Blackbird par Lacépierre

Blackbird par Lacépierre

Elle vient de repasser. C’est pas vrai, la salope ! Elle l’allume, ou quoi ?

Laurent Auclair, le plus jeune photographe de chez Blackbird, n’en peut plus de voir se trémousser la secrétaire du patron. Elle passe devant son bureau au moins deux fois par heure aujourd’hui. À chaque fois, il bande.

Christine Faullon est la plus belle fille qu’il ait connue. La plus sensuelle aussi, mais la plus chaste en même temps. Elle est naturelle, inconsciente de la fascination qu’elle exerce et de tous les jaloux que fait son veinard de mari. Elle a quoi ? Vingt-huit ans ? On peut la croire angélique mais Laurent la devine ardente. Une aura de pureté émane d’elle ; seul un reflet cuivré dans ses cheveux platine laisse planer un doute sur son immatérialité.

Il n’en faut pas davantage pour Laurent, puceau de vingt-quatre ans à l’imagination surentraînée. Mais Christine a les yeux verts comme une eau profonde, faite pour s’y noyer. Ses regards fascinent. Laurent est amoureux, alors ses obsessions l’embarrassent. À ses airs de femme-enfant, ses pieds de porcelaine et ses mains délicates comme des oiselets, Christine semblerait fragile si l’on ignorait sa voix posée d’alto, son maintien et ses courbes qui tendent, insolentes, ses trop sages étoffes ou parfois s’entraperçoivent par une échancrure.

L’été dernier, il a surpris une vue plongeante de son décolleté : depuis la base du cou se fondant sous la gorge en un pâle dégradé de taches de rousseur, jusqu’à deux globes marbrés débordant de leurs bols en dentelle tendue. Il en tremble encore. Accoudé à la balustrade du balcon, il regardait, comme tous les midis, Christine monter dans sa voiture. Il aime l’observer. Devinant ses formes, il l’imagine nue. Il saisit parfois une vision fantasmagorique de ses fesses tendant sa jupe ou son pantalon. Il faisait chaud ce jour-là et elle était vêtue d’un débardeur kaki et de knickers en toile. Il y crut à peine. Il faillit lâcher sa cigarette.

Le soir, il se masturba, comme chaque soir. Il pensa à Christine, à sa vision du midi. Il la vit à genoux devant lui, les yeux levés avec cette expression à la fois innocente et charmeuse qu’elle seule sait combiner. Elle tirait sur les bretelles de son débardeur pour exposer deux balconnets garnis de ses seins d’albâtre sur lesquels elle voulait – pour une raison obscure – qu’il éjacule par pintes. Il la barbouilla, sans respect, du visage au nombril. Trois fois.

Laurent n’en reste pas moins un romantique. Il trouve qu’il manque de respect à Christine dans ses rêves éveillés. Après ces orgasmes volés, le remords et la culpabilité le rongent. Il préfère se branler sur des femmes qu’il n’aime pas. Christine est un être de beauté, qu’il se refuserait à salir de ses baisers. Elle est faite pour demeurer inaccessible, loin du sol et idéalement vierge dans son esprit. Quand l’appel de leurs corps corrompt ses sentiments, il croit qu’il cesse d’aimer. Ce qu’il désire au fond, pense-t-il, c’est la vénérer à genoux, sans la toucher. Sans même la regarder si c’est ce qu’elle exige. Il en serait évidemment incapable.

Aujourd’hui, elle est vêtue d’un pull à col roulé que surligne un collier de perles et d’un jean neuf tendu aux fesses et cuisses. Elle s’est chaussée de bottines à talon qui rehaussent son derrière. Laurent la dévore du regard tandis qu’elle s’éloigne vers la photocopieuse. Elle porte ses cheveux en catogan. Il adore qu’elle fasse ça. On voit mieux son visage, ses oreilles et sa nuque.

