Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 18 – Maîtresse Maria-Ines par Maud-Anne Amaro

Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 18 – Maîtresse Maria-Ines par Maud-Anne Amaro

Romuald

La mobylette de Romuald parvint enfin aux abords de Chantilly, son cœur se mit à battre. Comme souvent, il redoutait cet entretien.

Le week-end passé, il s’était inventé un prétexte fumeux pour éviter ce déplacement, cette fois il n’y couperait pas.

Il sonna à la grille qui coulissa, laissa sa mobylette près du perron et monta les marches où l’attendait Herman en pantalon de flanelle gris et en blazer bleu marine.

« Quel look ridicule ! »

– T’es en retard, pédale ! L’invectiva alors celui-ci.

Par réflexe, Romuald consulta son bracelet montre.

– Ce n’est pas la peine de regarder ta montre, si je te dis que tu es en retard, c’est que tu es en retard, allez, entre !

« Il ne m’a pas l’air de bon poil, ça va être ma fête ! »

Romuald suivit le jeune homme jusqu’au salon.

– La pédale est arrivée ! Cria-t-il.
– Qu’elle se mette à poil, j’arrive ! Répondit une voix féminine.
– T’as entendu, pédale, tu te mets à poil.
– Comme ça, tout de suite ?
– Oui et en vitesse, tu ne vas pas nous faire attendre, non ?
– Bon, d’accord !

Romuald se déshabilla donc et comme il supposait qu’on lui demanderait de le faire, il s’agenouilla.

Maria-Ines descendit l’escalier avec une lenteur toute calculée. Elle était impressionnante : Ses longs cheveux bruns lui tombaient sur les épaules comme une cascade de jais, l’une d’elle était dénudée par le port d’une superbe robe rouge moulante, probablement confectionnée sur mesures et ne descendant que jusqu’en haut des cuisses. Il était évident qu’elle ne portait pas de soutien-gorge, ses tétons dardant sous le tissu. Des bas résilles rouge et des escarpins de même couleur complétaient le tableau. Enfin, pas tout à fait car il nous faut aussi parler de ce rouge à lèvres provocant assorti à la robe et de la cravache qu’elle tenait à sa main droite comme une menace.

– Quelqu’un t’as demandé de te mettre à genoux ? Tu te crois à ma messe ?
– Je, je, je… Bredouilla
– « Je » quoi ? Debout pédale !

Maria-Ines s’approche de Romuald, le contourne et lui assène un premier coup de cravache sur les fesses.

– Aie ! Pourquoi…
– Ta gueule, tu parleras quand je te dirais de le faire, pas avant.

La jolie brune frappe encore plusieurs fois. Non maintenu, Romuald avançait par réflexe de quelques centimètres à chaque fois.

– Tu vas rester en place ? Oui ou non ?

Romuald fit un effort surhumain afin de s’empêcher d’avancer, mais n’y parvint pas.

– T’es vraiment un bon à rien !

Herman excité par le spectacle avait délogé sa queue de sa braguette et s’astiquait sans vergogne. Herman aimait beaucoup montrer sa bite !

– Oh ! Ça te fait bander tout ça, mon petit biquet, Maria-Ines va bien s’occuper de toi ! Lui susurra cette dernière. Mais chaque chose en son temps…

Maria-Ines allait revenir vers Romuald quand elle vit que celui-ci lorgnait avec concupiscence sur la bite du jeune homme. Rien ne lui interdisait de s’amuser quelques minutes.

– Herman ! Tu sais ce que tu es en train de faire ?
– Pardon ?
– Tu vas salir ton pantalon tout neuf, retire-le donc, tu seras bien plus à l’aise.
– Tes désirs sont des ordres !
– J’espère bien, grand fou ! Et pendant que tu y es, enlève donc tout !

Et pendant qu’Herman se déshabille, Maria-Ines balance un coup de cravache sur le derrière de Romuald. Comme ça, gratuitement par pure méchanceté !

