Ondes courtes 12 – Avion humide par Sylvie_Deplicadour

Pendant quelques jours de repos au cours de mon stage à Phœnix, je suis
allée voir mes parents au Mexique. Je n’y étais pas allée depuis plus d’un
an et je savais retrouver mon frère là-bas. Il aime bien le Mexique. Pas
moi. Nos parents habitent dans le Yucatán, une région tropicale au climat
chaud et humide.
Il faut près de dix heures pour venir de Phœnix à la plantation de Tahualpa.
J’ai d’abord pris un avion de ligne jusqu’à Mexico. Ensuite, il faut
utiliser des avions privés, ou le car.
Le pilote de l’avion taxi m’attendait au tapis à bagages de l’aéroport
mexicain avec un chariot à peu près en bon état. C’est lui qui m’a reconnu.
Il m’a présenté une lettre de mon père. Je savais que l’avion de
l’entreprise viendrait me chercher, papa me l’avait dit. Il m’avait aussi
donné le nom du pilote, Gerhardt Sutter. C’est un ancien pilote militaire
suisse qui travaille désormais pour la plantation où mon père est ingénieur
chimiste.
Nombre d’anciens employés de la plantation d’hévéas de Mimot au Cambodge se
sont retrouvés en Amérique tropicale sur les centres d’essais agronomiques
où l’on veut relancer une production de caoutchouc naturel.
Sutter a pris mes bagages et m’entraîne vers une autre porte que celle par
où sortent les passagers de mon vol. Il porte un pistolet argenté à la
ceinture, en plein aéroport, et cela ne semble troubler aucun des douaniers.
Plus fort, un policier en uniforme lui adresse un signe amical et lui ouvre
la porte de sécurité. Nous sortons dans la chaleur étouffante sur un tarmac
de béton gris pâle qui m’éblouit et dans une odeur de naphte qui me
suffoque.
Avec un grand sourire, Sutter me montre un avion assez grand, blanc avec des
marquages bleus :

- C’est notre nouvel appareil. Un bimoteur amphibie Canadair.
- Comme ceux des pompiers de Marseille ?
- Non. Celui-là est petit par rapport aux Canadair antifeu.

L’appareil ressemble à un bateau avec des ailes. Sous les ailes hautes
pendent deux flotteurs. A l’arrière de la quille, il y a un petit safran de
gouvernail protégé par une roulette. L’appareil repose sur trois roues, deux
qui sortent de la carlingue un peu en arrière de l’aile et une qui sort de
la quille sous le nez en forme d’étrave.
Nous embarquons rapidement mes bagages dans l’avion. Le poste de pilotage
est placé assez haut, en avant de l’aile. Au-dessus de l’aile, il y a une
nacelle effilée avec deux petites hélices bipales au cône argenté, l’une
devant l’autre derrière.

- Vous pouvez monter avec moi dans le poste de pilotage ou vous installer
confortablement sur l’un des sièges de la salle des passagers. Vous serez
mieux derrière pour voir le paysage par les deux hublots lenticulaires. En
plus, vous aurez moins chaud. Mais si cela vous amuse, vous pouvez faire le
décollage à côté de moi et passer derrière ensuite, en cours de vol.
- Nous allons voler longtemps ?
- Nous devons d’abord faire une escale au bord du Golfe du Mexique pour
prendre ma femme et encore quelques marchandises. Ensuite nous rejoindrons
la plantation. Il faut compter quatre à cinq heures de trajet selon le vent
que nous rencontrerons sur la mer. Nous volerons au-dessus de la terre
jusqu’à Veracruz, puis nous nous poserons près de Cuetzalcoalcos. De là nous
repartirons vers Villa Hermosas. La plantation est à une centaine de
kilomètres de cette ville. Ça fait un vol de presque 500 kilomètres. Si tout
va bien, cela fait deux heures auxquelles il faut rajouter les procédures
d’approche, d’amerrissage et de décollage.
- Amerrissage ?
- Oui, à Cuetzalcoalcos. Il n’y a pas d’aérodrome. Amerrir me permet de me
poser près de village de pêcheurs où ma femme m’attend avec les
marchandises. Sutter déboucle son ceinturon de toile et l’accroche à une
patère de la cloison, puis il s’installe et boucle sa ceinture de sécurité.
Le pistolet brillant oscille en lançant des éclairs argentés pendant tout le
décollage.

