Quel beau samedi ! – 1 par slavio

Quel beau samedi ! – 1 par slavio

En humble et respectueux hommage à Maîtresse Lanlan
à qui j’aurais tant aimé me soumettre durablement

Si tu es là, censeur, je te prie de ne pas chercher le réalisme dans mon récit fantasmé. Merci d’avance, tu es bien bon, sais-tu…

QUEL BEAU SAMEDI !

Quartier Latin, 2006, un samedi, dix heures. Rideaux tirés, Maîtresse Lanlan est profondément endormie dans la pénombre de sa vaste et confortable chambre. Dans la salle de bains, nu sous le petit tablier en toile cirée qui m’est imposé, jaune à motifs floraux bleus et à poche ventrale, usant des deux lavabos jumeaux, l’un pour laver, l’autre pour rincer, je suis occupé à la lessive méticuleuse des dessous précieux de Maîtresse Lanlan. Trois délicieuses petites culottes et leurs soutiens-gorge assortis, deux porte-jarretelles, des bas, des collants, un jupon, une nuisette. Je lave aussi un chandail délicat en mohair et quatre paires de socquettes blanches.

Comme à mon habitude, je n’ai pas pu m’empêcher de humer et baiser chacune de ces pièces, empreintes de l’Être adulé de Maîtresse Lanlan, imprégnées de sa fine sueur, de son parfum, de ses émois sexuels. Ma prédilection va au fond ouaté des petites culottes. Cette bande douce et plus épaisse, qui a été au contact du plus intime de la Femme, conserve mieux les odeurs et même la trace des suintements secrets de ma Maîtresse. Je la flaire longuement m’en réjouissant le corps et l’âme, j’y appuie mes lèvres, je la lèche. Parfois, mes dents y suivent et y grignotent de légers sillons d’épanchements durcis, jaune clair et craquants. Cela me rend profondément heureux et renforce mon désir d’appartenir à Maîtresse Lanlan et de la servir de toutes mes forces et de tout mon amour.

À huit heures, quand j’ai entendu tinter la clochette à l’aide de laquelle Maîtresse Lanlan m’appelle à volonté auprès d’elle, je me suis empressé de m’essuyer les mains et d’aller chercher en cuisine le plateau de son copieux petit déjeuner préparé par mes soins une heure plus tôt. Grand verre de jus d’orange sans pulpe, muesli, lait tiède, miel et confiture, trois croissants (que je fais vite tiédir au four à micro-ondes), toasts, beurre, serviette, rince-doigts, couverts.

Ce repas est important pour Maîtresse Lanlan car, lorsqu’elle se lève tard et aime paresser au lit, le week-end, pour compenser ses fatigues intenses de la semaine, c’est souvent son seul repas de la mi-journée.

Je suis entré en silence dans la chambre et mes narines se sont dilatées pour humer les senteurs de Maîtresse Lanlan confinées dans cet espace de calme, de luxe et de volupté, l’odeur aimée de son corps, mêlée à un presque imperceptible soupçon de sueur et aux fragrances légèrement épicées de son parfum préféré, l’Air du temps, de Nina Ricci.

Il faisait déjà grand soleil. Je n’ai pas ouvert les rideaux. De bonne heure – et pour elle, huit heures le samedi et le dimanche, c’est quasiment l’aurore- , Maîtresse Lanlan n’aime pas être agressée par la lumière du dehors. J’ai allumé une veilleuse à la brillance voilée et douce et me suis approché du chevet de ma Maîtresse, courbant le dos et raidissant mes avant-bras pour lui présenter son plateau, tandis qu’elle s’approchait du bord du lit en faisant glisser son derrière bien rond sur le drap du dessous, en même temps qu’elle tirait celui du dessus sur la pointe arrogante de ses seins somptueux.

- Bonjour, Madame. (C’est ainsi que je dois la nommer. Maîtresse Lanlan déteste que je m’adresse à elle en usant du mot Maîtresse, que pourtant je préférerais. Mais qu’importent mes goûts face aux siens ?)

Maîtresse Lanlan ne répond pas à ma sa salutation mais lève les yeux vers moi et sourit dans le vague, sans que son sourire me soit adressé. Puis, s’apercevant de ma présence près d’elle :

- Oh, mon cher esclave, tu ne sembles pas être bien à ton aise dans cette posture peu naturelle. Tu as les reins cassés et le dos en tension. Je suis certaine que tu serais mieux si tu t’agenouillais.