– Alors, petite pédale, ça te plait ce que notre ami déballe ?
– Ça rime !
– Pardon ?
– Je disais : ça rime ! Pédale avec déballe !
– Monsieur Romuald s’intéresserait-il à la poésie ?
– A mes heures perdues !
– N’empêche que pour le moment, je constate que tu t’intéresses à tout autre chose qu’à la poésie.

Et hop un autre coup de cravache !

– C’est vrai qu’elle est belle la bite à Herman, regarde comme elle bande bien, approche toi Herman, montre lui ton joli gland… et ces couilles bien gonflées, c’est très beau tout ça !
– J’avoue…
– Sauf qu’aujourd’hui, tout ça ce ne sera pas pour toi, mais pour moi, tout à l’heure, je vais sucer Herman et ensuite il va m’enculer comme une chienne… et toi tu n’auras rien du tout, ça t’apprendra à être nul !

Romuald n’a rien contre les jeux de soumission, à condition d’y voir clair dans le jeu des uns et des autres, et en ce moment il est plutôt paumé

– Bon, maintenant on va causer, dit Maria-Ines en se postant devant Romuald, et arrête de bander, c’est obscène ! On te paie pourquoi au juste ?
– Pour surveiller ma patronne !
– Et tu crois que tu la surveilles correctement ?
– J’essaie de faire de mon mieux !
– Ben moi, je n’ai pas l’impression ! On t’a demandé de nous envoyer un mail tous les jours, et qu’est-ce que tu nous racontes tous les jours sur ton mail : « R.A.S. » ! Tu ne vas pas me dire que pendant quinze jours il ne s’est rien passé.
– Il se serait passé quelque chose, je vous l’aurais dit.
– Va t’asseoir à la table là-bas !
– Je me rhabille ?
– Non ! Sur la table il y a un stylo et un cahier. Il est tout neuf le cahier ! Tu vas me noter là-dessus tout ce qui s’est passé chez la vieille depuis quinze jours, y compris des trucs que tu juges insignifiants, de toute façon, ce n’est pas à toi de décider de ce qui est important ou pas.
– Mais…
– Ta gueule, tu as une heure, après je ramasse la copie. Pendant ce temps-là, Herman va me bouffer la chatte dans la salle de bain. Tu viens, biquet !

Maria-Ines s’installa au fond de la baignoire en position semi couchée sans faire couler l’eau.

– Maintenant pisse-moi dessus ! demanda-t-elle.
– Je ne peux pas, je bande
– Eh bien, débande !
– Je sais pas faire !
– Tourne toi et essaie d’épeler Shakespeare à haute voix.
– C’est malin…

Herman débanda néanmoins quelque peu, en tout cas suffisamment pour qu’il puisse satisfaire à la demande de sa compagne de jeu.

C’est qu’il avait une grosse envie, Herman !

Maria-Ines en avait avalé une bonne rasade, elle adorait le gout de l’urine.

– Hummm ! Qu’est-ce qu’elle est bonne ta pisse aujourd’hui, t’as bu quoi ?
– Du cidre ! Pourquoi ça a un gout de pomme ?
– Non pas vraiment, mais elle est bonne, tu peux m’en donner encore un peu ?
– T’es vraiment vicelarde !
– C’est pour ça qu’on est fait pour s’entendre ! Bon alors tu bloques ou tu pisses ?
– Ça vient, ça vient… attention !

Il ne put pisser que quelques petites gouttes supplémentaires, il fallut bien que Maria-Ines s’en contentasse !

Elle étala ensuite l’urine qui avait débordée sur son corps en prenant soin de bien s’en badigeonner les seins.

– Viens les lécher, maintenant, viens lécher mes nichons plein de pisse !

Le jeune homme ne se fit pas prier et se mit à téter les tétons érigés de la belle avec frénésie.

