Chanette 13 Chanette et les banquiers par Chanette – 1 Monsieur le directeur

1 – Monsieur le Directeur

Steak-Frites

J’étais ce jour-là attablée en terrasse, dégustant mollement un steak frites qu’il me faut bien qualifier de moyen, quand l’emmerdeur fit son apparition.

- Bonjour ! Vous permettez que je m’installe à côté de vous ?

C’est plus un commentaire qu’une question parce que le bellâtre a d’ores et déjà installé son gros cul sur le siège voisin du mien.

Décrivons-le un peu : Grand blond, allure sportive, un costume cravate de bon goût, ni trop strict, ni trop décontracté, visage carré, menton volontaire, yeux bleus comme du lapis-lazuli, teint halé, sourire carnassier, bref le play-boy standard, le mec qui doit multiplier les conquêtes comme d’autres multiplient les petits pains. Seulement voilà, il se trouve que ce n’est pas du tout mon genre d’homme. Moi, je préfère les artistes aux athlètes, les corps fins aux « musclors ».

- Quel temps magnifique ! Finit-il par dire.

Par réflexe, je réponds d’un sourire à cette incroyable démonstration d’originalité, un sourire minimal, mais un sourire quand même.

- Je suis un peu perdu dans ce quartier, je viens d’y être muté ! Continue-t-il.

Je ne réponds pas, qu’est-ce que vous voulez que je réponde ?

- Euh, je m’appelle Bertrand !

Il commence à me les gonfler, pépère !

- Pas moi !
- Pardon ?
- Pas moi, je ne m’appelle pas Bertrand ! Insistais-je.
- Ah ! Je vois que vous avez beaucoup d’humour !

Cette fois, je ne réplique pas, je fais la carpe. Il me lance encore quelques banalités qui n’obtiennent aucune réponse, puis finit par se taire.

Il commande je ne sais quoi, et quand je quitte ma table, il me gratifie d’un « au revoir » que j’ai l’impolitesse d’ignorer superbement.

Bertrand

Il s’en fout, Bertrand, il sait que malgré ses atouts évidents, il ne peut pas plaire à tout le monde. Et très vite l’image de cette femme sur lequel il a flashé semble s’estomper. C’est qu’il a d’autres préoccupations, Bertrand, il vient d’avoir une belle promotion en étant nommé directeur d’une grosse agence du Crédit du sud dans le quartier.

Bien plus tard, après un après-midi exténuant, il quitte enfin l’agence, emportant quelques dossiers pour les étudier à la maison, il fait chaud, il a soif et décide de s’arrêter quelques instants au comptoir d’un bistrot afin d’y boire une petite mousse. Il peut libérer son esprit quelques instants… Et voilà que l’image de cette inconnue rencontrée ce midi lui revient en mémoire, tel un boomerang. Ses traits s’imposent à son esprit avec une précision stupéfiante. Il essaie de penser à autre chose, mais la vision revient toujours, omniprésente, obsessionnelle, scotchée.

Bertrand Boulanger est marié depuis bientôt dix ans avec Dolorès, une grande brune à la peau légèrement mate. Les yeux sont pétillants, la bouche pulpeuse, les formes parfaites. Un quasi-canon, comme il aime à le dire parfois quand il parle d’elle. Elle ne travaille pas, et occupe une partie de ses journées à peindre des toiles qu’elle ne cherche même pas à vendre.

Le soir au dîner, Bertrand est « ailleurs », cela interpelle Dolorès, qui après une période d’apathie finit par craquer et par reprocher violemment à son époux de ne pas savoir faire la part de sa vie conjugale et familiale dans son ascension professionnelle. Il ne répond pas, ne souhaitant pas envenimer les choses, bâcle son repas et part s’isoler dans son bureau sous les sarcasmes de madame :

- C’est ça ! Va bosser ! Le jour où tu m’accorderas un peu plus d’intimité, tu me préviendras à l’avance, ça me permettra de m’organiser…

Bertrand s’enferme, sort un dossier de sa sacoche et tente de s’y intéresser… Peine perdue, le visage de cette femme lui revient sans cesse. Il lui faut se rendre à l’évidence, il est sous l’effet d’un coup de foudre ! Comment gérer ça ?

La nuit, il sollicite le concours de son épouse, il aimerait bien la besogner en fantasmant sur sa belle inconnue. Mais Dolorès l’envoie sèchement promener. Il entreprend alors de se masturber, mais ses mouvements gênent madame qui vertement l’invite à aller faire ça dans la salle de bain, ce qu’il finit par faire après un long quart d’heure d’atermoiements.

Le lendemain matin, il s’excuse auprès de sa femme :

- C’est le surmenage, tu as raison, il faut que je fasse attention.
- Tu dis ça à chaque fois, c’est pas avec ton nouveau poste que ça va s’arranger. Tu te surbookes de trop, pourquoi ne délègues tu pas ?
- Je ne peux pas déléguer des trucs à des gens qui sont déjà débordés !
- Alors augmente le nombre de tes collaborateurs.
- Je n’ai pas le budget pour faire ça !
- Elle va dans le mur, ta boite avec une politique pareille.
- Même pas, tous nos concurrents font pareils !
- Bertrand, débrouille-toi, trouve une solution, je ne suis pourtant pas chiante avec toi, je te laisse faire ce que tu veux, et j’admets même tes coucheries…
- Oui, bon, c’est réciproque non ?
- La question n’est pas là, ce que je te demande, c’est un petit peu plus d’intimité, juste un peu plus. Si on se décide à faire un gosse, je ne veux pas qu’il ait un père invisible.
- O.K., j’ai compris le message, embrasse-moi !

Mais pendant qu’il roulait une pelle à son épouse l’image de l’inconnue s’imposa de nouveau à son esprit. Du coup le baiser devint torride.

- Quelle fougue ! Dis-moi, tu voulais me baiser hier soir ?
- Ben oui, tu n’as toujours pas compris que je t’aimais encore !
- Si, mais si c’est pour tirer un petit coup vite fait en vitesse, ça ne m’intéresse pas.
- Qui te dit que je voulais faire ça en vitesse ?
- Pfff, je te connais…

C’est alors que Dolorès d’un geste rapide et spontané, ouvrit sa robe de chambre dévoilant un corps parfait bronzé par les U.V.

- Et maintenant tout de suite, tu voudrais ?

Bertrand est en érection, et encore une fois le visage de l’inconnue le submerge. Toutefois, il hésite, temporise :

- On n’a pas le temps, Dolorès, il faut que j’y aille !
- Comment ça « on a pas le temps » ? Moi j’ai tout mon temps, et toi tu vas le prendre…
- Chérie, j’ai une réunion à 9 heures…

Alors Dolorès changea de tactique, ils s’étaient au début de leur rencontre amusés à des jeux de domination, et arborant un sourire en coin pour lui signifier que tout cela n’était qu’un jeu, elle lui lança :

- A genoux, mauvais chien et viens me lécher la chatte !

Dix secondes après, il était entre ses cuisses

- Ne va pas trop vite, prend ton temps ! Prévint-elle.

Bertrand s’était piégé, il serait donc en retard, mais à tout prendre, il valait mieux ça que de planter sa femme en pleine séance hot. Il s’appliqua donc.

- Tourne-toi, on reprend !

Dolorès chercha un objet contendant. Sa brosse à cheveux conviendrait très bien. Elle commença à frapper avec le dos de l’objet, puis après que les fesses furent devenues bien rouges, elle continua côté piquants, provoquant des petits cris singuliers de la part de son époux. Et puis elle s’arrêta brusquement

- Viens me prendre ! Dit-elle en s’allongeant dans le canapé.

Bertrand ne se le fit pas dire deux fois, lui sautant littéralement dessus, le visage congestionné, la bite en étendard et les fesses en feu. Son coït fut sauvage, rapide, la conclusion sans tendresse excessive… mais madame eut l’air d’apprécier…

Curieusement cette petite fantaisie conjugale lui fit un bien énorme, il pourrait ainsi gérer cette image obsessionnelle de façon assez simple.

Errances

Oui, mais, le mardi suivant un étrange démon conduisit ses pas au même endroit que la dernière fois ! Et l’inconnue y était de nouveau. Que faire ? Il n’avait pas le temps de s’attarder, n’avait pas échafaudé de plan « B » destiné à la draguer… Il rebroussa chemin, se retournant plusieurs fois pour s’imprégner de son image.

L’après-midi fut éprouvante, l’inconnue parasitait carrément son cerveau… Mais il crut néanmoins entendre sa secrétaire qui en sortant de son bureau, confiait à quelqu’un :

- Je ne sais pas ce qu’il a le patron, il a vraiment l’air d’être à l’Ouest !

Celle-ci, il avait dès son arrivé joué avec elle un drôle de jeu « je te drague, je ne te drague pas ». La proie semblait facile, trop facile, mais il assumerait. Il se rendit compte alors que depuis sa première vision de la fille de la terrasse, il avait abandonné toutes assiduités vis à vis de sa collaboratrice, au grand dam de cette dernière, ne s’expliquant pas ce curieux revirement.

Bertrand cogitait : Que cette fille lui soit inaccessible n’était pas son soucis principal, ce qu’il voulait c’est la voir de nouveau, se pénétrer de son image, pour le reste, il verrait bien…

Son emploi du temps à l’heure méridienne ne le laissait pas tous les jours libre, les repas d’affaires et les déjeuners entre cadres faisaient partie des obligations de sa fonction. En consultant son planning, il se rendit compte qu’il ne pourrait être libre que le mardi suivant, cela le contraria, il envisagea un moment d’annuler l’un de ses repas d’affaires, mais y renonça, il aurait en effet, l’air de quoi si l’une des personnes avec qui il avait rendez-vous l’apercevait en train de roder dans le quartier, un sandwich à la main ?

Le mardi suivant, il se rendit plein d’appréhension vers la petite place où son coup de foudre avait fait terrasse. Le fait qu’elle ne soit pas là lui fit l’effet d’un coup de poignard. Sa mauvaise humeur se reporta sur ses collaborateurs qui ne l’avaient jamais vu dans cet état, et certains d’entre eux commencèrent à se demander quel drôle de directeur ont leur avait imposé. Le soir, il fit des efforts considérables pour faire bonne figure devant sa femme, la prévenant d’emblée qu’il avait des ennuis au boulot, mais qu’il ne tarderait pas à prendre une décision propre à le libérer de tous les soucis de sa fonction, ce qui fit bien sourire madame.

