Quel beau samedi ! – 2 par slavio

Quel beau samedi ! – 2 par slavio

Une heure plus tard, je remonte avec deux gros cabas pleins à ras bord de victuailles diverses, volaille, légumes, fruits… Avant de ranger méticuleusement leur contenu, je vais à pas feutrés jusqu’à la chambre de Maîtresse Lanlan dont j’entrebâille silencieusement la porte. Le souffle régulier et apaisé de ma Propriétaire me rassure : elle dort profondément et je devine qu’elle ne va pas se réveiller de si tôt. Je peux prendre mon temps pour tout caser dans les placards, le réfrigérateur.

Quand cela est fait, je suis provisoirement au bout de mes tâches (sauf que j’ai encore oublié de faire un saut au pressing pour y porter des vêtements de Maîtresse Lanlan et pour en rapporter ceux de la semaine dernière.) Je m’autorise un thé et trois gâteaux secs, car je n’ai rien eu le temps de manger depuis les trois biscottes sans beurre de ce matin. Je raffole du café et déteste le thé, mais, avec les tisanes (que je déteste encore plus) et l’eau claire du robinet, c’est toute la boisson que m’autorise ma Maîtresse qui limite aussi ma consommation de lipides et de sucres.

Le café, l’alcool et le tabac ne te réussissent pas, a-t-elle décrété au début de mon entrée en servitude. Ils te rendent beaucoup trop nerveux, alors que j’ai besoin d’un esclave qui sache rester calme en toute circonstance, même et surtout quand moi, je ne le suis pas ! Tout cela t’est désormais interdit, sous peine de grave sanction.

Après cette maigre et peu plaisante collation, je me demande ce que je vais faire. Au pouvoir de Maîtresse Lanlan, j’ai tellement pris l’habitude d’aller de corvée pratique en service sexuel, et d’atteindre souvent la limite de mes forces, de ma capacité de résistance et de ma fatigue, que je sais plus rester à ne rien faire.

Je commence par récapituler ce dont je suis venu à bout depuis mon lever : ma toilette succincte, l’achèvement du repassage, la préparation et le service du petit déjeuner de Maîtresse Lanlan, une lessive à la machine et une autre à la main pour les affaires féminines intimes, l’entretien des souliers, bottines et bottes de ma Propriétaire, les commissions et leur rangement, la mise en ordre de la cuisine, son balayage et le lessivage de son carrelage. Ah, j’oubliais la chatte et les plantes…

Ce n’est pas mal, mais il me reste à préparer l’en-cas pour le réveil de Maîtresse Lanlan et je me sens bien embarrassé car, comme elle change souvent de goûts et d’envies, je n’ai pas idée de ce qu’elle va vouloir déguster. Et puis, il y a l’affaire de l’aller-retour au pressing que je n’ai pas encore fait et que je n’ai plus le temps d’accomplir, sous peine de risquer d’être absent quand Maîtresse Lanlan me sonnera.

En désespoir de cause, étant donné que, pour respecter le repos de Maîtresse Lanlan, il n’est pas question de passer l’aspirateur dans les pièces qui en auraient besoin, je me dis que le mieux que je peux faire afin de ne pas rester inactif est d’éplucher et de hacher des légumes pour quelque soupe du soir. J’entreprends donc de peler des carottes mais, devant cette tâche rébarbative, je sens aussitôt que mes paupières me trahissent, se ferment malgré moi. Il me faut absolument récupérer. Je croise mes bras sur la table de la cuisine, y pose une joue et ferme les yeux pour une pause brève. En fait, je m’assoupis presque tout de suite et c’est le tintement de la sonnette de Maîtresse Lanlan qui m’arrache à mon coma. Il est seize heures et quinze minutes à la pendule de la cuisine.

Je me précipite et, une fois dans la chambre fais automatiquement un mouvement pour aller m’agenouiller au chevet de Maîtresse Lanlan. Mais, encore à demi assoupie, elle tend mollement un bras et me dit avec un long bâillement :

Non ! Donne-moi d’abord mes lunettes fumées et ouvre les rideaux, qu’on y voie un peu clair.