– Doucement, doucement ! Oh, tu m’as bien excité, je veux que tu me prennes comme une chienne maintenant, on va faire ça sur le tapis de bain, je vais me mettre en levrette et tu vas bien m’enculer !
– Tu me suces pas un peu avant ?
– Non, t’es trop excité, t’es capable de me juter dans la bouche. Moi ta bite, je la veux dans mon cul.
– Bon, bon,

La jeune femme sortit de la baignoire et se mit en position.

– Qu’est-ce que t’es belle comme ça ! S’exclama le jeune homme
– T’as vu ça, hein, il n’y a rien à jeter !
– Je peux te lécher un peu avant ?
– Bien sûr mon biquet !

Herman adorait lécher le trou du cul de sa complice, elle poussait parfois le vice jusqu’à oublier de s’essuyer, laissant au jeune homme le soin de nettoyer l’endroit à l’aide de sa langue.

– Alors, il a quel gout, mon cul aujourd’hui ?
– Un très léger gout de merde !
– Alors régale toi ! Mais ne me fait pas trop attendre, mon cul attend ta bite !

C’est alors qu’ils entendirent des bruits de pas. Romuald était dans le couloir.

– Mais dis donc toi ? Qu’est-ce que tu fous là ?
– J’allais juste aux toilettes…
– Menteur, t’étais en train de nous mater
– Mais pas du tout !
– Menteur ! Tu auras droit à 20 coups de cravache. Retourne à ta place !
– Je voulais juste pisser !
– Je t’ai dit de retourner à ta place ! C’est incroyable, ça, on ne peut même plus se faire enculer tranquille !
– Il nous regardait vraiment ? Demande Herman.
– Non, il ne bandait pas, il venait d’arriver !
– Mais on ne l’aurait pas surpris il nous aurait regardé !
– Il y a des chances !
– Donc il mérite bien ses 20 coups de cravache.
– Bon alors tu m’encules ou tu parlottes ?
– On y va !

La bite s’approche de la rosette et y pénètre d’un coup, elle s’enfonce, elle va, elle vient, c’est parti. Et la belle ne tarde pas à pousser des petits cris, puis des bien plus gros. Herman se démène comme un beau diable, le sang lui monte à la tête et il ne tarde pas à décharger et à se retirer, laissant sa partenaire pantelante et sa bite gluante.

Une douche vite fait, ils enfilent des robes de chambre et reviennent au salon

– Alors ? Demanda Maria-Ines.
– J’ai noirci du papier mais à quoi bon ? Répond Romuald l’air désabusé
– Qu’est-ce que je t’ai dit tout à l’heure ? Que ce n’était pas à toi de juger ! Bon, voyons voir.
– Pour certaines bricoles, j’ai pu confondre les dates.
– Pas grave ! Marmonna-t-elle en commençant la lecture

Romuald avait noté tout un tas de détails sans importance, mais puisqu’on les lui demandait… Il rapportait ainsi des coups de fil de divers démarcheurs, assureurs, poseur de fenêtres, mutuelles, opérateurs téléphoniques… A chaque fois la mention de l’appel était suivie de deux mots : « sans suite ». Cette mention figurait également à la suite de l’indication : renseignements sur charlatan.

– C’est quoi, ça ?
– Une bonne femme qui me parlait d’un charlatan que Madame Mornay-Sauvignac connaîtrait.
– T’a répondu quoi ?
– Que Madame Mornay-Sauvignac n’avait pas convenance à répondre à ce genre de questions.
– Tu en as parlé à la vieille ?
– Non.
– Pourquoi ?
– J’ai instruction de filtrer, alors je filtre.
– Et le courrier, tu le filtres aussi ?
– Non, je le trie.

Maria-Ines et Herman se firent un petit signe entendu que Romuald ne comprit pas. La jolie brune reprit sa lecture.

