Chanette 13 Chanette et les banquiers par Chanette – 2 L’horrible Monsieur Roger


2 – L’horrible Monsieur Roger

Roger

Roger s’était replacé en faction devant l’immeuble des époux Boulanger. La journée s’était pour lui bien passée, peut-être trouverait-il encore quelque chose à se mettre sous la dent. Il se fixa donc 20 heures comme limite. Mais vers 19 h 15, il se demanda s’il était en train de rêver quand il vit Dolorès et Bertrand sortir de l’immeuble bras dessus, bras dessous, apparemment d’excellente humeur et ne donnant absolument pas l’impression d’être en froid !

- Merde, elle n’a pas reçu ma lettre ! Pesta-t-il !

Il les suivit jusqu’à l’entrée d’un restaurant, puis décida d’entrer ! Que s’était-il passé ? Une erreur ou un défaut de distribution de la poste ? Ou alors, le courrier avait été ouvert par Bertrand qui l’avait bien sûr détruit. Il savait donc ce qui lui restait à faire : il ne s’attabla pas et quitta le restaurant, puis rentré chez lui, il sélectionna deux jeux de photocopies, tapa une petite lettre qu’il annexa au premier jeu, puis écrivit deux enveloppes, la première à l’adresse de la Banque Lavoine, la seconde avec simplement le nom de Dolorès Boulanger, il dîna devant la télé, puis s’endormit d’un sommeil apaisé.

Samedi

Le lendemain, Roger déposa directement la première enveloppe dans la boite aux lettres de la Banque Lavoine, puis se dirigea de nouveau vers l’immeuble des Boulanger.

- « La chance est avec moi ! » se dit-il quand il vit Dolorès sortir seule vers 10 heures.

Roger suivit Dolorès qui pénétra dans un marché animé et bruyant dans lequel les gens se gênaient dans les travées trop étroites. Super, se dit-il, ce lieu lui semblait parfait pour réaliser son plan. Il attendit qu’elle pile devant un étal, puis avisa un gamin qui traînait par là, alors qu’il aurait sans doute dû être à l’école.

- Dis-moi, ça te dirait de gagner 10 euros ?

Le gosse leva des grands yeux étonnés :

- Ça dépend pourquoi !
- C’est tout simple, je voudrais faire une farce à une amie, il faut juste lui donner cette enveloppe et tu te sauves !
- C’est tout ?
- Oui !
- C’est loin ?
- Non c’est la belle dame là-bas qui est devant les tomates !
- D’accord passe-moi l’enveloppe et la tune, répondit le môme, scandalisant Roger par ce passage au tutoiement.

L’ancien flic se planqua afin de surveiller la manœuvre. Le gosse aborda brièvement Dolorès

- Y’a un monsieur qui m’a demandé de vous donner ça !
- Hein quoi ? Quel monsieur ? Il est où ? Demanda Dolorès, alors que le gamin s’était déjà envolé !

Elle reconnut de suite l’écriture de Roger, l’inévitable Roger, crut le reconnaître un peu plus loin dans la travée, se mit à courir entraînant un cri de colère du maraîcher :

- Et vos tomates ?

Dolorès cru rattraper le bonhomme, mais ce n’était pas lui, elle chercha avant de réaliser que c’était elle qui était suivie, elle se retourna donc, mais ne vit personne…

C’est que Roger était un pro. Un peu déboussolé néanmoins, car il lui apparaissait qu’elle aurait dû commencer par ouvrir l’enveloppe au lieu de chercher à rejoindre celui qui lui avait adressé.

Dolorès finit par sortir du marché ce disant qu’elle aurait plus de chance de démasquer son suiveur en terrain découvert, elle commença par emprunter une rue dont le stationnement était réservé les jours de marchés aux véhicules des forains, et qui allait lui permettre de piéger Roger, car un peu plus loin, elle prendrait une rue dégagée, puis une autre… Chemin faisant, elle ouvrit l’enveloppe, et en extirpa les deux feuilles qu’elle contenait. Elle pila de surprise : le contenu était rigoureusement identique au premier envoi ! Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? A part manifester sa présence, son exécrable présence ? De rage, elle déchira tout cela en mille morceaux qu’elle abandonna dans la première poubelle venue.

Roger, planqué derrière un camion ne comprenait pas. La réaction de Dolorès Boulanger n’était pour lui pas celle d’une femme normale. N’importe qui d’autre aurait gardé soigneusement ce courrier pour en faire la pièce maîtresse de l’inévitable affrontement avec l’époux ! Et là visiblement, elle s’en foutait. Peut-être qu’alors le couple Boulanger était de ceux qui vivent ensemble pour des raisons qui leur sont propres, mais qui se foutent mutuellement de ce que fait l’autre ?

- La salope ! S’écria-t-il avant de rebrousser chemin, dépité.

Dolorès tourna à droite, puis à gauche, au bout de cent mètres, elle se retourna et rebroussa chemin. Devant elle, il n’y avait personne, elle traversa, avisa une courte rue sur sa droite, fonça jusqu’au prochain carrefour et se cacha derrière une camionnette qui avait eu la bonne idée de se garer là. Elle attendit plusieurs minutes avant de se rendre à l’évidence, personne ne la suivait !

Roger récupéra son véhicule, et décida d’abandonner planque et filature, ça ne servait plus à rien. Certes, après le probable échec de sa demande d’embauche chez la banque Lavoine, Bertrand en solliciterait d’autres, mais à quoi bon, il n’était en vacances qu’une semaine…

Lundi

Michel, le directeur de l’agence U de la Banque Lavoine n’ouvrait que le courrier nominatif, il lut quelques lettres de réclamation qu’il distribuerait tout à l’heure à ses collaborateurs avant de lire cette étrange missive :

« … Une indiscrétion nous a appris que vous étiez sur le point d’embaucher M. Boulanger Bertrand. Nous avons estimé que tout en respectant la règle du secret professionnel, qu’il était de notre devoir de vous informer que nous avons été dans l’obligation de nous séparer de cette personne qui possédait la capacité de déjouer la plupart des systèmes de sécurité informatiques au détriment des intérêts de la clientèle… Jean-Luc Roger, inspecteur au Crédit du Sud.

Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Et depuis quand un inspecteur d’un établissement signait ce genre de lettre à l’attention d’un autre ? Quoiqu’il en soit, Bertrand avait menti en affirmant qu’il était sur le point de démissionner. Un coup de fil anodin à son ancienne banque lui confirma que « Monsieur. Boulanger ne faisait plus partie du personnel ». Michel ne souhaitait prendre aucun risque et appela Bertrand sur son portable.

- Je suis très embêté, pour ton embauche, ça ne va pas marcher !
- Un souci ?
- Ben oui, le poste que je te réservais, le patron vient de l’attribuer à un de ses protégés. C’est vraiment pas de bol !
- Comme tu dis !
- J’espère que tu n’avais pas déjà remis ta démission ?
- T’inquiète pas pour moi !
- Tu ne veux pas me répondre ?
- Non ! Conclut Bertrand en raccrochant.

Si vraiment c’est mon ami, il va me rappeler, se dit-il sans y croire une seconde. Tout cela ressemblait à du grand n’importe quoi ! Déjà le motif, tout en restant possible, lui paraissait cousu de fil blanc, Michel lui ayant toujours affirmé qu’il se faisait fort de l’embaucher n’importe quand ! Et puis il y avait le ton, cela ressemblait plus à celui d’un vieux copain à qui on la fait pas qu’à celui d’un ami. Mais que c’était-il donc passé ? Manifestement Michel savait qu’il avait démissionné, mais comment l’avait-il su ? Il n’avait aucune raison de téléphoner à son ancienne boîte. Quelqu’un lui avait donc soufflé quelque chose… L’ombre de Roger, encore une fois ! Peut-être que ce dernier l’avait suivi, il était grand temps qu’il contacte un détective privé sinon sa vie allait devenir un véritable enfer.

Le détective était gris et gras, il écoutait le récit de Bertrand avec un air entendu, en prenant parfois deux ou trois notes sur un grand cahier à spirales.

- Bon il y a deux choses si je comprends bien : vous fournir les coordonnées de la personne, c’est pas bien compliqué, c’est du tout-venant, je peux vous avoir ça pour dans huit jours, et même avant si vous êtes pressé ! Maintenant, pour ce qui est d’essayer de savoir pourquoi ce bonhomme a une telle haine contre vous, je ne vois pas comment je peux faire ça ! Je suis détective privé, pas fakir.

Dolorès et Bertrand se regardèrent dubitatif.

- Bon, je vous fais signer un petit contrat pour l’adresse.
- Non, on laisse tomber ! Répondit Dolorès avant que Bertrand ait eu le temps d’ouvrir la bouche.
- Réfléchissez, rien ne presse… Remarquez si vous êtes prêt à verser pas mal d’argent pour savoir, je peux vous donner l’adresse de quelqu’un…
- Un collègue ?
- Non pas un collègue, disons que c’est quelqu’un qui utilise des méthodes un peu en marge de la légalité…
- Bon, allez, on vous laisse, dit Dolorès en se levant, entraînant Bertrand derrière elle.

- On aurait pu accepter juste pour l’adresse ! Objecta Bertrand une fois sortie de chez le détective.
- Et tu vas faire quoi avec l’adresse ? Allez lui casser la gueule, il portera plainte et c’est toi qui auras des ennuis.
- Alors on fait quoi ?
- On aura bien l’occasion de le choper, mais ça se passera dans la rue, là au moins, je suis sûr que tu ne l’enverras pas dans le coma !
- Mais Dolorès, à partir de son adresse, qu’est-ce qui nous empêche de le choper dans la rue ?
- Oui tu as raison, donc s’il continue à nous faire chier, on téléphonera à cet abruti de détective et on fera comme ça.

Troisième séance

Le mec me regarde comme si j’étais la madone, c’en est gênant, manifestement il a envie de me parler… J’aime pas trop ce genre de choses, mais j’ai aussi appris qu’il ne servait à rien d’éviter ce genre de situation, car c’est souvent reculer pour mieux… sauter.

- Oh toi, tu m’as l’air préoccupé, fais-moi confiance, je vais te faire oublier tes soucis… Je vais te faire un cul tout rouge.
- Ça vous embête si je vous… Si je vous… En fait je voudrais vous dire deux, trois trucs…
- Rien de grave, j’espère ?
- Non, mais ça vous concerne, et j’ai besoin de parler.

