Professeur Martinov 10 – Professeur Martinov et les pivoines maléfiques par Maud Anne Amaro


Les entretiens qu’accordait le professeur Martinov dans son bureau étaient parfois étranges mais exceptionnellement burlesques. Mais ce jour-là…

Ce visiteur, qui se présenta sous le nom de Gontran Savignan de Fréville, n’avait rien de la classe qu’on était en droit d’imaginer à l’évocation d’un patronyme aussi pompeux. Petit, rondouillard, binoclard, la cinquantaine, le cheveu gras et rare, il était vêtu d’un costume bleu marine, visiblement élimé et au col constellé de pellicules. La chemise devait avoir dépassé sa date de péremption depuis un moment, la cravate bordeaux dont il ne devait jamais défaire le nœud était lustré, il sentait la transpiration et son eau de toilette mal adaptée n’arrangeait rien.

- Alors, cher monsieur, qu’est-ce qui vous amène ?
- Ah, vous n’avez pas lu mon dossier ?
- Si bien sûr, mentit le professeur, mais remettez-nous ça en mémoire en quelques mots.

En fait Martinov n’avait parcouru qu’en diagonale ces quelques feuilles encombrées de schémas, de photos et de commentaires confus. Il n’avait consenti à recevoir ce type que pour y voir plus clair, à moins qu’inconsciemment son instinct ait flairé l’affaire intéressante.

- Eh bien voilà, depuis que mon nouveau voisin cultive des pivoines trafiquées, ma femme est devenue méchante !

L’incongru de cette révélation, ajouté au fait qu’elle était débitée d’une voix de fausset, fit que Béatrice, la blonde et délurée assistante du professeur se retint de pouffer de rire.

- Et qu’est-ce qu’elle vous fait comme méchancetés, Monsieur Bidonville ? Demanda le professeur.
- De Fréville, je vous prie, De Fréville. Et bien, elle me bat !

- Elle vous bat ! Et vous ne vous défendez pas ?
- Mon pauvre, monsieur, c’est que je n’ai pas le dessus !
- Mais comment faites-vous la relation avec les pivoines ?
- C’est que voilà : Notre nouveau voisin a emménagé en septembre. Début mai, d’énormes massifs de pivoines ont éclos. Des pivoines énormes, on ne se rend pas bien compte sur la photo que je vous ai envoyée, mais je n’en n’avais jamais vu des si grosses. Quand on les a vues, on a été subjugués, ma femme et moi. On a voulu entamer la conversation avec le voisin pour le féliciter mais manifestement, on le dérangeait. Comme le massif dépassait chez nous, dès qu’il a eu le dos tourné, on a cueilli un bouquet, et une heure après ma femme a eu sa première crise !
- Racontez-nous ! Intervint Martinov.
- Eh bien, figurez-vous que le soir même, Imogène…
- C’est qui Imogène ?
- C’est ma femme, elle s’appelle Imogène…

Une nouvelle fois, Béatrice dut prendre sur elle pour ne pas éclater de rire.

- Elle cherchait un papier, une facture qu’elle avait égarée et tout de suite elle m’a accusé de l’avoir déplacée. On s’est disputés… je devrais dire plutôt que c’est elle qui m’a disputé. Elle était dans un état de fureur extrême, je ne l’avais jamais vue comme ça en dix ans de mariage. Oui, ça ne fait que dix ans que nous sommes mariés, avant j’étais célibataire, voyez-vous !
- Je vois ! Marmonna Martinov, qui en fait ne voyait pas bien ce que cette précision apportait.
- Elle a fini par retrouver son papelard dans la pochette des papiers de l’an dernier. Ce n’est certainement pas moi qui ai pu faire une chose pareille : les papiers c’est son domaine, pas le mien. Elle m’a pourtant soutenu, contre toute évidence, que c’était moi qu’il l’avait mal rangé. Cela a pris des proportions incroyables, elle criait comme une folle, et j’ai bien cru un moment qu’elle l’était devenue !
- Qu’elle était devenue ?
- Oui, qu’elle était devenue folle ! A tel point que pour mettre fin à la crise, je me suis accusé d’avoir déplacé ce papier et que je lui ai demandé ce qu’il fallait que je fasse pour qu’elle me pardonne. Alors elle m’a battu dans des conditions si humiliantes que j’ai honte de les relater…
- Rien de ce que vous direz ne sortira d’ici ! Crut devoir préciser Béatrice, qui aurait bien voulu savoir de quoi son interlocuteur avait tant honte.
- Je dois vous dire, alors ?
- S’il vous plaît !
- Et bien, elle m’a dit que mon attitude méritait une fessée et qu’elle ne consentirait à me pardonner qu’après m’avoir infligé cette punition.