Je lui obéis et, sitôt après, vais prendre ma position d’attente auprès d’elle, à genoux bien évidemment.

Maîtresse Lanlan bâille de plus belle, cambre ses reins, s’étire si bien que ses beaux seins s’échappent de la diaphane nuisette bleue à motifs dorés, me laissant admirer leur perfection crémeuse.

Ah, que j’ai bien dormi ! soupire Maîtresse Lanlan. Je commence à me sentir bien reposée. Et toi, mon esclave, as-tu bien travaillé pendant que je dormais ? As-tu fait tout ce que je voulais ?

J’hésite deux secondes. Une fois de plus, dirai-je ou non mon oubli ? Oui, je vais avouer ma faute car Maîtresse Lanlan a le chic pour tout deviner, surtout mes manquements, et elle a en horreur que je tente de lui cacher quoi que ce soit. Je fais donc appel à mon peu de courage.

Euh… C’est-à-dire, Madame… Quand je suis descendu aux commissions, j’aurais dû penser à emporter vos affaires pour le nettoyage à sec et à rapporter celles de la semaine dernière…
Et bien entendu, tu l’as oublié !
Euh… Oui, Madame, j’en suis désolé.
Désolé, désolé, c’est vite dit ! Mais moi, je constate que tu en es au moins à ta deuxième faute de la journée. Il y a déjà une punition qui te pend au nez et tu en cherches une deuxième. Tu es maso, ou quoi ? Ou alors, tu te moques carrément de moi.
Mais non, Madame ! Je vous jure bien que non. Je n’oserais pas. Je vous respecte et vous aime trop pour cela… Je crois simplement que mon oubli est dû à la fatigue, mais je vous promets que je vais me rattraper !
Ah, elle a bon dos, la fatigue ! [Maîtresse Lanlan me singe en prenant une petite voix aiguë, enfantine :] Oh, je suis trop fatigué, j’oublie tout mais comme je suis un esclave très fatigué et comme elle est trop gentille, ma Maîtresse adorée me pardonne tout… Eh bien non, figure-toi ! Je ne te pardonne pas. Tu l’auras, ta deuxième punition, et je te charge de m’y faire penser… [Maîtresse Lanlan reprend sa voix normale, un peu grave, chaude, très harmonieuse.] Quant à te rattraper, je ne te dis qu’une chose : tu y as sacrément intérêt ! Mais on règlera tout ça plus tard. Où en es-tu pour l’en-cas que je t’ai demandé ?

Nouvelle suée. Je me sens rougir puis pâlir et mes mains se mettent à trembler.

Euh, Madame, c’est que…
Quoi ! Qu’est-ce que tu vas encore me raconter ?
Rien, Madame, mais comme je ne savais pas ce que vous voudriez manger…
Tu n’as rien préparé du tout, c’est ça ?
Euh… oui, Madame.
Arrête un peu avec tes  » euh  » ! Tu m’énerves. Bon, ça devrait compter pour une troisième faute et une troisième punition, mais je suis trop bonne…
Excusez-moi, Madame, je n’ai pas osé prendre d’initiative.
Tu aurais dû.
Mais… ce matin… vous m’avez reproché d’en avoir pris une en n’allant pas tout de suite aux commissions.
C’est parfaitement vrai, mais figure-toi que la Maîtresse, c’est moi, et que toi, tu es mon esclave, ce qui n’est pas pareil du tout. Je dis et fais toujours ce que je veux, quand ça me plaît et comme ça me plaît, et si je veux changer d’avis toutes les cinq minutes, ça ne regarde que moi. Ce n’est pas à toi de me le faire remarquer ni d’essayer de me faire la leçon.
Mais, Madame, je ne vous fais pas la leçon.
Si, justement ! Un peu de politesse, tu veux ? Et d’abord, tais-toi quand je parle ! Tu ouvriras ton clapet quand je te le dirai… Ou quand j’aurai envie de secouer sur ta langue la cendre de ma cigarette, de cracher un chewing-gum… ou de pisser ! Tu n’as qu’à faire exactement comme moi… c’est-à-dire faire aussi… exactement ce que je veux, quand je le veux et comme je le veux…, et tout ira bien entre nous deux. Sinon, gare à tes fesses !… Si je dis que la neige est noire et que le charbon est blanc, tu dois baisser la tête et dire que c’est vrai. Ce n’est quand même pas bien compliqué ! Un simple esclave comme toi, pas plus bête qu’un autre, devrait pouvoir comprendre des choses aussi simples. Mais ce n’est pas tout ça, j’ai une petite faim et, comme hier, j’ai bouffé comme quatre à ce banquet des Chinois de Paris, aujourd’hui je vais manger léger. Prépare-moi donc un plateau avec un yaourt velouté, de la confiture de fraises, quatre petits-beurre, du raisin noir et un grand bol de bon café au lait… et puis, tant qu’on y est, quelques toasts beurrés, tiens, mais pas carbonisés, hein, comme ça t’arrive, juste à peine rôtis ! Surveille de près le grille-pain.

