Chanette 23 – La mallette noire par Chanette – 6 –Quelle journée !

Chanette 23 – La mallette noire par Chanette
6 –Quelle journée !

18 heures

Guet-apens

Après être passés chez moi, et m’avoir « arrangé » comme narré plus avant, Javier Jimenez et Pablo Aguirre (puisque c’est le nom de son acolyte) ont tenté en vain de joindre Furet sur son portable professionnel puis se sont précipités à la Banque de l’Atlantique sud, où on leur a indiqué sans autres précisions que « Monsieur Furet n’était pas visible aujourd’hui ». Les voilà garés à 50 mètres à droite de son pavillon de banlieue.

– Sa bagnole est là, il ne doit pas être bien loin. ! Remarque le barbouze

Nicolas Furet descend du train de banlieue et n’a que 500 mètres à franchir avant d’arriver chez lui. Son plan est simple : exagérer la visibilité de ses blessures à l’aide de pansements et de bandes Velpeau, faire semblant de boiter, parler avec difficulté et jurer de sa bonne foi.

Il est confiant, les photos compromettantes n’auront pas l’effet escompté, d’abord parce que son épouse ne les verra jamais, ensuite parce vu les circonstances, celles envoyés à la banque n’ont désormais plus aucune importance. Reste les voisins, mais bon il pourra toujours déménager… Mais s’il pouvait l’éviter.

Jérémie Chauvière, l’inspecteur missionné par la Banque pour l’Atlantique Sud, attend aussi dans sa voiture également à une cinquantaine de mètres de chez Furet mais du côté gauche.

– Voilà Furet ! Dit Pablo. Personne dans la rue, c’est du gâteau !

Chauvière est trop loin et n’a pas encore reconnu Furet. Mais soudain tout va très vite, il voit une portière de voiture qui s’ouvre juste quand le quidam arrive à sa hauteur. Le type est happé, la portière se referme, la voiture démarre.

« Un enlèvement ! » Se dit Chauvière. Ça ne peut-être une coïncidence, c’est Furet qu’on kidnappe ! Hé, oh, je ne suis pas James Bond, moi, je vais laisser tomber ce cirque… Ou alors juste un petit coup d’œil ! »

Il démarre… »

La voiture de Jimenez prend la première à gauche, puis la deuxième à droite et se gare, la rue est déserte.

Surpris par cette manœuvre inattendue, Chauvière ne peut faire autrement que de doubler Jimenez. Après l’avoir fait, il tourne à gauche et se gare à son tour. Il ne se prend pas pour un cow-boy et n’entend pas prendre des risques. Il sort du véhicule, se cache au coin de la rue et se demande quoi faire ? Prévenir la police ? Mais il va leur dire quoi ? « On a enlevé un mec devant chez lui et on l’a emmené 400 mètres plus loin », il note néanmoins le numéro d’immatriculation de la voiture.

« Ce n’est pas un enlèvement, sinon, ils ne se seraient pas arrêtés si près, ce doit être une explication, à moins qu’ils ne le flinguent et laissent son cadavre sur le trottoir ! Alors il faut vraiment que j’appelle la police ! »

Il le fait mais a du mal à convaincre le fonctionnaire de police.

Nicolas Furet se retrouve sur la banquette arrière à côté de Pablo.

– A qui t’as été causé, connard ? Lui lance Jimenez en se retournant.

Furet est blême, son plan ne tient plus et il n’en a pas en rechange.

– Je vais vous expliquer !
– Répond à ce qu’on te demande, connard !

Et sur un signe de son patron, Pablo envoie un violent coup de poing dans l’estomac de Furet qui se plie en deux sous la douleur.

– Deux mecs qui sont venus chez moi, ils m’ont tabassé…
– Ils t’ont tabassé, oh le pauvre chéri, fait voir un peu… Ouais, y’a rien de dramatique…
– Ils ont failli violer ma femme…
– Ils ont failli, donc ils ne l’ont pas fait, ils ne devaient pas être bien méchants.
– Mais…
– Donc première faute, tu ouvres à n’importe qui…
– Ils sont rentrés en force !
– Ils n’ont pas défoncé la porte à ce que je sache, fallait pas leur ouvrir, connard.

