Rue du ponceau par Léna Van Eyck

Note du webmaster : ce texte n’entre pas vraiment dans la thématique de
notre site, mais nous n’hésitons pas un seul instant à l’éditer. Il est tout
simplement magnifique. Merci Léna !
Note de l’auteur : j’ai souhaité que ce texte ne soit accompagnée d’aucune
images hard (ni soft). Je pense que les lecteurs comprendront pourquoi !
Alors on met quoi ? Qu’il me demande Eddy ! Je ne sais pas, moi… une fleur
! Bisous à tous !

Avertissement : s’il est un domaine où le discours du « n’importe quoi » règne
en maître, c’est bien celui sur la prostitution. Cette « profession » recouvre
en fait des activités, des démarches et des comportements extrêmement
différents. Je ne parlerais donc que de ce que je connais. Et plutôt que de
faire des grandes démonstrations, je préfère raconter une tranche de vie.
Trop d’idées reçus et de clichés sur ce sujet finissent par agacer ! Mais
qu’on ne si trompe pas, ce récit ne se veut en aucun cas prosélyte ! La
prostitution reste une activité dangereuse. Et si nous devons tous notre
respect à celles qui accomplissent ce métier consciencieusement, il n’en
reste pas moins vrai qu’aujourd’hui on meurt encore rue St Denis !

Je me présente, je me prénomme Roxanne, c’est devenu Roxy pour les uns, Xany
pour les autres. Je suis rousse, constellée de tâches de rousseurs et j’ai
longtemps conservé mes longs cheveux bouclés. Pour le reste, c’est plutôt la
moyenne, la bonne moyenne. Je travaille donc dans cette rue adjacente à la
rue Saint-Denis qui a connu une gloire éphémère le jour on y a retrouvé dans
un escalier le cadavre d’un cardinal renommé et académicien de surcroît. Ses
proches éplorés se ridiculisèrent en publiant un communiqué embarrassé
arguant que le saint homme ne se serait rendu ici qu’à fin de confession.
Pas un instant ils ne comprirent que ce qu’on reprochait au défunt prélat,
ce n’était point sa luxure, mais son hypocrisie ! (Anecdote authentique)

J’arrive ce jour au bureau (au studio) vers 9 heures, je suis une fille du
matin, j’ai ainsi toutes mes après midi de libres (pratique !) Certaines
collègues se changent en arrivant. Certaines parce qu’elles sont persuadées
que la vue d’un beau décolleté motivera le chaland (ce n’est pas tout à fait
faux !), d’autres pour signifier leurs spécialités (celles qui « font » les
masos). Pas moi, le fétichisme n’a jamais été mon truc et je ne mets des
porte-jarretelles qu’en chambre et que si le client me le demande.
L’imagerie populaire s’est faite une certaine image de la « pute », certains
clients la recherchent, certaines filles la perpétuent. Mais moi je préfère
« appâter » avec mon sourire et ma frimousse plutôt qu’avec le reste. Cela me
permet d’attirer les messieurs qui recherchent une certaine « gentillesse ».
Je passe quelques coups de fil personnels et je descends me mettre au coin
(se mettre au coin = attendre le client). Un type passe, me reluque comme si
j’étais une marchandise, au début cela m’agaçait, maintenant j’ai
l’habitude. Le voici qui repasse maintenant dans l’autre sens. Je le laisse
faire, quelque chose chez moi doit l’attirer. Du moment qu’il ne prolonge
pas cinquante fois son manège ce n’est pas trop grave ! Au troisième passage
je lui fais un petit sourire. Tactique super efficace car ou bien il n’osera
plus repasser, ou alors il va m’aborder. Il m’aborde :

- C’est combien ?

Et oui, ils demandent presque tous la même chose, alors qu’ils connaissent
presque tous la réponse, mais ça fait partie du rite, et puis c’est une
façon pour le client potentiel de découvrir la voix de la fille, il en fera
toutes les déductions qu’il voudra (aimable, pas aimable…) C’est souvent à
ce stade que certains nous feront des demandes farfelues, à nous de les
accepter ou pas. Rue Saint-Denis, on n’est jamais obligé d’accepter ni un
client ni toutes ses fantaisies ! Et d’ailleurs qui nous forceraient ! La
rue est peu maquée !

Peu maqué ? Voici une vérité qui à du mal à être admise, et pourtant la
raison en est historique ! Ouvrons donc une parenthèse sur l’histoire de
cette rue !