Bon, avant dans ce genre de circonstance, je précisais au type que je n’étais ni psychologue ni sexologue… Je ne le fais plus pour les raisons évoquées plus haut. Je l’invite donc à me dire ce qu’il a à me raconter.

Et il me déballe toute l’histoire, celle que vous venez de lire, du moins les parties dont il a connaissance.

Quelque part son histoire me touche, le mec est intelligent, ouvert, possède un certain humour. Mais, bon physiquement, ce n’est toujours pas mon genre…mais après tout comme disait une copine « ce n’est pas de sa faute s’il est beau ». Reste à savoir pourquoi il me raconte tout ça : si c’est uniquement le besoin de parler, il faut que je le relance, qu’il n’ait pas l’air de croire que je me désintéresse de son histoire, par contre si c’est une manœuvre de rapprochement, il va falloir que je le recadre.

- Et tu n’as vraiment pas une idée de la raison pour laquelle il s’acharne contre toi ?
- Ben non !
- Vous devez avoir quelque chose en commun, et ça doit le gêner !
- Je n’ai rien de commun avec lui, on travaillait dans la même boîte, mais maintenant on m’a viré…
- Une femme ? Vous êtes peut-être amoureux de la même femme !
- Impossible, je n’ai pas de maîtresse !
- Ça peut être ta femme, ça peut même être moi ! Qui sait, c’est peut-être un de mes clients, décrit le moi.
- Je te l’ai déjà décrit.

Il me refait cette description de ce bonhomme avec deux grosses verrues sur le front que je n’ai jamais vu !

- Ce n’est donc pas moi ! Reste ta femme ?
- Ce serait pour ça qu’il lui a acheté des fleurs ?
- Pourquoi pas, il est tombé amoureux d’elle et comme il s’est rendu compte que ça ne pouvait être que platonique, il a pété les plombs !
- Mwais !
- En tous cas, tu as une sacrée chance d’avoir une femme aussi compréhensive.
- C’est vrai… Disons que nous sommes un couple assez libre…
- Elle t’a demandé ce que tu te faisais faire ici ?
- Oui, mais je ne suis pas trop entré dans les détails.
- Et tu ne lui as jamais demandé de te faire la même chose ?
- Euh… Disons qu’elle aime bien me dominer, mais nos relations sont assez espacées, et puis il n’y a pas chez nous toutes les… possibilités qu’il y a ici !
- N’est-ce pas ?
- Mais bon, c’est une femme curieuse, intelligente, ouverte, tu sais ce qu’elle m’a dit quand je t’ai décrit un peu ?
- Dit !
- C’était une boutade, mais elle l’a dit qu’elle aimerait bien me regarder pendant que je me faisais dominer par toi !
- Tu es sûr que c’était une boutade ?
- Ben…
- On pourrait organiser ça, ça me changerait de ma routine !
- C’est vrai ?
- Puisque je te le dis ! Bon on se fait notre petite séance ? Le problème c’est qu’on n’a plus beaucoup de temps. A moins que tu veuilles rester plus longtemps, à ce moment je t’attache et si tu as de la chance tu pourras faire des trucs avec mon client suivant.

Je lui précisais que c’était un peu plus cher, mais comme je le pressentais il accepta sans problème, et je lui passais le collier de chien.

- Bon, alors voyons voir ces petits tétons d’esclave, toujours aussi sensibles ! Commentais-je en les tordant du bout de mes doigts.
- C’est bon, maîtresse !
- Bien sûr que c’est bon ! Je ne fais que des bonnes choses.

Je vais tout de suite chercher des pinces que je lui accroche aux mamelons, et comme les fois précédentes je rajoute des poids. Ce qu’il ne comprend pas c’est pourquoi j’ai apporté six pinces ? Il fait une drôle de tête quand il me voit prête à les accrocher à la peau de ses testicules.

- Non !

Je le gifle.

- Je sais bien que tu n’aimes pas les gifles, alors ne m’oblige pas à t’en donner.
- Pardon, maîtresse !
- Tire la langue ! Non pas comme ça, tu laisses ta langue dehors. Je regarde si je peux accorder à cette langue là l’honneur de me lécher le trou du cul ?

Il bandait déjà, le Bertrand, mais là c’est carrément le garde-à-vous. Par pur sadisme, je lui envoie une pichenette sur la verge, ça lui provoque un petit sursaut.

- Bon, allez, à genoux, tu vas me lécher le trou de balle.

Il attend patiemment que je dégage le bas, je réalise alors que ce doit être la première fois que je lui montre mon cul. Puis, il se précipite, et c’est grand plaisir de le voir (il y a plein de miroirs « chez moi ») mettre tout son cœur à cet ouvrage. Du coup je le laisse s’activer ainsi pendant plusieurs minutes.

- Alors, il est bon le cul de ta maîtresse ?
- Ça m’excite beaucoup, merci maîtresse.
- Un jour, je te le ferais lécher, juste après avoir fait mes besoins, tu me serviras de papier à cul.

Je note qu’il ne me répond pas, mais qu’il n’a pas non plus protesté. J’insiste ou n’insiste pas ? J’insiste ?

- Tu le ferais ?
- Je… je ne sais pas…
- Si tu étais très excité ?

Manifestement je l’embarrasse. On va passer à autre chose !

- C’est bien tu es un bon esclave. Mais dis-moi tu dois avoir soif de m’avoir léché le cul si longtemps.
- Un peu, maîtresse !
- Je vais t’offrir mon champagne !

Je ne sais s’il comprend ou pas !

- Allez, file à quatre pattes dans la salle de bain.

Il a un peu de mal à avancer, les pinces et les poids le gênant, mais je l’aide à ma façon en lui tapant les fesses avec ma cravache.

- Allonge-toi sur le dos, non attends, redresse-toi, je vais t’enlever les pinces que tu as aux couilles.

L’enlèvement est souvent douloureux… Effectivement mon soumis fait une sale grimace et les marques restent bien visibles sur la chair torturée.

- Je vais t’arranger ça !

Je prends un coton disque que j’imbibe d’eau de Cologne et je lui frotte les testicules avec ça ! Manifestement il ne connaît pas le truc !

- Ça apaise, hein ?
- Oui, merci maîtresse !

Et puis, il se demande ce qui se passe.

- Ça, ça… ça chauffe !
- Ben oui, ça chauffe, elle est vilaine ta maîtresse, hein ? Répondis-je ne me moquant.

Après ce petit interlude, je le fais s’allonger sur le carrelage.

- Attention, il va y en avoir pas mal, je n’ai pas pissé depuis ce midi ! Tu ouvres la bouche et tu avales tout ce que tu peux.
- Oui Maîtresse !

Il n’est pas novice en la matière, et pour lui l’uro n’a rien de punitif, ni d’humiliant. C’est sans doute un de ses fantasmes secrets qu’il ne peut réaliser souvent. Il avale, mais au bout d’un moment il sature.

- Allez avale !

Ça a dégouliné partout, sur son torse, ses épaules, et même ses cheveux.

- Allez, on se relève, là-bas il y a une serpillière, tu me nettoies tout ça, tu rinces la serpillière, tu la tords, tu l’étends, et ensuite tu prends une douche, tu te sèches et tu reviens ma voir… Tu peux retirer tes pinces aux seins.

Un quart d’heure plus tard, le voilà qui revient, savonné et rincé. J’ai déposé sur la table du salon, une petite culotte, un porte-jarretelles et des bas.

- Enfile tout ça !

La tête qu’il me fait

- Il y a un problème ?
- Non, mais pourquoi ? Trouve-t-il le courage de balbutier.
- Parce que ça fait partie de ton dressage… et parce que c’est moi qui commande… et parce que je fais ce que je veux…
- Bien maîtresse ! Répondit-il sans beaucoup de conviction.

Evidemment, il commença par la culotte !

- Ben non tu as tout faux, tu mets d’abord le porte-jarretelles, tu mets les bas, tu les accroches, et la culotte en dernier ?
- La culotte par-dessus ?
- Bien sûr, comme ça on peut la retirer en laissant tout le reste en place, tu ne sais pas ça à ton âge ?

Il enfile les bas, examine le résultat !

- Evidemment avec les poils en dessous, c’est pas terrible… mais là je suis désolée, je n’ai pas le temps de te raser, mon prochain client ne va pas tarder… Allez, on se dépêche…

Une fois « habillé », je le conduis de nouveau dans la salle de bain, je lui applique une base sur la peau, puis un fond de teint, je lui pose un rouge à lèvres (bien rouge de chez rouge), du fard à paupière, mais renonce au mascara ! Une perruque blonde par-dessus tout ça, et voilà notre homme transformé en travelo.

- Alors qu’est-ce que tu en penses ?
- C’est amusant !
- T’es super sexy comme ça, tu vas pouvoir aller faire des pipes au bois de Boulogne et me ramener l’argent, pendant ce temps là je me reposerai.

Il me regarde, se demande si c’est du lard, ou du cochon (avec moi on ne sait jamais)… je l’emmène au donjon et le flanque dans une cage que je verrouille

- Tu restes sage ! Tu auras peut-être une bonne bite à sucer !

Mon prochain client arrive, je lui explique préalablement ce que j’attends de lui, ce n’est d’ailleurs pas la première fois et comme il ferait n’importe quoi pour plaire à sa maîtresse, il n’y aura pas de problème. Je le « travaille » un peu dans le salon, puis l’emmène dans le donjon, où je le flagelle avec une lenteur toute calculée, avant de l’immobiliser sur la croix de Saint André. Je le masturbe un peu afin qu’il bande correctement, puis je libère Bertrand, lui remet son collier de chien et le tire avec la laisse pour le positionner devant la bite de mon soumis.

- Suce ! Ordonnais-je simplement.

Le Bertrand ne fait ni une ni deux, et comme s’il avait fait ça toute sa vie, suçote et « léchote » la queue de l’autre.

- Il te suce bien, au moins ?
- Oui, maîtresse !
- Tu aimes ça : sucer des bites ?
- Oui, maîtresse !

Zut et flûte ! Mon soumis a un petit soubresaut, j’éloigne Bertrand mais ne peut empêcher le premier de jouir… Ça ne m’aurait pas déplu d’aller plus loin encore… Bof, ce sera pour une autre fois…

- Et toi tu as envie de jouir ? Lui demandais-je.
- Oui, maîtresse !
- Alors la dernière fois, je t’ai permis de te branler en regardant mes seins, cette fois tu vas le faire en regardant mes fesses !
- Non maîtresse !

Il y aurait de la rébellion dans l’air ? Le ton est quasi dramatique.