– « Prise de rendez-vous journaliste, accord Mme Mornay-Sauvignac pour 10 minutes ». C’est quoi ça ?
– Une journaliste qui a voulu rencontrer Madame Mornay-Sauvignac.
– C’était quel journal ?
– M’en rappelle plus !
– Mais bordel, on t’a demandé de tout noter.
– Un machin d’art !
– C’est un titre ça ? Et le motif de l’interview, tu t’en souviens ?
– A propos d’un tableau qu’elle venait d’acquérir, un Tabouret.
– Un tabouret ou un tableau ?
– Tabouret c’est le nom du peintre.
– C’est idiot, il n’aurait pas pu prendre un pseudo, non ? Et comment l’interview s’est déroulée ?
– La journaliste s’est fait virer.
– Tu sais pourquoi ?
– Madame Mornay-Sauvignac s’amuse à humilier les journalistes, elle ne leur accorde que dix minutes et elle ne leur laisse pas en placer une.
– Elle en reçoit souvent ?
– Plus maintenant, mais il y a eu une période où elle en recevait beaucoup après l’affaire du faux Velasquez.
– L’affaire du faux Velasquez ?
– Je vais vous expliquer !
– Non, je m’en fous. Qui pouvait être au courant de l’achat de ce tableau ?
– J’en sais rien, il a été livré par U.P.S. il y a trois semaines. Ça venait de Russie, enfin je suppose, je dis ça à cause des caractères… Ou alors de Bulgarie.

Herman le coupa.

– Elle l’aurait donc acheté sur Internet ! Elle sait s’en servir ?
– Elle essaie, quand elle cafouille, elle m’appelle à l’aide.
– Bizarre ! Mais on ne va pas s’éterniser là-dessus. Qu’est-ce qu’il y a ? T’en fais une tronche.
– Un truc qui me revient. Ça peut être intéressant. Je me suis dit que la voix, c’était la même que l’autre !
– Mais qu’est-ce que tu racontes ?
– La nana qui se rencardait sur le magicien, c’est peut-être la même que la journaliste.
– Tu peux vérifier ? Si ses appels n’étaient pas masqués, ça devrait se retrouver dans la mémoire du téléphone, non ?
– Oui !
– Et en plus on récupère le numéro.
– Tu me m’envoie tout ça par SMS lundi matin à la première heure !

Maria-Ines termina la lecture des notes de Romuald sans trouver d’autres points à creuser.

– Bon, tu te rhabilles et on te libère, vu les circonstances, pas de gâterie aujourd’hui, et souviens toi, à partir de lundi je veux des rapports détaillés tous les jours.
– Je peux aller faire pipi ?
– Mais oui !
– Et ses 20 coups de cravache ? demande Herman.
– Ah, c’est vrai ! Romuald revient !
– Je fais pipi et je reviens !
– Non tu reviens tout de suite ! Aboie Herman

Maria-Ines tend la cravache à son jeune compagnon.

– Tiens ! Fais-le, moi je suis un peu démotivée !
– Avec plaisir ! Toi la pédale, mets-toi à quatre pattes que je te cingle bien ton gros cul.

Romuald obtempère mais se retient d’extérioriser son agacement.

Et le premier coup atterrit sur le derrière du secrétaire de la vieille Madeleine provoquant à ce dernier un cri de douleur.

– Tu tapes trop fort, Herman ! Lui dit Maria-Ines.
– C’est une flagellation, pas une caresse !
– C’est possible, mais c’est trop fort ! Alors tu maîtrises tes instincts sadiques, ou sinon je reprends la cravache.

Herman ajuste son deuxième coup, mais ne sait plus trop comment s’y prendre, pour lui ça devient trop doux et ne lui procure aucun plaisir. Il redonne la cravache à la jeune femme.

Maria-Ines hésite à prolonger la séance, mais se disant qu’il faut toujours tenir ses promesses, elle assène les dix-huit coups restants sur les fesses du pauvre Romuald qui deviennent rouges comme des tomates.