***

Un peu plus tard, Maîtresse Lanlan me fait allumer la télé qui se trouve au pied de son lit, mais quand je lui apporte le grand jus de pamplemousse qu’elle m’a commandé, je la trouve de nouveau quiètement endormie. Je savais que son voyage en Suède, ses interventions dans un congrès de gens de radio, l’écriture souvent nocturne de ses rapports, ses soirées prolongées d’après session et ses quelques rencontres sexuelles l’avaient épuisée, mais j’ignorais que ce fût à ce point. Je pose le verre sur le chevet, éteins le téléviseur et me retire sur la pointe des pieds.

Connaissant la capacité de sommeil de Maîtresse Lanlan qui est aussi stupéfiante que sa force de travail, je me dis que je vais avoir le temps de faire un saut au pressing qui est tout proche. En me dépêchant, je ne cours pas grand risque que Maîtresse Lanlan se réveille en mon absence et, d’ailleurs, si cela arrivait, elle verrait que je lui ai servi sa boisson et sa colère ne devrait pas être bien terrible. Pourtant, cette nouvelle  » désertion  » constituerait une troisième atteinte à l’Autorité de ma Propriétaire et il se pourrait que mon châtiment, bien que différé, devienne plus rude. Mais ma toute petite angoisse est vite dissipée car, une demi-heure plus tard, lorsque je reviens avec les vêtements nettoyés de Maîtresse Lanlan et me propose de les ranger dans ses penderies, je la trouve dormant toujours, avec une admirable expression de sérénité et de béatitude épandue sur son splendide visage.

Je retourne en cuisine et, ne voulant pas demeurer inactif, je reviens à mes chères carottes.  » Ça me rend folle de colère quand je te vois te tourner les pouces quand il y a tant à faire « , m’a reproché un jour Maîtresse Lanlan alors, que, totalement vidé d’énergie, je m’accordais dix minutes de répit.

Mais une fois de plus, certain tintement me sauve des carottes. Un coup d’essuie-main et au trot vers la chambre de ma Maîtresse.

Fais-moi la lecture. Agenouille-toi là, près de ma tête. Je vais t’écouter en fermant les yeux, ça me détendra encore mieux…
Que voulez-vous que je vous lise, Madame ?
Tu le sais bien, imbécile !