- Dis donc, toi ? Qui est-ce qui commande ici ?
- C’est vous, maîtresse, mais permettez-moi de voir votre visage, quand je vais me faire jouir… Ça compte tellement pour moi !
- Bon, je vais te faire une fleur, parce que tu as bien sucé l’autre ! Répondis-je histoire de trouver un prétexte pour justifier ma volte-face. Allez, vas-y !

Je m’apprêtais à dévoiler mes seins, mais il ne me le demande pas, il se branle frénétiquement, les yeux scotchés sur mon visage, et comme l’autre jour, crache son plaisir dans ses mains.

- La prochaine fois je veux que tu viennes avec des dessous de femmes, comme ceux que je t’ai fait porter…
- Mais…
- Sous ton pantalon, personne ne le verra… et puis ce ne serait pas mal que tu te rases un peu les poils…

Vendredi

Roger eut soudain une idée qui lui parut géniale, puisque Bertrand semblait sérieusement amouraché de cette Chanette, pourquoi ne pas s’arranger pour les empêcher de se voir ? Il lui fallait un plan, il en trouva un, pas extraordinaire, mais il se dit qu’une prostituée ne pouvant avoir qu’un coefficient intellectuel ridicule, ça devrait coller.

J’étais ce jour-là en pleine séance quand la sonnette retentit ! Il y en a qui n’ont aucune notion des horaires et qui se pointe une demi-heure à l’avance ! Mais bon, je ne vais pas le laisser dehors, je vais ouvrir.

Je n’ai jamais vu le type qui est devant moi, le pauvre n’est pas spécialement gâté par la nature, le visage est comme on dit aujourd’hui « un peu difficile » et enlaidi par deux grosses verrues sur le front ! Verrues sur le front ! Voici qui me rappelle quelque chose…

- Vous aviez rendez-vous ? Finis-je par demander
- Inspecteur Javert, police judiciaire ! Me répond Quasimodo en m’exhibant sans que je puisse avoir le temps d’en voir les détails, une carte barrée de tricolore.

Oh ! La la ! Ça sent l’embrouille ! Selon toute vraisemblance, le gars ressemble à la description que m’a faite Bertrand de ce Monsieur Roger ! Mais il ne m’a jamais dit qu’il était inspecteur de police. Si c’est bien lui, l’un des deux ment. Je trouve par ailleurs bizarre qu’un inspecteur se présente seul, ce qui est contraire à tous les usages. Je pourrais choisir de faire de l’obstruction, mais je préfère pour l’instant entrer dans son jeu.

- Je ne peux pas vous recevoir pour l’instant, je suis occupée.
- Ce ne sera pas long…
- Désolée.
- Dans ce cas tant pis, je venais juste vous faire une mise en garde !

Merde, je voudrais bien savoir quand même ! Mais comment lui expliquer que j’ai un client suspendu par les pieds, et qu’il m’est impossible de le laisser comme ça !

- Bon, accordez moi cinq minutes, pas une de plus et je suis à vous !

Il accepte, je le fous dans la salle d’attente et vais soulager mon soumis de son inconfortable position en lui demandant de m’attendre bien sagement à genoux.

- Bon je vous écoute !

L’homme sort de sa poche une photo, celle de Bertrand.

- Vous le connaissez, n’est-ce pas ?

Ce mec est un pro, il a dû interpréter les réactions de mon visage.

- Peut-être !
- Donc je voulais que vous sachiez que nous soupçonnions cet individu de l’assassinat de trois prostituées, il s’agit d’un très dangereux serial killer ! Aussi pour votre sécurité, je voudrais vous conseiller de ne plus le revoir.
- Un tueur en liberté, et vous ne l’arrêtez pas ?
- Nous n’avons aucune preuve, madame, il a été appréhendé suite au dernier meurtre, mais il avait un alibi en béton et l’examen de l’ADN n’a rien donné.
- Bien, et bien merci de m’avoir prévenue !
- Vous allez faire quoi ? Me demande-t-il.
- Et bien je vais suivre vos conseils, s’il me téléphone, je lui dirais que je n’ai plus convenance à l’avoir comme client.
- Je compte sur vous. Je vous laisse, au revoir Madame.

Il s’en va ! J’essaierais de démêler tout ça quand j’aurais cinq minutes, mais pour l’instant, j’ai du boulot, c’est que j’ai un métier, moi !

En fait, la visite de cet olibrius m’a travaillé toute l’après-midi, la première chose que je fais en rentrant chez moi, c’est de rechercher sur Internet une information sur ce nouveau Jack l’éventreur qui aurait récemment trucidé trois collègues. Comme je le pressentais, je ne trouve rien. Mais il est vrai aussi que toutes les affaires criminelles ne sont pas médiatisées. Je téléphone à la police judiciaire, leur demande s’ils ont un Javert chez eux, et me fait rabrouer sèchement. Ce faux Javert (quelle référence ! Comme dirait quelqu’un « j’ai pas lu le livre, mais j’ai vu le film ») est en fait en train de régler ses comptes avec Bertrand et joue à un jeu dont j’ignore les règles. Son histoire et sa démarche n’ont aucun sens, ce mec m’a carrément prise pour une conne. Ma première réaction a été de me dire que j’en ai rien à foutre des problèmes de ces deux types et que ma sécurité passerait sans doute par l’abandon de tout contact avec eux. Puis en réfléchissant, je me suis dit que j’étais injuste avec Bertrand en le mettant à égalité avec ce faux flic… à moins que tout cela soit encore plus compliqué… je ne sais pas quoi décider.

Lundi

Roger s’est levé de bonne heure et s’apprête à gagner son bureau, enrage de ne pas savoir si sa visite à Chanette aura porté ses fruits. Comment savoir ? Demander à ses collaborateurs de remettre une caméra lui semble délicat, il n’est pas obligé de tout leur dire, mais ils vont se poser des questions ! Non s’il veut « jouir » de son résultat, il faut qu’il piste Bertrand. Il téléphone à sa boite invoquant d’importants événements familiaux qui l’obligent à prolonger ses vacances.

Une semaine à faire le guet, mais il estime que le jeu en vaut la chandelle.

Vers 10 heures, Bertrand sort de chez lui, il est en tenu de ville et tient une serviette à la main, Roger sort de sa voiture, et le file à pied et en métro. Il le voit ensuite entrer dans un établissement de crédit, la Banque de la Seine dans lequel il reste une bonne heure !

« Un entretien d’embauche » se dit Roger, et si je lui faisais la même vacherie que la dernière fois, juste pour l’emmerder un peu plus. En fait il en meurt d’envie… Demain matin à l’aube il déposera la petite enveloppe dans leur boite !

Mardi

- Euh, on a reçu ça, c’est pour qui ? Demande un cadre de la Banque de la Seine.
- J’en sais rien, on n’a embauché personne ! C’est une erreur d’adresse, faite suivre ça aux ressources humaines…
- C’est curieux comme méthode, tout de même !
- Oui c’est la première fois que je vois un truc pareil, d’habitude ça se dit oralement ces choses-là !
- C’est drôle, quand même, j’ai l’impression d’avoir vu cette tête là quelque part. Comment il s’appelle ?
- Boulanger, Bertrand Boulanger !
- Ça aussi ça me dit quelque chose…

Et puis le déclic :

- Mais c’est un mec à qui j’ai ouvert un compte hier matin !
- Il voulait se faire embaucher ?
- Mais non, pas le moins du monde !
- J’ai l’impression qu’il y a un mec qui s’amuse au Crédit du Sud.
- On les prévient ?
- Ça me parait correct !

- Monsieur Cartier, je pense que vous serez intéressé par ce fax ! Indiqua Simon avec un curieux sourire.

Cartier incrédule lu rapidement tout ça, découvrit la signature, stupéfait.

- Il est devenu fou, Roger !
- A mon avis, il a un problème personnel avec Boulanger ! Il a décidé de le faire chier, et il outrepasse ses droits !
- Ça pour outrepasser, il outrepasse ! Pour qui il se prend ce poulet ? Il est où d’abord ?
- En vacances, il parait qu’il a des affaires de famille à régler.
- Bon, on le vire !
- On le vire ? Vous ne juriez pourtant que par ses capacités…
- Simon, je sais ce que je fais. Nous ne pouvons conserver un collaborateur qui commet de tels écarts ! Donc, on le vire ! Révocation et menace de dépôt de plainte s’il continue ses conneries. Je voudrais que ce soit bouclé pour ce soir !
- OK ! Je pense à Bertrand, Roger l’a complètement chargé. Si ça se trouve, on a viré Boulanger, alors qu’il ne le méritait pas. C’est si facile de manipuler l’horodatage d’une photo.
- C’est possible en effet !
- On pourrait peut-être le reprendre ?
- Reprendre quoi ?
- Ben, Boulanger !
- Vous rêvez, Simon, on ne va tout de même pas se déjuger…

Jeudi

Roger suit Bertrand, le métro le conduit à la station « Trinité », non loin de chez Chanette, il commence à baliser quand il le voit prendre la rue Blanche, il est persuadé qu’il va chez elle. Il lui reste l’espoir qu’ayant essuyé un refus par téléphone, il tente sa chance en se pointant comme ça ! Il le saura bientôt, il le voit franchir le porche, il attend, au bout d’un quart d’heure, il n’est pas redescendu. Il n’a donc pas été éconduit. Son stratagème n’a donc pas fonctionné ! Mais pourquoi donc ? Quelque chose lui échappe.

J’ouvre à Bertrand ! Je ne lui ai rien dit quand il a pris rendez-vous, je compte sur l’effet de surprise et ne prendrais une décision que quand les derniers doutes seront levés. Et même si je ne crois pas une seconde à la version de Roger, j’ai une bombe lacrymo dans la poche de mon kimono.

- Te déshabille pas, il faut d’abord qu’on cause… (Et je lui raconte la venue de Roger, je me limite aux faits et me garde bien de lui faire part de mes propres conclusions)

Il a l’air sonné !

- Je ne vois qu’une solution, c’est qu’on cesse de se voir quelque temps, il y va de votre sécurité ! Finit-il par balbutier.

Voilà une réponse qui me rassure et qui me touche.

- Donne-moi le prénom de ce Monsieur Roger
- Jean-Luc.
- OK ! Déshabille-toi j’arrive !
- Euh, du coup je n’ai plus trop envie de faire une séance, le fait qu’on ne se verra plus pendant je ne sais combien de temps, ça me démotive.

