Bérénice – Chapitre 19 et 20 par mlle_helened


 

19.

Ce n’est qu’en arrivant chez lui que Damien se rendit compte qu’il avait toujours sur lui les vêtements de femme que Bérénice lui avait donnés. Il avait croisé ses voisins du dessus, un couple du même âge que lui et qui attendait un heureux événement. Ils avaient échangé les salutations de rigueur et Damien était entré chez lui sans que le couple ne remarque quoi que ce soit.

Malgré cet épisode vestimentaire, cette escapade avait été merveilleuse. Il avait baisé Bérénice jusqu’à plus soif et elle en redemandait. Il lui tardait d’être à lundi pour remettre ça.

Bérénice recula la fourgonnette contre le garage et coupa le moteur. Patrice la déchargerait plus tard. Elle appuya sur le bouton du portail automatique, verrouilla la voiture et entra chez elle. Patrice l’attendait sur le canapé, un whisky posé sur la table basse, ainsi qu’un verre de Martini et des gâteaux apéritifs.

– Ah te voilà enfin, dit-il en se levant.

Il la prit dans ses bras et l’embrassa.

– Tu m’as manqué tu sais. Une nuit sans toi, c’est beaucoup trop. J’ai travaillé plus tard hier soir exprès pour t’attendre.
– Toi aussi tu m’as manqué, mentit Bérénice. Il me tardait de rentrer. J’ai envie de toi.

Elle le poussa dans le canapé et vint se mettre à califourchon sur son homme.

– Et toi aussi tu as envie, on dirait, dit-elle en massant le sexe de Patrice à travers le jean.
– Oh que oui, que j’ai envie !

Il défit les boutons du pantalon, sortit son sexe déjà bien dur et Bérénice glissa doucement sur lui, jusqu’à la garde. Elle imprima sa propre cadence, parfois par des mouvements amples et lents, parfois courts et rapides. Patrice avait défait son chemisier et léchait les seins de sa femme, caressait ses cuisses gainées de nylon clair, jouant aussi avec les jarretelles.

– J’aime quand tu es sexy comme ça.
– Je sais. C’est pour toi que je les mets.
– Merci mon amour. Mais j’espère que tu prends du plaisir aussi.

La jouissance montait doucement. Bérénice gémissait de plus en plus fort.

– Oh, je vais venir, lâcha Patrice
– Retiens-toi, je ne suis pas prête

Il abandonna les caresses, pensa à autre chose, le temps que sa femme prenne son pied. Ses cris de jouissance libérèrent l’éjaculation abondante.

– Qu’est-ce que tu m’as mis, dit-elle en buvant son Martini. Je sens que ça coule.
– Ce n’est que le début, dit Patrice.
– Des promesses, des promesses.

Ce ne furent pas des paroles en l’air. Patrice et elle firent l’amour plusieurs fois dans le week-end, dans plusieurs positions. Elle avala son sperme et accepta même une sodomie.

– Qu’est-ce qui t’arrive ma chérie, lança Patrice après un nième coït. Depuis quelques temps, je te trouve plus … coquine. On fait l’amour bien plus souvent qu’avant.
– Je ne sais pas. Les hormones peut-être, avant la ménopause. Ne me dis pas que tu n’aimes pas.
– Si au contraire. Pourvu que ça dure.

Bérénice souffla intérieurement. Patrice ne se doutait pas un instant de ses infidélités. Là aussi, pourvu que ça dure, pensa-t-elle.

Dès le lundi, Bérénice retrouva Damien. Sitôt le seuil franchi, elle se jeta dans ses bras pour l’embrasser. Collés l’un à l’autre, ils se dirigèrent vers la chambre et firent l’amour une première fois pour enchaîner sur un soixante-neuf.