Surtout que les gouttes de nacre qui ornent son col rappellent à Laurent ses éjaculations de l’été dernier, après la révélation mammaire. Il veut se rendre aux toilettes pour se masturber, imaginer son sperme recouvrant le visage de Christine, mais est intercepté par son chef de service qui le retient. Quand il peut se libérer, il réalise que Christine le précède dans le couloir vers les toilettes. Son joli popotin ondule trois secondes dans le corridor avant de disparaître côté filles.

Les toilettes sont symétriques, séparées par une fine cloison. Laurent s’y engouffre et entend Christine refermer la porte de l’unique WC. Il s’introduit dans la cabine opposée et s’y enferme aussi. Aux bruits qu’il perçoit à travers la cloison, il devine que Christine baisse son pantalon – et peut-être un string noir – pour s’asseoir, cul ouvert, à quelques centimètres de la queue dressée qu’il branle derrière elle. Il veut la défoncer. Lorsqu’il entend un plouf suivi d’un gémissement, il comprend que Christine défèque et que c’est agréable. Alors il imagine cet anus béant à deux pas de son gland, se tétanise en réprimant un râle obscène et éclabousse de sperme tout le bloc chasse d’eau.

* * * * *

Christine est aujourd’hui d’assez bonne humeur. Certes, elle ne passerait pas toutes ses journées à faire de l’archivage, mais une fois de temps en temps, ça permet de se vider l’esprit et de bouger un peu. Le meilleur côté, c’est que ça lui donne du temps pour penser à Didier. Le mauvais côté, c’est que ça lui laisse aussi le temps de penser à Alain. Quand Alain se fait trop présent, elle s’immerge dans le travail jusqu’à ce qu’une stupide association d’idées évoque à nouveau Didier.

« Tiens, le mateur du bureau du coin », se dit-elle en se dirigeant vers les toilettes. « Tant qu’il est occupé avec son chef, au moins, il ne bave pas »

Christine sait apprécier les regards flatteurs, mais cette obsession frise l’indécence. Elle se sent souillée par ces œillades lubriques et préfère ignorer ce qu’elle suscite. Mais sitôt la porte du WC refermée sur elle, elle dégrafe son pantalon et un souvenir de Didier l’assaille.

Elle a adoré qu’il l’oblige à se déshabiller. Elle a adoré qu’il la guide, l’encourage, la retienne. Elle ne s’était jamais sentie aussi chaude. Quand elle fut nue devant lui, la honte et l’excitation se mêlèrent si fortement qu’elle crut s’évanouir. Elle y repense et son cœur accélère. Elle se sent coquine. Elle enlève ses chaussures puis baisse son pantalon comme il lui a appris, cambrée, sans précipitation et en tortillant des fesses.

Elle le fait glisser sur ses chevilles et l’enlève. Après quelques déhanchements, elle abaisse sa culotte et l’ôte à son tour. Se retrouver, sur son lieu de travail, sans aucun vêtement de la ceinture aux pieds tout en gardant son pull et ses bijoux, la plonge dans un trouble étrange, un contraste de chaud et froid inversés. Elle passe sa main sur sa fente et constate qu’elle glisse.

Elle tend alors avec lenteur sa croupe vers le siège des toilettes. Elle a pris cette habitude, depuis quelques semaines. Depuis que Didier lui a dit que le plaisir de se faire sodomiser se rapproche du plaisir ressenti juste avant de déféquer. C’est comme ça qu’il l’a convaincue. Elle a d’abord essayé et découvert toute seule. Elle s’assied, se relaxe et commence à relâcher son anus, laissant peser sur lui le poids des excréments. Elle retarde l’instant. Elle s’imagine à quatre pattes, nue entre les bras de Didier, la tête enfouie dans l’oreiller. Le gland presserait au milieu et s’introduirait sans peine.