Une demi-heure après le départ, je ne tiens plus derrière la verrière du
poste de pilotage. Les deux moteurs tirent l’avion dans le hurlement
strident de leurs turbines et le grondement des hélices qui tournent
beaucoup plus vite que celles des avions de tourisme dans lesquels je suis
déjà montée. Nous ne pouvons nous parler que par l’intercom tant le bruit
des moteurs est fort. La chaleur est incroyable, derrière la verrière en
bulle qui fait sauna malgré les aérateurs ouverts.
Sutter pilote en tricot de corps et short. Les pieds dans des sandales, il a
l’air très à l’aise. Il s’éponge le front de temps en temps. Moi, je suis en
nage. Heureusement que pour quitter les Etats-Unis je me suis habillée en
jeune fille sage, avec slip et soutif, parce que ma robe de coton léger me
colle au corps. De temps en temps, le Suisse me regarde haleter. Il me dit
de passer à l’arrière, parce que j’y serai mieux.
Avant le décollage, il m’a montré les  » commodités  » pour le cas où il me
prendrait une envie pendant le vol. En fait, il s’agit d’un urinoir installé
derrière un panneau de plastique léger.

 » Ma femme y pisse debout sans problème  » m’a-t-il dit d’un ton amusé et
égrillard.

Je ne fais pas de commentaire, mais je ne tiens plus de chaleur. Un petit
pissou serait aussi le bienvenu.
Alors, je déboucle ma ceinture et je passe à l’arrière. Dès que j’ai quitté
le poste de pilotage, tout va mieux. La cabine est beaucoup plus fraîche et
les moteurs font beaucoup moins de bruit. Je vais à ma valise et j’en sors
un short et un T-shirt. J’y prends aussi mes tennis. Je suis en slip et
soutif, ma robe trempée de sueur est posée sur un siège. J’hésite un peu,
puis je me débarrasse aussi de mes sous-vêtements mouillés. Je suis à poil
dans cette carlingue d’un avion qui vole au-dessus du Mexique. Sutter
regarde devant lui.

Dommage… Je me sens tout émoustillée de la situation. Je sèche ma sueur avec
une serviette puis je me demande comment je vais m’habiller. Machinalement,
je me caresse le minou, pour faire cesser l’envie de pisser. Je me
soulagerai plus tard. Après avoir un peu réfléchi, j’enfile le short de
couleur sable, assez ample, et le T-shirt blanc. Sans autre vêtement. Mais
comme je ne suis pas américaine, je rentre le T-shirt dans mon short.
Je m’installe sur le siège de gauche à hauteur du large hublot en Plexiglas
bleuté qui a la forme d’une demi-goutte d’huile et fait saillie de la
carlingue. Je vois très bien le sol. Je sens dans mes oreilles que nous
descendons depuis longtemps.

En fait, Mexico est en altitude alors que nous allons nous poser sur la mer.
Donc peu après avoir pris l’altitude de croisière légale au-dessus de la
capitale, nous avons commencé à descendre vers la mer. Je vois arriver la
côte et au-dessous de nous approche la grande ville de Veracruz. Le Golfe du
Mexique est bordé d’une bande d’eau boueuse, mais dès qu’on s’éloigne un peu
de la côte, l’eau est d’un bleu outremer avec des taches d’un vert jade pâle
qui marquent les hauts fonds de corail. Le bruit des moteurs diminue
nettement. L’appareil ralentit. Un bruit de turbulence me fait comprendre
que Sutter a sorti les aérofreins ou les volets d’intrados. L’avion ne
glisse plus dans l’air mais semble cahoter sur une route de campagne.
Mince, je n’ai pas vu passer le temps et je n’ai pas pissé. Trop tard. Une
sirène retentit dans la cabine et des lumières rouges s’allument partout
indiquant qu’il faut attacher sa ceinture de sécurité. L’appareil court
maintenant à quelques mètres au-dessus de l’eau bleue qui se rapproche peu à
peu.
A un moment donné, je sens des secousses accompagnées de bruits de chocs
mous sous la coque. Les moteurs se taisent presque et l’avion lève le nez.
Puis dans un grand bruit et un grand jaillissement d’écume le Canadair prend
contact avec la mer en quelques rebonds mous. Les moteurs reprennent un peu
de puissance et l’eau se met à clapoter le long de la coque comme elle le
ferait sur un bateau. Je reviens vers le poste de pilotage pour voir devant.
Sutter a ouvert en grand la verrière et l’air marin rafraîchit les visages.
Devant nous approche assez vite un canot à moteur long d’une dizaine de
mètres à la flottaison. Sur le pont avant, une jeune femme d’une trentaine
d’années, les cheveux roux au vent, cramponnée à une amarre frappée sur un
fort taquet de pont.