Eh oui, je le sais car ce livre, elle me l’a fait le lui lire au moins dix fois. Il s’agit de Josiane et son esclave. Une jeune Femme a réduit en esclavage, pratique (il est son domestique) et sexuel (c’est un jouet érotique vivant dont elle use et abuse) un jeune homme fragile et timide, Hubert, qu’elle a connu enfant, dont elle s’est naguère pas mal moquée en s’en servant de souffre-douleur et dont elle tirait déjà de grands plaisirs dominateurs. I C I

Maîtresse Lanlan m’a confié, avec un long frémissement de désir anticipé :

Je ne peux pas t’entendre me lire ce livre sans mouiller. D’ailleurs, tu es au courant puisque je t’interromps assez vite pour que tu me suces et me fasses jouir avec ta bouche, comme fait Josiane avec Hubert… et parfois même pour que tu me baises après ce premier plaisir-là. C’est un vrai délice pour moi, ce bouquin. Mais en fait, ce que j’aimerais, c’est qu’un autre esclave me fasse une délicieuse minette, ou me lèche entre les fesses, pendant que toi, tu lirais… Peut-être aurai-je ça un jour. Une fois rentrée en Chine, il faudra que je pense sérieusement à domestiquer et asservir mon mari et son frère. Je suis sûre qu’à tous les deux ils me feraient connaître des joies longues et intenses…

Je n’ai pas osé dire à Maîtresse Lanlan que je ne bande jamais mieux qu’en lui faisant cette lecture et qu’il m’est même arrivé de décharger spontanément dans ma cage, sans contact manuel. Il faut dire que mes regards sournoisement glissés sous la jupe de Maîtresse Lanlan et les contorsions qu’elle fait en se soulevant et se pressant les seins et en se doigtant le clitoris, tout en passant et frottant ses doigts dans sa fente qui brille de liqueur, ni les gémissements de plaisir qu’elle pousse sans se préoccuper de leur effet sur moi, ne sont pas faits pour me calmer.

C’est dans Josiane et son esclave que Maîtresse Lanlan et moi avons découvert les joies du face sitting pour la Dominante et ses dures contraintes pour son esclave. Ce sont les scènes que nous préférons. Dans le passage que je lis aujoiurd’hui, Josiane se livre précisément à l’une de ses facéties sexuelles préférées : rester longuement et lourdement assise sur le visage d’Hubert, tandis qu’il se tue et s’étouffe à la lécher et à chercher son plaisir de Femme. Le procédé de Josiane est singulièrement cruel. Elle fait asseoir Hubert par terre,le dos contre une chaise, et il doit casser ses reins, renverser son torse et passer son cou et sa tête dans l’interstice qui sépare le bas du dossier du siège. La figure de l’esclave devient ainsi un véritable coussin sur lequel laDominatrice va tranquillement se poser pour goûter de longs moments de sadique volupté, sans se soucier (ou plutôt en s’en délectant) des tourments et des souffrances que le jeune homme endure, pendant d’interminables moments de bonheur pour elle, sous le poids et la chaleur de son corps…

C’est d’ailleurs quand j’en arrive au passage que je recopie ici que Maîtresse Lanlan me fait arrêter ma lecture.

 » Le spasme final l’avait secouée depuis un moment déjà, qu’elle restait encore sur Hubert, heureuse de ce martyre qu’elle sentait sous elle après sa propre satisfaction, et se disant dans son implacable perversité : je m’enlèverai quand il ne soufflera presque plus, et c’était pour elle un plaisir de plus, de guetter ce moment. Il ne pouvait même pas crier tant sa bouche était hermétiquement close par l’épanouissement des lèvres de Josiane, mais de ses mains qui avaient cessé de caresser, il la secouait très doucement, et les joignant avec un geste de supplication, d’un effort surhumain, il parvint à tourner légèrement la tête pour chercher un peu d’air. Josiane avait eu peur, tant ce mouvement brusque lui avait paru une conclusion finale. Elle s’était enfin soulevée, lui restant aplati, sans voix, le souffle court. Elle le gifla : « Tu m’as fait peur. Ah ! Tu voulais faire le mort ! Une autre fois, tu ne t’en tireras pas à si bon compte. Allons, va te laver d’abord, te coucher ensuite. » Elle le poussa sur son matelas, lui tourna le dos et s’étendit pour dormir.  » (*)  
 
(*) Bérangère, Josiane et son esclave, France Charme Publications, 2003. Une version antérieure et plus proche de l’original, lui-même un peu fautif (de 1928 ?), a été publiée sous le même titre par Robert Mérodack, mais donnait comme nom d’auteur Josiane de Kern.

