, je n’ai pas besoin d’aphrodisiaque. Voulez-vous voir mes gros nichons, professeur ?
- Non, non, enfin, sauf si vous insistez.

Béatrice revient et fait signe au professeur qu’elle vient de déposer deux préservatifs sur le bureau.

- Tu sais que t’es vachement mignonne, toi ! J’aime pas les femmes, c’est pas du tout mon truc, mais avec toi je ferais bien une exception.
- Si tu me promets de ne pas être violente, je suis à ta disposition.
- Je ne veux pas de violence, je veux du sexe, je veux de la bite, de la chatte, du cul !

- On fait comment ? Demande Béatrice au professeur !
- Il nous faut nous sacrifier pour calmer cette pauvre enfant !
- Tu parles d’un sacrifice, je parie que tu bandes comme un sapeur !
- Penses-tu ! Se moqua-t-il
- Tenez mademoiselle, vérifiez donc ! Lui dit alors Béatrice
- Parma ! Je m’appelle Parma

Il ne fut pas nécessaire de lui dire deux fois, Parma en deux temps trois mouvements a déjà déculotté notre vert professeur et mis sa queue en bouche pour lui pratiquer une fellation frénétique.

- On se calme, on se calme !

Béatrice qui est loin d’être insensible à la plastique de la jolie brune vient la caresser. Mais ce n’est pas de caresses dont Parma a besoin.

- Viens me bouffer la chatte pendant que je lui bouffe la bite !

La fellation qu’elle pratique au professeur est d’une telle intensité qu’il sent déjà son plaisir monter. Et presque sans crier gare le voilà qu’il éjacule prématurément dans la bouche de Parma qui avale tout avec un curieux sourire de contentement.

- J’ai soif ! J’ai trop soif ! Déclare-t-elle.
- J’y vais ! Se propose le professeur qui oubliant qu’il a son pantalon sur les chevilles se mélange les pieds et dégringole par terre.

Béatrice abandonnant le sexe de Parma se précipite à son secours. Plus de peur que de mal, mais il se relève un peu péniblement.

- Ben alors, vous m’abandonnez ? Rouspète Parma. Où est-ce qu’on peut boire ?
- Bouge pas j’y vais ! Répond Béatrice.

La déshydratation est le principal effet secondaire connu provoqué par le « lapin dur ». Béatrice se précipite dans la cuisine et prend une bouteille d’eau dans le frigo, puis se dirige vers la chambre où elle s’empare du godemichet rangé dans le tiroir de la table de chevet.

Parma boit un grand coup à même la bouteille. Le spectacle qu’elle renvoie est insolite, complétement nue, trempé de sueur et l’entre-jambe inondé de mouille, les yeux hagards… Une bête de sexe prête à se jeter sur ses proies.

Elle se rend bien compte qu’elle a mis le professeur hors service, alors elle se précipite contre Béatrice, l’enlace et l’embrasse avec une fougue incontrôlée que la petite chimiste essaie en vain de canaliser.

Cette dernière profite d’un court moment de répit pour lui tendre le godemichet.

- Mets le moi ! Dit alors Parma.

Béatrice s’apprête alors à introduire l’olisbos dans la chatte de la brune, mais celle-ci objecte :

- Non, pas là ! Fous le moi dans le cul ! Dans mon cul de salope !

Qu’à cela ne tienne, Béa introduit le sex-toy dans l’anus de la belle, il y entre comme une enveloppe dans une boite aux lettres. Elle le fait aller et venir et active le vibrator intégré ce qui lui provoque des orgasmes à répétitions

- Hummm ! Que c’est bon, d’avoir le cul rempli ! Suce-moi en même temps.

Béa obtempère se demandant ce qu’elle peut lui apporter de plus, la belle brune ne cessant d’orgasmer, de couler et de crier.

- Viens là, toi, ne reste pas dans ton coin !

Martinov s’approche, elle tente de le faire rebander à l’aide de ses lèvres pulpeuses, mais n’y parvient pas, elle change alors de tactique.

- Lèche moi les nichons !

Voilà le genre de proposition que notre vert professeur ne saurait refuser. Et il se régale bien sûr de ces jolis seins terminés par des tétons arrogants.

Parma exprime de nouveau le besoin de se désaltérer et finit la bouteille d’eau. Il y en a plus, si elle a encore soif, ce sera l’eau du robinet.

Cela faisait presque une heure que Béatrice et le professeur Martinov s’épuisaient auprès de Parma quand enfin elle lâcha dans un souffle

- On va arrêter, je fatigue un peu.

L’effet de l’aphrodisiaque semblait enfin terminé.

- Qu’est ce qui m’est arrivé ? Je n’ai jamais été dans un état pareil.
- C’est le cachou ! Sauf que les cachous n’étaient pas des cachous.
- Et ben, vous parlez d’un truc, ça se vend où, votre truc ?
- Dans les sex-shops, mais permettez-moi de vous en offrir un flacon ! Proposa Martinov.
- C’est trop aimable, j’en ferais bon usage, croyez-moi ! Euh, je peux prendre une douche ?
- Bien sûr, on va vous montrer ou c’est…

A suivre

 

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4 réponses à Martinov 16 – Professeur Martinov et le Fidélitas – 14 – De Marianne à Parma par Maud-Anne Amaro

  1. Forestier dit :

    Une histoire pétillante de bonne humeur et de sexe

  2. Robi dit :

    C’est bien raconté, plein d’humour, émaillé de propos intelligent. Le passage impliquant « Parma », terriblement bandant en est l’apothose !

  3. sapristi dit :

    Toujours aussi agréable à lire, du lesbos, un peu de domination, de l’action, de l’humour, de la bonne lecture érotique bien torché, bien écrite et sans prise de tête

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