Et Furet reçoit un autre coup dans l’estomac. Il comprend qu’il ne sert à rien de discuter avec ces brutes. Résigné à subir, il espère simplement que son supplice ne s’éternisera pas.

– Deuxième erreur, tu files des renseignements à des types qui sont aussi dangereux que des enfants de chœur. Ah, ça on ne peut pas dire que tu auras mérité la médaille de l’héroïsme ! T’es vraiment la reine des lavettes, tiens tu me dégoûtes, t’es qu’une grosse merde.

Jimenez ponctua son propos en lui crachant au visage avec mépris.

– Bon, on ne va pas continuer à perdre notre temps avec une lopette comme toi, il te reste une seule chance de te racheter, je dis bien une seule, si tu la rates, nous on te ratera pas. Ces documents que tu as refilés à n’importe qui, y’a des doubles, je suppose ?
– Oui, répondit Furet reprenant (mollement) espoir.
– Alors je veux les copies demain à 13 heures, square de la Tour Saint-Jacques, dissimulées à l’intérieur d’un journal.
– Les flics ! Cria Pablo qui gardait un œil dans le rétroviseur.
– Casse-toi, connard et n’oublie pas !

Pablo ouvre la portière et pousse violement Furet à l’extérieur qui déséquilibré et le ventre douloureux s’affale sur le trottoir comme une chique molle.

Jimenez démarre, les policiers ayant le choix entre suivre la voiture ou s’intéresser à Furet qui leur paraît mal en point, choisissent la seconde option.

Bien joué, Jimenez !

– Qu’est-ce qui vous est arrivé, monsieur ? Demande le premier poulet.
– Rien, un vieux contentieux avec ces types, c’est réglé maintenant !

Furet se casse en deux, vomit de la bile, se redresse, recommence, s’essuie la bouche d’un air dégoûté.

– Bon ça va aller ! Dit-il à l’adresse des policiers.
– Vous souhaitez porter plainte ?
– Non, je vous dis c’est réglé !
– Vous n’avez pas l’air en forme.
– C’est rien. Ça va passer.
– Vous avez besoin de secours ? On peut vous emmener aux urgences !
– Non, non merci !

Les flics s’en vont. Chauvière était prêt à intervenir mais n’en a pas eu l’occasion, il emboite le pas de Furet, s’approche jusqu’à son portail et l’aborde pendant que celui-ci cherche ses clés.

– Jérémie Chauvière, inspection générale de la Banque de l’Atlantique sud, je peux m’entretenir avec vous quelques instants ?
– A ben, c’est bien le moment ! Et si je vous dis « non » qu’est-ce que vous allez me dire ?
– Ha, ha ! Vous au moins vous gardez votre humour !

« J’ai échappé — provisoirement — à Jimenez et aux flics, et maintenant voilà l’inspection, ça va être quoi après ? »

Mais en fait, et sans doute assez inconsciemment, Nicolas voit cet intrus comme une bouffée d’oxygène. La montée d’adrénaline qu’il n’a pu décharger durant l’humiliant contact avec Jimenez, c’est cet inspecteur qui va se la recevoir en pleine poire.

– C’est moi qui ai prévenu la police… Commença Chauvière qui emboitant le pas « au culot » à Furet le suit dans l’entrée du pavillon.
– Merci, mais il s’agit d’une affaire personnelle dont je ne souhaite pas parler.
– Comme vous voudrez ! Vous vous doutez des raisons de ma visite ?

« Premier piège, il y en aura d’autres ! »

– Pas du tout ! Mentit-il avec aplomb.
– Je voulais d’abord au nom de notre direction vous souhaiter un bon rétablissement…
– Oui, bon… Passons à la suite !
– Nous avons besoin de toute urgence des documents ayant trait aux transferts de fonds du général Diaz…
– Et vous voulez les récupérer ? Je n’ai pas bien compris vous êtes coursier ou inspecteur ?
– Disons que nous avons reçu un mail, probablement malveillant et comme il s’agit d’un dossier sensible…

« Un mail ? Tiens, tiens ! Vite un gros mensonge… »

– Ces documents sont dans ma maison de campagne, je peux les récupérer demain matin et les rapporter, il faudra de toute façon que je passe au bureau, j’ai laissé plusieurs dossiers en plan, je dois prendre des dispositions.
– Elle est loin, votre maison de campagne ?
– Ça ne vous regarde pas.
– Vous allez y aller en voiture ?
– Mais enfin, c’est quoi ces questions ?
– Parce que votre main…
– Ne vous inquiétez pas.
– Parce que j’aurais pu vous accompagner.
– Merci, je n’ai pas besoin de chaperon.