Oui, mais c’est que moi, je veux savoir…

- Je te propose un truc, je t’attache sans rien te faire, tu changeras peut-être d’avis, et si on ne fait rien, tu ne me payes pas bien sûr.
- Non, Chanette, je ne changerais pas d’avis, je ne veux pas jouer avec votre sécurité !
- Pour l’instant je ne suis pas en danger !

Je lui fais des yeux de biches, il finit par céder.

- Bon, on va essayer, mais je n’y crois pas une seconde.

Il se déshabille et je le mets en cage. Puis je fonce sur le téléphone :

- Anna, tu as bien un compte au Crédit du Sud.
- Oui, pourquoi ?
- Tu connais quelqu’un ?
- Un conseiller… c’est un dragueur fou, mais ce n’est pas mon genre.
- OK, alors tu vas essayer de te renseigner sur un dénommé Jean-Luc Roger…
- Mais qu’est ce qui se passe
- Anna, c’est urgent, et je te promets : je te raconterais tout après… tu peux me faire ça pour quand ?
- Je peux y aller maintenant, c’est à deux pas.

Une demi-heure après elle me rappelait

- C’est un enquêteur interne, ancien flic, tu veux quoi d’autres ? J’ai sa date de naissance, je n’ai pas l’adresse, mais j’ai la photo, le gars me l’a imprimé.
- Décris-moi !
- Une horreur ! L’air vache avec des gros boutons sur le front et sur le nez.
- Anna tu es un amour !
- Tu me racontes alors :
- Je te rappelle.

Allez savoir pourquoi, je suis heureuse comme tout de savoir que Bertrand ne m’a pas menti. Je vais le libérer en fredonnant !

- Allez sort !

Et je lui pince les tétons, il se dégage.

- Chanette, je suis désolée…
- Bon je n’insiste pas.
- Tu vas faire quelque chose, pour ce mec ?
- Oui, mais pour l’instant je n’ai aucun plan, il faut que je réfléchisse.
- Alors tiens-moi au courant, rien ne t’empêche de me téléphoner. Et quand tu en auras fini avec lui, reviens me voir… rappelle-toi du m’avais même dit que tu pourrais te faire accompagner de ton épouse.
- On fait comme ça ! Je peux vous embrasser sur la joue ?
- Mais oui !

Roger rentre chez lui, ouvre sa boite aux lettres, découvre un avis de passage du facteur, il lui faut aller récupérer une lettre recommandée à la poste. N’ayant rien d’autre à faire, il y va, subit une demi-heure de queue et découvre avec stupeur sa notification de révocation. Il ne comprend pas, cherche à joindre Simon, qui est introuvable, il s’énerve s’assoit sur un banc public et arrive une heure après à contacter son correspondant.

Les mots sont très secs, le ton est cassant. Une illusion à la lettre qu’il a adressée à la Banque de la Seine, puis « si vous n’êtes pas content, il y a les prud’hommes ! » et ça coupe.

Journée de merde ! Que va-t-il devenir maintenant ? Plus rien à ronger ! Il est conscient d’avoir commis des imprudences, à trop jouer avec le feu, on se brûle, mais s’il aurait admis une réprimande même sévère, il ne supporte pas de s’être fait jeter comme le dernier des malpropres. Et puis cette Chanette qui ne l’a pas cru, il la déteste. Et s’il la tuait ? Un meurtre de prostituée, ça ne coûte pas grand-chose, et puis il faudrait qu’on sache que c’est lui. Il n’a pas travaillé dans la police pour rien, il sait comment faire… Et puis il se dit qu’il y a encore mieux à faire, il ne va pas la tuer, il va la défigurer, c’est moins puni, et pour elle ce sera pire, ne pouvant plus travailler, elle va finir clocharde, mourir dans la misère ! Ah, ah, ah ! Demain, il mettra son plan à exécution !

Vendredi

Roger téléphone d’une cabine pour prendre rendez-vous : il tombe sur un répondeur :

« Vous êtes bien chez maîtresse Chanette… Je vous rappellerais au plus tard demain avant 10 heures pour fixer un rendez-vous. Attention si vous avez masqué votre numéro, je ne pourrais pas le faire. Après le bip confirmez votre demande de rendez-vous. A bientôt. »

- « Merde, se dit Roger, il va falloir faire autrement… » Cette salope devait être bien conseillée, en cas d’agression, il suffisait de se référer aux numéros enregistres. Mais on ne la fait pas comme ça, à Roger, il sait déjà comment contourner l’obstacle.

Lundi

Avec un portable trafiqué acheté aux puces, Roger réitérât sa demande de rendez-vous.

- Allô, c’est maîtresse Chanette, vous pouvez parler librement ?
- Oui ! On ne se connaît pas je crois !
- J’ai lu l’annonce !
- Parfait, j’ai un trou à 16 heures, cet après-midi, ça vous irait !
- Parfaitement !
- Dites-moi votre prénom ou un pseudo !
- Euh ! Marcel !

Je raccroche, il m’a l’air bizarre, celui-là, mais bon, on fera avec, j’en ai mon lot de mecs bizarres. Le nouveau système que j’ai instauré me permet d’éliminer la quasi-totalité des fantasmeurs qui ne téléphonent que pour s’exciter sans la moindre envie d’aller plus loin !

Roger est bien placé pour connaître la valeur et l’importance que peuvent avoir les témoignages dans les affaires criminelles. Il a donc acheté une espèce de blouson tout blanc assortie d’une capuche, ainsi qu’un sac à dos. Il s’est chaussé de lunettes noires et une fois sorti du métro, il se met à claudiquer de façon ostensible. Si on en vient à interroger d’éventuels témoins après son forfait, ceux-ci seront unanimes à décrire un vieux loubard boiteux ! Dans l’escalier, sur le semi palier menant au premier étage, il range tout ce déguisement dans le sac à dos.

A 16 heures tapantes, on sonne, j’ouvre, et je découvre stupéfaite Roger alias l’inspecteur Javert.

- Bonjour, j’ai rendez-vous à 16 heures ! Me dit-il.

C’est que, voilà, je n’ai pas du tout envie de « faire » ce type là. Son attitude de la dernière fois, plus tout ce que m’a raconté Bertrand m’a refroidi. J’applique donc le scénario prévu dans ces cas-là !

- C’est qu’il y a un problème, on va être obligé de remettre, j’ai un contretemps, je vais devoir partir. Je voulais vous prévenir mais j’ai oublié d’enregistrer votre numéro.

L’autre en face parait, très, mais vraiment très contrarié.

- Je fais quoi, alors ?
- Vous retéléphonez pour prendre rendez-vous !
- On ne peut pas le fixer tout de suite !
- Vendredi, si vous voulez à 14 heures,
- Pas avant ?
- Non, je serais en province, redonnez-moi votre numéro, s’il y a un souci, je vous rappellerais.

Le type semble hésiter.

- Euh, vous êtes seule, je ne peux pas rentrer cinq minutes ? Je voudrais vous dire quelque chose…

Bon dieu, mais pourquoi me demande-t-il si je suis seule ?

- Non, je ne suis pas seule ! Bon on fait comme on a dit ?
- D’accord, finit-il par dire, en tournant les talons et sans me dire au revoir !

Et voilà, vendredi, je l’appellerai, et je lui expliquerai qu’en raison d’événements personnels importants, j’ai décidé de limiter mes prestations à quelques clients réguliers… Et que par conséquent, il ne lui servirait à rien d’essayer de me recontacter… Jusqu’à présent ce genre d’excuse que l’autre soit dupe ou non, a toujours bien fonctionné.

Mardi

En arrivant au studio, je fais défiler mon répondeur. J’ai un message de Bertrand, il me dit qu’il a contacté un détective privé qui l’a dirigé vers une personne susceptible de régler ce genre de choses. Je le rappelle, il m’en parle un peu, me demande mon avis. Il semble hésiter, c’est très cher et pas vraiment garanti, alors je parle d’autre chose

- Je ne te manque pas trop ?
- Oh, si !
- Ben viens !
- Je ne veux pas vous faire courir de risque, Chanette !
- Que tu viennes ou pas, les risques, ils sont là, puisque il revient m’emmerder.

J’ai fait mouche. Puis j’entends une voix de femme dans le lointain qui semble prononcer mon pseudo

- Euh, on parle de moi ?
- C’est ma femme, elle me rappelle qu’on avait émis l’idée d’un rendez-vous à trois !

A priori, je n’aime pas trop « faire » les couples, il m’est arrivé trop souvent de constater que souvent la femme n’acceptait ce genre de séance que pour faire plaisir à monsieur, et une fois sur place, ça n’allait plus du tout, j’ai donc finis par refuser quasiment toutes les propositions de ce genre quand la femme est supposée être une soumise volontaire, surtout si l’homme est dominateur. Mais là, c’est différent, d’abord c’est moi qui ait asticoté Bertrand pour qu’il fasse venir son épouse, et puis elle ne sera pas soumise, mais dominatrice… Malgré tout, je préfère que les choses soient claires :

- Ça t’embêterait de me la passer !
- Vous la passer ? Ah ! Si vous voulez !
- Bonjour, excusez-moi, mais je voudrais qu’il n’y ait aucune ambiguïté, vous savez exactement ce qui va se passer quand on va se retrouver tous les trois ?
- Pas vraiment, non, mais je vais regarder, ça va m’amuser de voir ce que vous lui faite à Bertrand !
- Il vous a dit ce que je lui faisais !
- Oui, ça m’a paru très excitant !
- Et vous allez juste regarder ?
- Ben, si je peux participer un peu, ce serait aussi bien, non ?
- Parfait, alors à bientôt ! Vous me repassez Bertrand, j’ai oublié de lui dire quelque chose.

Alors, je lui raconte la venue de Roger-Javert, je lui explique tout y compris la façon dont j’envisage de m’en débarrasser. Visiblement cette nouvelle le contrarie

- Bon sang, mais qu’est-ce qu’il cherche ?
- Tu crois que je ne vais pas m’en débarrasser comme çà ?
- Je me demande !
- Ben si tu as un meilleur plan, je t’écoute, il n’est pas question que ce type continue à m’emmerder.
- J’ai peut-être une idée mais faut que j’en cause avec Dolorès, je peux vous rappeler dans un petit moment !
- Non, c’est moi qui te rappelle dans une heure ! Par contre on va prendre rendez-vous pour cette fameuse séance.

Il me fout les boules, ce mec, en me disant que mon plan peut foirer, jusqu’ici, ce genre de truc a toujours parfaitement fonctionné, il est vrai aussi que je n’étais jamais tombé sur un cinglé pareil.

