Chanette 23 – La mallette noire par Chanette –15 – Dans le petit bois…

Chanette 23 – La mallette noire par Chanette –15 – Dans le petit bois…

Jimenez et Pablo rejoignent à pied l’avenue de Friedland, s’arrêtent devant un immeuble plutôt étroit où flotte un drapeau exotique et où il est indiqué « Ambassade du Nueva-Costa ».

« Des barbouzes, il ne manquait plus que ça ! Ils n’espèrent quand même pas rentrer dans une ambassade à 21 h 30 ! » Se dit Pradier

Effectivement : on ne les fait pas entrer mais un type vient à leur rencontre, apparemment, ça ne se passe pas très bien, le ton monte…

Les deux hommes s’éloignent.

– J’ai pas tout compris ! Commence Pablo.
– Le type voulait absolument nous faire rencontrer un attaché d’ambassade que je ne connais pas, je n’ai pas confiance, c’est l’ambassadeur que je veux voir, personne d’autre. J’ai l’impression qu’il y a encore beaucoup de partisans du général Diaz dans cette ambassade.
– On reviendra demain.
– Ça va être le même cirque, non demain on rentre au pays.

Les deux hommes se dirigent vers le métro.

« Merde ! » Fulmine Jacques « je vais être obligé de laisser ma moto ici. »

Il les file jusqu’au métro « La Fourche », où ils descendent, puis vont rejoindre « L’Aiglon », un hôtel miteux de l’Avenue de Clichy.

« Un hôtel ! Je vais être obligé de sortir le grand jeu ! Bon on fait les choses dans l’ordre : d’abord m’assurer qu’ils sont bien descendus ici et qu’ils ne sont pas simplement venus rencontrer un complice, ensuite retourner aux Gonards et retrouver le corps du « disparu ». J’aurais donc un cadavre et les coordonnées des tueurs, la police pourra faire son travail et l’affaire sera terminée. »

Il attend 10 minutes puis pénètre dans le hall, si on peut appeler ça un hall, en fait un minuscule réduit dont la moitié de la surface est occupée par un petit bureau derrière lequel somnole à moitié un type au regard peu rassurant.

– Je suis complet ! Annonce le type.
– Police ! Répond Jacques Pradier en exhibant une de ses cartes barrées de tricolore.
– Hum.
– Deux individus genre sud-américains sont entrés ici il y a un quart d’heure.
– Peut-être bien, oui !
– Vous n’êtes pas sûr ?
– Si, si !
– Je voudrais leur numéro de chambre !
– 12 et 14 au premier.
– Merci !
– L’escalier, c’est là !
– Pour le moment, on a juste besoin de leur numéro de chambre. Je compte sur votre discrétion, bien entendu.

« Bon, il est possible qu’il les prévienne, je vais rester un peu en planque, s’il ne se passe rien, je retourne à Friedland récupérer ma moto, et après au dodo ! Quelle journée ! »

Dès que Jacques eut quitté le hall de l’hôtel, le gérant, s’en alla tambouriner à la porte des deux sud-américains. C’est Pablo qui ouvre.

– Qu’est ce qui se passe ?
– Il se passe que la police est venue me demander votre numéro de chambre, alors vous allez me faire le plaisir de déguerpir, je ne veux pas d’ennuis dans mon hôtel.
– Rassurez-vous, on n’a rien fait de mal…
– Evidemment, vous n’allez pas me dire le contraire. Faites vos valises, dans une heure je veux que vous soyez partis.
– Mais vous avez peur de quoi ? Si la police vient c’est entre elle et nous, vous êtes hors du coup…
– La dernière fois, ils m’ont défoncé une porte à 6 heures du matin, je n’ai jamais été remboursé.
– Ma pauvre bibiche, tenez ça c’est pour vous, tout se passera bien, maintenant laissez-nous tranquille.

Le gérant se retrouve avec un billet de 50 euros dans la main, l’empoche et redescend.