Chauvière semble un moment déstabilisé par l’aplomb dont fait preuve Furet et par cette version complétement inattendue. Mais il choisit un autre angle d’attaque.

– Quelque chose m’échappe cependant…
– C’est grave ? Railla Furet pas mécontent de malmener l’inspecteur.
– Vous n’avez pas en charge le dossier Diaz ?
– C’est une question ?
– Oui !
– Non !
– Pardon ?
– Je n’ai pas en charge ce dossier.
– Vous devinez donc quelle va être ma question suivante ?
– Je n’ai pas envie de jouer aux devinettes.
– Alors je vous la pose : pourquoi avoir emprunté ces documents ?
– Et bien pour travailler dessus pardi !

« S’il croit me déstabiliser, ce con… »

L’inspecteur ne répond pas, il attend la suite qui ne vient pas.

– J’avoue ne pas comprendre, finit par lâcher Chauvière.
– Bon, écoutez, on va peut-être en rester là. Vous êtes venu récupérer des documents, vous les aurez demain. Point final, l’entretien est terminé. Au revoir Monsieur, bonjour chez vous !

Chauvière eut quand même l’impression que sa hiérarchie ne se contenterait pas d’un rapport aussi banal.

– Comprenez-moi, j’ai un rapport à faire. Afin qu’il soit complet, j’aimerais pouvoir y indiquer la raison pour laquelle vous avez emprunté ces dossiers…
– Oui, bon, ça suffit, je ne voudrais pas être incorrect mais vous commencez à me casser les pieds, je suis fatigué. Pour le reste j’ai une hiérarchie et c’est à elle seule que je dois rendre des comptes. La sortie, c’est par là !
– Monsieur Furet, je suis missionné pour…
– Sortez s’il vous plait ! L’interrompt Furet.
– Je peux me servir de vos toilettes ?

La tactique n’est pas nouvelle, mais elle est efficace, on ne refuse pas les toilettes à quelqu’un qui a une envie pressante.

– Au fond du couloir, à gauche. Et évitez de pisser par terre !

Le hasard veut alors que Nicolas reçoive une communication téléphonique, c’est la mère de Pauline ! Rien d’important mais ce n’est vraiment pas le moment, et il ne sait pas comment s’en débarrasser.

– Ecoutez, Pauline n’est pas là ! Appelez-là sur son portable… Comment ça il ne répond pas, elle est peut-être quelque part où ça ne capte pas… Vous ne comprenez pas le message qu’elle vous a envoyé ? Mais j’en sais rien, moi, je ne suis pas au courant… Mais non il n’y a rien de grave… Ecoutez je vais vous rappeler…

Bref il ne s’en sort pas. Chauvière lui, à tout entendu, très vite il sort des toilettes, fait semblant de se tromper de chemin, regarde furtivement dans la salle de bain et dans la cuisine sans déceler quoique ce soit de particulier. Une feuille de papier sur la table de la salle à manger attire son attention, il en mémorise en vitesse le contenu.

– Bon, belle-maman, je suis obligé de vous laisser, je vous rappelle tout à l’heure et cesser de vous inquiéter. S’agace Furet au téléphone.

Il raccroche, découvre Chauvière figé devant lui !

– Vous êtes encore là, vous !
– Je ne voulais pas partir sans vous dire au revoir :
– C’est ça, au revoir !

Chauvière s’en va assez dubitatif, il doit maintenant se rendre chez Daisy Rollin.

« Pour quoi faire ? Mais si je n’y vais pas on me le reprochera. Bof, je pourrais toujours dire qu’elle n’était pas chez elle. »

Il prend néanmoins le chemin de son domicile.