Je m’occupe d’un client pendant une petite heure puis je rappelle Bertrand :

- Alors cette idée géniale ?
- On l’attend en bas de chez vous, on s’explique, et après on monte, et du coup on change le rendez-vous.
- Vous êtes surs de ce que vous allez faire !
- On est jamais sûr à 100%, mais on va essayer de lui faire passer l’envie de nous emmerder…

En raccrochant je me suis demandée pourquoi j’ai accepté ce plan tordu alors que le mien était si simple. En plus il peut très bien rater… Mais le mien aussi ! Un peu marre de tout ça ! Pourquoi est-ce que j’ai choisi de faire confiance à ce Bertrand, que finalement, je ne connais pas plus que ça ? L’intuition féminine ? Tu, parles, mon intuition m’a parfois bien rendu service, mais d’autres fois, elle m’a aidé a bien me planter. Mais que voulez-vous, je suis incorrigible !

Ce qu’il me faut c’est un plan B, on ne sait jamais, Bertrand et sa femme peuvent avoir un empêchement de dernière minute. Si alors, le Roger se pointe, il ne faut pas que je sois seule : Solliciter mon mari est un peu contre mes principes, mais pourquoi ne pas demander à Anna-Gaëlle ?

Je l’appelle, lui raconte toute l’histoire…

- Mais pourquoi tu te prends la tête avec des clients aussi compliqués ! Me dit-elle
- T’as pas tout compris, Roger n’est pas mon client, quand à Bertrand, il n’a rien de compliqué, mais Roger n’arrête pas de l’emmerder.
- C’est très clair effectivement, mais ce n’est pas ton problème.
- A part qu’à partir du moment où ce Roger m’emmerde, ça devient aussi mon problème !
- Mwais, pas clair tout ça ! Tu ne serais pas amoureuse un tout petit peu de ce Bertrand, dès fois ?
- Moi, amoureuse d’un client, tu rêves ou quoi ? Par contre je crois qu’il te plairait, tout à fait ton genre d’homme !
- Je n’ai pas de genre d’homme, je suis de plus en plus lesbienne !
- On parie ?
- D’accord on parie, alors qu’est-ce que je devrais faire ?

Vendredi, 13 h 15

Dolorès et Bertrand sont venus en voiture. Ils ont choisies des tenues sportives, jeans, baskets et blousons. La rue où habite Chanette n’offre plus aucune place pour se garer. Si Roger vient en métro, il viendra par la gauche, Dolorès s’est mise en planque à l’intersection de la première rue adjacente, et s’il vient par la droite, Bertrand est planqué de l’autre côté, il sera donc coincé. Dès que l’un ou l’autre l’aperçoit, il lève la main faisant signe à l’autre de lui foncer dessus. Ceinturé par deux adversaires, l’explication pourra commencer.

Je suis avec mon soumis, Anna est dans la cuisine. Toujours égale à elle-même, sa courte chevelure blonde platinée, lui dessinant un attendrissant visage d’oiseau craintif, contrastant avec le côté destroy de sa tenue : Jeans troué et pull-over kaki sans doute détendue par un lavage inadéquat.

Le téléphone sonne. Deux minutes plus tard, elle se pointe et me fait signe de m’approcher d’elle :

- Dis donc, il bande bien ton client !
- Qu’est-ce tu crois, je suis une pro !
- Bonnie and Clyde sont arrivés ! M’informe-t-elle
- Très bien, euh, tu restes un petit peu ?
- Comme prévu, t’inquiètes pas pour moi, j’ai apporté un bon bouquin

A moins 5, toujours pas de Roger, et Dolorès ne fait pas attention à ce lascar encapuchonné qui boite comme un malade…

Par contre, Roger, lui, reconnaît Dolorès… Et il ne comprend pas ! Il est pour lui évident qu’elle est là pour voir Chanette, mais pour quelle raison, puisque ses lettres n’ont pas eu apparemment l’effet escompté ! Et puis il croit trouver, Chanette doit être apparentée à l’un des deux époux Boulanger. En fait, Bertrand a dû retrouver une veille cousine ou quelqu’un de sa famille ! Voilà qui explique tout : l’indifférence puis l’agacement de Dolorès devant ses lettres, la fin de non-recevoir de Chanette face à sa mise en garde. Planté au milieu du palier en pleines réflexions, il ne sait plus quoi faire, une chose est évidente cependant, il lui devient inutile d’aller bousiller Chanette. Il hésite entre tout laisser tomber ce qui le frustre énormément ou essayer d’en savoir davantage, sa vieille expérience lui soufflant que les choses sont souvent plus complexes qu’elles n’y paraissent. Il préfère cette seconde solution, et dans cette éventualité, remise dans son sac à dos les lunettes et l’anorak. Bon, il lui faut un plan maintenant, il a beau chercher, il ne trouve rien d’intelligent.

14 heures : Pas de coup de fil de Dolorès et Bertrand, mais c’est peut-être normal, ils sont probablement en pleines explications ! Mon client s’est rhabillé, il n’est pas très causant, parfois je me demande ce que certains recherchent en venant me voir, si c’est pour repartir en faisant la gueule !

On sonne. J’ouvre la porte, et stupeur, je découvre Roger sur le palier ! Bon dieu, ça se bouscule dans mon cerveau : Que fait-il là ? Il ne devrait pas être là ! Pourquoi les deux couillons en bas l’ont laissé monter ? Et s’ils étaient complices ? Mais complice pour quoi faire ? Non, c’est débile ! J’en fais quoi ? Le refouler, c’est prendre le risque qu’il ameute tout l’immeuble ! Appliquer le plan B !

- Qu’est-ce que vous faites-là, vous ? Demandais-je presque par réflexe.
- Nous avions rendez-vous ! Répond Roger.
- Entrez !

Il semble hésiter, puis entre.

- Anna, installe monsieur dans la salle d’attente, je reviens de suite.

Il balbutie quelque chose, mais je ne réponds pas. L’important est qu’il sache que je ne suis pas seule. Anna verrouille la salle d’attente tandis que je me précipite à la fenêtre. J’aperçois à droite Bertrand qui fait le pied de grue en scrutant l’horizon, à gauche, une femme fait exactement la même chose. Mais enfin, c’est dingue, comment ces deux abrutis ont-ils pu le laisser passer ? J’appelle Bertrand sur son portable :

- Toujours pas là ! Me répond-il
- Vous ne l’avez pas laissé passer, j’espère ?
- Impossible ! Répond-il sans faire attention à l’absurdité de la réponse
- Ben non, c’est pas impossible, je ne sais pas comment il est passé, mais il est passé. Vous avez été nuls sur ce coup-là. Je l’ai enfermé dans ma salle d’attente, alors vous allez monter le récupérer, attention, je ne veux aucun esclandre, et après, je ne veux plus en entendre parler.
- Je ne comprends pas…
- Moi non plus, mais montez vite, il y a urgence !

Ils semblent fort surpris de découvrir Anna, et quand à moi, je m’aperçois que Bertrand ne m’avait pas menti sur la beauté de son épouse. Mais, on fera les présentations plus tard :

- Mais comment, vous avez pu le rater, vous êtes myopes ou quoi ?
- J’en sais rien, mais, il va nous le dire, il est où ?
- Dans la salle d’attente, je vais l’ouvrir, mais que les choses soient bien claires, je ne veux aucun scandale, ni chez moi, ni dans l’escalier…
- Fais-moi confiance ! Répond Bertrand.

A travers la cloison, Roger a reconnu la voix de Bertrand ! Il a compris que lui et sa femme l’attendait en bas ! Quelle erreur il a fait de ne pas avoir pensé que si l’hypothèse cousin-cousine est bonne, Dolorès a forcément montré sa lettre à son mari ce qui du coup en identifiait l’auteur. Maintenant il est dans la nasse. Il est chez une prostituée, et pour lui, ce milieu est lié à la pègre, aux tueurs, son proxénète va être prévenu, et il devine quel sort on lui réserve. Mais pourquoi l’attendait-il en bas ? Parce que son élimination aurait été plus simple. Désormais, il faudra qu’il lui fasse descendre l’escalier ! Sa seule chance sans doute, mais comment faire ?

J’ouvre. La tête de Roger quand il voit débouler quatre personnes à la fois. Il est blanc comme un cachet d’aspirine. C’est vrai qu’à cinq là-dedans, c’est un peu exigu, je m’apprête à proposer qu’on passe dans le donjon qui a l’avantage d’être insonorisé, mais déjà Bertrand commence les hostilités :

- Comment tu as fait pour entrer dans l’immeuble sans qu’on s’en aperçoive ?
- Si vous pouviez éviter de me tutoyer, ça m’arrangerait ? Répond l’autre avec morgue.

Réaction normale, malgré le rapport de force, il ne veut pas s’avouer vaincu d’emblée.

- Ecoute, ordure, reprend Bertrand, on est quatre et tu es tout seul….
- Pas si sûre, intervient Anna, il peut avoir des complices en bas !

C’est malin, ça ! Personne n’avait envisagé cette éventualité !

- Bon pour l’instant t’es tout seul, je sais frapper et faire très mal dans des endroits où ça ne laisse pas de traces, alors on a juste deux ou trois questions à te poser… Tu ferais mieux de ne pas jouer les fier à bras.

- Ecoutez, je vous propose un deal, vous me dites ce que vous avez l’intention de faire de moi, et si vous me laissez en vie, je répondrais à vos questions.

Dingue ! Ce con nous prend pour des assassins.

- Tu es rentré comment ? Répète Bertrand.

Et c’est à ce moment-là, que voyant sans doute que le fait de ne pas répondre à son deal signifiait le pire, qu’il se mit à hurler :  » Au s… ». Un coup de poing dans le ventre le réduisit au silence. Je n’aime pas trop, cette situation, j’ai peur que ça dégénère, mais Bertrand assume :

- Si tu t’amuses de nouveau à ça, on te bâillonne et on t’oblige à nous répondre par écrit.

On conduit le Roger manu militari dans le donjon. Il met plusieurs minutes à récupérer avant de parler de nouveau.

- Bon, c’est un malentendu, je ne savais pas que vous étiez parents.

Mais qu’est-ce qu’il raconte ?

- Est-ce qu’il faut que je répète une troisième fois ma question ?
- J’étais déguisé ! Je suis passé devant madame, elle ne m’a pas reconnu !
- Déguisé en quoi ? Il est où ton déguisement !
- Dans le sac !

A ce moment-là, il n’est plus blanc, il est plus blanc que blanc, j’ai peur qu’il nous fasse une crise. Bertrand ouvre le sac en sort un anorak blanc à capuche, une paire de lunettes noires… Et un couteau de trappeur !