Cette fois Béatrice quitta précipitamment la pièce, prise par un fou rire nerveux.

- Continuez, ne vous inquiétez pas, ma collaboratrice a parfois des barres dans l’estomac, il faut qu’elle prenne un cachet. Euh… c’était une fessée très douloureuse ?
- Douloureuse, mais surtout très humiliante : elle m’a obligé à me mettre les fesses à l’air, voyez-vous ?
- Non, je ne vois pas, mais j’imagine, en effet !
- Et en présence du majordome !

Et en s’imaginant la scène, le professeur sentit venir à son tour le rire l’envahir. Il quitta promptement son fauteuil, laissant ce pauvre Gontran seul avec sa honte.

Trois minutes après, Béatrice et le professeur revinrent :

- Excusez-nous, on a dû manger une cochonnerie, on a l’estomac perturbé.
- Non, vous vous moquez de moi, je n’aurais jamais dû entrer dans les détails.
- Mais pas du tout, mentit Martinov, écoutez, les pivoines n’ont aucun pouvoir maléfique et n’ont sans doute rien à voir avec la colère de votre épouse…
- Vous faites erreur et je comptais vous l’expliquer, mais puisque je ne suis bon qu’à vous faire rire…

Le petit bonhomme se leva dans un geste qu’il aurait souhaité théâtral, mais trébucha avant de se cramponner sur le bureau du professeur… Béatrice éprouva soudain une certaine compassion pour ce pauvre type, qui allait sortir d’ici tout malheureux et elle n’aimait pas ça.

- Monsieur de Fréville, je peux vous demander ce que vous faites dans la vie ?

Elle s’en fichait royalement, mais si cette diversion pouvait le calmer.

- Rien, j’ai quelques immeubles, je vis de mes rentes ! Répondit sèchement le visiteur en se dirigeant vers la porte.
- Et madame ?
- Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Elle était jadis prof de français. Après notre mariage, elle est restée au foyer, puisque vous voulez tout savoir.
- Je suppose que vous devez avoir un hobby ? Revenez donc vous asseoir, Monsieur de Fréville, je vous en prie.
- Je peins ! Répondit-il, mais sans s’asseoir.
- Ah ! Quel genre ?
- Je fais de l’aquarelle !
- Ah ? Des paysages ?

Martinov leva les yeux au ciel, se demandant pourquoi sa jolie collaboratrice se lançait dans ce genre de digression.

- Des paysages, des marines, des natures mortes… des nus aussi.
- Des nus ! S’exclama, Béatrice, vous faites ça à partir de photos ?
- J’ai essayé, mais ça ne m’intéresse pas, je préfère louer des modèles.

Gontran avait à présent perdu toute timidité, il s’était enfin rassis et répondait avec une belle assurance.

- Tiens, tiens, j’ai toujours rêvé de me faire peindre, mais je n’ai jamais eu l’occasion, mais je ne suis peut-être pas votre genre de femme ?
- Si. Vous pourriez, mais d’une part, il faudrait que je vous voie nue, et d’autre part vous n’accepteriez probablement pas l’intégralité de mes conditions.
- Qu’est-ce que vous en savez ?
- Je suis un vieux cochon, mais j’assume. Je préviens mes modèles que quand je peins, je suis entièrement nu, et que la prestation peut comporter des relations sexuelles.
- Ah ! Et admettons que je vous commande un tableau en spécifiant que je ne souhaite pas de relations sexuelles mais qu’en revanche si vous voulez me peindre en restant à poil, ça ne me dérange pas ?
- Non, pour moi, ce serait frustrant.
- Je vois ! Et votre épouse, elle en dit quoi ?
- Elle n’en dit rien. Je suis peut-être moche, mais je ne pense pas être trop con : ce qui intéressait Imogène, c’est mon fric ! Je l’ai rencontrée chez des amis, lors d’un mariage. C’était la prof de français du petit frère de la mariée et elle s’était débrouillée pour se faire inviter. L’affaire n’a pas traîné : elle m’a repéré, m’a abordé, c’était sans doute la première fois qu’une femme aussi jolie s’intéressait à moi. Nous sommes allés draguer dans les bosquets. Vous imaginez mon excitation. Ce fut très chaud. Puis une heure après elle m’a mis le marché en main. Elle cherchait un célibataire avec du fric, qui lui garantissait un bon train de vie. En échange elle s’engageait à faire l’amour une fois par semaine pendant une heure minimum. Sinon nous ferions chambre à part et aurions chacun de notre côté toute liberté, y compris sexuelle bien sûr. J’ai accepté.