– Ah que c’était bon, dit Bérénice, allongée sur le lit, vêtue juste avec ses dessous.
– Oui très bon, confirma Damien.
– Je vois que tu as remis les vêtements que je t’avais achetés.
– Je me suis dit que ça serait une bonne idée.
– Très bonne idée. La semaine prochaine je devrais être indisposée. On ira faire du shopping.

Il lui fit l’amour une nouvelle fois, en levrette, permettant à son sexe court d’aller plus loin en elle.

20.

La semaine se déroula tranquillement. Bérénice s’occupa de la comptabilité de l’entreprise de son mari et prépara sa prochaine soirée de vente à domicile. Damien attendit avec une impatience non feinte le lundi prochain. L’idée de faire du shopping avec Bérénice l’émoustilla et le poussa à se faire du bien.

Comme à son habitude, Bérénice arriva en jupe, talons hauts et bas noirs.

– Déshabille-toi ! ordonna-t-elle à peine entrée.
– Mais, mais… on a dit qu’on allait faire du shopping, protesta Damien décontenancé par la colère de Bérénice.
– C’est vrai. On va aller faire du shopping. Mais je veux que tu remettes la tenue que je t’ai achetée.
– Je ne vais pas sortir comme ça !
– Bien sûr que si ! Va chercher tes affaires et habille-toi devant moi.

La magie était bel et bien terminée. Le petit nuage sur lequel il était depuis quelques semaines venait de s’ouvrir sous ses pieds et la chute était vertigineuse. Traînant les pieds, il alla chercher la tenue en question : chemisier blanc, pantalon foncé, mocassins vernis. Il se déshabilla sous le regard amusé de Bérénice, confortablement assise dans le fauteuil.

– Enfile ça d’abord, lui dit-elle en lui lançant une pochette.
Damien la saisit et découvrit qu’elle contenait une paire de collants couleur chair.
– Je pense que tu sais les mettre. Pour le moment, je t’interdis de porter des bas. Il te faudra les mériter. Et prends le tanga plutôt que la culotte.

Damien obéit docilement. Il se montra extrêmement prudent avec les collants pour éviter de les filer. Il se regarda dans le miroir. Il lui semblait que le côté féminin de la tenue était plus visible.

– Tu es parfaite. On y va !

La descente de l’immeuble se fit sans rencontrer personne. Mais une fois dans la rue, Damien se sentit observé.

– Ne t’en fais pas. On ne regarde que moi. Soit naturelle et tout ira bien.
– Comment veux-tu que je sois naturel. Je suis un homme habillé avec des vêtements de femme. J’ai honte.
– Mais non. Tu es très bien ma chérie.

Bérénice s’engagea dans la rue la plus commerçante qui était bondée par cette belle journée, une des premières où le soleil daignait faire son apparition. L’hiver touchait enfin à sa fin : encore deux semaines et le printemps ferait officiellement son entrée.

Les passants tentaient de se frayer un chemin dans la cohue. Damien se rendit vite compte que, finalement, personne ne s’intéressait à lui. Enfin, Bérénice réussit à s’échapper de la foule et entra dans un magasin de chaussures.

– Bonjour, dit la vendeuse en tentant de ne pas montrer qu’elle leur sautait dessus.

Car si le monde se pressait dans la rue, ce n’était pas le cas dans les magasins où les vendeuses se tournaient les pouces en attendant le chaland.
– Que puis-je pour vous ?

Elle les toisa de la tête aux pieds. Damien se mit à rougir.

– Une paire de chaussures pour tous les jours pour mon amie, annonça Bérénice. J’en ai assez de ses mocassins. Il est temps de changer.

La surprise de Damien était évidente. Il ne s’attendait pas à ça, pensant plutôt qu’ils venaient pour Bérénice.

Elle avait soigneusement choisi ses mots, laissant dans le flou le genre de Damien. Une fille au masculin ? Un garçon au féminin ? L’ambiguïté était totale.