- C’est pour quoi faire le couteau !
- Rien, c’est mon sac de rando, je l’ai toujours dans mon sac !

Bizarre, mais le fait que le couteau se trouvait sous l’anorak, donc non directement accessible rend la réponse plausible. Je peux enfin poser la seule question qui m’intéresse directement :

- Et tu venais faire quoi ici en ayant pris rendez-vous ?
- Ben comme tous vos autres clients, je suppose ! J’ignorais que je serais reçu de cette façon !
- On va bien voir ! Intervient Anna en récupérant son portefeuille dans sa poche de veste.
- Vous me le passerez, après, je vais noter son adresse ! Intervient Bertrand

C’est une erreur, car Roger va comprendre qu’on n’a donc pas l’intention de le trucider. Anna a sorti un billet de 20 euros !
- Il n’y a que ça ? T’as des sous ailleurs ou pas ?
- Juste de la monnaie avoue l’ancien flic.
- Donc tu venais pour une séance et tu n’apportes même pas l’argent pour la payer ? Tu sais qu’on paie toujours d’avance quand même ?
- Non ! Mentit-il.
- Donc tu ne venais pas pour une séance, tu venais pour quoi ? Insistais-je
- Je voulais vous convaincre de ne plus voir monsieur, mais entre-temps j’ai compris que vous étiez parents, c’était donc inutile.

Ce dernier point me parait toujours aussi obscur, mais il me semble salutaire de ne pas le contrarier.

- Mais t’es venu quand même ?
- J’ai hésité, et puis la porte s’est ouverte, je me suis dit que je préférais en avoir le cœur net.

- Tout cela n’a aucun sens ! Et si tu nous expliquais pourquoi tu t’acharnes sur moi, sur ma femme, sur Chanette. Lui demande Bertrand.
- C’est un jeu !
- Un jeu ?
- Oui, c’est un jeu, comme dans la jungle, je m’amuse à harceler ma proie, à la fatiguer, à l’anéantir.
- Tu m’as l’air pas mal atteint, dis donc ! Commente Dolorès.
- Vous me prenez pour un monstre, c’est normal, le toréador est un monstre pour le taureau, mais un dieu pour l’arène.
- Hein ?
- La nature nous impose deux lois, le bien contre le mal, les forts contre les faibles. Vous n’êtes forts que parce que vous êtes quatre, mais vous incarnez le mal.

Un dingue, c’est un dingue ! Anna avait préparé des menottes qu’elle lui passe.

Le Roger essaie de se donner une figure courageuse, mais en fait il tremble de trouille.

- On le laisse cinq minutes, il faut que l’on se concerte ? Proposais-je non sans avoir au préalable immobilisé l’individu, en lui coinçant les poignets dans des bracelets descendant du plafond.

J’avais élaboré un petit plan avec Anna. Bertrand et sa femme en avaient un autre, mais tout cela peut se fusionner. On a donc deux objectifs : faire sortir d’ici l’abruti sans qu’il ameute le quartier, et lui faire passer l’envie de nous emmerder. On y va :

Anna verse dans un verre à jus de fruit, une énorme rasade de Martini et l’approche des lèvres de Roger :

- Tu bois tout ça gentiment, sans baver, allez, glouglou !
- C’est pour m’empoisonner ou pour m’endormir avant de me jeter dans la flotte ?
- Bois, connard !
- Salope !
- Bois !

Il le fait, mais parait assez surpris de me voir préparer un second verre.

- J’ai compris, vous allez me saouler, comme ça en cas d’autopsie on dira que j’étais bourré, et bien ça marche pas, je vous emmerde, vous n’êtes que des grosses putes et des enculés !

Manifestement le petit verre fait déjà son effet, il se met à engueuler tout le monde en répétant toujours la même chose, le deuxième verre va sans doute s’avérer nécessaire pour le faire taire. C’est alors qu’Anna s’énerva

- Bâillonnez-moi ce connard ! J’ai une petite idée pour qu’il nous foute la paix.
- Pas la peine de le bâillonner, c’est insonorisé. Lui rappelais-je
- Je sais mais il nous casse les oreilles.

Je fis donc ce que ma complice proposait, tandis qu’elle décrochait du mur l’un de mes godes ceinture (celui pour cul moyen). Elle se le passe par-dessus son pantalon (Pas très sexy, l’accoutrement)

- Et voilà, il y a des petites choses qui peuvent être une grande source de plaisir pour certains… hein mon biquet ? Lance-t-elle en aparté à Bertrand, et l’humiliation suprême pour les connards.

Scène surréaliste ou Bertrand pique son fard, son épouse lève les yeux au ciel et Roger s’agite et fait valser ses jambes.

- Tenez-lui les jambes, on va lui fixer une barre d’écartement.
- Non, il faut d’abord qu’on baisse son pantalon ! Intervient Anna.
- Tu n’as pas quand même l’intention de le sodomiser ?
- Oh, que si !
- Arrête ! C’est du viol, il peut porter plainte.
- Il n’avait qu’à pas monter ici, personne ne l’a obligé. Et puis on ne vient pas voir une maîtresse sans argent et avec un couteau de trappeur.
- Humpf, humpf… essaie de dire Roger.
- Bon OK ! Finis-je par dire, craignant malgré tout que les choses n’aillent trop loin. Vous savez ce qu’on va faire, on va l’installer sur le chevalet, ce sera plus facile.

L’idée est retenue et voilà Roger le cul à l’air, toujours en train de grommeler derrière son bâillon. Anna se saisit d’une cravache qui traînait et lui en assène un double coup qui l’encaisse visiblement mal.

- Ça ne sert à rien Anna !
- Je sais mais ça défoule ! Bon écoute moi maintenant, Roger de mes deux, tu vois cette belle bite en plastique, je vais t’enculer avec !
- Hompff, hompff

Une capote pour recouvrir l’engin, mais pas de gel, Anna approche l’engin du trou du cul de l’ancien flic, qui a du mal à s’ouvrir. Mais elle insiste, elle insiste. Ça finit par entrer, et elle se met à coulisser.

- J’espère qu’après ça tu ne nous emmerderas plus ! Lui lance Dolorès.

Déchaînée, Anna le laboure pendant cinq bonnes minutes avant de se retirer laissant sa victime le cul béant…

Hébété, choqué, Roger ne protesta pas quand je lui proposais « une petite goutte », et je lui fis siffler la moitié du second verre.

- Pas plus, faudrait pas qu’il se mette à roupiller ! Prévient Anna
- Bon, il est mûr, on le débarque ? Propose Bertrand.

On lui laisse les menottes, on le fait se lever, il est lourd, il titube jusque ce qu’il faut, il ne bronche pas, ça devait aller. On le laisse descendre l’escalier entouré de Dolorès et de son mari. Anna et moi les suivons dès qu’ils franchissent le portail. Il n’y a que deux personnes dans la rue, pas grave, pour eux c’est juste un couple de flics en civil qui conduit un malfrat dans une voiture banalisée.

On loge le Roger à l’arrière entre Anna et moi et on file… Chez lui !

Ce n’est pas tout près, c’est au fin fond du 15ème, on se gare, on le sort de la bagnole, toujours menotté, et on y va. On ouvre en bas, si au départ de chez moi, nous espérions ne rencontrer personne, ici c’est le contraire : ça tombe bien, une dame est en train d’entretenir une plante dans une petite courette :

- Bonjour ! Police nationale : si vous pouviez nous dire où habite précisément ce monsieur, on lui fait un brin de reconduite ! Annonce Bertrand, le plus sérieusement du monde.

La tronche de la bonne femme !

- Monsieur Roger, mais qu’est-ce qu’il a fait ?
- Vous lui demanderez ! C’est où ?
- C’est des hic, copains, y me font hic une hic, farce ! Parvint à balbutier Roger
- Escalier du fond, deuxième droite.

On y va ! L’analyse de son portefeuille nous a appris qu’il était officiellement célibataire mais qu’il le soit vraiment ou non n’a que peu d’importance.

- Super demain tout l’immeuble sera au courant ! Commente Dolorès.
- Oui, mais s’il ne se rappelle de rien, ça ne sert pas à grand-chose ! Objecte Anna.
- J’y ai pensé, Répond Bertrand.

Chez lui, on trouve du whisky, on a un mal fou à lui en faire boire une rasade, mais on y arrive, cette fois il est ivre mort, on le laisse là sur la moquette, pendant que Bertrand fait un rapide tour des lieux :

- Super, il a un ordinateur avec une imprimante, au lieu de lui poster ce qu’on a à lui dire, je vais l’écrire tout de suite.
- Ça ne va pas être trop long ? M’inquiétais-je.
- Non, 5 minutes

Il rédige son truc, nous le fait lire, l’imprime et le pose en évidence sur la table de la salle à manger. Puis revenant un instant à l’ordinateur, il a la curiosité de regarder les fichiers récents :

- Putain, ce con tient un journal intime !
- Imprime-le !
- C’est très gros !
- Envoie-le par mail à la maison ! Répond Dolorès
- Il n’a pas Internet !
- Pique le disque dur !
- Ça risque de prendre un petit moment
- Embarquez tout ! Si vous avez envie de lui rendre vous pourrez toujours le faire après ! Proposais-je.

OK, on lui enlève ses menottes, et on repart, Bertrand avec l’U.C. sous le bras. Et on reprend le chemin de mon studio. Le temps a passé, j’ai un rendez-vous à 16 heures, je propose donc à mes deux tourtereaux de remettre notre petite partie à la semaine suivante.

- Ça vous embête si je participe ? Demande alors Anna.

Bertrand et Dolorès sont épuisés, affalés sur le canapé devant deux whiskies bien tassés, ils se remémorent les événements de la journée. Une série d’images fortes : Le coup de poing dans le ventre de Roger, la découverte du couteau, Anna qui le sodomise avec un gode-ceinture, la descente de l’escalier de Chanette, l’arrivée chez lui… La séance ratée semble bien moins importante en ce moment-là… Séance ratée… Bertrand se souvient à ce moment-là qu’il a toujours ses sous-vêtements féminins sous son pantalon.

- Je vais prendre une douche ! Prévint-il
- On pourrait la prendre à deux, ça nous déstresserait ? Propose son épouse.
- OK, vas-y je te rejoins !

Elle se déshabille sur place, et se dirige vers la salle de bain, s’étonnant que son mari ne fasse pas de même.

- Tu ne viens pas !
- Mais si, dans deux minutes, je suis là !