- La Walkyrie rousse, c’est ma femme, me dit Sutter. Une vraie rousse.

Je me sens un peu rougir. Je me demande pourquoi il me fait ses confidences
quand je remarque soudain le rétroviseur. Le miroir lui permet en principe
de surveiller les moteurs placés derrière et au-dessus de lui lorsqu’il
pilote. Là, il est déréglé et il permet au pilote de voir ce qui se passe
dans la cabine des passagers. Il m’a donc vue à poil. Surtout que j’ai pris
tout mon temps quand je me suis essuyée pour sécher la sueur. Et puis je me
suis caressée. Après tout, je m’en fous, il n’y a pas de mal à se faire du
bien et s’il s’est rincé l’œil, tant mieux pour lui…
Le canot automobile est amarré à couple à notre avion. La porte de la
carlingue par laquelle nous sommes montés à Mexico est hermétiquement
fermée. On me passe les paquets par une écoutille qui s’ouvre dans le toit
de l’avion entre les deux hublots goutte d’huile. En fait, comme l’avion est
assez enfoncé dans l’eau, le pont du canot automobile arrive presque au
niveau du toit de l’avion amphibie. Je vois Mme Sutter prendre son élan et
sauter lestement sur le toit de l’appareil, près de l’écoutille. Elle est
debout au dessus du panneau de Plexiglas, jambes écartées et face à l’avant
de l’avion. Elle agite la main vers le marin du canot et lui crie quelque
chose dans une langue qui sonne comme de l’allemand. L’alizé fait flotter
son short tacheté de blanc et de rouge. Du fond de la cabine, j’ai une vue
imprenable sous ce vêtement large. Elle non plus ne porte pas de slip et
c’est effectivement une vraie rousse.
Elle marche vers l’avant de l’appareil et entre par la verrière ouverte du
poste de pilotage. Par la porte avant de la cabine, je vois ses jambes
descendre sur le siège du copilote. Sutter l’attrape par les cuisses. Je
crois que c’est pour l’aider, mais sportive comme elle est, elle pourrait
s’en passer. La voilà assise sur le haut du pare-brise, les pieds posés sur
le siège. Elle manipule le toit ouvrant pendant que son mari lui entre les
mains sous le short. Elle a un tressaillement et je la vois plier et ouvrir
les genoux. Elle fait semblant de s’affairer sur la verrière pendant que
Gerhardt, lui, s’affaire dans son intimité, une main devant et une autre
derrière, toujours dans le short. Puis je le vois retirer sa main gauche
humide et la lécher avec application.
Mme Sutter descend enfin sur le plancher du poste de pilotage. Elle a le
sourire mais est toute ébouriffée.

- Je vais enfin pouvoir vous saluer, ma chérie. C’est vous, la fille du
consul ?

Il me faut réfléchir un peu pour me souvenir qu’en plus de son emploi
d’ingénieur chimiste, mon père est aussi consul de France pour Tahualpa. Il
n’appartient pas au ministère des affaires étrangères. Il rend service.
C’est un consul honoraire. Il fait un peu de paperasse pour les visas.
Disons qu’il prépare les envois à destination du consul général à Mexico,
histoire de vérifier que tout est complet. Mais, par exemple, il n’a aucun
pouvoir en matière d’argent. Les Français qui veulent régler leurs problèmes
d’impôts en France ou même voter en expatriés doivent passer par le Consul à
Mexico. Mais être la fille du Consul, ça fait plus classe qu’être la fille
d’un des nombreux ingénieurs de la plantation.

- Oui, je suis la fille du Consul de France à Tahualpa. J’arrive de Phœnix
où je suis un stage à l’université.
- Vous parlez espagnol ?
- Un peu. Plutôt l’anglais et l’allemand.