– Quelqu’un a causé, Jimenez !
– Furet ?
– Ils nous ont retrouvés bien vite, ou alors il a parlé avant !
– On fait quoi ?
– Il y aurait urgence, ils auraient déjà déboulé, non, soit ils vont venir nous chercher à 6 heures du matin quand ils auront davantage d’informations, soit, ils vont nous filer quand on sortira. Ils ne nous laisseront pas aller jusqu’à l’aéroport. Tu sais ce que tu vas faire, tu sors chercher des cigarettes, tu verras bien si on te suit.
– Je suis fatigué.
– Je m’en fous, c’est moi le chef et je viens de te donner un ordre.
– Bon, bon, je souffle cinq minutes et j’y vais.
– C’est ça, moi je vais prendre une douche.

Pablo se saisit d’un sac plastique et y entasse ce qu’il considère comme indispensable, son revolver, ses chargeurs, un change minimum, ses faux passeports, et la photo dédicacée de Gérard Depardieu.

– Bon j’y vais !

Pradier voit Pablo sortir.

« Y’en a qu’un qui sort ! Le truc classique on sacrifie le comparse pour sauver le gros poisson. C’est bien joué mais je connais mon métier. Je reste ici. A tous les coups il va revenir.

Eh non !

Pablo va jusqu’au métro, attend la rame, monte dedans en prenant un air dégagé et au dernier moment il en redescend, c’est classique mais efficace.

« A priori je n’étais pas suivi, mais deux précautions valent mieux qu’une ! »

Il s’en va jusqu’à la gare du Nord et prend un billet pour Bruxelles où il espère rejoindre un cousin qui y tient un restaurant de tapas.

« Ras le bol de tout ça, je ne veux pas payer pour la mort de ce Cordoba, c’était de la légitime défense mais qui me croira ? »

Et à ce stade Pablo disparaît donc du récit. Le problème c’est que Jimenez ne le voyant pas revenir analyse la situation de travers.

« La police l’a cueilli, mais pourquoi agir de cette façon, c’est incompréhensible ? Et maintenant je fais quoi ? »

Il descend à la réception.

– Il y a une porte de derrière ?
– Non, vous êtes Avenue de Clichy ici, vous n’êtes pas dans un film américain !

Il remonte.

« Et si ce n’était pas la police, si c’était d’autres barbouzes de Diaz, dans ce cas ils ont descendus Pablo et ils attendent que je sorte pour m’en faire autant. Et bien non, ça ne va pas se passer comme ça, je vais les attendre ici avec un flingue ! »

Nicolas Furet

Revenons un peu en arrière et intéressons-nous de nouveau à Nicolas Furet :

Dès qu’il fut descendu de la voiture de Jimenez, Furet ralluma son téléphone et appela Daisy.

– Ça y est, j’ai pris une chambre d’hôtel ! Mais j’étais folle d’inquiétude…
– Ces conards m’ont emmené jusqu’à Versailles…
– Mais pourquoi ?
– Je t’expliquerai, j’arrive. Donne-moi l’adresse !
– Le « Petit cerf », 24 rue…
– O.K. Je serais là vers 20 heures.

Il demande le chemin de la gare à une mémère à chienchien, il y en a une tout près (il y a tout de même cinq gares à Versailles, incroyable !)

Il essaie de se persuader que ses ennuis touchent à leur fin : Il a fourni à Jimenez ce qu’il lui demandait et ce dernier n’a pas formulé de nouvelles exigences, quant à l’autre salaud qui était venu l’emmerder chez lui, il n’aimerait pas être à sa place en ce moment, il avait bien un complice, mais ce n’était sans doute qu’un comparse sans envergure. Bref il cherche à s’auto-rassurer. Restera le boulot où tous les cas de figure semblent possibles : du renvoi au simple avertissement verbal en passant par le blâme. Un licenciement ne serait pas forcement dramatique, un cadre de banque avec de bonnes références ne reste pas longtemps au chômage.