J’apprécie l’ironie du conseil : m’agenouiller pour me sentir mieux ! Mais je sais que ce qui semble n’être qu’une suggestion, qu’une recommandation à suivre ou pas, est en réalité un ordre impératif gentiment prononcé. Veillant à garder le plateau bien horizontal, je fais descendre un genou puis l’autre sur l’épaisse moquette beige. L’ordre déguisé se précise d’ailleurs sans attendre :

- Et puis, ce sera beaucoup plus commode pour moi car le plateau sera exactement à la bonne hauteur. Mais ne le pose surtout pas sur la couverture, tu sais à quel point j’ai horreur de ce genre de laisser-aller…

Maîtresse Lanlan va prendre tout son temps pour déguster en silence son premier repas du jour. Au bout d’un long moment d’immobilité complète, mes bras commencent à s’ankyloser et à trembler légèrement, ce dont elle s’aperçoit certainement sans que ça la trouble le moins du monde. Pour seuls bruits, je n’entends que ceux de sa respiration régulière et sereine, de sa mastication, du liquide descendant en elle. Je me garde bien de lever mes yeux vers son splendide visage car, surtout au réveil, elle a horreur d’être dévisagée par un inférieur comme moi, mais je la devine satisfaite.

Ayant terminé, elle se tamponne les lèvres, se rince les doigts puis, me faisant signe de me pencher, les essuie soigneusement dans mes cheveux, avant de me dire :

- Je veux encore dormir un bon moment. Je suppose que du travail t’attend encore, mais surtout fais-le en silence, que rien ne vienne me déranger… Mais au fait, quelle heure est-il et à quelle heure t’es-tu levé, toi ?
- Il est dix heures vingt-cinq, Madame et je suis debout depuis cinq heures, comme chaque matin.
- C’est bien d’être si matinal ! Bravo… [Le ton est ironique et les yeux de Maîtresse Lanlan sont tout plissés de malice, tandis qu'un léger sourire embellit ses jolies lèvres.]

Maîtresse Lanlan connaît parfaitement l’heure à laquelle je dois me lever sans faute chaque matin, puisque c’est elle-même qui l’a fixée, mais elle se délecte toujours de me faire constater l’énorme différence entre son emploi du temps et le mien et de souligner sa propre liberté et ma servitude. Elle reprend, d’un air inquisiteur :

- Mais à part préparer mon petit déjeuner, qu’as-tu fait depuis ton réveil ? Tu sais à quel point j’aime me tenir au courant de tes faits et gestes… Et à quel point je déteste ta fainéantise.
- Oui, Madame, et c’est bien naturel. Après avoir pris un café et deux tartines, j’ai nourri la chatte, je me suis douché, j’ai noué mon tablier, j’ai dépoussiéré les feuilles des plantes grasses et arrosé les fleurs du balcon, puis j’ai achevé le repassage que je n’avais pu finir hier soir…
- Ah oui, et je sais pourquoi… Je t’avais appelé en plein travail pour que tu me donnes de longues caresses buccales pendant que je regardais un film à la télévision et ensuite, ayant déjà bien joui sous ta langue, j’ai voulu que tu me fasses l’amour et me donnes du plaisir à deux reprises, sans être autorisé à en prendre toi-même…

En fait, j’ai éprouvé comme d’habitude beaucoup de plaisir à être en elle et à la  » limer  » ardemment, et c’est même cela le plus difficile, le plus insupportable parfois : avoir beaucoup de plaisir sans être autorisé à aller jusqu’au spasme et à l’éjaculation. Je sais que c’est encore par ironie que Maîtresse Lanlan a précisé que ce  » droit  » (?)à l’orgasme m’avait été refusé, étant donné que cette permission, elle ne me l’accorde que de loin en loin, quand cela lui chante ou qu’elle est très contente de ma manière de la servir. Je me garde de réagir à ces mots de moquerie dont je sens bien que Maîtresse Lanlan ne les donne que pour s’en exciter elle-même a posteriori et pour me rappeler, s’il en était besoin, que, d’elle à moi, seul son caprice de Femme compte, et que mes besoins et envies n’ont aucune importance à ses yeux. Ses beaux yeux, elle les ferme d’ailleurs et reste silencieuse quelques instants, puis :

