Chanette 23 – La mallette noire par Chanette – 2 – Malette et donjon

Chanette 23 – La mallette noire par Chanette
2 – Malette et donjon

Lundi 11 janvier

La mallette

Javier Jimenez est ponctuel, il s’assoit sans y être invité.

– C’est fait ? Demande-t-il simplement.
– C’est là ! Répondit Nicolas Furet.
– Parfait, il ne vous reste plus qu’à nous la livrer.
– Et bien, prenez-là, je vous ai dit, c’est prêt et complet. Vous désirez vérifier ?
– Tournez-vous, je vais ouvrir la mallette.

Jimenez débloque l’ouverture avec une clé de sécurité et découvre une double feuille. Juste une double feuille !

– C’est tout ?
– Le reste n’est pas en format papier, mais ça devrait vous suffire, tout le transfert est détaillé avec les signatures…

Jimenez parcoure le document, ça semble lui convenir.

– Bon je referme !
– C’est ça, maintenant payez-moi et disparaissez !
– Eh non, ça ne va pas se passer tout à fait comme ça ! Malgré nos précautions et notre professionnalisme, il n’est pas impossible que l’on m’ait suivi, bien sûr, je sais casser une filature mais ce n’est jamais garanti à 100%, et nous ne voulons prendre aucun risque.
– Non mais attendez, je ne comprends pas…
– A midi, inventez-vous un rendez-vous à l’extérieur et disparaissez avec la mallette, je vais vous expliquer comment semer les gens qui pourraient vous suivre…
– Attendez, c’est moi qui vais faire ça ?
– Oui ! Parce que si c’est moi qui porte la mallette, ces gens n’hésiteront pas, y compris à m’abattre. Pour la police ce sera un règlement de compte entre barbouzes étrangers comme ils disent, ils classeront discrètement l’affaire. Par contre ces individus y regarderont à deux fois avant de s’attaquer à un ressortissant français.
– Oui, bon, je vais vous dire un truc : ça commence à aller trop loin cette affaire ! On va arrêter ce cirque, prenez votre mallette et démerdez-vous, gardez le fric si vous voulez et foutez-moi la paix.
– Pensez aux photos, Monsieur Furet, pensez aux photos !

Une bouffée de haine envahit Furet qui en ce moment enverrait bien un pain à la figure de son interlocuteur.

– Vois êtes vraiment une ordure. D’un côté, je perds mon emploi et ma famille, de l’autre côté je risque ma vie, c’est dégueulasse vos méthodes !
– Non monsieur, ce qui est dégueulasse c’est la dictature du général Diaz.
– Arrêtez avec ça, vous êtes grotesque !
– Des milliers d’innocents emprisonnés, torturés, assassinés vous trouvez ça grotesque ?
– Et alors, c’est de ma faute ?
– En refusant de collaborer, votre banque couvre les crimes du général Diaz.
– Pfff !
– Vous ne risquez rien, vous avez ma parole…
– Tu parles !
– Je vous explique le plan…

Furet n’en croit pas ses oreilles en écoutant le délire de son interlocuteur.

– Faut arrêter d’aller voir des James Bond.
– Ça n’a rien de compliqué, je vous ai noté tous les détails, mémorisez les bien.
– Et si je me plante ?
– C’est à la portée du premier venu, vous ne vous planterez pas ! Je vous appellerais demain matin, vous me direz à quel endroit on peut récupérer la mallette et dès que ce sera fait vous recevrez un chèque de banque. Allez, je vous laisse, vous verrez : tout va bien se passer. Ah ! Je vous ai apporté une casquette, n’oubliez pas de la mettre au moment opportun.

Il faut à ce moment de l’histoire faire intervenir, deux autres barbouzes : Ernesto Cordoba et Ramon Munoz. Ces deux-là faisaient partie des services secrets du général Diaz et lui sont restés fidèles. Ils veulent éviter que le compromettant ordre de transfert de fonds des liquidités de l’ancien dictateur tombe entre les mains du nouveau gouvernement.

Ernesto Cordoba est posté sur le trottoir en face de l’entrée de la Banque de l’Atlantique sud, il voit sortir Jimenez.

– Il n’a pas la mallette ! Indique-t-il à Ramon, son comparse.
– C’est donc Furet qui va l’acheminer, on passe au plan B, je vais attendre sur la moto à la sortie garage, toi tu restes ici s’il sort à pied.
– Et si l’opération n’est pas pour aujourd’hui ?
– On reviendra demain.