1945 : loi dite Marthe Richard. Les maisons closes (bordels) sont fermées.
La rue Saint-Denis et ses rues latérales ainsi que son annexe historique et
éloignée, la rue Joubert sont particulièrement touchées.
Années 50-60 : Les maisons closes se sont reconverties en hôtels de passe.
C’est le triomphe de la prostitution hôtelière. (- »C’est combien ? » « -xxx
francs plus la chambre ! » combien de fois avons nous lu ou entendu cette
réplique dans les « polars » de l’époque). Toute cette activité est encadrée
et contrôlée à cœur joie par le « milieu ».

Années 70 : Interdiction de fait du proxénétisme hôtelier. Le milieu se
réorganise et rachète « à l’individuel » les chambres des hôtels afin de les
louer aux prostituées. L’idée est « géniale », puisque plus besoin de
contrôle, il suffit d’exiger un loyer prohibitif à intervalles réguliers.
Cette pratique portera le nom de proxénétisme immobilier et reste un délit !

Années 80 et 90 : La politique de la brigade des mœurs sera très fluctuante,
allant du murage de studio afin de lutter contre le proxénétisme immobilier,
jusqu’à une certaine tolérance. Un mouvement se déclenche alors et fait
boule de neige, le rachat des studios par les filles elles-mêmes. Le
proxénète est de ce fait mis hors circuit !

Années 90 : La tendance serait plutôt maintenant à la tolérance. La police
cible de préférence le « vrai » proxénétisme. Le nouveau code pénal ayant
aboli le délit de racolage passif, les forces de l’ordre ne peuvent plus (en
principe) contrôler à tout bout de champ les filles.
On estime généralement que dans le secteur St-Denis-Joubert, 50% (mais allez
savoir ?) des studios sont la propriété des filles.

Le milieu du proxénétisme à plus ou moins déserté le secteur, le maquage
résiduel est d’ordinaire très distant, et les tentatives individuelles de
racket ou d’intimidation se heurtent la plupart du temps à la solidarité des
filles.
Je vous entends d’ici ! Et les « nouvelles » elles font comment ? Je ne
répondrais pas à cette question, la réponse pourrait être interprétée comme
un encouragement à la prostitution, ce qui n’est absolument pas mon propos !

Fin de la parenthèse ! Instructif, non ?

Je réponds à mon client potentiel qui accepte… et on monte… Là aussi la
tactique lorsqu’il s’agit d’un nouveau consiste à lui parler, afin de
banaliser la prestation et de le mettre à l’aise. Et le propos sera toujours
météorologique ! Que dire d’autres ?
- Ca c’est drôlement refroidi ce matin !
- T’as raison !

Une fois en chambre, le type sort son portefeuille, et me dit :

- Je te donne un petit peu plus, je voudrais que tu me pinces le bout des
seins, mais on ne fera pas l’amour ! D’accord ?

Ok j’ai compris, celui-ci a l’habitude d’aller voir les collègues, il ne
réagit pas comme ceux qui ne montent que de façon très occasionnelle. Mais
il est souriant et le ton est très correct.

- Je ne te suce pas non plus ?
- Si un petit peu et je finirais en me masturbant.

Il est marrant, il a une bonne bouille, il est très décontracté, pas du tout
honteux, comme certains, d’être ici. Au moins ça me met à l’aise ! Je lui
indique le lit, il me demande si ça ne m’embête pas de commencer un peu en
position debout.

- Comme tu veux ! Tu veux qu’on se mette devant la glace ?
- Oui !

Je me pointe devant lui, prête à officier, il me met les mains sur les
cuisses, elles sont gelées ! Je le lui fais remarquer. Le type se confond en
excuses, il est véritablement sympa.

- Comment tu t’appelles ?
- Heuh ! Fabrice !
- Bon moi, c’est Roxanne ! Tu sais ce que tu vas faire Fabrice, tu vas te
réchauffer les mains trente secondes sur le radiateur et après tu pourras
poser tes mains sur moi !

Il s’exécute sans discuter, puis nous nous repositionnons, ses bouts de
seins sont très développés pour un homme, il doit avoir l’habitude de se les
faire triturer depuis des années.

- Je fais comment ? Doucement ? Fort ?
- Tu commences doucement et puis de plus en plus fort.