- C’est tout ce que tu as fait pendant tout ce temps ?
- Non, Madame, j’ai rangé la vaisselle et balayé la cuisine puis préparé votre plateau et lorsque vous m’avez sonné, j’étais en train de laver votre lingerie.
- Bon, ce n’est pas mal du tout, et j’ai plaisir à constater que tu ne chômes pas, malgré ta fatigue. Tu es moins paresseux de nature que je ne le pensais, c’est bien. Allons, relève-toi et débarrasse-moi de ce plateau… Tu as fini de t’occuper de mes dessous ?
- Non, Madame, il me reste à les rincer et les étendre.
- Alors, vas-y vite et ensuite, tu descendras aux commissions… Je t’ai écrit une liste hier au soir. Regarde, elle est là, sur ma table de nuit.

Je me relève et m’empare du papier puis, gardant le buste respectueusement incliné, tête basse, je sors de la chambre à reculons car Maîtresse Lanlan ne supporte pas que je lui tourne le dos, ce qu’elle considère comme une impolitesse intolérable et un manque de respect à son égard.

Je vois Maîtresse Lanlan s’enfouir à nouveau dans sa couche, se lover langoureusement en position fœtale, tournée vers le mur, et enfoncer dans le moelleux traversin sa belle tête aux longs cheveux noirs aile de corbeau. Quand je suis à la porte :

- Ne lambine pas surtout, j’ai horreur de ça !

Je porte le plateau à la cuisine, le débarrasse de son chargement, que je lave, essuie et range avant de le remettre lui-même à sa place, puis je retourne à la salle de bains.

Lorsque j’ai achevé le rinçage de la lingerie, je flaire longuement chacune des pièces car je connais le flair infaillible qu’a Maîtresse Lanlan pour déceler la moindre trace de détergent, aussi minime soit-elle, et la colère dans laquelle une telle découverte peut la jeter. Je ne détecte aucune senteur suspecte et entreprends de tremper l’ensemble dans une solution dite  » perfumante  » que ma Maîtresse a évidemment choisie elle-même.

Maintenant, je me trouve face à un dilemme qui me tracasse fort. J’ai reçu de Maîtresse Lanlan instruction de faire des courses et j’en possède la liste. Seulement, si je quitte l’appartement et que Maîtresse Lanlan a besoin de moi, je serai coupable d’ » abandon de poste « , à ses jolis yeux comme aux miens, et il ne pourra manquer de s’en produire des conséquences fâcheuses pour moi. Ne croyez pas que Maîtresse Lanlan aime me battre, me cravacher, me fouetter. Cela lui arrive, bien sûr, mais uniquement quand je l’ai vraiment mise en colère par un oubli important, une erreur idiote, une faute grave, ou quand ma conduite l’a plongée dans une situation embarrassante vis-à-vis de tiers ou d’Amies. Et ce n’est jamais de bon cœur qu’elle me punit physiquement. Ne m’a-t-elle pas avoué, juste après l’une de ces dures et longues corrections au fouet (j’avais cassé par maladresse son vase à fleurs préféré) :

– Tu sais, mon esclave chéri, ça me fait mal à moi aussi de devoir te faire souffrir comme ça. Mais c’est ta faute : parfois, tu sembles ne comprendre que le langage de la brutalité et de la douleur et je suis bien obligée de te faire entendre raison.

Je lui avais demandé humblement pardon en me prosternant à ses pieds et en baisant dévotement ses précieuses mules d’intérieur, puis ses pieds eux-mêmes qu’elle en avait sortis, les offrant aux caresses de ma bouche, sans doute pour me montrer, par cette gentillesse (cette gâterie !), que j’étais pardonné.

Finalement, je me dis que l’essentiel, c’est le service de Maîtresse Lanlan, que les courses ne sont pas vraiment urgentes et que je trouverai bien un moment pour m’acquitter de cette corvée.

Sage décision car, à peine une heure après que je l’ai quittée dans son lit, j’entends tinter la clochette de Maîtresse Lanlan. Je m’empresse de me rendre auprès d’elle et, comme je fais toujours quand je viens aux ordres, je m’agenouille aussitôt près du lit de ma Propriétaire.