Je suis un peu gênée d’avoir pénétré l’intimité de cette femme directe en
matant sa foufoune d’abord puis en assistant ensuite aux privautés de son
mari. Elle sait bien que j’ai tout vu de ce qui s’est passé dans le poste de
pilotage, mais apparemment elle s’en fiche. Son mari vient nous dire de nous
asseoir et de nous attacher pour le décollage. Je ne suis pas plutôt sanglée
que me voici reprise par mon envie de faire pipi. Mon frère dirait :  » J’ai
les dents du fond qui baignent « . Moi j’ai bien l’impression que ça va
sortir par les oreilles.
L’avion commence à bouger. Il tourne presque sur place et prend de la
vitesse sautant du plus en plus vite sur le dos des vagues du Golfe. Il
décolle le vent dans le dos, parce que pour un hydravion, il est plus
important de glisser sur le dos de la vague que de décoller le nez contre le
vent. Vent debout, comme on dit en langage technique. Mais le langage
technique je m’en fiche. J’ai glissé la main dans mon short et je me
masturbe sans retenue pour éviter de pisser. Mme Sutter se penche vers moi
au-dessus du couloir étroit qui sépare nos sièges. Sa main rejoint la
mienne. Je sens son index glisser sur mon ventre, s’insinuer sous le mien et
masser avec art mon bouton de plaisir. Je m’appuie sur le dossier de mon
siège jambes aussi écartées que me le permettent les bords de mon fauteuil.
Les bras levés au-dessus des épaules, la tête renversée en arrière et les
yeux fermés, je laisse aller et venir mon ventre à grandes ondulations.
Le bruit des moteurs a forci et l’appareil prend de la hauteur. Je vais
bientôt pouvoir me lever. Mme Sutter a quitté son siège où elle ne s’était
sans doute pas vraiment attachée. Elle est penchée sur moi. De la main
gauche, elle continue à me caresser. De la droite elle dégrafe mon short,
déboutonne la braguette puis fait glisser le vêtement à mes pieds. Elle
déboucle ma ceinture de sécurité et m’aide à me lever. Maintenant, elle
m’accompagne vers l’urinoir. Elle a mis sa main droite sur mon clito qu’elle
continue d’exciter. Sa main gauche est glissée entre mes fesses et rejoint
les doigts de sa droite sous mon entrejambe.
Arrivée devant l’urinoir propre, je pose mes fesses sur le bec de plastique
blanc, les cuisses de part et d’autre de l’avancée et je me laisse aller.

- Gardes-en un peu, fait la voix de Mme Sutter dans mon oreille.

C’est en fait elle qui interrompt ma miction en se remettant à me masturber.
Je suis toujours assise sur le bec de l’urinoir, face au mur. Mme Sutter est
derrière moi, les pieds de part et d’autre des miens. J’ai laissé ma tête en
arrière sur son épaule gauche. Je sens son odeur de rousse qui m’enivre. Je
ne sais que faire de mes mains, alors je les pose sur ses cuisses, que je
sens musclées sous le short. Je remonte les mains vers le ventre de ma
partenaire. Je défais le bouton de l’empiècement du vêtement, puis je baisse
la fermeture à glissière. Mais je suis mal installée. Je me redresse et fais
face à la belle rousse. Son buisson est flamboyant. Je glisse mes mains sous
sa chemise d’homme et les pose sur les bonnets de son soutien-gorge. Mme
Sutter recule. Elle finit de se déshabiller puis m’ôte mon T-shirt.
Nous voici nues toutes les deux, moi avec ma poitrine presque plate et ma
petite crête de Huron châtain sur le ventre, elle avec son buisson de
lumière et ses seins juste assez fermes pour ne pas pendouiller. Sa peau
claire est marquée de taches de son. Des gouttelettes argentées mouillent la
toison rousse de son ventre. Elle se penche vers moi et pose sa bouche aux
lèvres fines sur mon trésor. Elle aussi connaît le  » coup de la pompe « .
Elle se désaltère à ma source comme je brûle de goûter à la sienne.
A mon tour… Elle sent une odeur indéfinissable d’iode, de soleil, mais aussi
de chaude étable de montagne. Je la lèche avec application, me repaissant de
sa fragrance. Je n’insiste pas sur son clito pour ne pas bloquer son envie
de me donner son ambroisie. J’aspire moi aussi pour faire venir le champagne
magique. Ça commence par un petit jet tiède et peu à peu le débit augmente.
J’arrive pourtant à tout contrôler. Quand elle a fini, je la lèche de façon
plus érotique. Elle prend du plaisir, mais manifestement elle connaît bien
autre chose.