Il fallut que ce dernier attende la moitié de la punition pour ressentir une sorte de frisson qui sublimait la souffrance la transformant en un plaisir trouble. Après le vingtième coup, il bandait.

– Maintenant, tu te rhabilles et tu fous le camp ! Lui dit Herman.
– Faut que je fasse pipi !
– Tu feras dehors, contre un arbre !

Maria-Ines s’approche alors d’Herman et lui susurre à l’oreille :

– Fous le camp dans la cuisine, je veux rester deux minutes en tête à tête avec lui, je t’expliquerai !

Cette messe basse intrique Romuald.

– Il faut excuser Herman lui dit Maria-Ines, il est parfois un peu bizarre. Va aux toilettes et en revenant je te ferais un petit cadeau.

Quand il revint, la jeune femme s’était dépoitraillée.

– Maintenant tu as le droit de te branler en me regardant, tiens voilà un kleenex pour quand tu seras prêt, je ne veux pas prendre le risque de tacher ma robe de chambre.

Romuald se dit alors que la belle Maria-Ines n’était pas si méchante que ça !

Et c’est justement ce que cette dernière voulait qu’il pense de lui ! Maintenant il lui fallait expliquer ça à Herman.

– Dans une relation comme celle-ci, il faut que le soumis y trouve son compte, sinon il nous file dans les doigts, tu comprends ça mon biquet ?
– Oui, mais c’est ma nature parfois, je ne puis pas m’empêcher d’être méchant.
– Ben justement faut te contrôler !
– Tu veux me punir pour mon attitude ?
– Pffff ! Tu serais trop content !

Lundi 7 octobre

Romuald a pu retrouver le numéro de « la journaliste » et constater qu’effectivement, les deux communications avaient la même origine. Il transmet donc l’information à Maria-Ines qui se demande ce qu’elle va bien pouvoir en faire

« Une fouineuse ! Qu’est-ce qu’elle peut bien chercher ? Est-ce qu’il y a un rapport avec l’héritage ? Dans cette hypothèse, elle travaillerait pour Louis ou pour Thérèse ou même pour quelqu’un d’autre ! Ça vaut peut-être le coup de vérifier ? ».

Elle rappelle Romuald :

– Il y a quelque chose que je voudrais comprendre ? Qui a pu prévenir cette bonne femme que la vieille venait d’acheter un tableau de ce Tabouret que personne ne connaît ? Ce doit être la boniche ?
– Elle ne s’intéresse pas à la peinture, et puis ce n’est pas elle qui a réceptionné le colis, c’est moi !
– Tu la défends bien vite !
– Non, mais à mon avis il faut chercher ailleurs !
– Où ?
– Je ne sais pas.

En fait si, il savait, ou du moins il croyait savoir ! Mais depuis sa dernière escapade à Chantilly, Romuald avait réfléchi, être l’agent de renseignement de Maria-Ines ne le dérangeait pas, d’elle il se sentait capable de tout accepter. Mais d’elle seule !

« Pas de ce petit freluquet d’Herman ! Il m’a dégoûté avec son attitude méprisante ! »

En fait il en devenait jaloux.

« Comment peut-elle s’encombrer d’un pareil connard. Pour le fric bien sûr ! Mais à ce moment-là elle n’a pas besoin d’aller aussi loin avec lui et de me narguer ! Salope ! »

Alors Romuald s’était dit que s’il pouvait faire cavalier seul, pourquoi ne pas le faire ?

En fait, il était intimement persuadé que Ninotchka était « dans le coup », mais il se gardait l’information en réserve. Quand il aurait stocké un maximum de renseignements il déballerait tout ce qu’il savait à la vieille Madeleine. Mais il lui faudrait la jouer fine si voulait que cette démarche soit financièrement juteuse.

Maria-Ines sans perdre une minute composa le numéro indiqué par Romuald. Béatrice décroche :

– Allô, je m’appelle Margot, lui dit Maria-Ines j’ai appris que vous vous intéressiez aux tableaux du peintre Tabouret.