– J’ai une grosse envie de pisser, dit-elle trivialement, comme cela lui arrive. Dépêche-toi de m’apporter le pot de chambre.

Je dois avoir l’air déçu car elle ajoute :

- Oui, je sais que tu préférerais boire ma pisse à la source, mais en ce moment, je n’ai pas envie de te donner ce plaisir… Non, j’ai dit : le pot, et vite !…

Le vase de nuit, dont Maîtresse Lanlan se sert parfois toute seule, se trouve rangé dans le bas du meuble de chevet. C’est une belle pièce de faïence jaune et bleue qui a été faite tout exprès pour Maîtresse Lanlan. Son pourtour est décoré d’une ribambelle de jolies jeunes femmes court vêtues qui se tiennent par la main. L’intérieur est plus raffiné encore : quand on se penche au-dessus, c’est comme si la vue plongeait sous la jupe évasée, plissée et translucide d’une Dame qu’on devine accroupie, sa vulve aux lèvres fines déjà entrebâillée, s’apprêtant à uriner. Cette vision coquine et  » interdite  » m’a toujours beaucoup excité et il m’est arrivé, en l’absence de Maîtresse Lanlan, quand elle avait négligé de renfermer mon sexe dans sa cage, de me masturber en la regardant, tant elle me semble réaliste.

Plus troublant encore : je m’imagine que c’est Maîtresse Lanlan que je vois ainsi d’en dessous, sous sa jupe évasée et plissée. Je suis allongé au sol et elle se tient, jambes écartées, juste à l’aplomb de mon visage. Je suis saisi d’une admiration éperdue. J’écarquille les yeux. Ma respiration s’affole. Je bande. Au-delà des bas noirs, leur couronne, plus noire encore, magnifie la carnation dorée des cuisses dont le fût parfait guide mes regards et mon désir jusqu’au trésor sublime du sexe de Maîtresse Lanlan, cette douce chatte tant de fois humée, tant de fois léchée, que dissimule, ou plutôt expose, une petite culotte, noire elle aussi, et diaphane. Mon rêve est plus beau que l’image qui le suscite et qui brille au fond du pot de chambre…

Mais trêve de rêveries. Maîtresse Lanlan jette ses jambes hors du lit et j’en profite pour y déposer de rapides baisers superficiels qui la font sourire. Sa vulve, son méat urinaire, sont au bord de la couche. Glissant en avant sur mes genoux, je me mets en bonne position entre les cuisses de ma Propriétaire et présente le vase hygiénique exactement au bon endroit pour que rien ne se perde du flot d’or de Maîtresse Lanlan. D’un côté, le pot s’appuie au matelas, légèrement en contrebas du sexe de ma Maîtresse, à en effleurer la toison, de l’autre il est bloqué contre ma poitrine.

Bientôt, Maîtresse Lanlan libère sa vessie et un jaillissement régulier, d’un débit bien contrôlé, vient emplir le vase, presque sans aucune éclaboussure. Le liquide est d’un beau jaune clair, limpide. Il mousse un peu au bord du vase, mais bien moins me semble-t-il que lorsque Maîtresse Lanlan s’épanche directement dans ma gorge.

Quand Maîtresse Lanlan a fini de se soulager, j’écarte le pot en veillant à n’en rien renverser, et j’avance ma bouche vers la vulve tant aimée et tant révérée et, tirant au maximum ma langue, j’en essuie les lèvres et la toison.

- Tu es un bon garçon, tu fais toujours ce que je veux, commente Maîtresse Lanlan, tandis que je contemple son offrande liquide, et l’image érotique qui est au fond, devenue encore plus suggestive sous le jaune de l’urine féminine. Mais Maîtresse Lanlan, qui vient de retirer ses jambes sous le drap, s’impatiente :
- Qu’est-ce que tu as à reluquer le vase comme ça ? Tu n’as donc pas soif ? Il fait chaud pourtant…
- Oh, si, Madame, j’ai bien soif.
- Alors, qu’est-ce que tu attends ? Que ça refroidisse ? Ne me dis surtout pas ça, car je sais que tu préfères boire ma pisse quand elle est encore bien chaude, tout juste sortant de moi…
- Vous avez raison, Madame.
- Oui, je sais que j’ai raison, comme toujours. Allons, bois-moi tout ça et remercie-moi de t’en avoir donné autant, car j’avais une sacrée envie…
- Merci, Madame, de votre don si généreux.
- Tu me diras merci quand tu te seras régalé, imbécile. Allons, vas-y, tu commences à m’agacer sérieusement.