Daisy

Jérémie Chauvière s’est tout de même décidé à sonner chez Daisy dans son appartement parisien. Il ne se sert pas de l’interphone, entre derrière une personne, repère le numéro de porte sur sa boite aux lettres et monte directement :

– Jérémie Chauvière, inspecteur des services de la Banque de l’Atlantique Sud ! Se présente-t-il sur le pas de la porte de Daisy
– Non mais attendez, c’est chez moi, ici. J’ai eu ma dose ce matin, maintenant j’aimerais bien qu’on me foute la paix.
– Ce sera très court…
– Et retirez votre pied du pas de ma porte sinon je vais hurler.
– C’est dans votre intérêt que je me déplace jusqu’ici. N’aggravez pas votre cas !
– Ecoute pépère, tu vas marquer dans ton rapport que j’étais très énervée et que je t’ai foutu à la porte et maintenant tu dégages.
– Je suis là pour vous aider…
– Vous m’aiderez une autre fois.

Daisy prend une profonde inspiration, met ses deux mains à plat et en avant et fait perdre l’équilibre à Chauvière qui se retrouve le cul par terre sur le palier. Elle ferme la porte.

« Métier de merde ! » Grommelle l’inspecteur en redescendant l’escalier.

Nicolas Furet

Nicolas Furet, remonté à bloc par son entrevue avec Chauvière vient d’avoir une idée géniale.

Mais d’abord il faut qu’il règle cette affaire de belle-mère qui lui casse les pieds, alors qu’il n’a vraiment pas besoin de ça !

Il téléphone à sa femme, ça ne répond pas ! Il trouve ça bizarre et recommence, c’est alors qu’il lui semble percevoir le bruit d’une sonnerie dans la chambre conjugale. Il s’y rend et constate que son épouse a oublié son portable qui est en train de charger contre une prise murale !

« Bon, je fais comment ? »

Mais il se dit qu’il n’est pas nécessaire de paniquer, Pauline va bien finir par se rendre compte qu’elle a oublié son portable et va essayer de le joindre avec un autre appareil.

« Reste la belle-mère ! Je peux faire le mort, mais cette abrutie est capable d’appeler les flics, manquerait plus que ça ! »

Il la rappelle.

– Ecoutez on a eu une inondation, on est obligé de se loger ailleurs quelques temps, Pauline vous demandait si vous pouviez héberger les gosses.
– Mais pourquoi, elle ne répond pas !
– Mais j’en sais rien moi, patientez un peu, elle va forcément vous rappeler.
– Elle a peut-être eu un accident.
– Mais non, je l’aurais su. Bon, je vous laisse, les pompiers arrivent.

Furet peut enfin essayer de se concentrer sur son plan du lendemain.

La première idée née au cours de l’entretien avec Chauvière était de gagner du temps et de faire en sorte que l’on ne soit pas surpris de sa présence dans les locaux de la banque le lendemain matin. Mais il pouvait faire encore plus fort que ça et qui sait, même sauvegarder son poste dans l’entreprise.

Il sortit de chez lui et se rendit au « bar de la marine », établissement situé près de la gare où il lui arrivait parfois de prendre un second café matinal.

Il y avait parmi la clientèle de ce café un personnage étrange, qui se faisait appeler « Petit Remy », siégeant toujours à la même table, invariablement costumé et cravaté et passant ses journées à bouquiner en sirotant des Vichy-fraise. De temps à autre il sortait d’un grand sac de toile tantôt des parfums de marque, tantôt des pulls en cachemire, des écharpes en soie et même une fois du caviar, tout cela était proposé aux seuls habitués du café au tiers de leur prix. Parfois il téléphonait et il n’était pour qui voulait s’en donner la peine, peu difficile de comprendre que l’homme vivait de petites flibustes.

En ce moment, Petit Remy n’est pas seul et entretient grande conversation avec un type en chapeau. Furet attend qu’il soit libre et comme une demi-heure plus tard il ne l’était toujours pas, il griffonne un bout de papier : « pourrais-je vous voir d’urgence pour une affaire importante » et le lui porte.

Petit Remy se lève alors et vient s’assoir en face de Nicolas :

– 10 000 euros : deux heures de route, une petite demi-heure de travail et aucun risque, ça vous dit ? Commence ce dernier.
– C’est tentant ! Expliquez-moi mieux.
– Ça, ce sont les clés de ma maison de campagne. Vous y allez ce soir, vous entrez, ça c’est le plan, mon bureau est là, vous commencez à renversez les tiroirs, vous foutez le bordel et vous vous arrêterez brutalement, comme si vous cherchiez quelque chose et que vous veniez de le trouver. En partant vous laissez la lumière allumée et vous fracturez la porte, de l’extérieur, évidement. Ensuite vous arrangez pour prévenir les flics, en leur disant que vous avez entendu des bruits bizarres et que vous pensez que ce sont sans doute des cambrioleurs…
– J’ai compris.
– Et en rentrant vous me laisserez les clés dans ma boite aux lettres.
– Ça marche !
– Je vous ai noté les adresses…
– Oui, mais, c’est payable d’avance
– Je vous fais un chèque ?
– Non trois ?
– ?
– J’ai plusieurs comptes.