En fait il aspire à un retour à la normalité, il téléphone à son épouse et veut la rassurer :

– La situation se décante, le gars qui est venu nous faire chier est hors circuit, je t’expliquerais tout ça, on va laisser passer deux ou trois jours et tu pourras rentrer.

Est-ce cette aspiration d’un retour au trantran conjugal qui fit qu’il n’éprouvait plus du tout l’envie de rejoindre Daisy ?

Il l’appelle.

– Finalement, je vais prendre le train et rentrer, je ne suis pas très loin de chez moi, je suis crevé, j’ai eu trop la trouille, faut que je déstresse, je récupèrerais ma bagnole demain.
– Te déstresser je peux très bien le faire, je vais te mettre ta bite entière dans ma bouche. Bon je ne veux pas te forcer, mais dis-moi, si tu rentres chez toi, c’est qu’il n’y a plus de risque ?
– Jimenez ne me demande plus rien, quant au salopard qui m’a niqué le doigt, je n’aimerais pas être dans ses godasses.
– J’ai du mal à suivre !
– Je te raconterai tout en détail demain, on se rappelle !
– Et la nana qui est venu fouiner chez moi, tu en fais quoi ?
– Ah, oui, c’est vrai ! Je vais y réfléchir, je te rappelle.

Daniella Plankaert

De son, côté Daniella Plankaert s’active sur Internet à la recherche d’informations intéressantes :

Banque pour l’Atlantique sud : … Président directeur général : Jean-Michel Grondin, ancien élève de l’ENA, ancien chef de cabinet au secrétariat d’état au tourisme, chevalier de l’ordre du mérite, président d’honneur des amitiés franco-nuevacostiennes.

« C’est quoi nuevacostiennes ?

Une recherche Internet à propos de ce petit pays d’Amérique centrale ne lui apprend pas grand-chose sinon qu’un coup d’état a renversé l’an dernier le général Diaz, dictateur au pouvoir depuis onze ans.

« Rien à foutre ! »

Mais elle cherche quand même dans les archives des actualités et tombe sur cette news :

« Suite aux événements en cours dans la république du Nueva-Costa, le gouvernement français, suivant les directives du département d’état américain et de la commission de Bruxelles recommande à tous les établissements financiers de refuser jusqu’à nouvel ordre tout transfert de fond en provenance directe ou indirecte des organismes bancaires locaux ! »

« Ah bon ! Et s’il y avait un rapport ? Une seule façon de le savoir ! Mais d’abord j’imprime cet article. »

Après une petite enquête sur Internet, Daniella Plankaert a réussi à localiser Furet. Et ça a été très simple, cet andouille précise sa localité sur son compte Facebook, pour le reste il y a l’annuaire du téléphone qui donne son adresse.

Son plan est simple : Se pointer chez lui sans s’annoncer au préalable, lui parler d’un vague projet d’ouvrage sur la finance internationale, lui en foutre plein la vue à coup de décolleté plongeant et autres artifices « attrape-mec » afin d’obtenir un rendez-vous le lendemain en tête à tête.

A 20 h 15, Daniella sonne au portail de Nicolas Furet qui vient de rentrer depuis une dizaine de minutes.

– Monsieur Furet ! Je suis désolée de vous déranger à cette heure-là, mais je n’ai pas pu vous joindre sur votre portable professionnel.
– On me l’a volé ! Mais c’est pourquoi ?
– Juste pour prendre rendez-vous.
– J’entends bien, mais à quel propos ?
– Je vais vous expliquer, ça ne prendra pas plus de cinq minutes, je peux entrer ?

On ne saurait rien refuser à une si belle femme, et voilà ! La souris est dans la fromagerie !

– Ça vous embête si j’utilise vos toilettes ?
– Au fond du couloir.