Il se précipite dans la chambre, se déshabille à la barbare, fait une boule des bas et du reste qu’il jette carrément par la fenêtre, puis rejoint son épouse. Sous la douche, ils s’embrassent, se caressent.

- Mais, où sont passés tes poils ?
- Ben, je me les suis rasé.
- T’as fait ça quand ?
- Hier, j’ai été dans un institut de beauté !
- Mais pourquoi ?
- C’est à la mode !
- Tu as fait ça, parce que c’est à la mode ? Ça m’étonne de toi !
- Disons que c’est Chanette qui me l’a suggéré, alors l’idée m’a amusé…
- Le jour où elle te dira de sauter du haut de la Tour Eiffel, tu le feras ?
- Dolorès !
- C’est marrant, c’est doux !
- Tu vois !
- En fait, ça fait moins viril, mais ça fait plus…
- Plus quoi ?
- Plus pervers ! Plaisante-t-elle
- Je n’avais peut-être pas besoin de ça alors.

Elle ne répond pas, elle est entre ses cuisses, elle lui suce la bite avec amour et conviction. Il se laisse faire, il bande très fort, mais se doute bien qu’elle n’a probablement aucunement l’envie qu’il jouisse dans sa bouche.

- Je voudrais que tu m’encules comme l’autre jour, mon chéri !
- Mais bien volontiers, ma chérie… mais on va pas faire ça ici, on va se cogner partout.
- On va se sécher un peu, passe-moi mon peignoir.

C’est alors que la sonnette d’entrée se fit entendre

- Merde qui c’est ? S’exclama Dolorès, allant ouvrir à l’intrus.
- Fais attention !
- T’inquiètes pas, je ne pense pas que ce soit Roger…

- C’était quoi ?
- Le gardien ! Il me dit qu’il y a des sous-vêtements qui sont tombés d’une fenêtre, il voulait savoir si c’était à nous !
- N’importe quoi ?
- Ce doit être normal, on vit une journée de folie et elle n’est pas tout à fait terminée ! Répond Dolorès.
- Bon on en était où ?
- On en était que tu avais le projet de m’enculer ?
- Comme une chienne ?
- Allez viens au lieu de dire des grossièretés.

Roger se réveille, commence à se demander ce qu’il fait ici sur la moquette, il a horriblement mal aux cheveux, il a aussi horriblement mal au cul, et il a très soif. Sur la table, il aperçoit sa bouteille de whisky et un verre ! Il se demande ce qu’il lui est arrivé, il est un buveur très modéré et n’est jamais ivre. Il y a un papier sur la table. Il le lit :

« Vous étiez passablement bourré cet après-midi, et assez agité, nous avons donc été obligé de demander qu’on vous raccompagne, menottes aux poignets, nous souhaitions être discrets, mais hélas, il y avait du monde dans votre escalier
Il est bien évident que vos intentions violentes feront l’objet d’un dépôt d’une main courante auprès de la police. S’il devait arriver quelque chose de fâcheux à l’un d’entre-nuis ou à nos proches, votre identification ne ferait aucun doute. » .

Puis ce post-scriptum manuel :

« Très intéressant, votre disque dur, la prochaine fois que vous écrirez vos mémoires, mettez un mot de passe. »

Les événements lui revinrent en mémoire : la visite chez Chanette qui se transforme en guet-apens. On l’a fait boire… Cette curieuse salle toute en rouge et noir, et encombré d’instruments inquiétants. On veut le tuer, mais ils ne l’ont pas fait ! Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils ont trouvé pire à lui faire ! Il va vers l’endroit où devrait être l’ordinateur, constate qu’on a embarqué l’unité centrale. Il s’affale sur le canapé, anéanti, dégoûté, il faudra qu’il trouve quelque chose pour se raccrocher à la vie. Il est conscient que sa période de déprime risque de durer longtemps. Que faire pour oublier ? Surtout ne pas boire, ou alors juste une goutte, allez juste une…

Huit jours plus tard

16 heures 30 : voilà que l’on sonne. Je peste parce que je suis occupée avec un soumis qui m’a payé pour rester jusqu’à mon départ. Et à 17 heures, j’ai rendez-vous avec Bertrand et Dolorès Boulanger. Je vais donc être obligée d’éconduire l’importun. Je n’aime pas trop cela, mais après tout, il n’a qu’à prendre rendez-vous comme les autres. J’ouvre et me retrouve devant… Anna-Gaëlle

- Bonjour toi, tu es un peu en avance…

On s’embrasse. Elle est en beauté aujourd’hui, pantalon noir en vinyle super collant et petit haut beige à fines bretelles.

- Je ne voulais surtout pas être en retard.
- Venant de toi, c’est tout à fait étonnant !
- Faut bien que j’essaie de corriger mes défauts…
- Je crois surtout que tu fantasmes à mort sur Bertrand.
- Ben oui, il est si beau ! Répliqua Anna.
- C’est un point de vue.
- Bon tu m’attends là, j’ai un soumis dans le donjon, je n’ai pas l’intention de le bâcler. Si Bertrand et sa nana se pointent je te laisse les recevoir.

Et c’est ainsi qu’une demi-heure plus tard, je retrouve Anna dans le salon, en train de papoter comme une pie avec Dolorès. Cette dernière n’a pas fait de recherche de toilettes : un jean et un pull en coton vieux rose légèrement décolleté, mais qu’est-ce qu’elle est belle ! Il a beaucoup de chance ce Bertrand, (qui pour le moment n’arrive pas à en place une) parce que même si je ne me trouve pas si mal que ça, je ne peux soutenir la comparaison.

- Bon on n’a pas pu faire vraiment les présentations la dernière fois, mais aujourd’hui, ce n’est peut-être pas la peine, tout le monde se connaît.
- Ben… et ton soumis ? Interroge Anna.
- Je l’ai gardé au chaud, on en aura sans doute besoin. Il n’est pas masqué, au fait vous voulez des masques ou vous vous en foutez ?

Personne ne veut de masque.

- Bon les filles, vous voulez juste regarder ou vous participez ?
- Pour l’instant, je regarde, mais est-ce que j’aurais le droit de changer d’avis ? Demande Dolorès.
- Bien sûr, et toi Anna ?
- Ben, moi c’est un peu pareil, je veux juste que tu me gardes ce jeune homme pour la fin… Si toutefois Dolorès est d’accord ?
- Vous avez mon accord ! Précise cette dernière.
- Heu, ça fera combien cette séance ? Demande Bertrand en sortant son portefeuille.
- Mais rien du tout, c’est Anna qui paie tout ! Bon à poil Bertrand !

Alors ? Suspense ! Bertrand a-t-il suivi mes instructions (mes conseils, dira-t-on) de se raser les poils et de porter des sous-vêtements féminins. Et dans ce cas, a-t-il prévenu sa femme ?

La tête de celle-ci quand elle aperçoit l’affublement de son époux ! Elle est d’ailleurs plus amusée que choquée, se couvrant le visage de sa main gauche, doigts écartés.

- Je rêve ! Commente-t-elle simplement.
- Hum qu’est-ce qu’il est beau votre mari ? S’exclame Anna
- Je ne me plains pas, mais on peut peut-être se tutoyer, vu les circonstances ?
- Il a un physique d’esclave ! Intervins-je sur le ton de la plaisanterie, Des tétons de femme, un cul de pédé !
- Tant mieux, c’est que du bonus ! Réplique Anna Gaëlle, décidemment incorrigible.

Bon, alors, il ne s’agit pas de se tromper de séance. On aurait pu avec Bertrand la préparer davantage, mais on ne l’a pas fait, il va donc falloir que j’improvise : l’objectif conjugué étant d’émoustiller madame et de lui montrer des choses qu’il lui sera difficile de faire à son mari, et le tout sans la choquer… Grande improvisation ? Non, j’ai quelques bonnes pistes quand même !

Pour l’instant, nous restons dans le salon, j’installe les deux femmes dans des fauteuils puis j’attaque Bertrand de façon assez classique, en lui passant un collier de chien, puis en lui tordant ses bouts de seins, sur lesquels je ne tarde pas à accrocher des pinces munies de poids. Bien sûr, la bandaison est tout de suite au rendez-vous.

- Vous avez vu comme il bande, cette petite salope ? Lançais-je à l’adresse des deux femmes.

Sourire amusé de la part de Dolorès, sourire concupiscant de la part d’Anna-Gaëlle qui doit déjà s’imaginer entrain de lui sucer la biroute.

Je le fais marcher à quatre pattes, lui baisse sa culotte de femme, et ponctue son parcours de coups de martinet sur les fesses, tout cela avec une lenteur savamment calculée.

- Humm, ça m’excite, ça m’excite ! Confie Anna à sa voisine. Pas toi ?
- Oh ! Si ! La rassure la femme de Bertrand.

Du coup Anna lui met la main sur la cuisse. L’autre accueille cette privauté avec un sourire d’encouragement. J’ai l’impression que ça ne va pas tarder à devenir très chaud, cette affaire-là !

Histoire de garder l’initiative, je propose à ma copine de se faire lécher le cul par Bertrand. Comme prévue, elle n’hésite pas, elle fonce, retire son pantalon, sous lequel elle avait volontairement oublié de porter une culotte. Puis la voilà qui continue à se dessaper.

- Tu n’as pas besoin d’enlever le haut !
- Il faudra bien que je l’enlève à un moment ou à un autre. Comme ça se sera fait.

Implacable logique !

Et tandis que Bertrand lape le petit troufignon d’Anna, je décide par pure provocation de retirer mon corset afin de libérer mes nénés. J’en connais un qui va être content… Par contre la Dolorès ne va pas tarder à se demander ce qu’elle fabrique habillée au beau milieu de ces gens peu vêtus.

Je décide de mettre fin à cette petite séance de feuille de rose, au grand dam des deux protagonistes. Anna revient à sa place, interpelle ça voisine d’un :

- Alors ça t’a plu ?

L’autre ne répond que d’un sourire complice, mais mon amie se sentant encouragée, lui applique un bisou express sur les lèvres, puis refait illico une seconde tentative en lui roulant carrément une gamelle. Par jeu, je reprends le martinet et en envoie un coup sur les fesses nues d’Anna.

- Aïe ! Ça va pas, non ? Proteste-t-elle mollement.
- Excuse-moi, c’était trop tentant !

Et puis, bonne fille, me tournant vers Dolorès, je lui évite d’avoir à chercher un prétexte pour se déshabiller à son tour :

- Mets-toi donc à l’aise, ce sera mieux !