Nicolas Furet est effondré. Que faire ? Aller à la police ? Même s’ils l’écoutent cela n’empêchera pas un vague complice de poster à tous vents les photos compromettantes, les enveloppes doivent être prêtes, la date sans doute fixée et il doit juste attendre un contre-ordre pour ne pas le faire. Il essaie de rédiger une lettre à sa femme genre « on essaie de me salir… » mais se trouve incapable de trouver ses mots.

A midi, il descend au parking, prend sa voiture de fonction, dépose la mallette à ses côtés et démarre. Il se dirige vers le Marais, le timing fourni par Jimenez lui laisse presque une heure pour se garer.

Evidemment quand on n’est pas pressé, on trouve une place tout de suite. La rue de Turenne est assez fréquentée et les terrasses sont pleines. Furet descend de voiture, la mallette à la main et se dirige vers le métro.

Cordoba a garé sa moto et suit sa proie. Il ne peut agir maintenant et attend le moment propice.

« A aucun moment vous ne devrez agir comme quelqu’un qui sait qu’on le suit » lui avait précisé Jimenez. « Sinon le plan risque de ne pas fonctionner ? »

Furet descend jusqu’à la rue Saint-Antoine, puis empreinte la rue de Rivoli jusqu’au Châtelet, tourne à gauche et traverse la Seine. Il se dirige ensuite vers le carrefour de l’Odéon, il est en avance et patiente jusqu’à l’heure H à la terrasse d’un café. Cordoba ne peut faire autrement que de l’imiter.

A 14 h 10 très exactement, il se lève, traverse la place, et s’engouffre dans le hall du cinéma. Son billet est déjà dans sa poche, Jimenez l’ayant acheté pour lui, il se dirige vers le couloir donnant accès à trois salles.

Cordoba n’avait pas prévu ça ! Il se précipite vers le guichet.

– Le film qui va commencer, c’est lequel ?
– Ils sont tous commencés ! Ah ! « Les 8 salopards », ça vient juste de commencer !
– Oui, une place !
– Pour « Les 8 salopards » ?
– Oui madame !
– Vous avez une carte d’abonnement ?
– Vite madame, je voudrais en rater le moins possible.

Nicolas Furet entre en vitesse dans la salle 2 où l’on projette « Les Amants de Caen », film commencé depuis un moment. Au dernier rang près de l’une des sorties, il repère la blonde dont lui a parlé Jimenez, il s’assoit à sa droite, tout en se coiffant de la casquette souple qu’on lui a donné. La fille sans aucun préliminaire l’enlace et lui roule un patin.

L’affaire dure un certain temps, c’est la fille qui arrête les frais.

– Le mec s’est trompé de salle mais il va finir par venir. Dès que la porte s’ouvrira on recommence !
– Avec plaisir ! Répond Furet en pleine érection et qui pour la première fois se surprend à trouver un petit attrait à sa situation.

Voilà qui risque d’interpeller le lecteur ! N’avons-nous pas écrit que Nicolas fréquentait un sauna gay ? C’est que tout simplement notre homme est bisexuel.

Cordoba se dit qu’il est en train d’échouer, il s’efforce de scruter une par une, les rangées bien remplies de la salle 1, mais ne trouve pas sa cible.

Pas évident de passer d’une salle à l’autre, il y parvient malgré tout. Il a perdu un quart d’heure dans l’affaire.

La porte de la salle 2 s’ouvre. Cordoba scrute à nouveau les rangées et ne prête pas d’attention particulière à ce couple en train de se peloter.

Un type est assis à la droite de la fille, il lui chuchote quelque chose. La fille se dégage :

– A mon signal tu te casses ! Dit-elle à Furet.

Quelques secondes passent…

– Vas-y vite !

Cordoba, bredouille, se dirige vers la sortie, le couple qui se bécote est toujours là mais le fait que la blonde embrasse maintenant son voisin de gauche et non plus celui de droite ne lui a pas sauté aux yeux.

Avant de pénétrer dans la troisième salle il envoie un SMS à son comparse.

« Cible perdue, la mallette a peut-être déjà changé de main, rejoins-moi au cinéma… Je surveille la sortie arrière, occupe-toi du devant ».

Mais Furet est déjà sorti du ciné, il prend le métro en s’étant auparavant assuré le plus discrètement possible qu’il n’est plus suivi.

Chanette

Le téléphone. Un type me demande s’il peut venir cet après-midi, je lui dis que je serais libre à 15 heures…

C’est ainsi que ce jour-là, Nicolas Furet est venu chez moi, je l’avais déjà vu trois ou quatre fois.