Son anus s’écarte. Un premier colombin pointe son gros nez. Elle est constipée et apprécie d’autant plus. Encore qu’une bonne chiasse amplifie la sensation d’abandon, se corrige-t-elle. Elle a rêvé l’autre nuit que Didier lui pinçait les mamelons à travers sa robe un jour où elle avait la diarrhée. Incapable de se retenir, elle se vidait dans sa culotte. En se réveillant en sursaut, elle a cru un instant qu’elle avait chié au lit. Mais foin de diarrhée pour l’heure ; Christine préfère la dilatation d’un dur caca qui lui distend l’anus comme un nœud démesuré.

Elle n’a jamais pratiqué la sodomie avec son jeune mari. Alain est timoré. Maladroit, parfois… Faire l’amour avec lui demande de la tendresse, de profonds sentiments, beaucoup de dignité. Avec lui, elle voudrait un enfant. Mais Didier a fait d’elle sa chienne. Elle rampe pour le sucer. Il la gave de foutre en la traitant de tous les noms du trottoir. Jamais elle ne s’est sentie aussi animale. Elle a des orgasmes cérébraux en repensant à ces pipes qu’il lui fait tailler les mains liées dans le dos. Il parle de la livrer à d’autres hommes, même à des femmes. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est renoncer à tout contrôle sur son rectum.

Alors elle s’ouvre en grand et un premier boudin commence à s’extruder. Il est énorme et elle devrait forcer mais elle préfère laisser son anus se détendre en prenant tout son temps. Elle savoure chaque instant, comme quand Didier l’encule. L’étron force la voie. Christine pousse, contracte ses abdominaux et s’ouvre. Elle s’écarte les fesses à deux mains, ondule du bassin comme sur la queue de Didier, pousse de nouveau. Elle a besoin d’une bite. Elle se sent dilatée et prête à exploser. C’est gros comme… elle ose à peine le penser. Comme une verge plus grosse… que celle de Didier… Une très grosse.

Soudain, elle revoit cette photo, aperçue il y a des années lors d’une fête chez un copain de classe : une sorte de monsieur muscles noir, doté d’un sexe colossal qu’il branlait à deux mains. Elle croyait l’avoir oublié, ce mandrin qui lui avait fait détourner les yeux à l’époque, mais il s’est imprimé dans sa rétine et c’est sur lui qu’elle voudrait s’empaler à présent. Mais en est-elle sûre… ? Pas sur la queue de Didier, se surprend-elle à confirmer. Elle a du mal à cerner son désir, mais si l’idée se fait attendre, elle finit par s’imposer comme une irrésistible envie… Sur n’importe quelle grosse b…, gémit-elle !

Ça y est, elle l’a admis et cette simple pensée l’a catapultée. La sensation est intenable ; elle en a les larmes aux yeux. Dans un ultime effort, elle expulse un amas qui la laisse béante et exulte en un profond soupir de soulagement, momentanément couvert par un  » plouf « .

Elle jurerait avoir entendu une voix la traiter de salope. Son imagination, sans doute. Elle adore ce mot. Elle est trop bien partie, de toute façon, et se frotte à présent la vulve avec deux doigts, en laissant avancer du fond de son rectum une nouvelle boule d’excréments tassés, à évacuer en prenant son temps.

* * * * *

Se refroquant piteusement dans sa cabine, Laurent Auclair se sent infâme. Il a honte de considérer Christine comme un fantasme. Il se dit que jamais une fille comme elle – une vraie femme, selon ses critères – ne fera avec un homme les trucs salaces que prétendent apprécier les salopes du porno. Ça le rend un peu triste, mais il est amoureux. Il finit d’essuyer sa queue molle dans son slip et retourne travailler.

cette histoire publiée d’abord sur le site de Revebebe, nous a été adressé par mail

 

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2 réponses à Blackbird par Lacépierre

  1. Claire dit :

    Un peu confus (pas mal même), un peu glauque, mais assez excitant dans sa seconde partie si on est sensible au fantasme.

  2. Jean-Seb dit :

    C’est très cru, mais ça passe très bien, le récit aurait mérité cependant d’être davantage structuré.

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