Je démarre comme il le souhaite, il réagit tout de suite, ses mains qui ne
sont plus froides se sont posées sur mes cuisses qu’il caresse doucement,

- T’aimes ça qu’on te les pince ! Hein ?
- Hum j’adore !

Sauf dans certains cas assez rares, j’essaie d’être gentille avec le client,
mon objectif est de le faire revenir. Le rapport avec un client « habitué »
devient tout à fait différent à tous les niveaux… Cela, certaines filles
ne le comprendront jamais et se contentent de faire uniquement du « passage »,
il y a toujours du « passage » ! Ceci dit, si dans certains cas être gentille
n’est pas toujours d’une évidence folle, avec ce client-ci je n’ai même pas
eu à me forcer, le courant est passé tout de suite.

- Un peu plus fort maintenant ?
- Vas-y !
- Comme ça ?
- Sans les ongles ! Ne laisse pas de traces !
- Mais je n’ai pas d’ongles, c’est parce que je serre fort !
- Alors d’accord, continue !

En ce moment, je m’amuse, ce n’est pas toujours le cas. Voilà qui me change
de ces séances sans intérêt ou je me contente d’ouvrir mes cuisses pour me
laisser pilonner par les bites maladroites de messieurs pas toujours très
net au point de vue odeurs et qui m’impose le spectacle de leur jouissance
en croyant me faire le plus beau cadeau que la Terre ait porté ! Remarquez,
ma position préférée c’est la levrette, ça me dispense de les voir, et
surtout ça me permet de m’éviter d’avoir à surveiller mes propres
expressions. Vive la levrette qui permet de faire des grimaces en cachette
du client ! Et puis il y a ceux qui me demandent de les chevaucher, au début
ça me prenait la tête, maintenant je prends cela du bon côté, ça me fait
faire de la gym, c’est très bon pour les abdominaux !

- C’est bon ?
- Hum ! Délicieux, tu as des doigts de fée !

Ben oui, un compliment ça fait toujours plaisir. Je serre de plus en plus
fort, il bande fort convenablement, à présent, c’est le moment de le
recouvrir du petit préservatif d’usage. Certaines le placent au tout début
de la séance, mais le fin du fin est de le placer dans la bouche et de le
poser au moment de la fellation, moi je n’y arrive pas, ce truc (Oh !
Combien indispensable !) m’agace et je préfère l’enfiler sur une bite bien
raide plutôt que sur une molle !

- Je te mets un petit chapeau !

Je dis cela, histoire de dire quelque chose, je ne le lui demande pas son
avis ! Puis, je reprends. Il me demande alors s’il peut me caresser les
seins.

- D’accord, mais tu ne me les pince pas !

Et c’est à ce moment là que l’idée pour la première fois, m’est venu dans la
tête : « - Et si je lui demandais de me les pincer aussi ?  » Mais non, ça ne
va pas la tête, qu’est ce qu’il a de plus que les autres ce client, sinon
d’être bougrement sympathique. Mais quelque chose ne va vraiment pas, j’en
suis à regretter de lui avoir dit cela ! Il est cependant hors de question
que je lui signifie avoir changé d’avis ! Peut-être qu’il reviendra, et s’il
revient… mais qu’est ce qu’il m’arrive ? Je me reprends et me concentre sur
ce que je fais. Il est content, il est aux anges. J’irais bien sur le lit,
j’en ai un peu marre d’être debout et m’apprête à le lui dire. J’attends
néanmoins un instant, il à l’air si content de me caresser les seins, si
seulement sa main pouvait dévier… Il va falloir que je me calme, voici que
je m’excite à présent, c’est la meilleure de la matinée !

- Je peux te les embrasser ?

J’allais lui dire « pas les bouts », mais je me ravise, pas deux fois la même
erreur !

- Bien sûr !

Je ne donne pas cette autorisation à tout le monde, mais ce type est loin
d’être une brute, il est marrant, il me fait des gros bisous sur les nénés,
il ose en faire un sur le téton, je me raidis, s’il pouvait continuer…
s’il pouvait continuer, mais qu’il continue bon dieu !

- Tu embrasses très bien !

Je deviens folle ! Pourquoi est-ce que je lui dis ça ? Mais il ne comprend
pas l’allusion. Je me reprends une fois de plus. Je n’ai pas envie non plus
de perdre le contrôle de la situation !

- On va sur le lit ?
- D’accord !