Béatrice se passionnait maintenant pour cet étrange personnage. Martinov en avait pris son parti et attendait, s’efforçant de rester zen.

- Et il n’y a jamais eu de problème ? Relança Béatrice.
- Non, Imogène est une femme vénale, mais ce n’est pas une femme méchante, bien au contraire. Je lui ai acheté un petit appartement dans le VIIème, cela lui permet de vivre ses frasques sans qu’elle ne les impose à ma vue. Sinon nous dînons la plupart du temps ensemble et les conversations sont souvent intéressantes, c’est une femme très cultivée.
- Vous l’aimez ?
- Oui !
- Et vous pensez que cet amour n’est pas partagé ?
- Je suis lucide, voyez-vous : j’ai toujours pensé qu’Imogène « m’aimait bien » à défaut de m’aimer d’amour. Notre contrat s’apparente en quelque sorte à une certaine forme de prostitution et elle remplit sa part sans rechigner un seul instant.

Son accès de colère semblait disparu, Béatrice put recadrer la conversation :

- Ce que je ne perçois pas bien, c’est le rapport que vous faites entre les pivoines et ce changement d’attitude de votre femme !
- Je vais vous dire : il y a quelques jours, Imogène a reçu sa sœur Sidonie à la maison. Elles sont très liées depuis qu’elle est revenue des Etats-Unis. Sidonie est une femme charmante, elle est cadre supérieur dans une boite de design. Nous étions tous les trois en train de prendre l’apéritif, et à un moment Imogène m’a fait toute une crise parce que le whisky était soi-disant imbuvable, et elle m’a accusé de l’avoir coupé avec du whisky bas de gamme ! Pourquoi aurais-je fait une chose pareille ? Le ton a monté et Sidonie a donné raison à ma femme. Je n’ai pu leur faire entendre raison et la seule façon de les calmer a été de leur dire que j’avais effectivement coupé ce whisky. Alors elles m’ont puni, elles m’ont forcé à me déshabiller, elles m’ont fouetté… Et même, non je n’ose le dire.
- Dites-le, ça vous soulagera de parler !
- C’est affreux, elles m’ont sodomisé avec une carotte !
- Non ?
- Si !
- Mais le rapport avec les pivoines ?
- Ce jour-là, elle venait d’en cueillir, le vase était sur la cheminée.
- C’est une coïncidence ! Répliqua Martinov.
- Non, il y a eu en tout six crises, et à chaque fois elle avait cueilli des pivoines.
- Ah ! Et votre femme a aussi fait ce rapprochement ?
- Mais bien sûr ! Nous en avons même parlé ensemble.
- Mais alors pourquoi continue-t-elle à en cueillir ? S’étonna le professeur.
- Mais parce qu’elle ne peut pas s’en empêcher !

Martinov échangea alors avec Béatrice un regard de connivence, puis déclara en se levant :

- Bon on va s’en occuper ! Envoyez-moi un échantillon de ces pivoines et on va l’analyser.
- C’est que voilà, le phénomène ne semble se produire que, disons, dans l’heure qui suit la cueillette…
- Qu’à cela ne tienne, on va vous prêter une boite étanche, vous mettrez l’échantillon à l’intérieur, tout ce que produit la fleur sera conservé.
- J’aurais souhaité néanmoins que vous vous déplaciez chez nous, que vous puissiez vous rendre compte, que vous puissiez avoir une discussion avec ce voisin, cette affaire cache peut-être des choses plus importantes, voire plus graves…
- Pourquoi pas, mais ce sera plus cher, Monsieur Tancarville.
- De Fréville ! Le prix n’a aucune importance.
- OK, Je vous contacte par téléphone pour les modalités techniques.