Chauvière est pugnace, on lui a appris qu’après un échange difficile voir conflictuel, vient ensuite l’esprit d’escalier, celui qui fait dire « J’aurais dû, j’aurais pas dû ». Le second entretien est parfois (mais pas toujours) celui de l’apaisement.

Il laisse donc passer deux heures, puis refait une tentative.

Effectivement, après coup Daisy regrette d’avoir flanqué l’inspecteur par terre (même si ce n’était pas vraiment volontaire). Un geste qui n’arrangera pas ses affaires.

– Jérémie Chauvière, désolé d’insister, mais est-ce que je peux m’entretenir avec vous quelques instants ?
– Encore vous ? Qu’est-ce que vous venez fabriquer chez moi ? Vous avez vu l’heure ? J’ai une vie privée, moi !

Mais la protestation est très formelle, si elle pouvait lui faire promettre de taire dans son rapport son attitude de tout à l’heure…

– J’en ai pour trente secondes !
– Ben, voyons !
– Vous êtes sous la menace d’un blâme et…
– Un blâme de quoi ? Bon rentrez, mais juste cinq minutes.
– Monsieur Blondberger vous accuse de l’avoir gravement insulté, par ailleurs vous avez abandonné votre poste sans prévenir personne.
– Attendez, Blondberger m’a traité comme une véritable merde alors que je n’ai rien à me reprocher, qu’il se regarde dans une glace avant d’accuser les autres !
– Pour l’instant c’est votre parole contre celle de Blondberger. On peut essayer d’arranger ça !
– Il m’a provoqué, s’il devait y avoir des suites j’interviendrais auprès des syndicats, voire aux prudhommes.
– Ne nous emballons pas. La situation est simple, on soupçonne Nicolas Furet d’avoir fait une grosse bêtise, or il est de notoriété publique que vos rapports avec lui ne sont pas simplement professionnels.
– De notoriété publique ? Non, mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ! Vous n’allez pas vous y mettre aussi, non ? Je refuse de parler de cet aspect des choses.
– D’accord on n’en parle pas, mais on ne peut s’empêcher de penser que Furet vous faisait des confidences sur les dossiers qu’il gérait.
– Non Monsieur ! Monsieur Furet ne me faisait pas des confidences sur les dossiers qu’il gérait,
– Quand il vous a demandé de remplacer les documents du président Diaz par des photocopies, vous n’avez pas été surprise ?
– Absolument pas !
– Qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
– Quelle défense ? Je n’ai commis aucune faute avec ces dossiers.
– Oui, mais vous avez insulté Blondberger.
– Vous vous répétez !
– Si vous aviez remarqué quelque chose de louche dans l’attitude professionnelle de Monsieur Furet, vous seriez prête à me le signaler ?
– Vous me fatiguez, franchement. Arrêtez de me chercher des poux dans la tête, si la banque veut se débarrassez de moi, dites-le-moi carrément ça sera plus simple.
– Il n’est pas question de ça !
– Bon alors écoutez-moi bien, j’ai quinze jours d’arrêt de travail. J’aimerais qu’on me foute la paix pendant ces quinze jours, si quand je vais revenir on continue à m’emmerder, j’irais jusqu’au bout et je trainerais Blondberger devant les tribunaux. C’est tout ce que j’ai à vous dire, maintenant faites-moi le plaisir de me foutre le camp.
– Cette attitude ne vous aidera pas.
– Mais bon dieu qu’est-ce que vous voudriez que je vous dise ? Que Blondberger a raison ? Ben non il n’a pas raison. C’est ma seule ligne de défense et je n’en démordrais pas.
– Bon on va en rester là !
– Une dernière chose, je vous ai un peu bousculé tout à l’heure…
– C’est le cas de le dire !
– Il n’était pas dans mes intentions de vous faire tomber, aussi si vous pouviez accepter mes excuses.
– Pas de soucis.
– Vous n’en parlerez pas dans votre rapport ?
– Vous avez ma parole !