Je n’ai pas fait attention quand il a laissé la mallette derrière le fauteuil, si je l’avais découverte en sa présence il aurait probablement juré ses grands dieux qu’elle ne lui appartenait pas.

A l’époque je ne connaissais rien de lui, sinon un faux prénom et de toute façon, je ne pose jamais aucune question personnelle, certains me racontent plus ou moins leur vie, vérité, affabulation, mélange des deux, je m’en fiche à vrai dire.

Nicolas était un client plutôt taiseux et j’ignorais qu’il fréquentait les clubs gays. Il jouait avec moi au type qui a des tendances bisexuelles mais qui a besoin d’ordres pour pouvoir franchir le pas. En fait sa première expérience avait dû constituer une énorme transgression avec une dose d’excitation si intense qu’il souhaitait la revivre. Voilà, c’était mes cinq minutes de psychanalyse de bazar !

Le mec me paie, se met à poil mais garde ses chaussettes.

– Retire tes chaussettes !
– Il faut vraiment ?
– Discute pas, retire-moi ça !

Il me fait le coup à chaque fois, ce doit être une manie. En fait ce n’est pas une manie, il cherche un prétexte pour que je le punisse. Comme si j’avais besoin d’un prétexte ? Du coup je le gifle.

– Qu’est-ce qu’on dit ?
– Merci maîtresse !
– T’es vraiment une salope !
– Oui maîtresse !

Je lui attrape les bouts de seins et les lui tortille avec fermeté. L’effet sur sa bite est immédiat car la voilà qui indique le plafond.

– Je t’ai donné l’autorisation de bander ?
– Non, maîtresse !
– Ouvre la bouche !
– Aaaah !
– Mieux que ça ! Tu sais ce que je vais faire ?
– Vous allez me crachez dans la bouche, maîtresse !
– Bingo ! Et c’est toi qui va me le demander !
– Crachez-moi dessus ! Maîtresse Répond-il en ouvrant largement la bouche. C’est tout ce que je mérite !

Je lui crache trois fois au visage, il va pour s’essuyer le menton, je l’en empêche, je serre de nouveau ses tétons, il se pâme de plaisir. Je lui accroche des pinces, il fait une grimace mais supporte. Je prends un lacet et lui attache les couilles en serrant fortement, J’en profite pour lui balancer quelques claques sur la verge en passant.

– Y’a un problème ? Demandé-je en tirant sur ses pinces.
– Non, non.

Je lui fixe un collier de chien autour de son cou et l’emmène à quatre pattes dans le donjon, il y jette un regard circulaire, j’ai compris ce qu’il vérifiait.

– Déçu ?
– Non, maîtresse !
– Alors tu regardais quoi ?
– Rien, maîtresse !
– Relève-toi, espèce de menteur.

J’accroche ses poignets après des bracelets de cuirs suspendus et sans aucune transition je me saisis d’un martinet à longues lanières et commence à lui rougir le cul.

– Ne me marquez pas, maîtresse ! Proteste-t-il.
– Je ne tape pas assez fort pour te marquer, c’est dommage d’ailleurs.

Parfois je fais compter les coups par mes soumis, pas cette fois, il ne faut pas toujours faire la même chose ! Il vient de recevoir une dizaine de coups, il s’est bien tortillé en poussant des petits cris. Je fais une pause.

– Alors, salope, tu regardais quoi ? tu vas me le dire maintenant ?
– S’il y avait quelqu’un !
– C’est bien ce qui me semblait ! Et s’il y avait eu quelqu’un tu aurais fait quoi ?
– Moi, rien, enfin si, j’aurais fait ce que vous m’auriez demandé de faire, maîtresse.
– Par exemple, s’il avait eu quelqu’un je t’aurais peut-être demandé de lui sucer la bite ?
– Oui, maîtresse !
– Quoi : « Oui, maîtresse » ?
– Je lui aurais sucé la bite !
– En fait tu en meurs d’envie, c’est ça !
– J’aimerais bien essayer, enfin que vous me forciez à essayer.
– Fallait venir hier ! Un moment ils étaient trois dans le donjon… Je t’ai déjà dit on pourrait s’arranger pour faire une belle partouze, mais il faut prendre rendez-vous quelques jours avant. Mais avec toi, on ne sait jamais quand tu peux venir…
– Ah ? Et hier, c’était chaud ?