C’est elle qui reprend l’initiative. Elle me conduit sur l’une des caisses
arrimées dans la cabine de l’avion depuis Mexico. Elle m’y installe sur un
drap de bain décoré de motifs  » Guadeloupe « . Je suis couchée sur le côté.
Elle se glisse entre mes jambes et prend mon corps en ciseaux. Son
entrejambe est en contact étroit avec le mien. Alors elle commence à onduler
du ventre pour frotter nos deux intimités l’une contre l’autre. Je ne sais
pas ce qu’elle se fait, mais moi je sens son clito gonflé masser et malaxer
le mien. C’est intense. Au début je me laisse faire puis peu à peu je sens
le besoin de répondre par un mouvement de mon ventre en écho au sien. Elle
se met à me mouiller, ce qui rend l’échange encore plus onctueux. Moi aussi
je l’inonde. Quand nous arrêtons, nous sommes hors d’haleine.
Nous sommes à nouveau assises dans nos sièges. J’ai renfilé mon T-shirt et
mon short après m’être à nouveau séchée avec ma serviette. Mais ce n’était
plus de sueur que j’étais trempée. La fougueuse rouquine, restée nue,
m’offre le spectacle d’une masturbation dolente. Elle regarde vers le hublot
en se caressant lentement l’entrejambe d’un doigt qui me fait penser à  » la
force tranquille « .
L’avion me semble bien calme. Il est en altitude et vole en légère montée.
Les moteurs sifflent doucement.

- Alors, c’est fini les agitations ? demande la voix de Sutter.

Le pilote s’encadre dans la porte. Il a de toute évidence mis le pilote
automatique. Il descend les deux marches qui séparent le plancher du poste
de pilotage de celui de la cabine arrière. Il n’a pas l’air surpris de voir
sa femme dans le plus simple appareil.

- Alors c’est bon la branlette ? Et vous avez mangé du cresson toute les
deux, d’après ce que j’ai vu.
- Et bu à ta santé, mon taureau.
- Ça m’a donné des envies, ma loute.
- J’espère bien. Mais nous n’avons pas beaucoup de temps, répond sa femme.
- On fera ça mieux après l’arrivée, rassure-toi, dit le blond Gerhardt d’un
ton péremptoire en enlevant son short et son slip dans la même glissade vers
ses chevilles.

Les voici tous les deux accouplés  » en levrette « , comme dit mon oncle, sur
le plancher du couloir entre les deux sièges. Le Suisse va et vient sur le
dos de sa femme qui feule doucement. Puis au bout de quelques va-et-vient,
je vois le dos musculeux se contracter sous le T-shirt collé par la sueur.
Après quelques coups de boutoir somme toute assez bestiaux, le Suisse se
relève, le regard encore vague et la queue humide… Il ramasse ma serviette
encore posée sur mon sac et… s’essuie avec ! Il faudra que je la lave dès
mon arrivée. Le lecteur sait bien que je ne suis pas bégueule, mais cet
accouplement de bovin manque totalement d’esthétique à mon goût.
Après avoir remis ses vêtements sur son hémisphère sud, Sutter retourne à
son poste de pilotage. L’avion continue à monter encore quelques temps, tiré
par ses moteurs sifflants.
La belle rousse s’est rhabillée. Elle est assise dans son fauteuil, la
ceinture attachée comme si rien ne s’était passé. Elle s’est nettoyée
sommairement et maintenant elle me raconte le paysage.

Un quart d’heure plus tard, l’avion touche le sol en souplesse après un
arrondi parfait. Aucun choc. Si le Sutter baise comme un taureau, il pilote
comme un ange. Après quelques minutes de roulage, nous sortons dans un air
humide qui devait être plus étouffant que celui de Mexico. Sauf qu’il n’y a
pas ici la pollution terrible qui pique les yeux dans la capitale.
Papa est venu m’attendre avec une grosse Buick Station wagon comme on
appelle en Amérique ce que nous appelons nous des « breaks « .
Sutter et sa femme rejoignent leur 4×4 Chevrolet Wagoneer, hors d’âge mais
en bon état, après nous avoir dit au revoir. Nous partons vers la plantation
par des itinéraires différents, apparemment.
Je suis toute heureuse de retrouver mes parents. Papa est venu seul me
chercher, parce que maman donne encore des cours aux élèves de l’école
française que finance la société sur l’emprise de la plantation.
Nous venons de quitter la ville en allant vers le nord-est. Mon père me fait
une remarque ambiguë :

- La mère Sutter, quand même ! A son âge, tu ne crois pas qu’elle devrait
porter un soutien-gorge ?
- Elle fait ce qu’elle veut… Mais je dois dire qu’on est mieux en short et
T-shirt qu’en jupe et chemisier, ici. Avec ce qu’on transpire, un chemisier
tournerait vite au concours de plage du style T-shirt & jet d’eau.

Nous changeons de sujet et notre conversation sur le trajet me met au
courant des derniers potins de la famille.

(illustration fournie par l’auteur)
Ce texte a obtenu le 2ème prix Vassilia du « meilleur récit publié sur notre
site en 2003

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