Effectivement, elle n’attendait que ça, et comme pendant qu’elle se déshabille, Anna lui fout la paix, j’en profite pour aller me chercher un joli gode ceinture, que je fais lécher à Bertrand qui se prête au jeu méticuleusement.

- T’aime ça lécher des bites ? Hein, esclave ?
- Oui, maîtresse !
- Tu sais que je t’en ai réservé une vraie, dans le donjon ? Tu vas bien la sucer et ta femme va te regarder.
- Oui, maîtresse !

J’interpelle sa femme. Elle est maintenant complètement nue, le corps est intégralement halé, la silhouette est parfaite, les seins parfaits… Impressionnant !

- Tu l’as déjà vu en train de sucer des bites, ton mari !
- Il y a bien longtemps, oui ! Dans un sauna.
- Et ça t’a fait quoi ?
- Ça m’a excité !

Tout va bien, les deux femmes sont redevenus sages, une sagesse toute relatives puisqu’ils se tripotent mutuellement les cuisses. Je fais se retourner Bertrand et lui tartine l’anus de gel afin de bien pénétrer le gode… Quand je commence à m’enfoncer, Anna et Dolorès se sont enhardi, l’endroit qu’elles se tripotent étant situé, vraiment très, très en haut de la cuisse…

- Alors c’est bon ?
- Oui, maîtresse !
- « Oui, maîtresse ! Oui, maîtresse ! » Tu ne sais pas dire autre chose ? Dis que tu aimes ce que je te fais ?
- J’aime ce que vous me faites, maîtresse !
- Et je te fais quoi ?
- Vous me sodomisez, maîtresse !
- Tass, tps, on n’est pas chez le sexologue !
- Vous m’enculez, maîtresse !
- Ah quand même !

Les deux nanas s’excitent comme des puces ! Je me hâte de travailler le cul de Bertrand, car après on va passer dans le donjon…

- Allez tout le monde à côté !

La tête de Dolorès ! Le soumis attaché à la croix de Saint-André tout surpris de voir entrer autant de monde et qui se remet à bander ne l’impressionne pas plus que ça… par contre l’attirail. Je m’amuse à en rajouter une couche :

- Ah ! Ici il n’y a pas grand-chose pour s’asseoir, quoique ce petit tabouret n’est pas mal (il s’agit d’un petit trépied d’où surgit en plein milieu un gode vertical) où alors ça, proposais-je ne désignant la chaise percée qui me sert parfois à donner des douches dorées.
- On va rester debout, hein, ma bibiche ? La rassure Anna.

Je fais mettre Bertrand à genoux, puis je vais masturber un peu mon soumis afin qu’il bande de façon optimale.

- Alors, qu’est-ce que tu en dis ? Elle n’est pas gentille ta maîtresse de t’avoir mis au chaud une belle bite comme ça !
- Merci, maîtresse !
- Mais avant de la sucer, tu vas me le demander bien gentiment ?
- Maîtresse, me donnez-vous la permission de le sucer ?
- De sucer quoi ?
- De sucer son sexe…
- Tass, tps…
- De sucer sa bite !
- Je vais peut-être te faire plaisir ! Tu vas pouvoir le sucer, mais à une condition.

Il me regarde bizarrement, se demandant ce que je vais pouvoir encore inventer.

- Je veux qu’après, il t’encule.

A mon avis, il en meurt d’envie, mais n’a peut-être pas le désir de faire ça devant son épouse. Du coup il la regarde avec un air de chien battu.

- Ben quoi tu ne vas pas te dégonfler, maintenant ? Lui lance-t-elle.
- D’accord maîtresse !

Trente secondes après il avait la queue du soumis dans la bouche et s’en régalait.

- Allez suce bien ! L’encourageait Anna
- Tu vas voir à la maison, je vais te préparer une suite, tu vas sucer la bite du coiffeur et après tu me regarderas me faire enculer ! Lui lance sa femme, au comble de l’excitation.

Au bout de cinq minutes, je stoppe la fellation, j’encapote mon soumis et positionne Bertrand de façon semi couché sur le chevalet. L’introduction ayant été bien préparé par le gode, ça passe tout seul, l’autre effectuant des aller et retour frénétiques, le regard scotché sur les seins de Dolorès.

- Alors c’est bon ?
- Oui ! C’est bon maîtresse !
- Ça te plait de te faire enculer ?
- Oui, maîtresse !
- Et devant ta femme en plus !

Là, il ne sait plus quoi répondre… Le soumis accélère encore, son visage se crispe, il éjacule dans la capote et se retire laissant le cul de Bertrand, béant.

- Alors, ça t’a plu !
- Oui, maîtresse !
- Je ne suis plus ta maîtresse, la domination est finie, maintenant c’est quartier libre… et toi Dolorès ?
- Oh, moi, je suis trop excitée…

Mon soumis est ravi, il lance un « au revoir messieurs-dames » et je l’accompagne jusqu’à la petite salle d’attente où il a déposé ses affaires en échangeant deux trois mots avec lui.

Quand je reviens Anna est entre les jambes de Bertrand en train de le sucer, tandis que Dolorès regarde en se frottant le clito.

Il est extrêmement rare que je sois excitée dans le cadre de mon travail, mais il est vrai que cette fin d’après-midi est un peu particulière. Je me dirige carrément vers la femme de Bertrand.

- Tu sais que t’es vachement belle, toi !
- Merci, mais vous n’êtes pas mal non plus ! Répond-elle.

Madame est trop polie !

- On peut continuer à se tutoyer… je peux ? Demandais-je en ayant déjà la main sur son sein.

Pas un mot mais un grand sourire suivi d’une petite opination de la tête. Du coup j’empaume ses deux seins, je cherche sa bouche, mais voilà qu’elle ferme les yeux et qu’elle lève le menton… Pas grave, j’ai tout mon temps. Je lui suce ses bouts de seins, érigés de désir, elle se pâme. Bon, c’est que je ne suis pas à l’aise, moi, je la prends par la main, et l’entraîne à côté sur le canapé. Du coup Anna cesse sa turlutte et nous suit, demandant à Bertrand de s’asseoir sur un fauteuil, pour ensuite le chevaucher telle une walkyrie sans aucune autre formalité.

C’est impressionnant et très troublant de voir Anna, désormais en sueur de monter et de descendre sur la bite de Bertrand, qui manifestement se retient de jouir trop rapidement.

Me voilà allongée sur Dolorès, elle est sur le dos, mon visage s’approche du sien et cette fois, elle ne refuse pas mon baiser. Il est fougueux, sauvage, baveux. Je réattaque ses bouts de seins, déjà elle se pâme, alors je descends en vitesse entre ses cuisses, c’est tout mouillé. J’aurais dû protéger mon canapé, tant pis, les grosses lèvres sont gonflées, j’écarte tout ça… me dit qu’on aurait dû se mettre en soixante-neuf… et qu’il n’est pas trop tard pour le faire. Hop je me retourne, lui file ma chatte à bouffer pendant que je lui titille le clito du bout de ma langue. Trop rapide, trente secondes après, Madame jouissait comme une damnée. Et moi alors ? J’attends qu’elle récupère. Elle m’indique qu’elle préférerait me sucer dessus plutôt que dessous. Ce n’est pas un problème, je m’allonge, je m’écarte et la laisse opérer. On sent qu’elle met du cœur à l’ouvrage, mais aussi qu’elle n’a pas dû faire ça trop souvent. J’aurais peut-être dû me faire lécher par Anna… Anna le feu aux joues qui continue à coulisser sur la pine de Bertrand. Ça sent le final, leur affaire ! Effectivement, Bertrand pousse un cri, Anna en pousse un autre, se dégage et ils se blottissent l’un contre l’autre pour se rouler un patin !

- Ta langue sur mon clito ! Demandais-je à Dolorès.

Elle le fait, et elle ne fait pas si mal que ça ! J’essaie de retarder l’instant fatal, mais j’y renonce, je me laisse aller et finit par jouir dans un râle. Un petit bisou pour finir, mais pas de gentil câlin, Dolorès n’est pas une romantique, on ne peut pas tout avoir.

On s’est douché, on s’est débouché une bouteille de champagne… Dolorès paraissait ravie, Bertrand aussi et Anna n’en parlons pas ! Tout va donc pour le mieux !

Epilogue

Bertrand et Dolorès ont eu la drôle d’idée de vouloir restituer à Roger l’unité centrale de son ordinateur, après en avoir recopié le disque dur. Ils n’ont pu entrer chez lui et se sont entendu dire par une voisine « que ce monsieur, toujours très correct » était subitement devenu une éponge imbibée de boisson.

Bertrand a trouvé un nouveau poste dans le quartier de la Défense. Il s’est fait plus rare, nos horaires ne coïncidant pas. Mais ils nous ont invités, Anna et moi chez eux, j’ai apprécié l’invitation, l’excellent repas et l’ambiance où Dolorès, curieuse comme une vieille chatte, voulait tout savoir sur mon métier, mais avec un respect toujours présent. La soirée s’est terminée en brèves galipettes, fort ludiques, mais cela ne restera pas dans ma mémoire comme le principal souvenir de cette délicieuse soirée. Puis Bertrand a accepté, poussé par sa femme, obsédée par l’ombre de Roger, une mutation en province, on s’est un peu écrit, un peu téléphoné… Et puis le « loin des yeux, loin du cœur » a fait son travail de séparation.

FIN

© Chanette78@hotmail.fr
Chanette (Christine D’Esde) 4/2008
Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur
Ce récit a eu l’honneur d’être 1er prix de la meilleure nouvelle publié sur Vassilia en 2008

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3 réponses à Chanette 13 Chanette et les banquiers par Chanette – 2 L’horrible Monsieur Roger

  1. darrigade dit :

    Elle serait pas un peu sadique, Chanette, on a comme l’impression qu’elle a connu un Monsieur Roger qui n’a pas été gentil avec elle et qu’elle règle ses comptes. Très bon récit !

  2. muller dit :

    bisexualité, domination et urologie, tout cela au service d’une joyeuse équipe d’érotomanes sans complexe qui vont faire un sort à l’empêcheur de baiser en rond de service. Délicieusement excitant

  3. saprisit dit :

    Au delà des parties érotiques toujours excellentes de la part de cet auteur, j’avoue avoir pris un plaisir coupable a la lecture de la déchéance de cet horrible Monsieur Roger

  4. pluviose dit :

    seconde partie d’une nouvelle passionnante à lire illustrée de quelques séances de domination très torrides. bravo !

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