Procédé ultra classique, mais Furet ne lis pas de romans policiers. Daniella tend l’oreille, elle acquière ainsi la quasi-certitude que l’homme est en ce moment seul chez lui.

« Bizarre quand même, parce que ça ne fait pas maison de célibataire, les « autres » sont peut-être sortis ? Si vraiment il est seul, cela me ferait gagner un temps considérable ! »

– Je peux m’asseoir ?
– Oui mais juste cinq minutes, j’ai eu une journée épuisante, je voudrais prendre une douche et me reposer.

Cela dit, la vue des appâts de cette charmante personne ne laisse pas indifférent Nicolas Furet.

– J’irais droit au but, commence Daniella, je suis journaliste d’investigation et j’ai en chantier un livre sur les activités bancaires foireuses…
– Dites-moi déjà ce que vous attendez de moi.
– Oui, je vais vous faire lire un petit truc ! Lui répond-elle en sortant la copie de l’article trouvé sur Internet.

En parcourant le document Furet devient blanc comme un linge.

« Putain ça ne sera donc jamais fini ! »

– Sortez ! Lui dit-il en se levant et indiquant la direction de la porte d’un geste théâtral.
– Pardon ?
– Ramassez votre papelard et sortez ! Vous n’avez rien à faire ici !
– Je ne comprends pas !
– Je ne vous dois aucune explication, sortez avant que je m’énerve.
– Bon, bon. Mais c’est dommage, je suis sûre que nous aurions pu nous entendre, je vous laisse mes coordonnées et je m’en vais.

Daniella se lève en faisant volontairement tomber son écharpe, cela lui fournira un prétexte pour revenir, mais elle peut encore faire mieux.

Elle fait semblant de tomber dans l’allée qui mène à la grille et pousse un hurlement.

Furet accoure par réflexe avant de deviner la ruse.

– Vous avez mal où ?
– La cheville, ouille !
– Faites voir ! Je ne vois rien !
– Si, ça fait mal, ouille !
– Essayez de vous relever !
– Soutenez-moi !

Elle se relève !

– Montrez-moi vos mains !
– Mes mains ?
– Même pas une égratignure, vous êtes forte vous !

Daniella se rend compte que sa ruse n’a pas fonctionné et n’insiste pas.

– Plus de peur que de mal, merci quand même de m’avoir relevé !
– Pas de quoi !

En rentrant, Furet aperçu le foulard et le ramassa !

« Quel parfum ! J’ai été con, je suis sûr qu’elle était prête à coucher, j’aurais dû entrer dans son jeu, bah elle reviendra rechercher son foulard… Mais on ne pourra rien faire, ma femme sera rentrée. Bon une douche, un whisky et au lit. »

Mais avant, Furet qui a tout compris de travers téléphone à Daisy :

– Allo ! La nana qui est venu t’emmerder, je sais qui c’est, elle sort de chez moi, c’est une journaliste.
– Une journaliste ?
– Oui ne t’inquiètes plus, passe une bonne nuit.
– Elle m’a dit qu’elle était directrice d’une galerie d’art !
– Ah ! Bizarre !
– J’ai même l’adresse !
– Donne, j’irais faire un tour.

Daniella était un peu dépitée mais restait confiante, elle était certaine désormais de tenir une bonne piste. Restait à savoir comment « apprivoiser » Furet.

Jacques Pradier

A 20 heures, Jimenez s’est décidé à sortir, il n’a pas la certitude absolue qu’il soit surveillé, mais, il s’en fout, il va jusqu’à une sandwicherie, s’acheter un hot dog et une canette puis revient à l’hôtel.

« Qu’est-ce qu’il va faire ? Il est capable de sortir en pleine nuit pour faire disparaitre le cadavre de l’autre, auquel cas mon plan s’écroule. Ça se complique ! » Se dit Pradier.

