Gazette 637 – France

 Nous relayons ici les propos de Nikita Bellucci, actrice porno e 2011 à 2016.

Elle a débuté sa carrière dans le porno en 2011. Elle y est restée six ans, avant de décider de changer de métier il y a quelques mois. Mais depuis, elle vit un enfer, comme elle l’a raconté à Konbini News. « Je suis harcelée tout le temps. Ça fait des années que je le dénonce. Je reçois des menaces de mort, des insultes, on me dit : ‘Je te souhaite d’avoir le cancer du sein’. J’ai reçu dernièrement : ‘J’aimerais te balancer de l’acide sur le visage pour savoir dans quoi tu vas te reconvertir plus tard, quand tu pourras plus vendre ton corps’. Le problème, c’est que nous (les actrices porno, ndlr) on est amenées à se battre toutes seules. Et il n’y a pas de soutien. Psychologiquement, c’est ultra-violent », raconte la jeune femme.

Alors que, selon ses propres mots, « tout le monde s’en fout », Nikita Bellucci a « eu des idées noires ». « A force de se faire traiter de tous les noms, tout le temps, tout le temps, tout le temps…. » Surtout, cette situation l’a amenée à renoncer à son « seul rêve » : celui d’être mère. « J’ai tellement subi ce harcèlement, tellement d’insultes, tellement de haine, que j’ai décidé de ne pas faire d’enfants. Parce que si demain je fais un enfant, dans dix ans qu’est-ce qu’il va se passer ? Déjà que moi, je reçois énormément de haine, qu’est-ce que ça va être pour mon enfant ? »

Nikita Bellucci évoque également le manque de soutien des féministes. « On est là ! Nous aussi on a besoin de vous. On a besoin de votre aide. On a besoin d’être soutenues. Que ce soient les actrices, les prostituées, tout ce qui est travailleuses du sexe. On a besoin de soutien. Et on n’en a pas. Et on doit se battre seules. »
Quand le journaliste qui l’interviewe lui signale que certaines » féministes » diront qu’elle dégrade l’image de la femme, Nikita Bellucci répond : « C’est des films ! C’est de la fiction. Ca peut paraître con, mais c’est de la fiction. Je ne vois pas en quoi moi je dégrade l’image de la femme. Je fais quand même ce que je veux… de mon corps, une fois de plus. Quand on rentre sur un set, on se met d’accord avec les acteurs. Toutes les scènes que j’ai pu faire, j’ai jamais fait ça dans ma vie privée. Ça reste du cinéma, une performance, et malheureusement il n’y a pas assez de communication là-dessus. »

Saluons l’attitude courageuse de Nikita qui ne crache pas dans la soupe et qui ne renie rien. Malheureusement la putophobie, ça existe, et il n’y a pas grand monde pour dénoncer cette hypocrisie. Si seulement cet article pouvait faire réagir et servir à quelque chose !

 

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