Il évita alors de prendre des engagements le midi, et se rendit sur la petite place une nouvelle fois, puis une autre fois, puis une nouvelle fois encore, au prix d’un rendez-vous d’affaire annulé, (en dépit ses propres résolutions), toujours sans succès… Et ce jour-là, elle n’y était toujours pas. Il se dit que ce serait la dernière, mais il revint quand même le lendemain, et quand il aperçut sa silhouette, son cœur s’accéléra. N’osant pas l’aborder de peur de se prendre un râteau, il décida de la suivre, ainsi il saurait où elle travaille et la rencontrer serait éventuellement plus facile. Manifestement, elle venait de s’attabler et ne semblait pas pressée, il s’installa à son tour à la terrasse d’un autre café un peu plus loin mais d’où il pouvait l’observer. Une heure plus tard, elle se levait, il lui emboîta le pas. Elle tourna à droite, puis à gauche, rue des Saulniers, arrivée au 55, elle pénétra dans un immeuble, disparaissant à ses yeux. Il lui suffisait à présent de savoir chez qui elle travaillait et quels étaient ses horaires. Plusieurs plaques étaient apposées près de l’entrée : des médecins, un conseiller juridique, une professeur de piano… Il n’y avait que l’embarras du choix ! Le digicode ne semblait pas branché la journée, il entra, fit tout l’escalier, certaines portes ne portaient aucune indication, une autre que les initiales « MC ». Il n’était guère avancé. Pris d’une impulsion subite, il se décida à sonner au premier étage chez la prof de piano. Une bourgeoise septuagénaire en robe noire à petits pois jaunes finit par lui ouvrir, le dévisageant comme s’il s’agissait d’un martien. Il sortit sa carte professionnelle, sans toutefois laisser à son interlocutrice le temps d’en lire tous les détails :

- Bonjour, je suis enquêteur pour le compte du Crédit du Sud, j’aimerais savoir si c’est bien chez vous que travaille une personne…
- Personne ne travaille chez moi, sauf ma femme de ménage, qu’est-ce que vous lui voulez ? Répondit la bourgeoise.
- Ce n’est peut-être pas elle, elle s’appelle Grimber. Inventa-t-il.
- Grimber, ce n’est pas chez moi. Ça ne me dit rien, mais je ne connais pas tout le monde, comment est-elle ?

Parfait, ça se passait exactement comme Bertrand le souhaitait.

- Taille moyenne, entre trente et quarante, blonde, mais probablement pas naturelle, cheveux mi- longs, raides, visage d’ange, le teint légèrement mate…
- Ce pourrait être la poule du troisième, je ne me souviens pas de son nom, mais elle ne s’appelle pas Grimber.
- On nous a peut-être donné une fausse identité, elle travaillerait chez qui alors ?
- Chez qui ? Chez personne, enfin, si chez elle. Elle est propriétaire, mais elle ne s’appelle pas Grimber, répéta-t-elle, elle est déclarée comme voyante ! Drôle de voyante, le jour où je lui ai demandé une consultation, elle m’a répondu qu’elle ne recevait que des hommes ! Remarquez c’est vrai, il y a pas mal d’hommes qui montent chez elle, il n’y en a même qui reviennent toutes les semaines ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des bonhommes qui viennent consulter une voyante toutes les semaines ?
- OK, ça confirme ce que nous pensions, répondit Bertrand afin de couper court, je vous remercie.
- Et vous pensiez quoi ?
- Et bien la même chose que vous, au revoir madame, reprit Bertrand en commençant à descendre les escaliers.

Il fut persuadé que la mégère le guettait, aussi malgré son envie de se rendre au troisième étage, il sortit de l’immeuble, et disparut par la première rue à gauche. Là, il attendit dix minutes, revint sur ses pas, constata avec dépit que l’ascenseur ne fonctionnait pas, remonta l’escalier de l’immeuble jusqu’au troisième étage : à droite un médecin, à gauche les initiales MC qu’il avait déjà remarqué tout à l’heure. Il en savait assez pour l’instant et rentra à l’agence.

Bertrand était perplexe, d’après cette dame, professeur de piano, MC était donc une prostituée. La première chose était déjà de savoir si c’était vrai ! Mais comment faire ? Si cela s’avérait exact, cela lui ouvrait des perspectives, puisqu’il pourrait, non seulement la voir, mais la toucher, et mieux encore ! Il ne se voyait cependant pas frapper à sa porte sans certitude, risquant de réduire à néant ses chances ultérieures. Il avait beau tourner et retourner le problème, le plan qui lui permettrait de vraiment savoir ne lui venait pas à l’esprit.

Incident

Bertrand fut assez occupé les jours suivants et n’eut pas le temps de se consacrer à tenter de découvrir qui était cette mystérieuse M. C. Et puis l’incident survint de façon complètement inattendu :

Ce jour-là. Bertrand descend de son bureau du premier étage afin d’obtenir un renseignement auprès d’un collaborateur avec lequel il aime bien échanger deux ou trois mots… Il passe devant la porte de Morel, l’un de ses adjoints directs, qui s’ouvre à ce moment-là, laissant sortir l’adjoint bien sûr… Mais il n’est pas seul, il est accompagné… de la prof de piano… Bertrand paniqué veut alors faire semblant de ne pas voir ce petit monde… Peine perdue, cet abruti de Morel l’interpelle de façon indirecte :

- Ah, madame Pinson, je ne vous ai pas présenté notre nouveau directeur.

Et voilà Bertrand coincé, obligé de serrer la main de bonne femme en espérant qu’elle ait l’intelligence de se taire. Mais, catastrophe, la voilà qui cause :

- Mais on se connaît, vous avez sonné chez moi l’autre jour, vous faisiez une enquête…
- Je crains que vous confondiez, chère madame, je ne fais pas d’enquête ! La coupa Bertrand.

Et là encore une personne pas trop bête aurait stoppé là, mais pas elle :

- Mais si, souvenez-vous vous vouliez vous renseigner au sujet de la personne qui… qui comment dire… qui vit de ses charmes.

Morel fait une drôle de tête, quand à Bertrand, il ne sait plus où se mettre.

- Bon écoutez, je ne mets pas en cause votre bonne foi, mais les sosies ça existe, parlons d’autre…
- Un sosie avec la même voix, et une carte de la même banque ! Coupa la mégère en s’énervant. J’ignore ce que vous avez à cacher, mais, je vous en prie, ne me faites pas passer pour une imbécile.
- Allons, allons, Madame Pinson c’est très probablement un malentendu ! Intervint Morel.
- Puisque vous le dites… Allez au revoir messieurs… Si je transfère mes comptes ailleurs, vous saurez pourquoi…

Et elle se dirigea vers la sortie, rattrapée par l’adjoint, ils échangèrent quelques mots inaudibles.

- Elle est un peu dérangée ! Confia Morel une fois revenu vers Bertrand, sans manifestement en croire un mot.
- C’est un gros compte ?
- Très gros, plus un portefeuille de valeurs assez imposant. J’espère qu’elle ne va pas nous quitter.
- Je vais me rendre chez elle quand j’aurais un moment, elle finira bien par admettre qu’elle fait une confusion.
- Si vous le permettez, je vais d’abord essayer d’arranger les choses, je la connais bien, je sais comment elle fonctionne.

Bertrand soupira, de toute façon, à aucun moment il n’avait eu l’intention de mettre cette proposition farfelue à exécution.

Morel était furieux, il ne se faisait aucune illusion, sauf miracle la mère Pinson clôturerait son compte, elle était arrivée à l’agence, assez énervée, reprochant à l’établissement une erreur mineure sur l’un de ses comptes. Il avait tant bien que mal réussit à la calmer après avoir blablaté un heure trente avec elle, il avait même trouvé le moyen de lui placer un produit financier, et voilà… À cause d’un directeur qui ne savait pas se tenir… Il fut un moment tenté d’envoyer un message à la direction générale, mais il savait l’exercice assez vain, et puis il y avait tellement plus efficace…

Morel n’attendit pas longtemps, le lendemain, il déjeunait avec d’autres cadres et quelques secrétaires dans un petit établissement du coin. Stratégiquement placé au centre de la table il attendit le moment propice pour lâcher la petite phrase assassine :

- Il commence à me les gonfler, le nouveau directeur, ma parole, ils nous ont envoyé un guignol !

Evidemment tout le monde veut en savoir plus :

- Qu’il se pointe en retard aux réunions, ça arrive, qu’il vexe le plus gros client de l’agence en refusant de bouffer avec lui, c’est déjà plus grave, mais hier, il a dépassé les bornes…

Il s’interrompt, gère son effet et c’est sept paires d’oreilles attentives qui attendent la suite :

- J’ai une cliente trois étoiles, qui habite le même immeuble qu’une pute…

Et il raconte l’histoire à sa façon… Du coup, la rumeur se propagea et il ne fallut pas une semaine pour qu’elle atteigne la direction générale des agences.

Cartier fait partie des jeunes loups de la banque, il n’a pas encore quarante ans et est déjà directeur général des agences. Il a convoqué Simon son adjoint qui, lui sera en retraite dans un an.

- Dites voir Simon, c’est bien vous qui avez insisté pour qu’on nomme Bertrand Boulanger directeur de l’agence Paris 9.
- Oui…
- J’étais réticent, vous vous souvenez, c’est un cavaleur, et il a eu un problème en province suite à une histoire de cul…
- Personne n’est parfait, le reste de son dossier le présente comme d’une compétence hors du commun… Mais pourquoi revenir là-dessus ?
- Parce que vous n’êtes pas au courant ?
- Je ne vois pas, non ! Avoua Simon
- Et bien figurez-vous que Boulanger, un jour qu’il devait être en plein rut est parti se soulager chez une pute en plein après-midi. Manque de pot il croise dans l’escalier une grosse cliente de l’agence qui le connaît de vue. Outrée, elle va voir son conseiller, fait un scandale et solde la moitié de son compte !
- C’est vérifiable au moins ?
- Non seulement c’est vérifiable, mais c’est vérifié, j’ai eu Morel, le conseiller au téléphone, il m’a en gros confirmé tout ça. Répondit Cartier d’un ton cassant.
- Embêtant en effet, très embêtant…
- La cliente en question a une certaine influence dans le quartier, l’image de marque de la banque peut en souffrir si on n’agit pas. Vous allez convoquer Boulanger et le virer. Faites-moi trois propositions de remplaçant, j’en choisirais un.
- Monsieur Cartier, si je peux me permettre, nous n’avons dans cette affaire qu’un seul témoignage, celui de Morel et nous ignorons qui a colporté la rumeur. Rien ne prouve que Morel ne soit pas en train de charger son directeur pour se couvrir d’on ne sait quoi, y compris en ayant la cliente comme complice ?

Cartier fut contrarié de ne pas avoir pensé à ça.

- Boulanger aurait découvert des choses sur Morel et donc ce dernier le chargerait, c’est votre hypothèse ?
- C’est UNE hypothèse.
- Mwais, et bien convoquez tout de même Boulanger, s’il a quelque chose à dire sur Morel, il nous le dira.
- Peut-être pas, leur différend est peut-être inavouable.
- Même si vous le menacez de licenciement ?
- Allez savoir !
- On va donc faire autrement, demandez donc à l’inspection des services d’envoyer Roger dans cette agence sous un prétexte quelconque, en quarante-huit heures, il nous aura démêlé ça…

Bertrand n’allait pas bien, l’incident en présence de Morel lui laissait un goût amer. Le courant ne passait plus très bien avec ses collaborateurs. Mais pour lui il avait plus grave : La mère Pinson avait viré la moitié de ses comptes chez un concurrent. Que la moitié, elle était donc toujours cliente et représentait pour lui un obstacle et une menace. Tout plan consistant à se rendre au 55 de la rue des Saulniers butait sur le risque de rencontrer inopinément la prof de piano. Et toute rencontre avec elle en ces lieux ne pouvait qu’avoir des conséquences catastrophiques.