« Parole d’inspecteur, hum… dommage que j’ai rendez-vous avec Nicolas, sinon je l’aurais eu au charme, l’inspecteur. »

Chauvière, lui est dubitatif :

« Vraiment pas mal, la maîtresse de Furet, dans d’autres circonstances, bon, ne rêvons pas… »

Pour Nicolas la situation se dégage mais tout cela devient compliqué, il est fatigué, n’a pas dormi la nuit dernière, doit rester là au cas où les flics l’appelleraient sur son fixe après le faux cambriolage. Il devra se lever de très bonne heure pour se rendre à Cernay-la-Ville près de Rambouillet dans sa maison de campagne, puis filer à la banque récupérer les photocopies pour Jimenez puis débiter un gros mensonge à sa hiérarchie. Hors de question donc d’aller batifoler ce soir chez Daisy. Il l’appelle, lui propose de venir en taxi (qu’il paiera) en espérant qu’elle refusera, mais elle accepte avec empressement.

C’est évidemment la première fois que Daisy à l’occasion de venir chez son supérieur hiérarchique.

– T’es sûr que ta femme ne risque pas de revenir à l’improviste ?
– Ça m’étonnerait !
– J’ai envie de faire pipi, c’est où tes toilettes ?

Il lui indique.

– Tu m’accompagnes ?
– Je suis fatigué, tu sais !
– Juste pour te rincer l’œil !
– Tu parles ! Tu veux essayer de m’exciter, mais je te dis ce n’est pas la peine !
– Ça ne coûte rien d’essayer !

Daisy, au lieu de se diriger vers les toilettes, entreprend de se déshabiller entièrement en posant ses vêtements sur un fauteuil.

– Tu fais quoi, là ?
– Ben tu vois bien, je me déshabille !
– Non !
– Pardon ? Tu veux m’empêcher de me déshabiller ?
– Non, tu fais ce que tu veux, mais ça ne sert à rien.
– Je ne suis pas mignonne à poil ?

Elle enlève son soutien-gorge, joue avec ses seins, fait durcir les tétons.

– Touche mes nichons ! Juste un peu, juste pour le fun !

Nicolas Furet a beau être fatigué, il ne peut être insensible à la vue de ces charmants globes dont il ne se lasse pas.

Il y porte une main, effleure la peau de ce joli sein, en éprouve l’arrondi gracieux, l’autre main vient sur l’autre sein. Par jeu il frôle des doigts les tétons.

Sa bite réagit en sortant de sa torpeur, il est pris au piège, faute d’avoir sous-estimé le pouvoir d’un sein !

Sa bouche vient à la rescousse de ses doigts, ce téton gauche arrogant qui le nargue, il le suce, il le lèche, il l’aspire.

La main de Daisy se pose sur la braguette de l’homme et constate que c’est maintenant tout dur, et tandis qu’il continue à flatter ses nichons, elle dégrafe le pantalon, fait tomber le caleçon et découvre une bite montrant le ciel.

Une flexion des genoux, voilà Daisy, bouche contre bite, elle la branle un peu d’abord avant de l’engloutir et de la sucer avec avidité. Mais rapidement, elle s’arrête :

– Tu sais, j’ai vraiment envie de pisser !

Et sans attendre de réponse, elle prend Furet par la main et l’entraine hors de la pièce.

– Elle est ou ta salle de bain ?
– Là-bas !
– Ah, t’as une baignoire ? Finis d’enlever tes fringues et tu vas m’y rejoindre.
– Je croyais que c’était pas ça, ton fantasme !
– Faut pas toujours faire la même chose ! Tu vas voir, c’est rigolo.

Daisy s’assoit alors dans la baignoire en serrant les jambes.

– Je fais quoi, moi ? Demanda Furet.
– Tu attends !

La femme se mit à pisser, une partie de l’urine se trouva un moment coincée dans la cavité formée par son bassin et ses cuisses. Avec ses mains elle s’enduit tout le corps de ce liquide jaunâtre sans oublier les seins et le visage. La pisse finit par s’écouler au fond de la baignoire faisant subir à son cul un insolite bain de siège.