- Qu’est-ce que c’est que cette salade ? Demanda Béa une fois que le petit bonhomme eut quitté les lieux.
- Une machination quelconque. On va examiner ses foutues pivoines, on ne trouvera rien évidemment, on se fera payer et le reste ne nous regarde pas ! Répondit Martinov.
- Bizarre quand même ! Ça m’a fait marrer la description de ses punitions.
- Marrer ou fantasmer ?
- Hé, un peu les deux, je me verrais bien dans le rôle de la méchante. On a d’autres rendez-vous ce matin, mon petit professeur ?
- Non !
- Tu veux jouer ?
- Je n’ai pas trop envie, Béatrice !
- Je suis sûr que ça t’amuserait ! Et pour finir je te ferai une bonne pipe !
- Béatrice, je n’ai pas envie ! Répéta le professeur.

Il ne protesta cependant pas quand Béa lui mit sa main sur la braguette et entreprit de tâter tout ça ! Il ne protesta pas non plus quand elle dézippa la fermeture-éclair, et qu’elle pénétra sa main à l’intérieur du pantalon pour tâter mieux encore.

- Hum, ça commence à bandouiller, tout ça !
- Ensorceleuse !
- Parfaitement ! Voyons voir où se cache cette bibite ! Je vais la sortir, voilà !

Béatrice exécuta quelques mouvements de masturbation sur le sexe du professeur, qui ne tarda pas à présenter une érection fort correcte.

- Alors on joue ? Minauda Béatrice.

Martinov approuva d’un signe de tête.

- Bon qu’est-ce que je pourrais bien inventer ? Où est ce que tu m’as caché….euh ?
- Que je t’ai caché quoi ?
- Euh, je ne sais pas moi… Ma petite culotte… par exemple ! Alors où est-ce que tu as caché ma petite culotte, méchant professeur ?
- Je n’ai pas touché à ta culotte !
- Menteur ! Avoue que tu m’as caché ma culotte ou sinon…
- Sinon quoi ?
- Sinon j’arrête tout et comme ça tu ne seras pas puni, et tu n’auras pas ta pipe à la fin… En voilà une punition qu’elle est cruelle !
- Non pas ça ! S’exclama Martinov, entrant complètement dans le jeu. Ce serait justement trop cruel.
- Alors tu avoues ? Qu’est-ce que tu as fait avec ma culotte ?
- Euh, je l’ai bien reniflée…
- Elle sentait quoi ?
- Hum, elle sentait l’odeur de ta petite chatte, de ton pipi.
- Tu l’as reniflée, c’est tout ?
- Non, je me suis branlé dedans.
- Gros cochon ! Mets-toi à poil que je te punisse.

Martinov s’exécuta sans problème, étant maintenant bien excité. Il s’étonna néanmoins que sa collaboratrice ne l’imite point.

- Parce que tu t’imagines que de me mettre à poil, ça fait partie de la punition ? Tu rêves, mon petit professeur. Si j’ai envie de me déshabiller, je le ferai peut-être tout à l’heure.
- Cruelle !
- Je sais ! Donne-moi ta ceinture de pantalon, je vais te fouetter ton cul avec !
- Pas trop fort, hein ?
- Ta gueule, esclave !

Un premier coup lui fit une jolie zébrure sur la fesse gauche. Il encaissa sans broncher. Martinov ne se considérait pas comme masochiste, mais ne détestait nullement qu’on lui fasse de temps en temps des petites misères, qu’il savait apprécier. Béatrice frappait juste. Cela n’aurait pas été le cas, il lui aurait dit bien sûr. Il avait cessé de compter les coups dans sa tête, mais sans doute au dixième ou au douzième, Béatrice marqua une pause.

- Hum. Tu as le cul tout rouge, maintenant ! Tu en veux encore ?
- Un ou deux !
- « Un ou deux », c’est pas un chiffre, ça ! Tiens ! Dit-elle en frappant de nouveau.

Il eut ainsi droit à trois coups supplémentaires. On arrondit comme on peut !

- Bon, maintenant je vais t’enculer avec une carotte !
- Je n’ai pas de carotte !
- On va bien trouver quelque chose, allez, viens avec moi dans la cuisine. Non ne te relève pas, tu me suis à quatre pattes, comme un gentil toutou !

L’examen du bac à légumes du réfrigérateur montra qu’il n’y avait rien là-dedans qui puisse constituer un gode biologique. Béatrice semblait en être fort dépitée.