Béatrice est stupéfaite :

« A qui Ninotchka est-elle allé causer ? »

– Oui, et en quoi pourrais-je vous être utile ?
– Par téléphone ça risque d’être un peu compliqué. Si on se rencontrait ?
– Une seconde !

Béatrice réfléchit rapidement. Cette nana ne pouvait avoir été prévenue que par Ninotchka, or cette dernière savait que le tableau de Tabouret n’était qu’un prétexte. Donc cette inconnue cherchait autre chose.

– Si vous voulez, je peux être à Paris dans une heure. Consentit la jeune chimiste.
– Moi aussi, devant la Fontaine du Chatelet, à 11 h 30, ça vous va ?
– Je vous reconnais comment ?
– On aura nos téléphones.

– Ça se complique, mon petit professeur, cette andouille de soubrette n’a pas su tenir sa langue, elle a causé à une nana qui veut me rencontrer. D’après toi, faut que j’y aille ? Parce que je la sens mal partie cette affaire et puis on était prêt à laisser tomber.
– La rencontrer, ça ne nous engage à rien !
– Non, mais ça nous fait perdre notre temps.
– Fais comme tu le sens !
– Autrement dit, tu ne me déconseille pas d’y aller ?
– Non !
– Alors j’y vais, je ne sais pas si je reviendrais aujourd’hui. Je te tiens au courant. Bisous !

Le temps était doux, et Maria-Ines vêtue d’une jolie robe zébrée n’eut aucun mal à se faire reconnaître. Rapide présentation et les deux femmes se dirigèrent vers un bistro quai de la Mégisserie.

Béatrice reste silencieuse, ce n’est pas elle qui a demandé l’entretien, cela ne l’empêche pas d’être brûlante de curiosité.

– Vous êtes journaliste, m’a-t-on dit ?
– C’est qui « On » ?
– Mon petit doigt !
– C’est Ninotchka votre petit doigt !
– Pardon ?

Maria-Ines paraissait franchement surprise.

« Si elle joue la comédie, elle la joue trop bien », se dit Béatrice.

– C’est qui « Ninotchka » ? Réitère Maria-Ines.
– Peu importe ! Vous avez voulu me rencontrer, je vous écoute !
– Il est rare de trouver des personnes qui s’intéressent à l’œuvre de Joseph Tabouret.
– N’est-ce pas ? Répondit Béatrice flairant le piège.
– Il se trouve que j’ai chez moi un très joli tableau de ce peintre, puisque vous vous y intéressez…
– Je suis un peu surbookée en ce moment.
– Je vous accorderai le droit de photographier le tableau et l’autorisation de publier le cliché.

« Bon, ou bien elle est vraiment branchée sur Tabouret et elle me fait perdre mon temps ou alors elle essaie de me piéger, mais je ne comprends pas son jeu. »

– Vous auriez pu me dire tout cela par téléphone, ça aurait été plus simple.
– On dit parfois que le contact direct facilite les choses…
– On dit des tas de choses, vous savez ! Bon, si c’est juste pour Tabouret, on va en rester là. Ça c’est pour ma conso ! Ajouta Béatrice en laissant cinq euros sur la table, je vous laisse payer la vôtre.
– Mais pourquoi avez-vous accepté de vous déplacer si c’était pour tout refuser.
– Si on vous le demande… répond Béatrice par réflexe en se levant.

Mais Béatrice se rend compte que cette réponse en forme de fuite en avait sonné comme un aveu.

« Cette Maria-Ines a parfaitement compris que je me fichais de Joseph Tabouret comme de ma première chaussette et que je cherchais autre chose, c’était en subodorant cette situation qu’elle a souhaité me rencontrer. Donc elle aussi cherche autre chose. A moi de reprendre l’initiative. »

Béatrice se rassoit et pointe un doigt accusateur vers son interlocutrice :

– Stop ! On change les règles, emmène-moi chez toi me montrer ton tableau de Tabouret.
– D’accord, mais avant, il faut que je voie ta carte de presse.
– Bien joué ! Tu as donc un avantage sur moi : tu sais que je suis passée chez la mère Mornay-Sauvignac et que d’après toi le tableau de Tabouret n’était qu’un prétexte. Mais toi t’es qui ?
– On peut voir le problème autrement. Les petites vieilles bordées de fric ça attire les petits malins en tous genres comme le miel attire les mouches. Les prétextes pour venir s’incruster sont innombrables…
– Mais…
– Laisse-moi finir. Mais la mère Mornay a un cerbère qui filtre efficacement tout ça. Pour passer à travers le filtre il fallait faire preuve d’originalité, le coup du tableau de Joseph Tabouret n’était pas mal trouvé. Sauf que la vieille s’est bien foutue de ta gueule. Seulement il y a quand même une chose qui m’intrigue : Comme as-tu su qu’elle possédait ce tableau ?
– Je ne vois pas pourquoi je te le dirais, je ne sais même pas qui tu es. Je te laisse cinq minutes, faut que je fasse pipi.
– Bon pipi !

En fait, Béatrice avait besoin de réfléchir, son interlocutrice était loin d’être idiote, sa longue réplique était riche en informations qu’elle avait sans doute distillées en sachant très bien ce qu’elle faisait. Elle connaissait la mère Mornay, et son secrétaire filiforme lui rapportait ses moindres faits et gestes. C’était donc ce dernier qui l’avait informé de sa visite et non pas Ninotchka. Mais pourquoi ?

Cette affaire commençait à la gonfler sérieusement. Elle avait d’ores et déjà prit la décision de tout laisser tomber. Ce n’est pas cette « Margot » qui allait la faire changer d’avis, bien au contraire. Cette affaire devenait décidemment trop embrouillée, trop compliquée et trop louche.

– Je te laisse, dit-elle à son interlocutrice quand elle revint des toilettes, je perds mon temps.
– O.K. Tu sais qui je suis ?
– Non, mais je m’en tape !
– Je m’appelle Maria-Ines Hernandez, je suis la compagne du petit neveu de Madeleine Mornay-Sauvignac.
– Rien à cirer !
– C’est possible, mais à ta place j’arrêterais de fouiner dans les affaires de notre grande tante, ça peut devenir très dangereux.
– Des menaces maintenant ?
– Non, un avertissement !
– Pauvre conne !

Et Béatrice quitta le troquet, énervée d’avoir perdu son temps, à ce point qu’elle ne s’aperçut à aucun moment qu’on la suivait.

Elle appela le professeur Martinov, lui résuma l’entretien et lui fit part de son inéluctable conclusion :

– On clôture ce dossier de merde ! Je ne rentre pas au labo, je resterais plus longtemps demain.

Au pied de l’immeuble où logeait Béatrice, Romuald lui emboitât le pas et monta avec elle jusqu’au troisième étage, continua à monter après avoir repéré sa porte d’appartement. Il redescendit deux minutes plus tard, puis ne découvrant aucune indication sur la porte, s’en alla consulter les boites aux lettres. Il lut :

« Béatrice Clerc-Fontaine, 3ème gauche. »

Tout content, il téléphona à Maria-Ines.

– Avoir son nom c’est bien ! Répondit-elle, mais ça ne nous dit pas ce qu’elle fabrique ?
– Je m’en occupe demain

à suivre

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2 réponses à Professeur Martinov 18 – L’héritage de tante Madeleine – 18 – Maîtresse Maria-Ines par Maud-Anne Amaro

  1. Forestier dit :

    Ce chapitre me plait un peu moins que les autres, parce que le consentement n’est pas vraiment là, alors je sais que ça participe à la progression narrative du récit, mais bon, moi je préfère quand c’est la fête !

  2. Yaguilev dit :

    pauvre Romuald !

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