Il meurt d’envie que je lui raconte, rien ne m’y oblige, d’autant que c’est un petit mensonge, il n’y a pas eu de partouze hier. Mais j’ai toujours des histoires en réserve, des histoires vraies, juste un peu arrangées.

– J’avais deux mecs d’attachés dans le donjon, deux lopettes comme toi.
– Et qu’est-ce qui s’est passé ? Me demande-t-il d’une voix fébrile.
– Un mec est arrivé, il savait qu’il y aurait du monde, je lui ai fait passer des bas autofixants, après je lui ai mis du rouge à lèvres et je l’ai coiffé d’une perruque blonde. T’aurais vu la dégaine !
– Oh !
– Après, je lui ai fait un cul tout rouge et je l’ai attaché, puis je me suis harnaché avec le gode ceinture, j’ai détaché les lopettes et je leur ai demandé de venir sucer mon gode. T’imagines que ça les faisait bander, ces salopes ! J’ai demandé à celui qui bandait le plus de se relever et à l’autre de lui sucer la bite, il suçait bien comme une vraie petite pute ! Et que je te passe la langue sur le gland, et que je te coulisse tout ça dans la bouche. Ça t’aurait plus, hein, ma salope ?
– Oui maîtresse, faudra qu’on le fasse !
– Mais oui, tu dis ça à chaque fois et on ne le fait jamais.
– Il faut qu’on s’organise !
– On verra ça tout à l’heure !
– Y’a une suite à l’histoire ? Demande-t-il.
– Evidement qu’il y’a une suite ! J’ai dit au suceur que comme il avait fait ça très bien il méritait une récompense. Et tu sais ce que c’était la récompense ?
– Je ne sais pas, vous lui avez peut-être pissé dessus ?
– Non ça, on l’a fait après. J’ai demandé à l’autre soumis de l’enculer ! Alors j’ai bien tartiné son petit cul de lopette et l’autre il a introduit sa belle bite là-dedans, c’est entré comme dans du beurre, il s’est bien excité et il a joui comme ça… Moi je suis passé devant et l’obligeait à sucer le gode ceinture pendant qu’il se faisait mettre.
– Ça m’excite votre histoire !
– Après j’ai demandé à celui qui n’avait pas joui, d’enculer le travelo, il a eu du mal parce qu’il débandait, j’étais obligé de le fouetter sans arrêt pendant qu’il lui bourrait le cul.
– Vous me faites bander !
– Ben, oui c’est bien pour ça que je la raconte ! Bon en attendant d’avoir une vraie bite, tu vas jouer avec mon gode ceinture.

Je lui ai donc fait sucer mon joujou tout en lui pinçant les seins. Monsieur était aux anges.

– On fait quoi maintenant ? Minaudais-je.
– Vous allez m’enculer avec le gode.
– Tu crois que tu l’as mérité ?
– C’est vous qui décidez, maîtresse.
– Encore heureux !

Je le fais mettre en levrette après m’être harnaché, puis j’y vais, ça rentre tout seul. Je fais d’abord de timides mouvements de va-et-vient avant d’augmenter la cadence. Mon soumis pousse des petits cris qui m’amusent énormément. Et puis quand j’en ai marre je m’arrête lui restituant son cul béant.

– Vous m’avez bien enculé, maîtresse !
– Ne bouge pas !

Je prends une cravache et m’amuse à lui balancer quelques coups sur les fesses. A chaque impact il pousse un cri ridicule.

– Relève toi !

Sans qu’il ne s’y attende je le gifle et après lui avoir demandé d’ouvrir la bouche je lui crache dessus.

– Et maintenant branle toi !
– Euh, maîtresse…
– Quoi ?
– Vous ne me pissez pas dessus aujourd’hui ?
– J’ai pas envie, mais je veux bien essayer de te faire une petite goutte !

C’est ce qui s’appelle en markéting un « geste commercial » !

Il se couche à même le sol, je m’accroupis à quelques centimètres de son visage, me concentre quelques secondes et lâche un mince filet qu’il avale avec gourmandise.

– Bon alors maintenant tu te finis. Remarque tu n’es pas obligé, tu peux aussi repartir sans avoir joui !
– Non, non je vais me branler en vous regardant !
– T’as raison, allez vas-y ! Pense à la bonne bite que je vais te réserver pour la prochaine fois.

Le gars s’astique avec une telle frénésie qu’en moins d’une minute, il giclait son foutre.

Je n’ai même pas eu besoin de me déshabiller.