Daisy se relève en riant, fière de son exhibition !

– Et maintenant tu lèches !

Un corps mouillé, c’est déjà beau, mais quand on est un tant soit peu urophile et que la pisse a remplacé l’eau claire… Alors je ne vous dis pas…

Furet s’attendait à ce qu’elle lui offre ses seins pour commencer ce petit nettoyage insolite ! Mais voilà que la coquine se retourne et lui offre ses fesses.

– Et nettoie bien partout, je veux sentir ta langue dans mon trou du cul.

« Tiens, c’est la première fois qu’elle me propose ce truc-là, Madame se lâche ? »

Un peu d’appréhension quand même, un trou du cul c’est un trou du cul et à cette heure avancée de la journée, ça ne sent pas forcement la rose.

Prudemment, il écarte les globes afin de dégager l’œillet brun, sa langue s’en approche et en teste le goût, c’est acre, mais ça n’a rien de désagréable quand on est quelque peu connaisseur.

Daisy, excitée comme une puce, décide de faire dans la provocation.

– Vas-y, lèche mon cul ! Mon gros cul plein de merde !

Furet à un mouvement de recul instinctif ! S’il a des fantasmes scatos, ils sont bien enfouis.

– Ça va pas, non ?
– Ben, quoi, qu’est-ce que tu nous fais, on ne peut plus rigoler, il est propre mon cul, enfin je suppose ? Il est propre ou pas ?!
– Il est propre !
– Ben continue !

Il continue, mais une curieuse pensée lui travers l’esprit :

« Si c’était Chanette qui m’avait demandé de lui lécher le cul et s’il avait été un peu, enfin un tout petit peu sale, est ce que je l’aurais fait ? Probablement, mais Chanette et Daisy ce n’est pas la même chose… »

Eh oui, c’est compliqué parfois les « choses du sexe », d’autant que Daisy en rajoute une couche dans la provocation.

– Tu n’aimerais pas un jour me regarder faire caca ?
– Daisy arrête !
– Voir un gros boudin sortir de mon petit cul, ça ne te tuerait pas ! Après tout c’est la nature !
– Bon, tu arrêtes avec ça !
– O.K. Mais penses-y avant de t’endormir !
– Certainement pas ! Et puis c’est quoi ces fantasmes scatos, c’est nouveau, ça vient de sortir.
– C’est pas un fantasme, c’est un souvenir, quand j’étais plus jeune, on m’envoyait passer les vacances à la campagne, il y avait une de mes cousines qui était très délurée. On s’amusait à faire nos besoins l’une devant l’autre, ça m’a marqué…
– Bon, inutile de me raconter la suite !

Bien que quelque part, il aurait bien voulu savoir…

Daisy qui tenait tout ce discours en gigotant des fesses, finit par se retourner, pour lui offrir ses seins, puis sa bouche, Furet bande comme un taureau…

– Tu m’encules ? Minaude-t-elle
– Ah, oui je veux bien, tourne-toi, je reviens, je vais chercher une capote.
– Hé, Ho ! On ne va pas faire ça dans la baignoire, j’aime bien mon petit confort quand je me fais enculer !

Ils sortent de la baignoire et se sèchent un petit peu. Furet attrape une grande serviette qui dispose sur le lit conjugal.

Daisy s’y installe en levrette, les cuisses écartées, tous ses trésors bien visibles.

– J’ai pas de gel !
– Avec la capote lubrifiée, ça devrait le faire !

Ça le fait, Furet sodomise Daisy en cadence, mais il sent qu’il n’y arrivera pas, alors il s’efforce de pilonner frénétiquement de façon à ce que ça partenaire puisse jouir. Quand elle commence à gémir, il accélère encore. Daisy crie sa jouissance, Furet pousse un cri comme s’il venait lui aussi de jouir, mais rien n’est sorti de son pénis. Il retire la capote en se cachant, mais Daisy ne le regarde pas, elle récupère.

à suivre

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Une réponse à Chanette 23 – La mallette noire par Chanette – 6 –Quelle journée !

  1. Forestier dit :

    J’adore la plume de Chanette, mais il ne faudrait pas que le scénario policier par ailleurs assez complexe, mais bien ficelé, prenne le pas sur l’aspect érotique de la chose.

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