Alors, je porte à ma bouche le bord du vase, en soulève le derrière et, sans reprendre haleine, en vide d’un long trait tout le contenu, avant de m’essuyer les lèvres d’un coup de langue. Cela fait de nouveau sourire Maîtresse Lanlan qui semble bien s’amuser.
– Je vois que tu ne veux rien laisser perdre, esclave. C’est bien. Tiens, lèche donc le fond du pot, je suis sûre qu’il y reste quelques gouttes de mon délicieux et précieux cadeau !…

Et je m’exécute avec empressement et bonheur. C’est pendant que je lèche ainsi que Maîtresse Lanlan me demande :

- Au fait, tu as fait les courses que je t’ai commandées ?
- Hélas, non, Madame, j’ai préféré attendre car j’ai eu peur que vous ayez besoin de mes services pendant mon absence.
- J’en conclus que tu t’es permis, primo, de penser, deuzio de prendre une initiative et tertio, de me désobéir.
- Je vous en demande humblement pardon, Madame, mais si j’étais parti aux commissions j’aurais été dehors au moment de votre appel et je n’aurais donc pas pu vous présenter le vase…
- Parce qu’en plus tu t’autorises à discuter ce que je dis et tu oses me répondre ! J’aurais décidément tout vu… [Un silence. L'air agacé, Maîtresse Lanlan réfléchit.] Bon, je dois reconnaître que tu as agi pour la bonne cause, en ne pensant qu’à mon intérêt et à ma commodité, et ça c’est très bien de ta part…, quoique ce ne soit que ton devoir d’esclave. Il n’empêche que tu n’as pas respecté l’un de mes ordres et, quelle qu’en soit la raison, même si j’admets qu’elle est bonne, c’est un manquement qui mérite d’être puni et qui le sera… Mais nous verrons ça plus tard. J’ai été si fatiguée par le travail toute cette semaine que je me sens flemmarde comme jamais, même pour te punir. Je veux encore me reposer et ne prendrai pas de déjeuner. Tu me prépareras seulement un en-cas pour quatre heures, mais ne me réveille surtout pas, attends que je te sonne. Et en attendant, profite de mon sommeil et grouille-toi d’aller faire ces bon sang de courses.

Je remercie Maîtresse Lanlan de sa compréhension et gagne la porte à reculons, dos courbé et les yeux au plancher.

Au moment où je sors :

- N’oublie pas de me rappeler que je te dois une punition pour ton insubordination. Car j’avais envie de pâte d’amande, moi !
- Mais il en reste, Madame, et je vais tout de suite vous en apporter.
- Alors, fais vite, car tu sais que lorsque je désire quelque chose, je ne supporte pas d’attendre !
- Oui, Madame, je me dépêche.

Je fais un rapide aller-retour entre la chambre et la cuisine et remets à ma Maîtresse la gourmandise qu’elle convoite.

- Tu n’as pas défait l’emballage, idiot ! Tu crois peut-être que c’est à moi de le faire ? — Excusez-moi, Madame.

Maîtresse Lanlan me jette le sachet que j’attrape au vol. J’ôte une partie de la pellicule transparente qui protège son délicieux contenu, dégageant l’entame dans laquelle Maîtresse Lanlan va pouvoir mordre. Puis, je lui rends le sachet.

- Allez, ça va, dégage de là, et fais ce que tu as à faire !

Je sens que je commence à agacer Maîtresse Lanlan. Il est temps de  » fayoter  » un peu, si je ne veux pas qu’elle aille jusqu’à la colère.

- Je vous souhaite de bien vous régaler, Madame, et de bien dormir et je vous promets de ne pas oublier de vous réclamer ma punition.
- Fous-moi le camp, esclave !

En descendant l’escalier avec mes cabas, ma liste et la carte de crédit de Maîtresse Lanlan, je me dis qu’elle non plus n’oubliera pas de sanctionner tous ces petits affronts que, malgré moi, j’ai dû lui infliger.

A suivre

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