Mardi 12 janvier

A 10 heures, Furet assis derrière son bureau reçoit un coup de téléphone :

– C’est Jimenez. Tout est OK ?
– Oui.
– Vous me dites où est la mallette ?
– Je l’ai laissé chez une pute, c’est rue des Saulniers…
– C’est où ! Au métro Trinité.
– Quel numéro ?

Furet devient tout pâle. Le numéro, il ne le connaît pas, du moins il ne l’a pas mémorisé, il en a eu besoin la première fois qu’il est venu me voir et depuis il l’a zappé de sa mémoire. Il se retrouve comme un imbécile.

– Euh, je ne sais pas, j’ai oublié de noter.
– Vous vous foutez de ma gueule ?
– Ben non, je sais y aller, mais…
– Je rappelle dans une heure, débrouillez-vous pour me donner une adresse correcte.
– Je ne pourrais pas me libérer avant 17 heures. J’ai un rendez-vous extérieur en Normandie. Je vous garantis que vous aurez l’adresse demain matin.
– Non, je vous rappellerai à 18 heures.
– Si vous voulez. Excusez-moi je dois couper.

Il raccroche.

– Qu’est ce qui se passe ? Demande Ramon.
– On attend ce soir ! Ce connard a oublié de noter l’adresse !
– On va dans son bureau le déloger, et on l’oblige à nous accompagner !
– Evitons le grabuge ! Ce soir ou ce matin, quelle différence ? Par contre si ce soir il se fout encore de notre gueule, on sortira la grosse artillerie.

Le hall de la Banque de l’Atlantique Sud ressemble désespérément à n’importe quel hall de multinationale : gigantesque peinture abstraite en guise de décoration, hôtesse d’accueil sexy perdue au milieu d’un paquet de mètres carrés gâchés.

Cordoba, le barbouze de l’autre camp, s’énerve, l’hôtesse d’accueil est en train de lui expliquer que « Monsieur Furet sera en rendez-vous extérieur toute la journée. »

– Oui, j’ai compris, mais il rentre à quelle heure ?
– J’ignore s’il repassera par son bureau et de toute façon, je ne pense pas qu’il vous recevrait à cette heure-là !
– Il faut que je le joigne d’urgence, il a bien un portable, non ?
– Je ne suis pas autorisé à vous le communiquer.
– Même avec ça ? Insista-t-il en exhibant un billet de 100 euros.
– Si je le connaissais, je pourrais peut-être faire une entorse au règlement, mais je ne le connais pas.

Persuadé que la fille ne mentait pas, il quitta le hall et téléphona à sa « taupe ».

– Magda, j’ai besoin de savoir s’il est exact que Furet est en rendez-vous toute la journée, et je voudrais son numéro de portable.

Dix minutes plus tard, Magda lui confirmait l’absence de Furet et lui confiait le numéro de portable.

– J’ai aussi son adresse, ça vous intéresse ?
– Donne toujours !

« J’espère que je ne viens pas de faire une bêtise ? » Se dit-elle après coup.

Nicolas Furet a un principe, quand son téléphone portable professionnel sonne, il ne répond pas sauf s’il s’agit de sa secrétaire, de ses supérieurs, ou de ses contacts en cours, pour le reste, il estime que si les gens ont quelque chose à lui dire, ils n’ont qu’à laisser un message, et puis cette posture lui permet de ne pas être dérangé sans arrêt. Aussi lorsque son portable sonne en annonçant « numéro privé », ne répond-il pas.

Cordoba fulmine :

– Il ne répond pas, ce con ! On ira le cueillir ce soir chez lui.
– Il habite loin ?
– Viroflay, en banlieue ouest, on se fera payer en heure sups.

A 17 heures 30, Nicolas Furet, passe en voiture rue des Saulniers et note le numéro de l’immeuble ou j’exerce mes talents.

A 18 heures, Jimenez lui téléphone comme convenu. Furet lui indique l’adresse, complète cette fois, avec l’étage…

– C’est indiqué MC sur la porte, juste MC, je ne connais pas ses horaires mais en milieu d’après-midi, vous êtes sûr de la trouver.
– OK, si tout se passe bien vous recevrez le règlement demain à votre bureau par porteur spécial.

Mais comme le lecteur l’aura deviné, les choses ne se passèrent pas bien, pas bien du tout, même.

A suivre !

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Une réponse à Chanette 23 – La mallette noire par Chanette – 2 – Malette et donjon

  1. Forestier dit :

    Le donjon de Chanette
    Nous excite bien la quéquette
    Quand elle nous tape dessus
    Attention à notre cul
    Mais cette décontraction
    Mon dieu, que c’est bon !

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