Stop ! Je n’en peux plus de désir ! s’est écriée Maîtresse Lanlan.

Elle ne sort pas du lit, elle en jaillit. Elle propulse ses jambes hors du drap et, d’un bond, gagne un fauteuil proche dans lequel elle se laisse tomber. Elle retrousse sa nuisette noire et transparente jusque sous ses seins généreux que, d’un geste, elle libère du tissu et elle ouvre largement ses jambes, en criant :

Au travail esclave ! Vite ! Tu m’as trop excitée avec ta lecture. Il faut que tu me fasses jouir très fort… Il faut que ta bouche soit meilleure que jamais… Je veux des caresses parfaites… Et je tiens aussi à ce que ce soit long afin que que mon plaisir soit plus intense… Et je veux que ta langue me donne plusieurs orgasmes… Glisse vite tes mains sous mon cul, que je te tienne bien… Tu me caresseras les fesses en me suçant… tout en me doigtant l’anus !

Maîtresse Lanlan n’est pas Josiane et je ne suis pas Hubert. Je pense qu’elle ne va pas me faire autant souffrir que le jeune esclave du livre. Et c’est le cas. À croupetons entre ses cuisses, je fais appel à ma longue expérience de la minette. (Je fais remarquer en passant que je déteste les mots cunnilingus, ou cunnilinctus, et préfère aussi appeler feuille ou pétale de rose ce que d’autres nomment savamment analingus ou analinctus, quand ce n’est pas anilinctus…) Je me concentre aussi sur les réactions physiques de Maîtresse Lanlan que je connais bien et sur ses préférences en matière de caresses et j’ai la fierté et la joie de lui donner le plaisir qu’elle exige. J’en ai la langue presque pelée et le fond de gorge tout engourdi, mais quelle importance cela peut-il avoir, au regard des bons orgasmes dont bénéficie Maîtresse Lanlan ?

Sensuellement satisfaite, ma Propriétaire est si contente de son esclave qu’elle m’ôte ma cage de chasteté, alors que sept jours restent encore à courir avant la fin du délai habituel de ma  » libération sexuelle « . Elle consulte sa montre et me dit :

Rends-toi à la salle de bains et soulage-toi vite. Je t’accorde un quart d’heure, pas une minute de plus. Si tu penses que ça peut t’aider, emporte la petite culotte que tu m’as enlevée hier au soir. Je crois que son fond va te plaire. Il est bien beurré et il sent fort car je l’ai remise tout de suite après avoir fait l’amour avec un beau Noir… Ensuite, tu nettoieras bien toute ta cochonnerie et tu reviendras vers moi, vite, vite, pour que remette ton oiseau dans sa cage. Mais allume-moi donc la télé et donne-moi la télécommande !

***

Malheureusement pour Maîtresse Lanlan (et pour moi), je ne la satisfais pas toujours aussi bien, ce qui à chaque fois m’emplit de honte et de regret.

Côté pratique, il m’arrive de commettre des maladresses, surtout en faisant le ménage. Je brise un objet, esquinte une plante, laisse des plis sur le drap du dessous, renverse de l’eau sur la moquette… Et puis, j’ai des oublis. Un ordre déclaré urgent n’a pas été exécuté ou ne l’a pas été en temps voulu. J’ai donné l’exemple des commissions et du pressing dont je n’ai pas pu m’occuper à temps. Car c’est bien de cela qu’il s’agit :  » je n’ai pas pu « . En effet, la plupart du temps, ce genre de grave manquement est imputable à ma surcharge de travail. Toutes mes tâches sont plus urgentes les unes que les autres. Il m’arrive de devoir en différer certaines car la journée (et parfois une partie de la nuit) ne me suffisent pas pour venir à bout de tous mes devoirs. N’oublions pas qu’en plus je dois à Maîtresse Lanlan ce qu’elle nomme les  » services érotiques  » et que je dois interrompre instantanément tout travail pour venir lui donner du plaisir, le plus souvent par ma servitude orale, dès qu’elle m’en réclame, car sa jouissance de Femme doit toujours prendre le pas sur tout le reste.