Il s’allonge, je me place au niveau de son sexe et je l’attrape pour le
sucer.

- Tu veux que je te suce à fond ?
- Non tu me suces un peu, et je me branlerais pendant que tu me feras les
seins !
- Pas de problèmes !

Je prends son sexe en bouche, au début sucer du latex m’agaçait, je me suis
habitué, les risques de transmission des MST par la bouche sont extrêmement
faibles. Mais ils existent. Et pas grand chose multiplié par 200 bonhommes
par mois ça finit par compter !

- Tu suces bien !

Ben oui, j’essaie de faire ça bien ! Le truc quand on fait des pipes c’est
de se mettre de profil, et de relever les cheveux afin qu’ils nous voient
bien les sucer. En principe ils adorent cela ! Les photos et les films de
fellations sur lesquels ils ont fantasmé, se concrétisent à cet instant, et
l’image de leur bite en train d’être sucée se superpose à celle de leur
mémoire !

- T’es belle quand tu suces !

Le pire c’est qu’il à l’air complètement sincère, il me regarde avec des
yeux extasiés. Ne l’écoute pas Roxanne, ne l’écoute pas, tu es calmée
maintenant, ça ne va pas recommencer !
J’arrête ma fellation, puisqu’il ne veut pas jouir comme ça !

- Tu vas te branler maintenant, je vais te faire les seins pendant ce
temps-là !

Je me positionne sur le côté et lui resserre ses bouts, il se pâme, il se
masturbe, mais lentement. Le tricheur ! Il fait durer le plaisir ! S’il
continue trop longtemps comme ça, il faudra que je prenne ma voix la plus
douce afin de ne pas le vexer, et je lui dirais que maintenant il faut
jouir, mais bon je ne suis pas à cinq minutes, si cela peut me rapporter un
client fidèle !

- La prochaine fois, je te donnerais un peu plus de sous, et tu me feras
pleins de trucs !

La prochaine fois ! Il a parlé d’une prochaine fois, aurais-je déjà gagné ?
Toi mon lapin si tu reviens une deuxième fois je vais te préparer
effectivement un petit scénario où je serais très partie prenante ! Je lui
souris, mais il attendait une réponse que je ne lui donne pas !

- Qu’est-ce qu tu me feras quand je reviendrais ?
- Je ne sais pas moi, qu’est-ce que tu aimerais ?
- Non, dis-moi ce que tu me proposes ?

Ce jeu est embêtant, il ne faut pas que je me plante.

- Je ne sais pas moi ! Une petite fessée ?
- Oui ! Et puis ?

Il m’embête, j’espère qu’il ne va pas me demander des trucs que je refuse,
ainsi si l’uro m’amuse, j’ai toujours refusé la scato quel que soit le prix
qu’on me propose ! Quand à la sodomie, je préfère l’éviter !
- Un petit gode dans ton petit cul peut-être ?
- Ouais, peut-être !

Là, il est possible que je sois tombé à côté, il n’est pas contre, mais ce
n’est pas son truc ! Bon, je lui dis d’aller plus vite ou pas ?

- Euh ?
- Oui ?

Il a envie de me sortir un truc, il ne sait pas trop comment faire, il va
falloir l’aider !

- Si tu as envie d’un truc spécial dis-le-moi, et si ce n’est pas dans mes
spécialités, je te le dirais et c’est tout !

Sauf que si ce n’est vraiment pas dans mes trucs je ne le reverrais jamais !
Quelle idée il a de se mettre à jacter alors qu’il devrait déjà avoir joui !

- Allez, tu vas jouir pour moi, maintenant et après on discutera de tout
cela !

A côté ! Ce n’était pas la bonne tactique ! Alors il me lâche dans un
souffle !

- Ça t’arrive de faire pipi sur les clients ?
- Bien sûr, mais juste pipi, pas autre chose !
- Non, non juste pipi !
- Tu voudras qu’on le fasse la prochaine fois ?
- Oh oui !

Là aussi, l’erreur à ne pas faire, c’est de lui dire un truc du genre  »
redonne-moi un peu plus, on va le faire tout de suite » ! Le client risque
d’avoir l’impression d’avoir affaire à une  » grippe-sou  » et hésitera à
revenir.

- Euh !

C’est pas vrai ! Il veut encore autre chose, mais qu’il se taise, il va tout
gâcher !