- Qu’est-ce que je pourrais bien te fourrer dans le cul ?
- Euh, j’ai un petit truc dans ma chambre qui pourrait faire l’affaire ! Répondit Martinov.
- Ah ! Oui ? Allons voir ça… non, non, toujours à quatre pattes.
- Tu exagères !
- Je sais, mais pense à la pipe d’enfer que je vais te faire tout à l’heure !

Dans la chambre, le professeur lui indiqua où se trouvait l’objet recherché. Béatrice ouvrit donc le tiroir de la table de chevet et en sortit une pochette en plastique. A l’intérieur de celle-ci se trouvait un superbe godemichet très réaliste.

- Eh bien dis donc ! Tu m’avais caché ça ! C’est joliment fait, dis donc, on dirait une vraie bite, il y a même la grosse veine. Tu ne me l’avais jamais montré !
- Je l’ai acheté il y pas très longtemps !
- Je vois, et tu fais quoi avec ?
- Je te laisse imaginer !
- Non je veux que tu me dises.
- Ben je me le fous dans le cul !
- Gros cochon !
- Je ne suis pas gros !
- Mais pourquoi c’est creux ?
- Parce qu’il en manque un morceau, regarde au fond de la pochette.
- Ah, d’accord ! Bon, remets-toi à quatre pattes !

Effectivement au fond de la pochette, était resté coincé un vibromasseur cylindrique. Celui-ci fonctionnant sur pile, s’adaptait parfaitement au creux du godemichet.

- J’ai bien envie de l’essayer ! Dit alors Béatrice.

Elle retire son pantalon, puis son string, se fourre l’objet dans la chatoune, puis met le contact.

- Oh, putain que c’est bon ce truc-là !

Elle fait aller et venir l’objet, se rend compte ensuite que la vitesse de vibration peut se régler et la pousse au maximum. D’un geste vif elle enlève son haut.

Martinov est largué, il est à quatre pattes au pied du lit regardant sa collaboratrice s’envoyant au septième ciel avec son super vibro. Son visage et son cou rosissent, elle pousse des petits cris comme des jappements, elle est en sueur. De sa main gauche elle a dégagé le bonnet du soutien-gorge et se pince le téton avec force et rage.

Elle halète, ses cris sont devenus plus vifs et plus rapprochés, et soudain elle braille sa jouissance avant de retomber pantelante comme un pantin désarticulé.

Martinov, pensant la séance terminée et un peu dépité qu’elle ne se soit pas passée comme prévu, se relève puis s’assoit au bord du lit auprès de sa collaboratrice.

- Ça va ?
- Quel pied ! Il va falloir que je prenne une douche.
- Et ma pipe ?
- La pipe, la pipe, tu ne penses qu’à ça ! Obsédé !
- Je me rhabille alors ?
- Meuuuh non, la petite Béatrice elle va s’occuper de son petit professeur.

Elle avise alors le vibro.

- Tiens lèche-le !

Le professeur ne se le fait pas dire deux fois et nettoie de la langue la mouille dont l’objet s’est imbibé.

- Alors, elle est bonne ma mouille ?
- Je préfère la boire à la source, mais c’est bon !
- Place-toi en levrette sur le lit, je vais te foutre le vibro dans le cul.
- Vas-y !
- Ho, la la, j’ai peut-être tapé un peu fort, tu as le cul tout rouge ! Bon ouvre-moi bien tout ça ! Comme ça ! Allez hop, ça entre ! T’aime ça, hein te faire enculer ?
- J’avoue que sur mes vieux jours, ça ne me déplaît pas !

Béatrice fait coulisser le vibro dans le cul du professeur, qui se pâme d’aise. Puis elle enclenche la vibration.

- Allonge-toi sur le dos et maintiens le gode dans ton cul, je vais te sucer.

Malgré l’excitation, Martinov a du mal à bander dur avec cet engin qui lui excite la prostate. Béatrice a le choix entre le finir dans cet état, ce qui lui provoquera une éjaculation molle, ou alors abandonner le gode. Elle choisit cette dernière solution… et si elle l’a choisie, c’est que la coquine a une idée derrière la tête…

Délicatement, elle retire le vibro du fondement du professeur. Sans se soucier de l’état dans lequel il ressort, elle le porte vicieusement à sa bouche et le lèche. La perversité de ce geste le fait cette fois rebander convenablement. Béatrice gobe alors gloutonnement la bite de Martinov, sa langue va partout, du gland aux testicules, du frein au méat. Encore quelques allers-et-retours. Elle s’arrête, provoquant l’étonnement du professeur. Elle ouvre le tiroir du chevet sachant où sont les préservatifs. En quelques secondes la pine de Martinov est encapotée. Alors elle s’empale doucement par le cul. Quand la pénétration est effective, elle commence à remuer du bassin, puis demande à son amant de bouger en même temps qu’elle.