Évidemment, c’est l’accomplissement des corvées qui me déplaisent le plus, ou dans lesquelles je me sens moins habile, que je tends à ajourner. Par exemple, surtout quand la fatigue ralentit mes gestes en fin de journée et m’écrase, c’est le repassage, pour moi absolument rebutant, que je remets assez souvent  » à demain « . Or, il arrive que Maîtresse Lanlan me réclame tel ou tel de ses vêtements, un corsage, un chemisier, une jupe et qu’il ne soit pas encore prêt, par suite de ma négligence.

Bien entendu, toutes ces fautes me valent de sévères remontrances. Et ce serait mentir de prétendre que Maîtresse Lanlan sait toujours garder son calme. Quelques gifles, coups de poing, de pied, de badine, de cravache, de fouet, des pinçons et des griffures ont plus d’une fois traduit sa colère devant mes maladresses, mes erreurs et mes retards. Plus d’une fois, Maîtresse Lanlan a dû me tirer les cheveux ou me pincer les oreilles. Cependant, en toute circonstance, j’ai plaidé coupable car ma faute était évidente et je me rendais bien compte à quel point elle pouvait sembler remettre en question le Pouvoir de Maîtresse Lanlan.

D’une manière générale, les punitions infligées par Maîtresse Lanlan par nécessité de discipline ne sont ni extrêmement brutales ni prolongées. Ma Propriétaire préfère m’infliger des travaux supplémentaires, de préférence pénibles, salissants et fatigants, de manière à me donner de bonnes leçons : m’agenouiller pour nettoyer à la brosse à dents l’ensemble des carrelages, gratter et détartrer méticuleusement la cuvette des toilettes, le bac à douche, la baignoire, laver les stores à la main…

Maîtresse Lanlan recourt aussi à des veilles forcées (m’occuper de son courrier quand elle est couchée…) et, plus fréquemment à des privations. Privation de dessert (c’est infantilisant), de repas, de nourriture pendant vingt-quatre heures maximum, ou repousser sine die le soulagement sexuel périodique dont je bénéficie en principe un samedi ou un dimanche sur deux…

La plus terrible des sanctions serait bien sûr d’être rejeté hors de la présence de Maîtresse Lanlan, par exemple par un enfermement dans un placard ou le prêt à une Amie, mais alors, privée de son serviteur et adorateur, elle serait tout aussi pénalisée que moi, le fautif. ( » En fait, m’a-t-elle dit un jour, pour pouvoir mettre réellement à exécution cette menace, il me faudrait au moins un esclave de plus, mais ce n’est malheureusement pas encore le cas ! « )

Le pire des manquements, la plus grave atteinte à la dignité de Maîtresse Lanlan, c’est de ne réussir à lui donner que des jouissances médiocres. Comme elle considère, à juste titre, que son plaisir lui est dû, et que je suis tenu de lui en donner à sa demande, toute contre-performance dans ce domaine la met en rage et donne lieu aux châtiments les plus durs. Cela peut aller jusqu’à une vingtaine de violents coups de fouet, que je reçois entièrement nu, avec des menottes aux poignets et des liens aux chevilles. Heureusement, j’encours rarement cette fureur de Maîtresse Lanlan car, même exténué, je suis tellement conscient du droit qu’elle a de jouir de moi que j’y mets toujours à la servir de mon mieux ce qu’il me reste de forces.

A suivre

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Une réponse à Quel beau samedi ! – 2 par slavio

  1. Philar Monique dit :

    Autrement dit pour l’auteur le BDSM n’est pas un jeu mais un sacerdoce ! J’ai bien peu même qu’il s’agisse d’une névrose !

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