– Je vous laisse regarder. Les escarpins sont là, les sandales ici.
– Escarpins plutôt, dit Bérénice. Tu me dis ce qui te plairait, ajouta-t-elle pour Damien.

Naturellement, il lorgna vers les talons hauts.

– Plus tard. Commence plus petit.
– Celles-ci ? dit-il en montrant des escarpins tout ce qu’il y a de plus classiques avec un talon carré. Ou ça.
– J’aime bien, acquiesça Bérénice. Vous les avez en quarante et un ?
– Je vais vous chercher ça, dit la vendeuse.
– Tu vois, tout se passe bien.
– Pour le moment, dit-il, pour le moment.
– Et voilà ! Très jolies chaussures, dit la vendeuse en sortant les salomées à talons de cinq centimètres. Ça va vous changer des mocassins.

Damien les enfila. La sensation était divine. Il se rappela son adolescence, lorsqu’il mettait les chaussures de sa mère. Le même plaisir de sentir son pied gainé de nylon glisser dans le cuir des escarpins. Il ferma la boucle autour de sa cheville et se leva. Il chancela un peu mais trouva son équilibre sur les talons suffisamment larges. Il fit quelques pas. Elles serraient un peu mais il admit qu’avec le temps ça irait.

– C’est bon, fit-il.
– Vous voulez essayer autre chose ?

Damien se tourna vers les talons aiguilles qu’il avait repérés en premier.

– Je veux bien, mais tu vas avoir du mal au début.
– Je m’entrainerai chez moi.
– Ok.

La vendeuse repartit dans l’arrière-boutique. Damien se contenta de les essayer en restant assis. Encore une fois, elles convenaient.

Bérénice régla la note, somme toute raisonnable. Ils sortirent du magasin, plongèrent dans la foule et entrèrent quelques dizaines de mètres plus loin dans le magasin de vêtements où ils étaient déjà venus.

– Bonjour Carole, dit Bérénice entrant. Tu vas bien ?
– Très bien. Et toi.
– Parfaitement bien. Je viens pour Damien. Tu te souviens de lui ?
– Oui bien sûr.
– Alors je voudrais une robe et un tailleur-jupe avec le chemisier qui va avec.
– Toujours en trente-huit ?
– Non, en quarante-deux. C’est pour lui.

Damien ne savait plus où se mettre. Il était rouge comme une pivoine. Quant à Carole, elle ne s’attendait pas non plus à une telle demande. Par chance, la boutique était vide.

– Ça t’ennuie ? demanda Bérénice à Carole.
– Euh, non, bafouilla-t-elle. Je ne pensais pas qu’il serait …
– Lui non plus, je te rassure. C’est moi qui l’oblige. Je sais qu’il en meurt d’envie mais n’ose pas le dire.
Damien voulut dire quelque chose mais le regard de Bérénice lui cloua le bec.
– Ok, dit Carole, résignée.

Le moment de surprise passé, elle retrouva son professionnalisme et précéda Damien et Bérénice dans les portants. Ensemble, ils finirent par trouver qu’ils cherchaient.

Damien passa dans la cabine d’essayage et commença par le tailleur jupe et le chemisier.

– Pas mal, agréa Bérénice lorsqu’il sortit. Pas mal du tout. La robe maintenant.

Ce fut un peu plus compliqué et plus honteux que jamais car il dut solliciter l’aide de Carole.

– Très bien, confirma Bérénice. Mais ça reste un peu trop sage. Carole, tu n’as pas une robe un peu plus sexy, pour ne pas dire courte, voire très courte ?
– Si, attends, je crois que je vois ce que tu cherches.

Elle revint presqu’aussitôt. Elle aida une nouvelle fois Damien. Cette fois la robe lui arrivait à mi-cuisses, presqu’au ras des fesses. La lisière du collant laissait sa marque à la taille.

– Magnifique. Le décolleté est à tomber. On prend le tout.

Damien se changea et cette fois, régla la note.

 

A suivre

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