- Chut, concentre-toi sur ce que tu fais ! Fais-toi jouir maintenant !
- Si je te donne un peu plus, tu…
- Non, pas aujourd’hui, mais la prochaine fois, avec le plus grand plaisir !

Je lui dis cela avec un sourire format commercial, mais c’est néanmoins
sincère. Il a l’air content, il ne dit plus rien et se masturbe avec
frénésie tandis que je continue à lui pincer ses bouts de seins.

- Fermes les yeux la prochaine fois, je te donnerais une petite fessée et
quand tu auras le cul bien rouge et que tu seras bien excité, je te ferais
un joli pipi…
- Oh oui !
- …dans la bouche !
- Oh oui !

Il n’a pas fermé les yeux, non au contraire ils sont grand ouverts et ils
fixent mon visage ! Il me regarde ! Oh ! Mon dieu ! Que j’aime qu’on me
regarde comme ça ! En ce moment je ne suis plus une pute, je suis une femme
qui aime donner du plaisir à un homme ! Je lui souris, mais j’ai peur de lui
montrer à quel point je suis troublée. Heureusement (tiens encore un truc !)
nous savons reconnaître les signes de la pré-jouissance chez l’homme. Un
afflux de sang envahit la partie supérieure de l’organisme rougissant le
haut du torse, le cou, les oreilles, le front. De nouveau je lui offre mon
sourire !

- Waaaaaa waaaaa waaaaa waaa olala olala waaaaa, oh lala ! Quel pied !

Il fait un barouf du diable en jouissant, je n’ai jamais vu cela, c’est
spectaculaire, ses lèvres semblent atteintes de tremblement pendant qu’il
crie sa jouissance. C’est nerveux j’éclate de rire, je m’en veux aussitôt,
il risque de le prendre mal, mais non c’est communicatif, et le voici qui
attrape un fou rire. On rigole comme deux malades !
- Eh ben dis donc, ça fait du bien ! Ça t’a plu !
- Super, je reviendrais, c’est quoi tes horaires ?

Je le lui indique, il se relève, je lui retire alors moi-même le préservatif
(ils adorent cela que l’on continue de s’occuper un peu d’eux alors que la
prestation est terminée) Il se rhabille, je le regarde, je ne dis rien, j’ai
peur de dire des banalités, ou au contraire de me laisser emporter par je ne
sais quelle fantaisie.

- Tu peux revenir quand tu veux, ce ne sera pas une corvée !
- C’est gentil !
- Non c’est sincère !
- Je t’attends pour redescendre ?
- Non, je vais me préparer pour rentrer !

Pourquoi ais-je dis cela ? Je n’ai pas fini ma matinée ! Je lui fais un
petit bisou sur le bout du nez et prend congé. Non je ne vais pas
redescendre  » au coin  » je suis en ce moment magnifiquement bien dans ma
peau, et ce n’est pas si souvent ! N’allez pas vous figurer que je suis
tombé amoureuse de ce type ! Ce n’est pas du tout mon genre d’homme, ais-je
un genre d’homme d’abord ? Mais sa décontraction, sa gentillesse, ses
hésitations même m’ont mise à l’aise. Et pourtant il ne s’est rien passé de
spécial, non une ambiance, un courant ! Je n’ai pas envie de remonter avec
un macho ou avec un type à problème ! Je rassemble mes affaires et je pars
me promener. Je passe devant mes collègues.

- Salut Mesdames, à demain !
- Tu pars déjà, Roxy ? Dis donc t’as l’air toute joyeuse !
- Et oui, il y a des jours comme ça !

Postface : si cela intéresse quelqu’un, il y aura une, voire plusieurs
suite, j’ai encore plein de choses à dire sur ce sujet. Mais me
demanderez-vous, ce récit est-il autobiographique ? Est-il un rewriting par
mes soins des confessions d’une copine ? Est-il inventé de toutes pièces ?
Inutile de me poser la question, je n’y répondrais pas ! Je peux simplement
vous assurer que les parties  » documentés  » sont exactes.

(c) Léna Van Eyck – février 2001

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2 réponses à Rue du ponceau par Léna Van Eyck

  1. baruchel dit :

    Merci Lena pour cette très belle tranche de vie

  2. Dubonnet dit :

    Bravo pour ce texte courageux et bien ficelé

  3. Darrigade dit :

    Très émouvante et intelligente tranche de vie qui nous change un peu du prêt à penser en la matière

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