– Allo, Anna ! On touche au but, mais je ne vais pas y arriver tout seul.
– Je suis à votre disposition…
– Je vais passer la nuit à surveiller l’hôtel où sont descendus les deux lascars, si vous pouviez me relayer demain matin.
– Pas de problèmes !
– Même à 5 h et demi !
– Whah ! Bon, j’y serais !
– Euh, pour Chanette, il faudrait mieux qu’elle ne reste pas chez elle.
– Je m’en occupe.

Chantal Grondin

A 22 heures, Chantal Grondin commença à s’inquiéter de n’avoir aucune nouvelle de son époux. Elle savait que parfois ses dîners d’affaires, qui n’étaient pas toujours prévus le faisait rentrer tard, elle ne se faisait d’ailleurs aucune illusion à propos de sa fidélité, mais quand on a un mari directeur de banque, on se le garde !

Mais jamais au grand jamais, Grondin n’avait omis de la prévenir de ses retards. Aujourd’hui rien.

A minuit après avoir tenté de le joindre sur deux de ses portables et envoyé des SMS, elle se coucha plutôt inquiète et ne trouva pas le sommeil.

Samedi 16 janvier

Le samedi matin, Grondin n’était évidemment pas rentré et ses téléphones sonnaient dans le vide. Chantal Grondin réussit à dénicher les cordonnées de Mourillon, l’un de ses plus proches collaborateurs.

– Il est parti en visite à l’extérieur hier, je ne l’ai pas revu depuis.
– Il vous a dit où il allait ?
– Non, madame, je regrette, mais je vais essayer de me renseigner, si j’apprends quelque chose, je vous rappelle.

Il ne le fit pas.

Elle téléphona aux différents services d’urgences des hôpitaux parisiens, en vain.

« C’est débile ce que je fais, on m’aurait prévenu ! »

Elle téléphone au commissariat qui lui demande de passer. Sur place, après avoir patienté plus d’une heure, un fonctionnaire lui tient un discours convenu.

– Tous les jours, il y a des gens qui disparaissent, beaucoup de ces disparitions sont en fait de simples absences, souvent des toquades amoureuses.
– Il m’aurait fourni un prétexte.
– Pas forcement… Il travaille votre mari ? Il est au chômage ?
– C’est le directeur de la Banque de l’Atlantique sud.
– Ah ! Est-ce que vous pouvez vous renseigner auprès de ses collègues pour savoir s’il a un emploi du temps de programmé lundi.
– Oui !
– Faites-le, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons considérer cette absence comme inquiétante. Si par malheur il ne réapparaissait pas lundi matin à son travail, nous aviserons, mais rassurez-vous, il reviendra.

Bois des Gonards

Napoléon, le clochard, s’est réveillé à l’aube, sans aucun souvenir des événements de la veille. Il ne comprend pas pourquoi le contenu de son sac à dos gît épars sur le sol.

« Je devais être bourré ! »

Il sort de sa cabane histoire de se dégourdir les jambes comme il le fait d’habitude. Et en débouchant dans la clairière, il tombe sur le cadavre de Cordoba.

« Mais ce n’est pas possible ! »

Cette fois, plus aucune tergiversation n’est possible, il se dit qu’il faut qu’il dégage.

Il remplit de nouveau son sac à dos !

« Tiens, les papelards que j’avais déterrés ne sont plus là ! Ça sent le roussi, il faut vraiment que je me casse en vitesse. Le cadavre… Si on me retrouve je suis sensé n’avoir rien vu, donc faut pas que je le laisse là ! ».

Il y a une espèce de grande fosse naturelle un peu plus loin. Il pense y jeter le corps. Il le traîne par les pieds, mais renonce au bout de quelques minutes, la tâche s’avérant au-dessus de ses forces. Aussi se contente-il de le dissimuler tant bien que mal au milieu des fourrés environnants.

Et cette fois, il s’en va pour de bon.

Jacques Pradier

De bonne heure, ce samedi matin, Jacques Pradier se rend au bois des Gonards. Après avoir garé sa voiture dans le chemin de terre emprunté par Jimenez la veille, il s’efforce de comprendre quelle direction ce dernier a pris, une fois à pied avec son complice et son prisonnier.

Au début, c’est simple, il n’a qu’un seul chemin, ça se complique quand il se divise en deux.

« Merde ! Je vais à droite ou à gauche ? »

Il prend à gauche, le passage est étroit et semble ne pas avoir été fréquenté depuis lurette, il recherche un indice, une plante écrasée, un mégot mais ne trouve rien.

Le chemin débouche devant une sorte de dénivellation quasiment inaccessible et envahie par la végétation.

« S’il y a un macchabé là-dedans, il n’y a que des chiens qui pourront le retrouver. Bon, je vais voir l’autre chemin, peut-être que je peux couper par-là »

Belle erreur, au bout de cinq minutes, il est carrément perdu.

« Bon, faut que je rejoigne la route ! »

Il tend l’oreille, mais n’entends aucun bruit de circulation, il chemine au hasard en se maudissant et c’est alors qu’il aperçoit la cabane de Napoléon.

– Y’a quelqu’un ?

Pas de réponse.

Il pénètre dans l’abri !

« Putain, ça pue ! »

Une rapide inspection lui laisse apparaître que l’occupant des lieux ne l’a pas quitté depuis très longtemps, en effet une tache de vin renversé n’est pas encore sèche. Il sort et gueule le plus fort qu’il le peut :

– Y’a quelqu’un ? Je suis à la cabane !
– Ouh, ouh ! Répond une voix.
– Vous pouvez venir ?
– J’arrive !

Et quelques minutes plus tard une apparition émergeait des broussailles. Un travesti en perruque blonde et jupe droite.

– Tu me cherchais, chéri ?

Jacques Pradier ne comprend plus rien.

– C’est vous qui habitez ce truc ?
– Non, mais, tu m’as regardé ?
– Je me disais aussi…
– D’ailleurs on ne va pas rester là, c’est la tanière de Napoléon.

« D’où sort ce travelo, Il s’est évadé d’un cirque ? »

– J’ai du mal à suivre !
– Napoléon, c’est un clodo toujours à moitié torché, je préfère l’éviter. Il pue la crasse er la vinasse. Tu viens chéri, ma camionnette est par là…
– Heu…
– Je remettrais mes escarpins là-bas, parce que pour marcher ici, c’est pas évident.
– Je crois qu’on est en plein quiproquo ! Parvint à articuler Jacques non sans se départir du trouble provoqué par l’irruption de cette surprenante créature.
– Pourquoi donc ? Je ne te plais pas ?
– La question n’est pas là, je ne suis pas ici pour ça.

Cette réponse sembla glacer le travesti qui d’un coup troqua son côté « aguicheuse », pour devenir presque agressif.

– Alors pourquoi tu m’as appelé ?
– En fait c’est le mec de la cabane que j’appelais.
– Ah bon ? Et qu’est-ce tu lui veux ?
– Je suis détective privé ! Hier deux types sont entrés dans le bois avec un otage, quand ils sont ressortis, ils n’étaient que plus que deux.
– Oh là ! Je ne savais pas que t’étais Humphrey Bogart ! Plaisante-t-il. C’est quoi ton affaire ? Un règlement de compte ?
– Quelque chose dans le genre !
– Ça ne me dit pas ce que tu cherches ?
– Je voulais être sûr, s’ils l’ont buté, le corps doit être quelque part.
– S’il est dans le fossé, je te souhaite bien du plaisir.
– C’est ce que je me suis dit aussi, j’allais laisser tomber, et puis je suis tombé sur cette cabane, je me suis dit que le gars qui dort là-dedans saurait peut-être quelque-chose.
– Ah ?
– Vous croyez que ça vaut le coup que je l’attende ?
– C’est vous qui voyez, mais si vous voulez mon avis quand il va revenir, il sera bourré comme un coing.
– Mais vous, vous n’avez rien remarqué d’anormal ?
– Non mon chou, mais si tu veux passer un moment avec moi, ça te changera les idées.

Jacques Pradier regarde le travesti, quelque part ça le titille, mais qu’est ce qui pourrait bien lui faire franchir pareil pas ?

Ce petit quelque chose, il croit le trouver. A moins que ce soit son inconscient qui lui fournisse une justification.

« Ce type semble être un habitué du bois, si je suis gentil avec lui, il me fournira peut-être une info, un indice. D’ailleurs on n’a pas besoin de baiser, je vais lui filer le prix d’une passe et on va juste causer ! »

– Ça se passe où ?
– Dans ma camionnette ou dans le bois, c’est comme tu veux, mais moi je préfère la camionnette, c’est quand même plus confortable.

Ils cheminent jusqu’à la camionnette garée près d’une entrée du bois.

– Ici c’est bien, y a tout le confort…
– Tu veux combien ?
– Ça dépend combien de temps tu veux rester.

Et en disant cela, le travesti retire sa jupette sous laquelle, il ne porte pas de culotte. Mais un joli porte-jarretelles et des bas résilles. Il fait une pirouette.

La bite ne bande pas, mais elle est glabre et de bel aspect. Le travesti joue un peu avec, la décalotte, puis se tourne exhibant une jolie paire de fesses bien potelées

– A vrai dire, je voulais juste qu’on cause un peu ! Répond Pradier en sortant deux billets orange et marrons de son portefeuille.
– Oh, monsieur est un prince ! On va faire comme en Italie, alors !
– En Italie ?
– Oui, les italiens, ils aiment bien parler avec les mains.
– Pardon ?
– Déshabille-toi, ce sera plus sympa.
– Ce n’est pas indispensable…
– Qu’est-ce que tu risques, qu’est-ce que tu as à perdre ?

Pradier hésite, il a devant lui l’occasion de franchir un pas. Un pas qu’il espérait et qu’il redoutait en même temps.

– Je suis switch, on peut faire comme tu veux ?
– Switch ?
– Passive ou active, c’est comme tu veux, mon chou. Avant on disait autoreverse, mais comme il n’y a plus de cassette audio…

« Qu’est-ce qu’il nous raconte ? »

– Ah ? Alors je pourrais sucer ? Demande Pradier s’étonnant lui-même de la verdeur de sa question.
– Mais bien sûr mon petit chéri ! Tu vas pouvoir te régaler avec ma bonne bite.
– Euh je…
– Pas de panique ! C’est la première fois ?
– Ben…
– Fais-moi confiance, avec moi tout va bien se passer, il n’y a pas plus cool que moi !. Alors je t’explique le petit préalable, tu te déshabilles complétement et tu te laves bien les mains… et après on fait ce qui te fera plaisir.

Pradier complétement sur son nuage obtempère. Une fois nu et ses mains séchées, il reste planté comme une andouille tandis que Cindy, puisque c’est le nom de guerre du travesti, s’est couché sur le lit.

– Viens à côté de moi, tu vas me sucer ma bonne bite !

Pradier se demande pourquoi Cindy ne lui montre pas ses seins, mais décide de faire les choses dans l’ordre. Pour le moment il a une bite à sucer, il n’a jamais fait ça, en fait si, il l’a fait mais c’est si ancien que ça ne compte plus.

Sa bouche s’approche de la bite, il perçoit une odeur légèrement musquée. Il embrasse le membre, bouche fermée.

– Allez, te dégonfles pas, mon chéri, t’ouvres bien la bouche et tu suces. Je suis sûre qu’il y a longtemps que t’attendais l’occasion ! Alors on hésite plus ! Et puis t’es bien tombée, je suis super très douce.

Et l’instant d’après, Pradier avait la bite de Cindy dans sa bouche.

Des images du lycée qu’il croyait enfouies dans les méandres de son cerveau resurgissent, quand il avait sucé Marbeau dans les chiottes pendant la récrée. Un grand con avait ouvert la porte qui était mal verrouillée, l’instant d’après ils étaient une quinzaine à crier « Pradier Pédé – Pradier Pédé ». Le lendemain il déprimait, il s’était ensuite débrouillé pour que ses parents le change d’établissement, et il avait juré ses grands dieux qu’il ne referait plus une chose aussi dégoutante.

Cet incident avait probablement influencé et sa carrière (qu’on peut voir comme une sorte de compensation sociale) et une certaine appréhension face à la sexualité Pourtant quand il y repensait en ce moment, la seule pensée qui lui vint à l’esprit fût : « Elle était pourtant bien belle la bite à Marbeau ! »

Alors Pradier suce autant qu’il peut, s’acharnant à faire durer le plaisir sans se douter un seul instant qu’il suce comme un pied.

Cindy lui propose une petite pause.

– Alors elle est bonne ma bite ?
– Délicieuse !
– Je vois, ça a l’air de te plaire, tu bandes comme un jeune homme. Tu veux que je te suce à mon tour !
– Non !
– Tu as tort, je fais ça très bien, mais bon c’est toi le client. Qu’est ce qui te ferai plaisir maintenant ?

Pradier ne répond pas. Il demanderait bien quelque chose, mais il n’ose pas ! Eh, oui, lui ancien flic, ancien donneur d’ordre… mais il n’est plus dans son bureau d’officier de police, il est dans une camionnette avec une transsexuelle ou un travesti, il ne sait pas trop, dont il vient de sucer la bite…

« Si seulement elle me le proposait, ce serait plus facile ! »

– Je sais pas, qu’est-ce qu’on pourrait faire ?
– Tu veux m’enculer ? Propose Cindy
– Eh, non…
– Tu veux que ce soit moi qui t’encule ?
– Ouiiii !
– Oh ! La ! D’accord, faut pas te mettre dans des états pareils, mon chéri ! Je vais te faire ça avec classe et délicatesse.

Pradier se demande de quelle façon il pourrait maintenant se dédire.

« Mais reculer pourquoi faire et puis c’est même idiot de se poser cette question ! »

– Mets-toi en levrette, mon chéri, je vais te tartiner le trou du cul avec un peu de gel.

L’endroit était bien serré, seuls quelques godes s’étaient aventurés à cet endroit, Cindy fit délicatement entrer un, puis deux doigts afin que le passage soit plus facile.

Malgré la taille relativement modeste de la bite de Cindy, Il fallut plusieurs tentatives avant qu’elle ne parvienne à pénétrer le cul de Pradier, vierge de ce genre de choses.

Cette sensation de rempli, comblait d’aise notre ancien poulet, Cindy n’y allait pas par fortes ruades comme il l’avait vu dans des films X, mais procédait en douceur en de délicieux aller et retour qui chavirait d’aise notre poulet retraité.

« J’ai eu du bol de tomber sur elle, enfin sur lui, je ne sais pas comment on doit dire, mais elle sait y faire ! »

Au bout d’un moment Pradier demanda que l’on arrête…

– Pourquoi, c’est pas bien ?
– Si, mais comme c’est la première fois…
– Comme tu veux ! Tu veux jouir comment ? Je te branle ? Proposa Cindy.

Il accepta, Et les doigts de féé du travesti firent monter la sève de Pradier en moins de deux minutes.

– Bravo c’était très bien ! Commenta-t-il

A suivre

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1 réponse à Chanette 23 – La mallette noire par Chanette –15 – Dans le petit bois…

  1. Forestier dit :

    Que voici une rencontre tout à fait inattendue ! Je ne me serais pas fait prier pour prendre la place de Pradier et passer un aussi délicieux moment que celui qui est si bien écrit ici

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