Monsieur Roger

Jean-Luc Roger ! Se présenta l’inspecteur des services.

Roger était un quinquagénaire trapu et peu gâté par dame nature, fine moustache et cheveux en brosses, son front était enlaidi de deux grosses verrues disgracieuses, une troisième ornait sa narine droite. C’était sa deuxième carrière après des années passées à la police judiciaire où il avait parait-il brillé ! Il jouissait à l’intérieur de la banque d’une réputation de redoutable efficacité, mais aussi d’intransigeance absolue. Il avait réalisé quelques coups fameux notamment en conseillant à la banque de se débarrasser d’un très gros client en cheville avec un gestionnaire de compte, qui une fois passé à la concurrence créa à cette dernière les pires ennuis.

- Bertrand Boulanger, se présente-t-il, Mais nous nous sommes déjà rencontrés, c’était lors d’un séminaire à Tours, ça doit faire deux ans…
- Mais bien sûr, que je me souviens, mentit effrontément Roger. Vous avez reçu mon mail ?
- Oui, et je l’ai détruit comme demandé et j’ai annoncé votre arrivée sans préciser l’objet de votre mission, mais c’est assez étonnant cette affaire, non ?
- On a la preuve que la Société R… participe à une vaste opération de blanchiment d’argent. Ils ont forcément des complicités parmi le personnel. Je ne trouverais probablement rien ici, mais je dois interroger tous ceux qui sont susceptibles d’avoir accès aux comptes de cette boite. De fil en aiguille on finit toujours par trouver.
- OK, vous pourrez utiliser le petit bureau de passage, vous y trouverez tout ce qu’il faut, le téléphone, le fax, la prise Internet…

Roger pratiquait ses entretiens avec une technique éprouvée, noyant le sujet parmi dix autres, usant et abusant de l’aparté, à la fin il demandait expressément aux personnes de ne rien répéter sans toutefois se faire trop d’illusions. Mais l’inspecteur connaissait son métier.

Seul Morel n’était pas dupe des raisons de la présence de Roger et ce dernier le savait pertinemment. Aussi joua-t-il avec ce dernier la carte de la fausse complicité… Morel raconta donc l’incident tel qu’il l’avait vécu, mais mentit en affirmant n’avoir rien déformé, ni extrapolé quand il l’avait raconté à ses collègues et se laissa aller à déverser toute sa haine envers son nouveau directeur.

Après une première journée d’enquête, Roger était dubitatif : Bertrand était peu apprécié, et faisait même l’objet de moqueries, on rapportait un certain nombre de ses bourdes, réelles ou imaginaires… Mais qui n’en fait pas ? L’affaire Pinson lui paraissait moins simple : Il n’existait aucun témoin direct des faits parmi le personnel et tous les témoignages menaient à Morel, qui manifestement avait raconté le prétendu l’incident à qui voulait l’entendre dans une version à charge. Morel qui avait une dent contre Boulanger, l’avait-il chargé pour trouver un bouc émissaire à la fermeture de la moitié des comptes de sa cliente ? Ou pire la cliente pouvait-elle être complice d’une opération qu’il ne saisissait pas bien encore ? L’affaire semblait plus compliquée qu’au départ.

Il lui restait deux personnes à interroger : Bertrand lui-même, et éventuellement la cliente si nécessaire, aussi récupéra-t-il son adresse dans le fichier informatique.

Avec Bertrand, il commencerait par noyer le poisson en lui parlant de la société R… Puis au moment où il s’y attendrait le moins, il lui indiquerait le véritable objet de sa mission. Cette tactique marchait souvent mais pas toujours. Le but étant de savoir si le différend avec Morel était ou non, antérieur à l’incident.

Bertrand venait d’avoir une idée lumineuse. Il n’était pas question qu’il retourne au 55 rue des Saulniers sans savoir où il mettait les pieds, il se remémora alors les étranges paroles de Roger quand il l’avait rencontré en marge de ce fameux séminaire à Tours, l’homme était beaucoup plus avenant que ne le laissait préjuger son physique ingrat, il était une véritable source d’anecdotes et l’écouter était un plaisir :

- Ce qu’on me fait faire aujourd’hui n’est pas toujours passionnant, avait-il alors confié. Pour quelques super coups, combien d’enquêtes routinières, sans intérêts, peu motivantes… Heureusement, je fais des petites enquêtes privées…
- Ah, oui ?
- Ben, oui… ça m’aide à garder la main et ça me passionne… Tenez si un jour vous avez une petite enquête personnelle à effectuer, vous pouvez toujours me contacter, je suis bien plus rapide et plus efficace qu’un détective privé, et beaucoup moins cher !

Et Roger qui justement venait de téléphoner pour savoir s’il pouvait venir ! Et bien il tombait très bien, le Roger, il ne pouvait même pas mieux tomber !

Il entra :

- Ah, monsieur Roger, figurez-vous que je pensais à vous !
- Ah oui ?
- Je me remémorais ce que vous m’aviez proposé quand nous nous sommes rencontrés lors de ce séminaire…

Roger eut un petit sourire amusé. Lui aussi se remémorait son entretien d’embauche :

- On vous confie, une tâche difficile, ingrate, les fraudes et escroqueries auxquelles vous aurez à faire face seront toujours initiés par des agents bien notés, de bon niveau qui tout simplement ont découvert une faille dans nos systèmes et qui sautent à pieds joints dedans… On n’est jamais sûr de nos collaborateurs, même des meilleurs, il faut que cette évidence ne vous échappe jamais ! Votre prédécesseur avait une marotte qu’il proposait à qui voulait l’entendre : il racontait à un tas de gens qu’il effectuait des enquêtes privées pour pas bien cher ! Vous ne pouvez vous imaginez le nombre de personnes qui se sont fait piéger avec ça !

Effectivement, parfois, ça marchait, ainsi ce directeur d’agence, demandant que l’on enquête sur l’un de ses collaborateurs afin de trouver un travers dans sa vie, pour pouvoir le contrer dans une prétendue affaire de rivalité amoureuse… Roger avait réussi à comprendre qu’en fait, il voulait trouver un moyen de se débarrasser d’un agent qu’il savait l’avoir « vu » détourner des fonds. Il y avait eu d’autres affaires dans le même genre, mais la plupart du temps, il s’agissait d’histoires de cul sans intérêt…

Il fut à deux doigts de répondre qu’il ne faisait plus ce genre de choses, mais sa curiosité naturelle, à moins que ce soit une déformation professionnelle, l’emporta, il écouta donc son interlocuteur !

- Une nana que j’ai rencontrée, pour qui j’ai eu une sorte de coup de foudre. Je voudrais savoir ce qu’elle fabrique, quel métier elle exerce !
- Vous avez quoi comme renseignements ? Demanda Roger peu passionné.
- Je l’ai suivie, j’ai l’adresse précise de l’immeuble où elle travaille, l’étage, la porte.
- Dites, répondit mollement .Roger, je vais voir ce que je peux faire.

C’est quand Bertrand lui confia les coordonnées que le déclic se produisit : l’adresse était la même que celle de la mère Pinson : Cet abruti de directeur se jetait dans la gueule du loup !

Du coup Roger changea de tactique, il accepta bien sûr l’enquête privée, et prit un ton badin pour l’informer que sa mission était terminée et que personne n’était complice de blanchiment parmi son personnel…

Pour Roger, obtenir le renseignement demandé par Bertrand fut un jeu d’enfant, certes, il lui aurait sans doute suffit d’aller sur place, mais pourquoi se fatiguer quand grâce à son passé de flic, on a des entrées et des contacts un peu partout. Et puis de deux procédures, la règle n’était-elle pas de préférer toujours la plus discrète ! Un coup de fil au syndic de l’immeuble lui donna l’identité réelle de la personne ainsi que son adresse personnelle. Le trésor public lui indiqua son indice professionnel (ce fameux indice qui regroupe les voyantes, les prostituées et les étalagistes…) Il réussit aussi à obtenir son numéro de portable… A l’aide de ce dernier, il fit un balayage sur les sites d’annonces, sans résultats, alors il passa un coup de fil à ce fameux journal très particulier et très parisien… Cinq minutes après, il se faisait faxer le texte de l’annonce :

« Maîtresse Chanette, Belle domina qui saura deviner tes fantasmes les plus secrets et te les faire réaliser. »

L’enquête était finie, ça c’était du boulot, il suffisait à présent de savoir lui présenter les résultats et de l’attirer là-bas. Le fait que ce soit une dominatrice et non une escort « classique » l’embêtait un peu, mais il se rassura en se disant que quand on était vénal tout pouvait se négocier… Et puis Bertrand paraissait tellement accro… Il réfléchit et décida d’attendre le retour du week-end.

Lundi

- Ah, j’ai préféré passer vous voir avant de me rendre au siège, vu le contexte je préfère vous faire un rapport oral. Annonça Roger, tout sourire.
- Dites-moi !
- Je ne me suis pas cassé la tête, je me suis rendu sur place, c’est une pute qui travaille en studio…
- D’accord… Essaya de le couper Bertrand.
- Un vrai canon, poursuivit-il ! Du coup, une fois n’est pas coutume, je me suis laisser tenter, elle est vraiment très gentille et très efficace, je vous la recommande !

Bertrand fut à la fois surpris et rassuré par la complicité affichée de Monsieur Roger, lequel ajouta :

- Ah, juste deux choses, après, il faut que j’y aille, elle s’annonce comme domina, mais bon, on peut négocier, c’est en tout cas ce que j’ai fait…
- Domina ? Repris Bertrand, jouant les naïfs !
- Oui, vous savez les grandes bottes noires, les chaînes, les fouets… Y’en a qui aiment ça…
- Je vois…
- Elle part en vacances la semaine prochaine pour un mois, dépêchez-vous d’en profiter… Tenez, je vous ai photocopié l’annonce, il y a son numéro de portable, il vaut mieux prendre rendez-vous !
- OK, merci pour tout, je vous ai préparé une petite enveloppe…

Et voilà, dans les romans policiers d’il y a 50 ans, on aurait mis un type en faction en bas de l’immeuble afin de photographier Bertrand à son entrée et à sa sortie. Aujourd’hui une micro-caméra planquée dans une rainure de la boiserie du palier et reliée à un enregistreur installé dans un véhicule en stationnement ferait parfaitement l’affaire !