- Attends ne bouge pas ! Dit-elle soudain.

Martinov, mal placé ne voit pas de suite ce qu’elle fabrique. Puis il comprend, elle a encapoté le vibro et se l’introduit dans le vagin avant de reprendre sa chevauchée infernale.

Devant un tel spectacle et une telle énergie, Martinov sait qu’il ne va pas tenir longtemps. Il le lui dit, elle n’en a cure. Il éjacule. Béatrice cesse ses mouvements mais continue à s’exciter avec le vibro. Et bientôt la chambre à coucher de notre paisible professeur s’emplit pour la seconde fois de la matinée du cri de la jouissance de son amante.

Versailles

Nos deux sympathiques personnages furent reçus la semaine suivante en début d’après-midi chez Gontran et Imogène de Fréville. Ils prirent l’autocar pour effectuer le court trajet jusqu’à Versailles, dans le quartier de Glatigny, là où chaque demeure constitue un véritable petit château. Ils adoptèrent le scénario élaboré par téléphone.

- Imogène, je te présente le professeur Andrej Martinov et son assistante, Béatrice Clerc-Fontaine, qui travaillent comme enquêteurs pour le compte du ministère de l’agriculture.
- Nous n’en avons que pour une dizaine de minutes ! Indiqua Martinov

Imogène est une très belle femme, sans doute la quarantaine, mais peut-être moins. Cette grande brune aborde une fière prestance : son visage aux hautes pommettes et aux lèvres pulpeuses rehaussées d’un rouge à lèvres carmin, ne peut laisser indifférent d’autant que ses yeux bleus comme la mer semblent dire toute la malice du personnage, que n’arrive pas à masquer son chignon trop classique ramené sur la nuque. De jolies boucles d’oreilles en triangle ornent de délicates oreilles finement dessinées. Quant à ses grosses lunettes en écailles, elles lui vont à ravir.

Elle est habillée de façon fort simple : un simple jean délavé (mais dont la « grande » marque est ostensiblement visible) et un tee-shirt blanc décoré d’un insolite et impertinent ouistiti, légèrement décolleté sur la naissance et le sillon d’une provocante poitrine moulée par le fin tissu.

- Voilà, nous enquêtons au sujet de cultures d’OGM non autorisées : des pivoines particulièrement résistantes que l’on fait pousser dans la propriété mitoyenne. Nous allons nous y rendre, mais auparavant nous aimerions savoir si vous n’avez rien remarqué d’anormal.
- Elles sont superbes ces pivoines, vous voulez les voir ? Rétorqua Imogène en guise de réponse.
- Oui bien sûr ! Répondit Martinov
- Venez, on va vous montrer, proposa la femme. Une partie de la clôture avec notre voisin n’a jamais été réparée, il reste juste un petit muret et c’est là que poussent les pivoines. Ça déborde chez nous, du coup, je coupe ce qui dépasse… Je vais d’ailleurs en profiter pour en prendre un peu.

Effectivement le massif de pivoines est splendide, il y en a de toutes les couleurs, des roses, des rouges, des mauves, mais c’est leur taille qui est impressionnante, on dirait des choux.

Martinov et Béatrice posent quelques questions à Imogène auxquelles celle-ci répond avec gentillesse. On est loin de la furie décrite par son mari.

- Prendrez-vous un petit café ? Propose cette dernière ?

D’accord pour le café et tout ce petit monde revient à l’intérieur. Tandis que Gontran s’occupe du service, sa femme dispose les fleurs dans un vase, qu’elle installe sur le rebord de la magnifique cheminée du vieux salon.

Quelques échanges de banalités puis Gontran revient avec le café, qu’il verse dans les tasses.

- Quel parfum, sentez-moi ça ! Intervient Imogène

Elle présente le vase de fleurs au professeur et à son assistante, qui hument la fragrance suave et envoûtante de ces magnifiques fleurs.

Encore quelques banalités, Martinov et Béatrice n’ont pas de question à poser. Ils attendent sans trop y croire une éventuelle réaction due à la présence des pivoines.

