Je suis une sorcière par Anne-Abigail Lemeunier du Chesne – 2 – L’intronisation

Je suis une sorcière par Anne-Abigail Lemeunier du Chesne – 2 – L’intronisation

Et maintenant que le récit est lancé, c’est Ludivine qui va en être la narratrice.

– Pas moyen de me rendormir, quel rêve à la con !

Et après m’être tournée et retournée un nombre incalculable de fois dans mon lit, je décidais de me lever pour de bon.

J’eu alors l’idée de noter mon rêve en le décrivant sur mon ordinateur portable, pendant qu’il était encore précis dans ma mémoire. Peut-être qu’il faudra que j’en parle à un psy ?

Je m’installe sur mon petit bureau et m’apprête à saisir. Mais avant je me fais un petit café et m’allume une clope.

– Que fout la bouteille de rosé sur la table ? Je dois être somnambule… Je ne me souviens pas m’être servie à boire. Et le cendrier ? Où il est passé ? Il doit être à côté ?

Et là le choc ! Dans le cendrier qui effectivement était à côté, il y un mégot, et ce mégot est taché d’un rouge à lèvres couleur cerise !

Alors, ce ne serait pas un rêve ? Quelqu’un est réellement passé cette nuit et mon cerveau a arrangé tout ça ! Il va vraiment falloir que je consulte ! Mais qui serait donc cette personne que j’aurais fait entrer chez moi en pleine nuit ?

Inutile de vous préciser que la journée a été pénible, je n’avais vraiment pas la tête à mon travail.

– Vous avez des soucis, Ludivine ? M’a demandé mon patron.
– Non, j’ai très mal dormi, je ne sais pas pourquoi ?
– Je vous aurai bien filé votre après-midi, mais il y a encore trois cartons à répertorier…

Faux cul !

Il est 19 heures, je quitte la librairie. Je passe chez le boulanger acheter du pain et soudain une idée m’obsède « il faut que j’achète un balai ! » Mais c’est débile ! Alors je l’achète ou je l’achète pas ? Je décide d’acheter, ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien !

Je suis rentrée, j’ai dîné sur le pouce et me suis posé devant la télé à regarder des conneries. Je ne tiendrais jamais jusqu’à minuit… Mais pourquoi donc devrais-je tenir jusqu’à minuit ? Trop de sommeil en retard ! Alors évidemment je me suis endormie dans mon fauteuil.

J’ai été réveillé à minuit par la frappe d’une main sur la porte-fenêtre du balcon.

C’est ma sorcière ! Je lui ouvre ! Le rêve va donc reprendre…

– Alors ma biche, ça va depuis hier ?
– Sauf que je manque de sommeil.
– Sers-nous un coup de rosé.

Je m’en vais en cuisine et quand je reviens elle a dans la main le balai que j’ai acheté reconnaissable à son manche jaune. Mais comment elle a fait ?

– Faut l’essayer ! Suggère Pandora
– Pourquoi faire ? Pour balayer ?
– Non, pour voler dans les airs !
– Ça va pas, non, !
– C’est sans risque, je prendrais le contrôle du balai si nécessaire !
– On est obligé de faire ça aujourd’hui ?
– Ça sera fait, et tu auras franchi une étape ! Tu m’as dit que tu étais d’accord pour devenir sorcière, oui ou non ?
– Je sais plus !
– Bon, on ne va pas tergiverser toute la nuit. Enlève ta culotte !
– Mas pourquoi donc !
– Il ne doit rien y avoir entre le balai et ta chatte. C’est une question d’adhérence…

De guerre lasse, j’enlève pantalon et culotte et chevauche le balai.

– Et maintenant ?
– Et maintenant tu me suis !
– Mais comment ?
– C’est comme sur une moto, tu te penches à gauche pour aller à gauche, tu te penches à droite pour à aller à droite, pour monter, tu te cambres, pour descendre tu te diriges vers le bas
– J’ai la trouille !

Mais voici que Pandora récupère son balai sur le balcon et s’envole tandis qu’une force irrésistible me contraint à la suivre….

Mais quelle sensation, je suis dans les airs chevauchant un balai, et je ne crois pas que je rêve.

– Pandora, tu m’entends ?
– Bien sûr !
– J’ai froid !
– Je pourrais te réchauffer, mais là, c’est juste une démo, on va rentrer. Il te reste du rosé ?

On se boit un coup ! Elle a une de ces descentes, la sorcière !

– Bon commence-t-elle, la première étape était de te montrer que tout cela n’est pas du chiqué, que je suis réellement une sorcière et que tu peux le devenir aussi… Maintenant tu dois savoir où tu mets les pieds. Être sorcière a des avantages mais aussi des inconvénients. L’inconvénient c’est que nous vivons dans une quasi-clandestinité, mais ça se gère, je t’expliquerai au fur et à mesure.
– Et les avantages.
– Tu peux faire plein de choses, par exemple te venger de tous ceux qui t’on fait du mal… Et puis on vit plus longtemps que les autres.
– Ah ? T’as quel âge ?
– 124 ans ! Je ne les fais pas, hein ! Mais nous ne sommes pas immortels, Si on te coupe la tête, elle ne va pas aller se recoller, si on te brule, tu ne vas pas te régénérer. Sinon on n’est jamais malade et on vieillit très lentement. Et je peux picoler autant de rosé que je veux, je ne serais jamais complétement bourrée !

Mon esprit vagabonde, il y a quelque chose qui m’amuse dans les propos de Pandora. Ce doit être mon côté gamine qui refait surface. Mais me venger de quelques personnes qui m’ont bien fait chier, pourquoi pas, et j’ai l’embarras du choix, entre ma prof de droit, con comme un bidet, mon voisin du dessus incapable de répondre quand je lui dis bonjour et mon ex qui a disparu de la circulation en oubliant de me rendre l’argent que je lui avais prêté… et il y en a plein d’autres.

– On peut faire quelques expériences ? demandais-je
– Bien sûr, mais ça va être comme la balade sur le balai, ça marche parce que je suis à tes côtés, si je m’éloigne de trop, tu n’auras plus de pouvoirs.
– Alors ?
– Alors pour que tu sois vraiment une sorcière indépendante, il faut que tu sois intronisée au cours d’une cérémonie rituelle.
– C’est une épreuve ?
– Non un rite de passage, si tu aimes le cul, ça ne devrait pas te poser problème, même si c’est un peu hard !
– Comment ça ?
– Ne t’inquiètes pas, je te soutiendrai moralement ! Bon on s’amuse un peu, désigne-moi un de tes ennemis.
– Ennemis, c’est un grand mot mais on peut commencer par le voisin du dessus.
– C’est accessible par son balcon ?
– Oui !
– Il est célibataire !
– Je crois, oui !
– Il est chez lui ?
– Probablement, on est samedi !
– Alors on y va ! Enfourche ton balai.
– On ne masque pas nos visages ?
– Pas la peine…, je t’expliquerai.

Juste un petit tour et nous voici sur le balcon du bonhomme. C’est fermé. On se planque dans un recoin et Pandora imite alors le bruit d’une sirène d’alarme automobile.

Le voisin met son nez à la porte fenêtre, ne voit rien de suspect, il ouvre. Pandora le fait s’immobiliser puis reculer. On entre à notre tour.

Faut voir la tronche du bonhomme qui doit se demander s’il rêve ou pas.

– Ratatouille, je transforme en grenouille !

Que voici un grand moment de sorcellerie. Au lieu et place du voisin git maintenant un tas de vêtements, Pandora les dégage et apparaît une grenouille toute verte d’environ 10 centimètres avec de gros yeux globuleux.

– Coa ! Coa ! S’exprime le batracien.

Je suis morte de rire, je ne devrais pas !

– Il va rester comme ça ?
– Non avec cette formule, dans environ 24 heures il va retrouver son état normal. Pendant ce temps-là il va pouvoir rester sans boire et sans manger.
– Il ne risque pas de lui arriver quelque chose ?
– S’il y avait eu un chat, ça aurait pu être risqué, mais il n’a pas de chat !
– Mais comme tu le sais ?
– Je le sens, ma chérie ! Je le sens !
– Et en redevenant humain, il va faire quoi ?
– Que veux-tu qu’il fasse, tu le vois aller à la police et dire « Monsieur le commissaire ma voisine m’a transformé en grenouille… » Non il va s’installer dans le déni, faire comme si cela n’avait jamais existé. Mais ça risque quand même de le perturber pas mal de temps.

Pandora m’a ensuite quitté, m’indiquant qu’elle reviendra me chercher le mercredi prochain, jour de pleine lune afin de me conduire au sabbat d’intronisation.

Le lendemain, je croisais le voisin dans l’escalier, comme d’habitude il oublia de me saluer mais me regarda d’un air ahuri

Et arriva ce fameux jour où je j’allais devenir une vraie sorcière ! J’en étais tout excitée d’avance…

– Coucou ! me dit Pandora ! On y va, enfourche ton balai et surtout reste auprès de moi, on va s’entourer d’un voile de brume par précaution…
– Mais…
– Je sais tu as plein de questions à poser, mais faisons les choses dans l’ordre. Ça y est, tu es prête ? On y va !
– Je prends mon sac à main…
– Pas besoin !
– Faut bien que je mette mes clés quelque part…
– Bon si tu veux… T’as retiré ta culotte ?
– Ah, oui c’est vrai…

Nous avons volé jusqu’au Boulevard McDonald, au nord de Paris, et nous nous sommes retrouvées dans un hangar désaffecté.

Il y a là une bonne vingtaine de personnes, surtout des femmes, il y aussi un chien genre labrador. Un chien sorcier ? Serait-ce un nouveau concept ?

L’endroit est éclairé par deux gros projecteurs de théâtre, et des couvertures propres ont été disposés sur des caisses en bois pour le confort de ces messieurs dames. Une musique répétitive avec chœur (que je ne reconnais pas, Carl Orff peut-être) se fait entendre à notre arrivée. Ça casse un peu les oreilles !

La cérémonie est présidée par Zéphyra, une vieille sorcière aux longs cheveux blancs en aube rouge qui profère des incantations dans une langue que je n’identifie pas, puis elle nous demande (en français cette fois) de nous déshabiller intégralement. Ce que tout le monde fait donc, moi y compris.

Vingt minutes avant à 150 mètres de là, de l’autre côté du boulevard périphérique…

– Allo la police, je ne voudrais pas vous déranger pour rien, mais il a comme une activité louche dans l’ancien entrepôt des chaussures Foxy, une agitation suspecte.
– OK on envoie une équipe…

Les flics envoient carrément la BRI (ils ne devaient rien avoir d’autre à faire) Ils démolissent la grille d’entrée en hurlant et nous demande de lever les bras au ciel.

Et là il se passe quelque chose d’incroyable, la brigade est littéralement immobilisée, incapable de faire le moindre geste. On en profite pour sortir et aller se planquer derrière le hangar.

Le chef de brigade sort de sa torpeur.

– Allo le QG, on a surpris une vingtaine de personnes apparemment non hostiles mais qui ont subrepticement disparues.
– Comment ça disparues ?
– Ben ils étaient là et après ils n’étaient plus là.
– Bizarre votre truc, inspectez rapidement les lieux, sécurisez le périmètre et revenez !

Ils sont partis vingt minutes après. Du coup la cérémonie peut reprendre (peut commencer, devrais-je dire)

Zéphyra prend la parole

– Ce soir nous allons introniser une nouvelle sœur ! Ludivine approche-toi !

On y va, on y va !

– Ludivine, es-tu ici de ton plein gré ?
– Ben oui !
– Ludivine accepte tu de devenir sorcière et d’en assumer les conséquences en toute connaissance de cause.

Je ne vois pas trop ce que peuvent être les conséquences en question (je me renseignerais plus tard) mais je réponds par l’affirmative.

– Ludivine, es-tu prête à accomplir le cérémonial de passage qui te créera sorcière ?
– Oui !
– Alors commençons ! Tu vas recevoir neuf coups de cravache, à chaque coup tu devras répéter : « Je veux devenir une sorcière ! »

Manquais plus que ça ! J’espère qu’on ne va pas me frapper trop fort, la douleur ce n’est pas trop mon truc !

Une petite blonde au visage vicieux s’empare d’une cravache et vient derrière moi

Premier coup ! Aïe, ça fait mal !

– Je veux devenir une sorcière !

Deuxième coup ! Putain, je ne vais jamais tenir jusqu’au bout ! Mais je fais comment si je veux m’échapper ?

– Je veux devenir une sorcière !

Et ça continue ! Il n’y a personne pour dire à cette blondasse qu’elle tape trop fort.

J’ai quand même réussi à tenir le choc, jusqu’au neuvième coup, mais j’ai les yeux en larmes, je m’étais mis du rimmel, il a coulé.

Quelqu’un a la grande bonté de me passer un kleenex pour m’essayer le visage. Un kleenex dans une réunion de sorcières, quand j’y pense c’est un peu bizarre, non ?

Zéphyra se tourne et me présente ses fesses un peu flasques, je suis alors invité lui lécher le trou du cul.

Ce ne sera jamais que le second trou du cul de mon existence. Alors quand faut y aller, faut y aller. Le moins que l’on puisse dire c’est son anus ne sent pas vraiment la rose ! Mais bon après un premier instant de résistance je fais contre mauvaise odeur, bon cœur et lèche le troufignon de la sorcière en chef. Je vous dis : on s’habitue à tout.

Une nana me tripote les fesses, en écarte les globes et voilà que je me retrouve avec une carotte dans le trou de balle. Je n’aime pas que l’on joue avec la nourriture, mais suis bien obligée de me laisser faire, d’autant que finalement ça n’a rien de désagréable

Mais la suite… Je ne vous dis pas la suite… Quoi que si je vais vous la raconter, vous êtes là pour ça, non ?

On me fait assoir sur le bord d’une caisse (ils n’ont pas de chaises, ces gens-là ?) On me demande d’écarter les jambes et ne pas bouger.

– Sinon, on serait obligé de te tenir ! Me prévient-t-on.

On m’enduit la chatte de je ne sais quoi… Et voilà qu’on amène le clébard qui direct me fout son museau contre ma chatte et commence à me la lécher à grands coups de langue.

Psychologiquement ça devrait être insupportable, mais bizarrement sa langue me procure un plaisir aussi coupable que trouble. Il ne m’a pas fait jouir mais j’en étais vraiment pas très loin !

La blondasse fait reculer le chien, le caresse et le couche sur le flanc. Et voilà qu’elle lui tripote la bite qui me parait bien raide. Et au moment où je l’attendais le moins, la voilà qui fourre cette bite dans sa bouche.

Il ne m’est pas difficile de comprendre qu’on va me demander de faire la même chose. Sauf que je suis incapable de me prêter à cette pratique ! Mais comment faire pour refuser ? Ces folles sont capables de m’éliminer sans laisser de traces, c’est que c’est très dangereux les sorcières !

C’est Pandora qui me fait lever, me tient la main, me fait baisser devant le chien toujours sucé par la blondasse.

– A ton tour de sucer !
– Je vais bloquer !
– Mais non, regarde Jane comme elle se régale bien !
– Je ne peux pas !
– Je vais le faire aussi si ça peut t’aider.

Je me doute bien qu’elle peut le faire, mais je ne vois pas comment cela pourrait m’aider. Alors je me suis dit que je n’en mourrais pas, j’ai pris une profonde inspiration, j’ai posé mon visage à côté de celui de Jane, laquelle m’a tendu la bite du chien. J’ai fermé les yeux, et hop dans la bouche !

Je l’ai sucé pendant une minute ou deux, finalement ce n’était pas si terrible que ça.

Et le chœur des sorcières retentit :

« Elle est de no-o-otres, elle a sucé le chien comme les au-au-autres »

Elles sont complètement dingues !

On me fait me coucher sur le sol, Zéphyra vient me chevaucher et me pisse dessus en proférant des paroles. Elle arrose d’abord mes seins puis me demande d’ouvrir la buche. Un peu forte, sa pisse !

– Relève toi ! Ludivine et répète après moi « je suis une sorcière »
– Je suis une sorcière !
– « Une salope et une putain ! »
– Une salope et une putain…

La musique retentit. Tout le monde applaudit ! Qu’est-ce qui faut que je fasse, que je salue comme au théâtre ? Je me contente de faire un petit signe idiot.

On m’offre alors un chapeau pointu, le chapeau traditionnel des sorcières. Je n’ai pas de miroir mais je dois avoir l’air intelligente avec ce truc sur la tête !

Ludivine tint néanmoins à me préciser.

– Te voilà sorcière le temps d’une année lunaire.
– Ah, bon, ce n’est pas définitif ? M’étonnais-je.
– Non, il faudra faire œuvre de confirmation dans l’année.
– Une autre cérémonie ?
– Non, une mission que tu devras réussir.
– Ah bon !

A suivre

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Une réponse à Je suis une sorcière par Anne-Abigail Lemeunier du Chesne – 2 – L’intronisation

  1. Palmipède dit :

    Ah ! Le fantasme de la messe noire !

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