On ne vous a pas encore tout dit sur Monsieur Roger. C’est un homme méchant, mais en plus il se croit philosophe. Contrairement à Jean-Jacques Rousseau qui croyait l’homme naturellement bon, lui, le croit naturellement mauvais. Tous sans exception, il pense donc qu’il est du rôle de la société de légiférer afin d’encadrer la méchanceté ambiante : pour lui la société n’est pas assez policée, trop de choses ne sont pas interdites, et par exemple la prostitution, il voue un haine viscérale envers les prostituées et leurs clients. C’est dire si Bertrand est mal tombé ! Il sait que lui, Roger n’est pas meilleur que les autres, il se sait méchant mais s’exauce en se disant que sa méchanceté s’exerce contre les parasites de la société, il fait donc, selon lui « œuvre de purification ». S’il avait fallu que Monsieur Roger s’identifie à un animal, sans doute celui-ci aurait été un tigre, capable de s’acharner pendant des heures sur une victime sans recours, la faisant souffrir avec un sadisme gratuit avant son inéluctable anéantissement. Oh oui, décidément, Bertrand était très mal tombé ! Il ne se contenterait pas du renvoi de sa victime, il la harcèlerait avant de l’écraser comme un cafard, quand à la Chanette, elle l’accompagnerait dans sa descente aux enfers !

Mardi

Bertrand s’est acheté des lunettes noires et un chapeau. Fébrile il entre au 55 de la rue des Saulniers, l’ascenseur ne semble toujours pas réparé, il dissimule son visage en passant sur le palier du premier étage, mais les notes du piano le rassurent, la mégère est occupée… Plus que quelques marches et son rêve se réalisera.

Mon client précèdent vient de partir, on sonne, j’ouvre :

- Bonjour, je suis Bertrand, j’ai rendez-vous ! Me dit l’homme.

Pas du tout mon genre mais belle prestance, et il me semble avoir déjà vu ce bonhomme quelque part. Je le fais entrer.

- T’es déjà venu, je crois ? Demandais-je.
- Non, c’est la première fois !

Ou aurais-je donc vu ce zigoto ? Je le fais entrer dans la salle d’attente, le temps de ranger un petit peu les accessoires de la séance précédente.

- C’est pour une heure, c’est ça ?
- Oui, mais est-ce qu’on ne pourrait pas faire du « classique » ? Répondit-il.

Oh, que je n’aime pas ça ! Il y a des mecs à qui je précise de façon très claire que chez moi, c’est de la domination et rien d’autre, ben non, ils prennent rendez-vous quand même… et il y en a qui se pointe ! Et je suis obligée de les virer, et avec diplomatie par-dessus le marché, pour ne pas qu’ils fassent du scandale dans l’escalier !

- Je suis désolée, j’ai du mal m’exprimer au téléphone, je ne fais que de la domination.
- Si c’est une question d’argent…
- Ce n’est pas une question d’argent !

Ceux qui ont lu mes autres aventures savent qu’en fait je ne suis pas si rigoriste que ça, mais d’une part les nouveaux venus n’ont pas besoin de le savoir et d’autre part, j’ai plein d’excellentes raisons de vouloir rester dans ma « spécialité ».

Le mec tire une tronche ! Mais une tronche !

- Heu, et de la domination très soft, vous faites ?
- Mais bien sûr ! On fait ça alors ? Une domination « spécial débutant » ?
- On va essayer ! Dit-il en retrouvant le sourire.
- Aie confiance, je vais te mettre à l’aise… Tu te déshabilles entièrement, chaussettes comprises, tu peux mettre tes affaires dans le petit vestiaire du coin.

Je lui épargne les formalités, pas de petit questionnaire pour m’aider à démarrer, je ne lui parle pas de « mot de sécurité ». S’il ne connaît rien de l’univers du SM autant éviter de le dérouter et y aller au feeling.

Je l’ai fait sortir de la salle d’attente, il est là devant moi, l’air un peu con, avec sa bite en semi érection, ce qui est plutôt rare à ce stade… il doit fantasmer à mort sur quelque chose, à moi de découvrir sur quoi s’il ne me le dit pas. C’est un beau sportif, musclé mais sans gonflette, je le verrais bien dans une exhibition de chippendale. C’est tout à fait le genre de mec qui plairait à ma copine Anna-Gaëlle, mais moi, je n’aime pas ce genre là. Attention j’ai dit que je n’aimais pas, mais je n’ai aucune aversion non plus…

- Alors mon biquet, on est prêt à se faire faire des petites misères ?
- Oui, mais…
- On dit oui « Maîtresse » quand on est un bon esclave.
- Oui Maîtresse, qu’est-ce que vous me proposez ?

Il a une façon de me regarder, le mec, c’en est gênant, ses yeux sont scotchés sur mon visage.

- On dirait que je te plais !
- Vous êtes magnifique ! On croirait une apparition.

Et le pire c’est qu’il a l’air sincère, et en plus il bande de plus en plus. On dirait qu’il kiffe sur mon visage. Pas bien grave, et tant mieux pour lui.

- Tu en as de jolis petits tétons ! Dis-je histoire d’attaquer.

Pas de réponses mais quand je les lui serre de toutes mes forces, il se met à soupirer d’extase alors que sa queue est désormais raide comme la justice. C’est ma copine Clara qui disait que les mecs aux tétons développés sont des pervers polymorphes… « Ils n’y sont pour rien, c’est une question de glandes » ajoutait-elle.

- T’aimes ça qu’on te torde tes nichons ? Hein, salope ?
- Oui maî… maîtresse… bafouille-t-il

Puisqu’il aime ça, je continue un peu, le bonhomme est aux anges… Je décide de passer à autre chose et muni de deux lacets j’entreprends de lui ficeler les couilles. Il n’a pas l’air de connaître le truc mais se laisse faire sans rien dire.

- Tourne-toi ! Je vais te rougir le cul.
- Pas trop fort, s’il vous plait, précise-t-il.
- Dis donc, petite salope, tu ne vas pas m’apprendre mon métier… tu sais ce que ça mérite ce genre d’observation ?
- Excusez-moi je n’ai pas l’habitude !
- A genoux !
- Tu sais que tu es une petite salope ?
- Oui maîtresse !
- Alors je veux te l’entendre dire.
- Je suis une petite salope, maîtresse !

Je le gifle, pas trop fort, mais manifestement il n’apprécie pas trop… pas grave on va arranger ça…

- Fais pas ta jeune fille, je ne t’ai pas fait mal !
- Ne me giflez plus, s’il vous plait !
- Je fais ce que je veux ! Ouvre la bouche !

Il ouvre un large bec.

- Tu sais ce que je vais te faire ?

Il n’est pas idiot, mais il ne répond pas. Il aurait protesté je ne l’aurais pas fait, mais là, je lui crache dans la bouche trois fois de suite, il ne bronche pas.

- La prochaine fois que je te ferais ouvrir la bouche comme ça, ce sera peut-être pour avaler ma pisse.
- Ah ! Vous faites ça aussi ? Répond-il.
- Je fais plein de choses !
- Ce serait avec plaisir !
- Et ben, dis donc, je ne sais pas si tu es néophyte en matière de soumission, mais tu m’as l’air d’être une belle usine à fantasmes ! Bon alors, maintenant tourne toi, salope !
- Hum jolies fesses, t’as vraiment un petit cul de pédé ! On t’a déjà dit que tu avais un cul de pédé ?

Il ignore bien sûr que je sers pratiquement ce genre de phrases à tous les nouveaux venus. Non pas à tous, à presque tous, je ne peux quand même pas dire des choses pareilles à ceux qui ont des fesses de gorille…

- Heuh, non….

Je lui palpe le cul, lui donne une tape un peu forte sur la fesse gauche, une autre sur la fesse droite, je lui écarte les globes, approche un doigt de son anus mais ne vais pas plus loin pour le moment.

- C’est bien vrai, ça ? Tu ne t’es jamais fait enculer ?
- Non, non…
- Tu ne t’es jamais introduit des trucs dans le cul
- Heu… Juste un petit gode !
- Ah ! Je savais bien !

Je suis allé chercher un martinet et je lui en flanque quelques coups sur le cul pour tester ses réactions. Il encaisse bien, on va pouvoir aller plus loin.

- On va continuer dans le donjon, mais il faut que je te prévienne, j’ai déjà un esclave qui y est attaché, tu veux peut-être que je te passe un masque ?
- Oui.

L’autre solution c’est d’enfermer le premier dans un placard pendant que je continue à dominer celui-ci, il faut parfois que j’adopte cette solution mais je préfère la première… J’applique donc un masque en latex sur le visage de Bertrand, je lui passe un collier de chien autour du cou muni d’une laisse et je l’emmène comme un toutou dans la pièce d’à côté… mon donjon !

L’autre soumis, masqué aussi, est attaché, nu à une croix de Saint-André, les marques de flagellations sont bien évidentes sur sa poitrine, son ventre et ses cuisses. Je traîne Bertrand devant lui.

- Renifle-lui le sexe… comme un bon chien !

Avec pourtant plusieurs années de pratique derrière moi, cette situation a toujours le don de m’amuser… Il n’a pas l’air de comprendre, je lui fous un coup de martinet sur les fesses, un bon coup.

- Allez renifle !

Il le fait. Dans sa tête il doit se demander quelle suite je lui mijote… Mais justement de suite, il n’y en aura pas, du moins pas dans cette séance. Comme disait ma copine Clara qui m’a appris le métier « Ne jamais tout faire la première fois sinon ils seront déçus la deuxième et ne reviendrons pas une troisième ».

- T’aimerais bien le sucer ? Hein, dis-moi ?
- C’est comme vous voulez, maîtresse…
- Et tu crois peut-être que je vais t’accorder ce genre de privauté, pour une première séance chez moi ?
- Faites comme vous voulez, maîtresse !
- Par contre, on pourrait envisager le contraire ?
- Heu…
- Silence !

J’accroche les poignets de Bertrand à deux bracelets de cuir qui descendent du plafond. Je préfère immobiliser mes soumis de cette façon qui permet, contrairement à la croix de St André de pouvoir s’occuper de devant et du derrière. Je vais chercher des pinces et lui en accroche une sur son téton droit.

- Aïe !
- Supporte ! Voilà, c’est bon maintenant !
- Oui, maîtresse.

Je lui passe l’autre, j’attends un peu, et je m’amuse avec, renforçant la douleur des pinces avec mes doigts, les enlevant pour ensuite les remettre. Ça a l’air d’être efficace, il se pâme et bande comme un âne. J’ajoute des poids à chaque pince, continue à jouer en les prenant dans mes mains et en les relâchant brusquement. Comme il me paraît bien réceptif de ce côté-là, je vais lui faire un truc que j’aime bien. Je retire les pinces, mais les replace aussitôt en prenant la précaution de les fixer de façon instable. Je me saisis d’une cravache légère et m’approche de ma victime. Il ne comprend pas, normal, il ne peut pas comprendre. J’ajuste mon coup, parfois je le rate mais c’est rare, je vise le téton… et le rate, Bertrand gueule. Dans ces cas-là surtout ne pas laisser de temps au temps, je recommence, et cette fois la pince prise correctement dans la trajectoire de la cravache se détache brusquement et s’en va atterrir je ne sais où !

- Ça va !
- Oui, maîtresse !

Quand je pense qu’il voulait une séance pour débutant ! Je suis morte de rire, et, je n’ai aucun scrupule à faire subir le même sort à l’autre pince. J’envisage un moment de lui remettre les pinces et de recommencer, mais bon, c’est sans doute la première fois qu’il vient voir une dominatrice, je lui demanderai confirmation tout à l’heure, donc n’exagérons pas et puis, j’ai en tête quelque chose de bien plus pervers.

Je me dirige alors vers le soumis qui est sur la croix, je le détache et le fait mettre en position de chien. Je l’emmène jusqu’entre les cuisses de Bertrand.

- Tu as vu, lui dis-je, toi qui aimes bien sucer les belles bites, tu es gâté, comment tu la trouves celle-ci ?
- Superbe maîtresse.
- Alors suce-là !

Je croise le regard de Bertrand, je n’y vois pas d’objection l Dans le cas contraire, je n’aurais pas insisté… et oui, c’est un métier tout ça ! Le mec suce la bite de Bertrand avec gourmandise… Finalement c’est ça le masochisme, les mecs, on les fouette, on leur fait du mal, on les humilie, on leur fait faire des trucs avec d’autres mecs et finalement c’est ce qu’ils sont venus chercher, ils sont contents comme tout. Après tout pourquoi pas, si je rends les gens heureux, c’est que je sers à quelque chose, c’est que j’ai une fonction sociale… et en plus ils me paient bien.

J’attends cinq minutes, puis j’interromps la fellation, je ne souhaite pas que Bertrand jouisse de cette façon… du moins pas cette fois

- Bon allez, c’est pas Noël, je t’accompagne au coin et tu ne bouges plus. Ordonnais-je au soumis.

Je reviens vers Bertrand :

- Alors il t’a bien sucé ?

Pas de réponse

- Dis donc, esclave, je t’ai posé une question ?
- Oui, maîtresse !

J’ai compris, il n’a rien contre les rapports entre mecs, mais il est plus passif qu’actif, j’en tiendrais compte la prochaine fois. Je le regarde dans les yeux. Je lui décroche mon sourire de combat. Il fond. Tout va bien, j’empoigne sa bite et commence à le masturber :

- Laisse toi aller, il faut que tu jouisses !

Je ne fais pas jouir tous mes soumis, mais Bertrand est un novice, le déni de jouissance, il ne comprendrait pas. Je le branle du mieux que possible avec mes petites mains, tout en le regardant fixement dans les yeux. Deux minutes après mes mains sont pleines de sperme. Je me retiens de lui dire qu’il m’étonnerait que je sois sa première dominatrice, ça ne sert à rien, mais j’aimerais bien savoir quand même, ce sera pour la prochaine fois.

- Voilà, ça t’a plu ? Lui demandais-je en le détachant.
- C’était super !
- C’est vrai
- Oui, je suis sincère !
- Tiens voilà une lingette ! Tu reviendras ?
- Je crois bien, oui… en fait je voudrais vous dire…
- Oui ?
- Non rien ! Bafouille-t-il.

Je n’insiste pas. C’est fou le nombre de mecs qui s’amusent à tomber amoureux de ma personne, surtout, il ne faut pas les suivre dans cette voie… et sans doute ce type qui paraît intelligent a-t-il compris qu’il risquait un râteau à me déclarer prématurément une flamme unilatérale.

- J’espère que tu reviendras me voir, il y a plein de trucs qu’on peut faire ensemble !
- Oui, vous revenez quand de vacances ?
- De vacances ? Quelles vacances ? Je ne pars pas en vacances tout de suite.

Bertrand n’a pas l’air de bien comprendre.

- En fait c’est un collègue qui m’a conseillé de venir vous voir, c’est lui qui m’a dit que vous seriez bientôt en vacances !
- Ben non, il s’est planté ton collègue ! Qui c’est ? Comment il est ?

Bertrand décrit alors Roger avec force détails n’oubliant pas les verrues disgracieuses qu’il a sur le visage.

- C’est bizarre, je ne vois vraiment pas qui ça peut être, pourtant avec une description pareille, je devrais m’en souvenir. C’est peut-être quelqu’un qui te fait marcher… Soit prudent on ne sait jamais… mais bon l’important c’est qu’on puisse se revoir, tu me téléphones bientôt ?
- Promis ! Répond Bertrand, qui était sincère mais n’arrivant pas à comprendre à quel jeu avait joué Roger.

Jeudi : la convocation

Cartier interrogea Simon :

- Alors le dossier Bertrand Boulanger ?
- Roger l’a complètement massacré le mec !
- Roger est un tueur ! Vous proposez quoi ?
- On ne va pas le laisser là, on lui fait une mutation disciplinaire, en province… Ou à l’étranger …
- Et dans cinq ans, il faudra reprendre le dossier, virons-le, il y a plein de jeunes qui attendent des places !
- Ça me parait bien sévère ! Objecta Simon.
- Simon, nous ne sommes pas de la même génération, les temps ont changés, une société n’est pas là pour faire de l’humanisme, mais pour offrir des résultats à ses actionnaires ! Les hommes ne comptent pas, ils sont interchangeables à tous les niveaux, et n’ont pas le droit à la persistance dans l’erreur !
- Incroyable d’entendre des choses pareilles ! Heureusement que je suis pas loin de la retraite. Enfin, allons-y, je m’en occupe, ce sera un licenciement ou une révocation ?
- Ni l’un ni l’autre, vous allez lui faire signer une lettre de démission.
- Je ne vous suis plus…
- Que des avantages, pas d’indemnités, pas de recours, et en plus, il va retrouver du travail !
- Seriez-vous devenu soudain humaniste ?
- Pas du tout, mais ça me plaît bien que la concurrence récupère nos tocards…

Le lundi suivant

Que pouvait donc bien lui vouloir Simon, pour le convoquer de façon si urgente, l’obligeant à annuler dans la précipitation sa réunion d’état-major ? Assise à côté de son interlocuteur, une femme mature, un peu boulotte, surmaquillée, mais pouvant encore plaire :

- Joëlle Schmidt, ma secrétaire !
- Enchanté.
- Monsieur Boulanger, je serais direct, nous ne souhaitons plus vous conserver dans notre effectif.
- Pardon ?
- Vous avez parfaitement entendu !
- Mais que me reproche-t-on ?

Simon soupira :

- Que quelqu’un de votre niveau se livre à des frasques dont le résultat est une perte de relation importante, sans compter le préjudice en matière d’image de marque.

Bertrand devint blême ! Comment l’incident avec la mère Pinson avait-il pu atteindre ce niveau, c’est donc salaud de Morel qui l’avait donc chargé !

- J’hallucine ! Une cliente à moitié fêlée me confond avec quelqu’un d’autre, et vous voulez me virer !
- C’est bien pour ça que j’ai intercédé en votre faveur, vous ne serez donc pas révoqué, mais je vous propose une séparation à l’amiable, voici votre lettre de démission, il ne vous reste qu’à signer !
- Et vous vous imaginez que je vais le faire ?
- Sinon, ce sera la révocation !
- Et bien révoquez moi, vous allez entendre parler de moi !
- Monsieur Boulanger, j’ai cependant le pouvoir de faire quelque chose, j’ai la conviction que dans cette affaire on est parole contre parole et que la vôtre n’a pas vraiment été prise en considération.
- C’est le moins que l’on puisse dire…
- Si vous pouviez me signer cette petite déclaration, et je pourrais transformer cette sanction en simple mutation administrative !
- Ça reste une sanction ! Objecta Bertrand.
- Certaines personnes ont le bras très long, signez donc, vous vous en sortirez bien…

Trop de choses à la fois. Bertrand est au bord de la surcharge mentale, la procédure qu’on lui propose est anormale, il le sait, il soupçonne le piège, mais ne le matérialise pas. S’il ne signe pas, il est foutu, s’il signe il ne sait pas… Faire comme aux échecs, deviner ce que veut faire l’autre, il prend donc le risque de faire comme si Simon était sincère, il le regarde, cherche dans son visage un indice, ne trouve rien, alors, il lit le truc en diagonale :

« Je certifie sur l’honneur ne jamais m’être rendu au 55 de la rue des Saulniers, je n’ai donc pu y rencontrer ni Madame Pinson qui m’affirme m’y avoir croisé, ni aucun autre de ses occupants… »

Quand il signe, son pouls est si fort qu’il entend les cognements de son cœur dans sa poitrine !

- Et Bien voilà, dit Simon, j’espère que vous êtes sincère. Parce qu’à ce stade ce ne serait même plus du mensonge, mais du parjure !

Bertrand est blême, il regarde vers la mère Schmidt qui a l’air de s’amuser de la scène… Le piège va se refermer, mais quel est-il ? Il n’aurait pas dû signer, il le sait désormais.

- Rendez-moi ce papelard !
- Non c’est trop tard, mais ne vous inquiétez pas, on va régler ça en douceur !

Régler quoi ? Simon ouvre son tiroir sort une feuille, la tend à Bertrand, sur le papier sont imprimées deux photos horodatées : la première le montre entrant chez Chanette, la seconde sortant de chez elle, une heure après !

Roger ! L’espèce de salaud de Roger ! Tout s’écroule autour de Bertrand qui a soudain envie de laisser plantés là, Simon et sa secrétaire ripolinée.

- Je ne vous accable pas, l’être humain a ses faiblesses et ce qui vous est arrivé aurait pu m’arriver aussi. Signez votre démission, vous n’aurez aucun mal à retrouver du travail.

Comme un zombie, Bertrand, anéanti, signa !

- Voilà, je détruis ceci, ça ne sert plus à rien.

En le disant, Simon mis au panier la déclaration sur l’honneur, mais sans la déchirer ni la froisser, on n’est jamais trop prudent !

- J’avais préparé la lettre d’acceptation, elle précise que vous êtes dispensé d’effectuer votre mois de préavis. Je vais vous demander maintenant de suivre Joëlle Schmidt qui va s’occuper de régler avec vous certaines formalités administratives. Au revoir Monsieur Boulanger, je vous souhaite bonne chance.

Bertrand ne sera pas la main tendue et sortit du bureau sans un mot, suivant la secrétaire d’un pas de condamné à mort, apercevant à peine un imposant vigile qui s’éloignait d’un pas lent dans le couloir.

Alors la mère Schmidt pris son air important, chaussa ses lunettes, fit un sourire idiot et dégrafa les deux premiers boutons de son chemisier, laissant entrevoir l’échancrure de son soutien-gorge :

- Fais chaud ! Commenta-t-elle comme pour se justifier.

Bertrand ne pensait plus, partagé entre un sentiment d’accablement, et une poussée de haine envers Roger, Morel et la mère Pinson ! Comme il aurait eu envie de les bousiller, de les détruire comme on le fait dans les jeux de massacre de fêtes foraines. Son sang était gonflé d’adrénaline. Et l’autre pétasse qui lui exhibait ses nichons… Il eut soudain envie de la violer, de la faire payer pour les autres…

- Bien, on va régler tout ça, reprit-elle, c’est vraiment moche ce qui vous arrive ! Quelle idée d’aller payer pour coucher quand on est un si bel homme ! Parce que je suis persuadée que toutes les femmes sont prêtes à vous tomber dans les bras, non ?
- Vous aviez des papiers à me faire signer ? Tenta de couper Bertrand.
- Moi, je vous dis franchement, si j’avais 20 ans de moins, je n’hésiterais pas… Remarquez qu’il y en a beaucoup qui trouvent que j’ai encore de beaux restes…

En disant cela, elle dégrafe deux autres boutons, son chemisier est à présent très entrouvert.

- Vous jouez à quoi ?
- Je tente ma chance, au cas où ça vous intéresserait.

Bertrand bandait, la situation burlesque ou le surplus d’adrénaline ? Une furieuse envie de la prendre, là tout de suite sur le bureau.

- Tu veux les voir, mes nichons ? Insiste-t-elle.
- Vous m’avez l’air d’une sacrée salope ! Répond-il.

Elle prend ça pour une approbation et enlève son soutif dégageant deux gros seins laiteux aux tétons turgescents. Bertrand a le feu aux joues (pas qu’aux joues d’ailleurs). La mère Schmidt fait alors pivoter son fauteuil d’un quart de cercle.

- Viens les toucher !

Bertrand ne raisonne plus qu’avec sa bite. A cet appel il accourt, et ne tarde pas à malaxer les deux globes ainsi offerts… Sa bouche emplie de salive veut sa part et le voilà qu’il lèche, qu’il suce, qu’il tête. Elle profite d’une accalmie pour se relever, puis dans l’ordre : elle lui fourre la main sur sa braguette pour le chauffer un peu plus, verrouille la porte, revient vers lui, dégrafe la ceinture de son pantalon, le fait descendre, suivi du caleçon, et sans autre formalité lui engobe la bite. Bertrand est conscient d’être en pleine folie, il a à la fois envie de jouir violement et hâte que ça finisse.

Il sent son plaisir monter. Il a une envie irrésistible de la sauter, là sur le bureau comme une chienne. Il se dégage espérant qu’elle va le suivre dans son délire. Effectivement elle a compris.

- T’as une capote ? demande-t-elle.
- Non !
- Faut que ce soit les femmes qui pensent à tout décidément ! Lance-t-elle en fouillant dans un tiroir.

La jupe est rapidement retirée, elle retire ensuite ses collants, exhibant sa chatte trempée d’excitation.

- Tu aimerais bien me la bouffer, hein ? Mais on n’a pas le temps…

Elle fait le tour, actionne une radio qu’elle fait gueuler, s’installe à genoux dans le fauteuil visiteur, cambre ses fesses de façon obscène, et se barbouille l’entre fesse avec sa mouille

- Alors, il est encore consommable, mon vieux cul ? Allez viens !

Bertrand s’approche.

- Non pas dans la chatte, c’est pas pour toi. Viens dans mon cul ! Viens me foutre ta bonne bite dans mon cul.

Bertrand la ramone

- Allez vas-y, encule moi. Bien, comme ça tu pourras dire qu’en quittant la banque tu t’es envoyé une vielle salope !
- Humpf, Humpf
- Vas-y ! Vas-y !

Il jouit, il lui semble bien que la mère Schmidt a aussi pris son pied, mais il s’en fout. Elle conclut romantiquement en lui tendant un sachet de Kleenex.

Bertrand passa d’un moment à l’autre de l’hyperexcitation à la honte, il réajusta sa tenue, et attendit que secrétaire mature fasse de même, sans aucune allusion à ce qui venait de se passer, elle déclara :

- Bon, il faudrait que vous me disiez à quelle date vous comptez nous restituer la voiture de fonction, le téléphone portable, l’ordinateur portable…

Quel retour à la réalité !

- Pour l’appartement de fonction, vous avez un délai de trois mois… Je vais vous demander d’éviter de retourner à votre bureau, ne vous inquiétez pas pour vos affaires personnelles, on va vous les restituer par porteur…

Bertrand passa le reste de sa journée à errer dans les rues de la capitale, il ne mangea pas, et regretta amèrement de s’être laisser aller à ses instincts « bestiaux ». Il attendit la fin de l’après-midi pour rentrer chez lui et annoncer la nouvelle à son épouse.

- Une connerie ! Un mec qui blanchissait de l’argent dans mon ancienne agence, on m’a reproché de ne pas avoir mis en place les contrôles qui auraient permis de le confondre…
- C’était bien la peine de bosser comme un dingue jusqu’à minuit du soir !
- Ben oui !
- Et tu vas faire quoi ?
- Je vais contacter Michel, depuis le temps qu’il souhaite que je travaille dans sa boite…

Mardi : Roger

Roger jubilait. La nouvelle de la démission de Bertrand le comblait d’aise, même s’il aurait préféré qu’il soit révoqué comme un chien. En fait, comme tous les hyperactifs, il avait ses périodes de crises, et là il était vraiment en pleine crise, il lui fallait prolonger son plaisir en s’acharnant sur sa victime. Bertrand il allait l’écraser, et la maîtresse Chanette aussi.

Il déchanta quelque peu en choisissant de commencer par cette dernière : en effet, elle s’avéra être en règle avec le fisc et ne gênait pas sa copropriété. Il lui faudrait donc faire quelque chose de plus compliqué, mais en attendant, il s’occuperait de Bertrand.

Il commença par envoyer une belle lettre anonyme à Madame Boulanger, celle-ci expliquait les vraies raisons de sa démission, photos à l’appui ! En voilà un superbe motif de divorce dont il se délectait à l’avance.

Jeudi : Dolorès

Dolorès Boulanger ouvrit avec curiosité cette enveloppe marron écrite d’une plume de maniaque, elle lut le début, puis s’isola pour lire la suite !

- Quel con ! S’exclama-t-elle.

Elle ne parlait pas de Bertrand, mais du corbeau. Elle ne comprenait pas tout, mais deux évidences se dégageaient : Quelqu’un en voulait à mort à son mari, et d’autre part son mari avait été voir une prostituée spécialisée dans la domination. Ces deux points méritaient des explications, des discussions, mais rien ne pressait. Si ce connard de corbeau pensait qu’il y avait là matière à rupture avec un mari qui lui apportait une aisance financière si confortable, il se foutait le doigt dans l’œil… jusqu’au cul…

Ce qui la souciait, c’est qu’elle ne pouvait savoir à quel genre de corbeau elle avait affaire, certains de ces cinglés s’arrêtent au premier envoi, se contentant de fantasmer sur les résultats escomptés, mais d’autres s’acharnent.

Vendredi

Roger n’allait pas bien, il se sentait frustré sur cette affaire. Si pour lui, le résultat de sa lettre anonyme que Madame Boulanger avait maintenant reçue ne faisait aucun doute, il enrageait de ne pouvoir en être le spectateur. Sans plan précis, il se dit alors que la chance, la chance qui l’avait si souvent aidé pourrait l’aider encore une fois. Il décida donc de se mettre en planque à la sortie de l’immeuble de Bertrand.

Et là, première déconvenue, puisque s’agissant d’une construction moderne avec parking souterrain, il ne pouvait savoir s’il sortirait par le garage ou par l’entrée principale. Il choisit de se garer à un endroit d’où il pourrait surveiller cette dernière.

« S’ils sortent ensemble, je les file, si Bertrand sort seul et s’il est en tenue de ville, cela pourrait dire qu’il va faire quelque chose d’important, et je le file, sinon je vais voir à quoi ressemble Madame ! »

Vers 10 heures et demi, Bertrand sort, il est en jogging, Roger se débarrasse de sa cravate et de sa veste, sort de son véhicule, piste sa cible quelques instants, puis le voyant prendre le métro, change complètement de plan, s’en va chez le fleuriste du coin, achète quinze roses, demande que l’on y incorpore une petite carte sur laquelle il griffonne quelques mots, puis revient son bouquet à la main vers l’immeuble des Boulanger.

- C’est le fleuriste ! Annonce Roger dans l’Interphone.

Dolorès ouvre par réflexe…. Et quelques instants plus tard, se retrouve avec quinze roses dans les bras

- Mais qui c’est qui m’envoie ça ?
- Il y a une carte à l’intérieur, je crois, indique Roger.

Pour ce dernier, le but est atteint, il souhaitait savoir à quoi ressemblait Dolorès Boulanger, il le sait désormais, laissant Dolorès interloquée, il est vrai que l’image de ce curieux livreur sur le retour, laid comme un pou avec ses verrues, en chemise blanche et pantalon de tergal a quelque chose d’incongru, mais présentement moins que ce bouquet. Nerveusement elle découpe la cellophane, découvrant la carte-lettre.

« En souvenir de notre rencontre. Bernard ! »

Elle a beau chercher, aucun des rares Bernard qu’elle a pu connaître ne peut avoir de raison de lui envoyer des fleurs ! Ce ne peut donc être qu’une erreur du livreur. Sur la carte, il y a l’enseigne de la boutique, et son téléphone. C’est le fleuriste du coin, ça tombe très bien, Dolorès y est bonne cliente.

- Allô, bonjour, c’est Madame Boulanger, dites voir, votre livreur s’est planté, il m’a livré un bouquet qui n’est pas pour moi ! S’il pouvait venir le récupérer avant que je parte en courses !
- Hein, vous voulez parler de la couronne ?
- Non ce sont des roses !
- Attendez, notre livreur n’a pas livré de roses.
- Ben, si, il y a même la carte du magasin à l’intérieur
- Qu’est-ce que c’est cette histoire ? Attendez un instant je me renseigne.

Puis quelques secondes plus tard,

- Y’a bien un client qui nous a acheté quinze roses tout à l’heure mais il n’a pas demandé de livraison !
- Ça vous embête de me passer votre vendeuse ?
- Non pas du tout !
- Oui, bonjour mademoiselle, vous rappelez-vous à quoi ressemblait le type qui vous a acheté 15 roses tout à l’heure ? Je veux dire, vous pourriez le décrire ?
- Euh !

La vendeuse hésita… Dire tout de go à son interlocutrice qu’il était laid comme un pou risquait peut-être de la vexer, il s’agissait peut-être d’un parent à elle.

- J’ai pas trop fait attention…
- Ecoutez, je suis sans doute victime d’une très mauvaise farce, si vous pouviez faire un effort.
- Une personne pas trop grande, pas très jeune, rien de spécial, il m’a juste demandé une carte pour écrire un petit mot…

Ainsi, le faux livreur était aussi l’acheteur ! Dolorès se perdait en conjectures. L’acte considéré en lui-même n’avait aucun sens, il en prendrait sans doute un, une fois intégré à ensemble plus vaste. Voilà qui devenait angoissant ! Elle examina une nouvelle fois la petite carte. Bernard, Bernard ? Qui pouvait être ce Bernard ? Pourtant cette écriture lui disait vaguement quelque chose, une écriture de maniaque, une… Tilt ! Elle se précipite vers le petit placard dans lequel elle a rangé la lettre du corbeau, sort l’enveloppe… La comparaison est évidente ! Ainsi, l’autre abruti continuait ses manigances, mais pourquoi ces fleurs ? S’inquiéta Dolorès. Cette fois ça devenait grave et il n’était plus question d’attendre. Elle parlerait de tout ça avec Bertrand à son retour de Vincennes où il était parti courir.

13 heures : Roger qui est resté en faction voit Bertrand rentrer.

Dolorès attend son mari de pied ferme, elle a préparé ses mots, elle sait que ça va être dur, car si pour elle des explications deviennent indispensables, elle n’en est pas au point d’engager une dynamique de rupture…

- Bertrand…
- Excuse-moi chérie, j’ai pas le temps de bouffer, il y a eu une panne dans le métro, je vais prendre une douche et me changer, j’ai rendez-vous avec Michel à 14 heures, je vais être à la bourre !

Dolorès fit un effort considérable et réussit à prendre sur elle ! Il était inutile de discuter dans la précipitation, il était inutile de stresser son mari avant un rendez-vous aussi important, mais il ne perdait rien pour attendre.

Quand Bertrand sort de chez lui, costume impeccable et petit cartable contenant les documents qu’on risque de lui demander, Roger décide de le suivre, la filature est facile, l’essentiel du parcours s’effectuant en métro !

Roger voit sa cible entrer à la banque Lavoine… Il patiente…

Pour Bertrand l’entretien n’est qu’une formalité, il en est de même pour son interlocuteur.

- Alors décidé à franchir le pas ?
- Oui, j’en ai marre de cette boite, on ne fait plus confiance à personne, il faut tout justifier en permanence, tout le monde surveille tout le monde, ras le bol de chez ras le bol.
- Ça ne m’étonne pas, mais rassure-toi, en ce qui nous concerne on n’en est pas là ! Tu veux quoi comme salaire ?
- Je gagnais Xxx euros au Crédit du Sud
- Ça me parait raisonnable et tu es libre quand ?
- Je n’ai que ma lettre de démission à remettre, mentit Bertrand, je ne ferais pas le mois de préavis…

Bref, Bertrand était donc quasi embauché, nonobstant quelques formalités administratives… Et Michel poussa la courtoisie jusqu’à accompagner son ami jusqu’à la porte de l’établissement où ils se quittèrent d’une poignée de main des plus chaleureuses.

Roger s’amusa ! Il savait ce qu’il lui restait à faire… Finalement la journée était bonne… Il suivit de nouveau Bertrand alors qu’il reprenait le métro, il comprit alors qu’il se dirigeait vers le studio de Chanette, il laissa tomber, changea de direction et retourna au pied de l’immeuble de Dolorès et de Bertrand afin d’y récupérer son véhicule. Une fois sur place, il décida de rester encore un peu, pour voir…

Deuxième séance

Bertrand m’a téléphoné ce matin, j’avais un trou à 16 heures, je lui ai proposé ce rendez-vous. Il a l’air beaucoup moins stressé que la dernière fois, il paraît même joyeux ! Mais toujours la même façon de me regarder, en me dévorant les yeux !

- Alors mon biquet, on est revenu chercher des petites misères ?

Et en disant cela, je lui pince les tétons à travers sa chemise, il se pâme. Je lui demande de se mettre nu, et lui passe un collier de chien.

- Comme tu aimes bien les petites pinces, on va commencer par ça.

Je fixe les pinces, j’accroche des poids, mais cette fois au lieu de jouer avec, je lui demande de se mettre en position de chien et je le trimbale dans l’appartement, les poids se mettent à faire des mouvements de pendule tirant sur ses tétons au fur et à mesure qu’il avance. Il fait la grimace, mais il bande. Je m’assois dans mon grand fauteuil.

- Tu vas adorer les pieds de ta maîtresse. Commence par me retirer mes bottes.

Il s’y prend comme un pied (c’est le cas de le dire) mais il y arrive. J’ai gainé mes jambes de bas résilles donc pas besoin de les enlever.

- Lèche ! Lèche mes pieds.

Il le fait, mais ça manque de conviction, ça fait rien je le fais poireauter, trois minutes pour le pied droit, la même chose pour le pied gauche.

- Mieux que ça, suce mon gros orteil, suce le comme si c’était une petite bite.

Miracle de la communication, voilà qu’il y met de l’ardeur… Du coup je sais ce que je vais faire tout à l’heure… La domination c’est comme le jazz, des thèmes classiques et beaucoup d’improvisation.

- C’est bien, tu es un bon esclave, relève-toi, mets tes mains sur le rebord de la table et tends bien tes fesses que je puisse m’en occuper… Non pas comme ça, éloigne tes pieds, mieux que ça, voilà…

Quelques claques à la main avant de prendre le martinet. Puis je lui rougis consciemment le cul. A chaque coup, les poids accrochés aux pinces tirent sur la chair de ses tétons. Le pauvre biquet, j’en ai mal pour lui. Mais bon, il bande et il est content, n’est-ce pas le principal ? J’arrête ma flagellation et lui demande de ne pas bouger. Je me protège la main droite avec un gant en latex, lui met une noisette de gel sur l’anus, et je rentre carrément deux doigts.

- T’aimes ça ?
- Oui, maîtresse !
- Ce n’est qu’un début, tu vas avoir autre chose après.

Il ne répond pas, je continue à le doigter pendant quelques minutes, puis je lui demande de nouveau de ne pas bouger pendant que je m’harnache d’un gode-ceinture. J’ai choisi le petit modèle pour cette première fois. Je le fais se retourner pour lui retirer les pinces. Il a les tétons tous rouges et douloureux

- Allez suce ! Suce ma bite, et après je vais te la foutre dans le cul !
- Oui maîtresse ! Approuve-t-il en toute humilité.

Et le voilà en train de me sucer mon gode en latex, il fantasme vraiment sur ce qu’il fait, léchouillant le gland, lapant la verge, se l’introduisant goulûment dans la bouche.

- Hummm, dommage que je n’ai pas un autre soumis dans le donjon, je t’aurais fait faire des trucs avec… Quoique. Attends… (Je fais semblant de vérifier mon agenda). Non le gars qui vient à 17 heures, c’est pas son truc, celui de 18 heures non plus… C’est bête j’en ai eu deux en début d’après-midi, l’un des deux était travesti, ils se sont sucés, ils se sont enculés. Ça t’aurait plu de voir ça… et de participer bien sûr ?
- Pourquoi pas, maîtresse !

Bien sûr pour répondre, il doit arrêter de sucer le gode.

- Dis donc, je ne t’ai pas donné l’autorisation d’arrêter de me lécher la bite
- Pardon maîtresse !
- Pour la peine, je vais te cracher dans la gueule ! Allez ouvre, ou plutôt non, c’est toi qui va me le demander !
- Maîtresse, punissez moi, crachez moi dessus !

Après ces petites fantaisies, je le fais se retourner. Je remets un peu de gel à l’endroit stratégique et j’enfonce le machin. J’y vais doucement, une mauvaise sodo peut parfois provoquer chez certains un rejet définitif de la pratique pour la suite. Mais là il y met du sien, il ouvre son cul, tant et si bien que l’objet finit par y entrer intégralement.

- C’est bon ?
- Oui, maîtresse !
- Ça te plaît de te faire enculer ?
- C’est bon maîtresse !
- Oui, j’avais compris, mais tu ne réponds pas à la question.
- Tout ce que vous me faites, c’est bon, Maîtresse !

Bon, n’insistons pas. Je le lime pendant plusieurs minutes et il se pâme de plaisir. La plupart des mecs (mais pas tous) ne bandent plus quand on les sodomise. Le frottement sur la prostate prend alors le relais du plaisir classique et parfois le type peut avoir une éjaculation sans saccade et sans érection… Mais ce n’est peut-être pas ce qu’est venu chercher ce gentil monsieur. Je me retire donc :

- Et si je te le refaisais lécher maintenant ?

Pas de réponse.

- Tu m’a pourtant dis que tout ce que je te faisais, c’était bon… Et puis c’est assez courant ce genre de choses.

J’ai conscience de le mettre dans l’embarras. Il faut voir les yeux de chien battu qu’il me fait. Mais ça participe aussi à la fidélisation du client, comme je ne vais pas continuer dans cette voie, il intégrera le fait que je ne force pas quelqu’un à faire ce qu’il n’a pas vraiment envie de faire.

- Tu veux jouir comment ?
- On ne peut faire que de la domination ?
- Ben, oui !
- Je pourrais me branler en vous regardant ?
- Ça me paraît une excellente idée !
- Euh si possible…
- Si possible quoi ?
- J’aurais tant aimé voir vos seins.
- Humm, demandé comme ça, je ne peux décemment pas refuser.

Bien joué, le mec est trop content, il n’y croyait pas, je lui montre mes nénés, tandis qu’il s’astique comme un malade.

- Et n’en fous pas partout, sinon je te fais lécher !

Il y a des amateurs de ce genre de choses, mais pas lui, Gentiment, pour ne pas en mettre par terre il jouit en refermant ses mains sur son sexe.

- Merci, maîtresse ! Merci ! Merci beaucoup !

Celui-là, si après tout ça il ne devient pas un de mes clients réguliers, je me fais bonne sœur !

Bertrand Boulanger rentra en fin d’après-midi, cette fois Dolorès n’eut aucune raison de retarder de nouveau sa demande d’explications :

- Bertrand assis-toi, faut qu’on cause !
- C’est grave ?
- C’est toi qui vas me le dire !

Ouf ! Voilà qui écartait déjà pas mal de sujets potentiels…

- Bertrand, je ne sais pas trop ce que tu as fabriqué pour te faire virer du Crédit du Sud…
- On ne m’a pas viré, on m’a forcé à démissionner !
- C’est pareil ! Mais laisse-moi parler, ce dont je suis sûre c’est que tu t’es fait un ennemi dangereux… Un mec qui veut ta peau !
- Hein ?
- Ne fait pas l’innocent ! Mais là où ça ne va plus du tout c’est que maintenant, il s’en prend à moi !
- Dolorès, je ne comprends rien de rien à ce que tu me racontes !

Elle s’efforça alors de retrouver un certain calme pour lui dire :

- J’ai toujours considéré qu’être en couple, ça voulait dire partager les emmerdes, et essayer de les résoudre ensemble ! Si tu n’es plus d’accord avec ça, ou si tu ne veux plus me faire confiance, j’en tirerais les conséquences ! Est-ce qu’on en est là ?

Bertrand n’en menait pas large, son épouse donnait l’impression d’en savoir davantage que ce qu’il avait bien voulu lui dire sur les raisons de son éviction du Crédit du Sud. Mais comment la chose pouvait-elle être possible ?

- Dolorès, je suis d’accord avec ce que tu dis, et j’ai confiance en toi, mais apparemment tu ne m’as pas tout dit, et pour l’instant je ne comprends pas !
- Attends, je vais te rafraîchir la mémoire :

Elle se dirigea alors vers son placard, en sortit l’enveloppe que lui avait adressé le corbeau et la lui tendit. Sur ses injonctions, il l’ouvrit redécouvrant avec stupéfaction les photos prises par la caméra de Roger, blême, il parcourut la lettre d’accompagnement ! Pour quelle raison Roger s’acharnait-il ainsi contre lui, tentant de briser son ménage ? Parfois le cerveau fonctionne très vite. Il fallait qu’il prenne une position maintenant, il fallait aussi éviter la crise, ce genre de situation où tout le monde hurle et où personne ne s’écoute, que faire ? Crier à la machination ou tout déballer. Il choisit cette dernière solution.

- Je suis tombé amoureux d’une nana, une espèce de coup de foudre, le reste c’est un enchaînement de circonstances…

Et il raconta, tout… Ou presque.