Nos deux complices boivent ce café d’abord trop chaud, et franchement moyen, alimentant la conversation de propos météorologiques et touristiques.

- Il est dégueulasse ce café ! S’écrie soudain Imogène.

Clin d’œil complice de Gontran à ses visiteurs, signifiant par-là que la crise va commencer.

- C’est le même café que d’habitude ! Fait mine de protester Gontran de Fréville.
- Alors ça vient de la cafetière !
- Et qui c’est qui nettoie la cafetière ?
- C’était le majordome, mais on n’a plus de majordome, il a rendu son tablier.
- Quel hypocrite ce majordome ! Vous savez ce qu’il nous a fait ? S’exclame soudain Imogène à l’attention de ses visiteurs.

Ceux-ci se livrent alors à une mimique interrogatrice de circonstance, permettant à leur interlocutrice de continuer :

- Il a donné sa démission sous prétexte qu’on l’aurait obligé à assister à une orgie ! C’est vrai que l’autre fois j’étais tellement en colère après Gontran que je lui ai foutu une carotte dans le cul devant ce connard de majordome, mais ça ne l’empêchait pas de se faire sucer par Gontran pour pas trop cher ! Et elle aimait ça l’autre pédale, sucer la bite du majordome ! N’est-ce pas Gontran ?
- Et alors ?

Martinov croit comprendre ce qui se passe. Imogène souhaite en se montrant d’une rare vulgarité les faire fuir de sa demeure, lui et Béatrice, et de ce fait, abandonner l’enquête. C’est mal le connaître : il reste et offre un rictus amusé à son interlocutrice.

En ce qui concerne Béatrice, c’est bien plus compliqué. Elle commence à ne plus tenir en place, croisant et décroisant les jambes de façon compulsive, avec une envie folle de se tripoter le sexe et le bout des seins. Elle essaie de raison garder et met cette étrange attitude sur le dos des fleurs. Celles-ci ne rendraient pas systématiquement méchante, comme le pensait Gontran mais accentuerait – à l’instar de certains stupéfiants – certaines tendances de comportement. Elle tente pour le moment de prendre sur elle avec force volonté, se demandant jusqu’à quand elle pourra tenir avant de se jeter comme une bête sur le premier venu. Et en plus, elle a soif, mais soif…

Une idée ! Prétexter cette soif pour disparaître en cuisine, et là se masturber jusqu’à ce que l’envie cesse ! Pourquoi pas ? Mais cela la ferait quitter le champ d’observation ! Ni elle, ni le professeur ne sont venus pour s’isoler. Quel dilemme ! Si seulement un petit quelque chose lui permettait de se lâcher !

Toutes ces réflexions se déroulent incroyablement vite et n’ont pas rompu l’insolite dialogue entre Gontran et Imogène.

- Et alors quoi ? Et en plus, tu aimes ça, avoir une grosse bite dans ta bouche, bien la lécher, avaler le sperme, hein mon salaud ! Et même que ça te suffisait pas, tu aimais qu’il t’encule, le majordome, qu’il te foute sa grosse pine dans ton cul de pédale.
- Imogène, calme-toi !
- Je n’ai pas envie de me calmer, avoue le que tu te faisais enculer par le majordome !
- Avouer quoi ? Je fais ce que je veux de mon corps, et d’ailleurs tu es bien mal placée pour me reprocher ce genre de choses.
- Gontran, mes écarts, je ne les fais pas à la maison, j’ai de la dignité, moi. Je ne suis pas une truie.
- C’est vrai qu’en ce moment tu es un vrai modèle de dignité. Répond Gontran en éclatant de rire.

La provocation est évidente et Imogène s’y laisse prendre. Elle se lève et gifle son mari, qui encaisse sans broncher.

- Et vous deux ? Dit-elle à l’adresse de Martinov et de Béatrice, ça ne vous gêne pas de rester ici, en plein milieu d’une scène de ménage ?
- Non, non pas du tout, faites comme chez-vous, cette scène est très instructive, répond le professeur, stoïque.

Le professeur a un plan tout simple : il a le projet de faire semblant de se diriger vers les toilettes, et en y allant d’embarquer ailleurs le vase de fleurs, afin de vérifier si cette action mettra fin à la crise d’Imogène. Mais il lui faut faire vite, avant qu’elle ne le mette carrément à la porte.

Il se lève. Imogène lui barre la route.

- Instructive ? