Gazette 602 – Pays-Bas

602 Juin 2017- Pays-Bas 

Quatorze nouvelles « vitrines » dans lesquelles des prostituées dévoilent leurs charmes viennent d’ouvrir dans le « quartier rouge » d’Amsterdam. Soutenu par la municipalité, le projet vise à professionnaliser et à offrir de meilleures conditions d’exercice aux travailleurs du sexe. Histoire de faciliter la lutte contre le trafic d’êtres humains.

Des jeunes femmes, mais aussi des hommes, en tenues affriolantes, debout ou perchés sur de hauts tabourets, derrière des vitrines éclairées par des petites loupiotes rouges. En vente, ou plutôt à louer, comme n’importe quel produit. Une attraction pour les milliers de clients et de touristes qui se pressent chaque soir à De Wallen, le plus important quartier chaud d’Amsterdam.

Ici, comme ailleurs aux Pays-Bas, les maisons de passe sont autorisées : en 2000, dans la foulée de la Norvège, le pays a autorisé la prostitution « volontaire », pour mieux concentrer son action contre la prostitution « non volontaire », autrement dit le trafic d’être humains. Depuis, il faut avoir une licence pour ouvrir une maison de passe. Et les prostituées sont censées payer des impôts sur leurs passes à 50 €.

Depuis 2007, la police a fermé beaucoup de « vitrines » à De Wallen, surnommé « le quartier rouge », avec pour conséquence une flambée des loyers. La mairie a tenté de réagir en soutenant le projet My Red Light porté par un collectif de travailleurs du sexe. Depuis le 16 mai, quatorze nouvelles « vitrinse » new look ont ainsi allumé leurs lumières dans quatre bâtiments qui appartenaient auparavant à Charles Geerts, « l’empereur du sexe », qui a contrôlé jusqu’à soixante maisons de passe.

Les travailleurs du sexe peuvent fixer eux-mêmes leurs horaires et leurs tarifs. Tout a été pensé pour améliorer le confort : les chambres sont plus spacieuses et plus colorées ; un salon commun a été aménagé pour permettre aux prostituées de faire connaissance et boire un café ou un thé. Elles peuvent également suivre des cours de massage, mais aussi de comptabilité et de fiscalité. « L’objectif est de rendre les travailleurs du sexe plus conscients de leur situation et de leur montrer qu’ils ont des droits, qu’ils peuvent aussi faire des choix et diriger une entreprise », a expliqué Richard Bouwman, avocat et porte-parole de My Red Light.

Le projet présenté dès février 2015 par le maire d’Amsterdam, Eberhard van der Laan, a l’objet d’une polémique. Très vite, les habitants ont accusé l’édile de vouloir ouvrir un « bordel municipal ». Faux : la municipalité « ne joue plus aucun rôle dans ce projet », rétorque Sonja Pol, en charge des questions de prostitution à la mairie. Le risque était en effet pour elle d’être accusée de proxénétisme. Officiellement, l’opération, financée par la banque Rabobank, est donc privée.

http://www.ouest-france.fr/insolite/amsterdam-veut-professionnaliser-ses-bordels-5000262

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