- T’es vraiment tombé sur la tête ! Soupira Dolorès
- Oui, concéda-t-il !
- Et pourquoi tu ne m’as pas dit la vérité !
- Je ne voulais pas te faire de peine…
- De la peine ? Non ! Mais par contre je ne te comprends pas, quand tu as compris le métier que faisait cette nana, pourquoi tu n’as pas laissé tomber ?
- Je ne sais pas répondre !
- Et c’était bien ? Ironisa-t-elle.
- Ecoute Dolorès, ce n’est peut-être pas…
- C’était bien ou c’était pas bien ?
- C’était nouveau, surtout !
- Je t’en foutrais moi du « c’était nouveau », et tu l’as vue combien de fois ?

Il faillit mentir, mais se dit qu’elle pouvait savoir des choses, peut-être était-il suivi ? Il lui avoua l’avoir vue cet après-midi !

- Il va falloir que tu choisisses, elle ou moi, on a toujours dit qu’on se tolérerait des écarts tant qu’ils ne débouchent pas sur des relations amant-maîtresse.
- Mais Dolorès, ce n’est pas ma maîtresse ! J’y touche à peine ! On ne baise même pas, et je ne suis rien pour elle, juste un client !
- Alors pourquoi tu y vas ?

Bertrand pris une profonde aspiration, avant de répondre :

- Je veux bien essayer de te répondre, mais en fait j’en sais trop rien, mais on peut essayer d’en discuter, calmement, sans s’engueuler…
- Mais je ne t’engueule pas, je ne suis même pas vraiment fâchée, ce que je veux c’est comprendre.
- Si on en discutait au restaurant.
- Quelle idée bizarre ? C’est tout à fait toi, ça ? Il faut encore que je te dise une chose !

Elle marqua une pause, ménageant un inutile suspense :

- Tu vois les fleurs là, ben c’est ton Roger qui me les a offertes !
- Quoi ?

Elle raconta :

- Je ne comprends pas ! Je ne comprends rien ! Déjà je me demande pourquoi il s’acharne comme ça sur moi en essayant de démolir notre couple, le fait de m’avoir fait virer ne lui suffit donc pas à ce salaud ? Je m’en vais le retrouver et lui éclater la gueule à ce conard !
- On se calme !
- Mais les fleurs, c’est quoi cette histoire ?
- C’est ce que je voudrais bien savoir, figure-toi !
- Il voulait peut-être te séduire ?

Dolorès ne put s’empêcher d’éclater de rire devant cette réponse idiote.

- Il ne serait pas parti si vite, dans ce cas ! Plaisanta-t-elle
- Normal, il ne s’attendait pas à rencontrer une femme aussi belle, il est donc reparti la queue basse en se disant qu’il n’avait aucune chance.
- Tu me fais quoi, là, une déclaration ?
- On peut le prendre comme ça, je t’aime toujours Dolorès… Je n’ai jamais cessé de t’aimer.
- Malgré la Chanette ?
- Malgré la Chanette !
- Viens m’embrasser !

Le baiser est fougueux comme la dernière fois. Bertrand bande et Dolorès s’en aperçoit.

- Qu’est-ce qu’elle te fait que je ne t’ai jamais fait ?
- La question n’est pas là ! Je t’ai dit que c’était un coup de foudre.
- Tu crois vraiment qu’on peut aimer deux personnes en même temps ?
- J’en suis persuadé !
- Elle est raide ta queue !
- Ce doit être ma période de rut !
- Alors tu me réponds ? Qu’est-ce qu’elle te fait que je ne t’ai jamais fait ?
- Elle m’a foutu un gode dans le cul !
- Ben, moi aussi je t’ai fait ça un jour…
- Oui, mais c’était un petit gode comme ça, pour jouer cinq minutes, elle, elle m’a sodomisé avec un machin qui ressemblait à une bite ne plastique !
- Non ?
- Si !
- Et tu as aimé !
- Oui, c’était pas mal !
- Et si ça avait été une vraie bite ?
- Elle me l’a proposé !
- Tu as refusé !
- Non j’essaierais bien ! Quand on est allé au sauna j’ai bien sucé des bites devant toi, c’est mon côté bi, je ne l’avais jamais vraiment jamais exploité !
- Tu m’as pourtant dit que tu serais incapable d’embrasser un mec.
- Incapable, c’est un grand mot, mais ce n’est pas du tout dans mes fantasmes.
- Par contre les bites, c’est dans tes fantasmes !
- On va dire ça comme ça !
- Et il y a autre chose que je ne t’ai jamais fait
- En fait j’aimerais te parler du contraire !
- Le contraire ?
- Oui, il y a des choses que tu me fais et qu’elle ne fera sans doute jamais !
- Quoi ?
- Me sucer, la baiser, la sodomiser…
- Alors pourquoi tu y vas ?
- Pour voir son visage ! Tout à l’heure, je me suis branlé devant son visage, enfin devant son visage et sa poitrine.
- T’es vraiment un drôle de mec !
- Et puis t’as besoin de me demander tout ça, je ne te demande pas ce que tu fais avec ton amant. Répliqua Bertrand.
- J’ai pas de liaison, tu le sais bien, dès fois je m’envoie des mecs, ça me rassure sur mon pouvoir de séduction… et puis j’aime bien changer de bite de temps en temps… tu en as d’autres des questions à la con comme ça ?
- Oui j’en ai une !
- J’ai envie de toi, là tout de suite, ça te dit ?
- Oui, mon gros salaud !

Et, sans un mot ils se dirigèrent tous deux vers la chambre où ils se déshabillèrent. Dolorès se mit en levrette dans une pose volontairement obscène.

- La vue te convient ?
- Je crois que je vais y goûter à la vue ! Répondit Bertrand avançant son visage vers ce splendide fessier.

Il pelote les fesses de son épouse, et leur donne des petites tapes.

- Et oh, je ne t’ai pas demandé de me donner la fessée !
- Juste un peu !
- Alors d’accord, juste un peu.

Rapidement, elle lui demande d’arrêter :

- C’est décidément pas trop mon truc, je préfère quand c’est moi qui tape. Recule-toi d’un mètre.
- Me reculer ? Pourquoi donc ? S’étonne-t-il, mais il obéit.

Dolorès se cambre de nouveau. Le spectacle de ces deux globes magnifiques au milieu desquels s’exposent en une superposition provocante, l’abricot humide de son sexe et l’œillet brun, sec et fripée de son anus.

Bertrand eut envie de se précipiter sur cette invitation à la luxure, mais par jeu attendit que son épouse dispose.

- Alors, il est comment mon cul ?
- Bandant !
- J’espère bien qu’il est bandant ! Est-ce qu’il est plus beau que celui de ta pute ?
- Je ne sais pas, je ne l’ai jamais vue comme ça !
- Elle ne te fait pas voir son cul ?
- Ben, non !
- Elle est vraiment nulle cette pétasse ! Viens me lécher le cul !

Bertrand ne se le fit pas dire deux fois, et approcha la pointe de sa langue de l’orifice marron en la faisant virevolter !

- Mieux que ça ! Le coiffeur, il me lèche mieux que toi !
- Tu t’es fait lécher le cul par le coiffeur ?
- Bien sûr, et par sa femme aussi !
- Je rêve !
- Non, non, tiens, ça me fait penser, il faudrait qu’on fasse un truc tous les quatre, sa femme m’a dit qu’il aimait sucer des bites.
- Dolorès, tu vas bien ?
- Lèche-moi, Bertrand, on discutera après !

Il se remit donc à sa feuille de rose, encore plus excité qu’auparavant en raison des propos de son épouse.

- Ça devient bon, continue encore une minute ou deux, et après tu m’encules !

Fou de désir, il changea alors de position, approchant son dard de sa cible !

- Ho ! Je t’ai dit de continuer deux minutes à me lécher ! Protesta son épouse.
- Je ne peux plus tenir !
- Bertrand, s’il te plait, fais comme je t’ai dit.

Il se résigna à continuer à lui lécher le fion pendant une bonne minute, puis n’y tenant plus fit une nouvelle tentative d’approche, dirigeant la verge bandée et prête à exploser vers l’anus entrouvert. Il s’y enfonça avec autant de rage que de détermination, et se mit à coulisser avec une énergie et une vigueur qui n’était pas si courante chez lui.

- C’est bon, là tu la sens bien ?
- Ouiiii ! Tu ne lui as jamais fait ça à ta pute ?
- Tais-toi ! … Oh, là là, je vais venir !
- Et bien viens !

Bertrand, le visage congestionné, éjacula dans ses tripes, puis retira son sexe avec un bruit de bouchon, tandis que sa femme se pâmait !

- Salaud, tu m’as fait jouir par le cul !
- C’était mieux qu’avec le coiffeur ?
- Ça n’a rien à voir ! Toi je t’aime !
- Mais moi aussi, tu le sais bien !

Ils s’embrassèrent alors longtemps dans un grand élan de tendresse réciproque.

- Tu vas retourner la voir, ta Chanette ?
- A quoi bon te mentir ! J’ai besoin de la voir, je ne sais pas combien de temps ça durera, mais en ce moment j’ai besoin de la voir !
- Tu es son esclave, alors ?
- Oui, on joue à l’esclave et à la maîtresse.
- J’aimerais bien vous voir tous les deux jouer à vos petites fantaisies.
- Tu parles sérieusement ?
- Sérieusement, je ne sais pas, c’était une idée en l’air, mais pourquoi pas après tout ? Elle serait d’accord ?
- Je sais pas, je peux toujours lui en parler.
- Et bien d’accord, parle-lui-en ! Ce pourrait être marrant.

- C’est bien joli tout ça, mais il va falloir qu’on prenne des décisions, on ne va pas continuer à rester passif devant ce salaud de Roger !
- Je ne pense pas qu’une plainte soit recevable, mais on peut quand même aller voir les flics pour leur en parler, sinon on peut toujours prendre un détective privé.
- On fait ça demain ?
- OK ! Bon qu’est-ce qu’on fait ? On va au restaurant ?
- Mais bien sûr, mon chéri !

à suivre sur la page 2

© Chanette (Christine D’Esde) 4/2008 – reproduction interdite sans autorisation de l’auteur

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5 réponses à Chanette 13 Chanette et les banquiers par Chanette – 1 Monsieur le directeur

  1. baruchel dit :

    C’est vraiment très bien raconté et les passages érotiques sont bien bandants

  2. sapristi dit :

    Avec Chanette, c’est « fantasmes en stock », mais ils arrivent dans le récit de façon subtiles, ce n’est pas plaqué sur le récit, ça en fait partie intégrante, et c’est ce qui en fait tout le charme. Sinon l’intrigue est bien menée et nous donne envie de connaître la suite.

  3. pluviose dit :

    Quel festival ! Si ce long chapitre ne vous excite pas, il vous faudra absolument consulter

  4. Muller dit :

    Un catalogue de fantasme très complet au profit d’une intrique passionnante et excellemment écrite, Bravo Chanette

  5. belisaire dit :

    Chanette a un véritable don de raconteuse d’histoire, c’est léger, pétillant et toujours très hot.

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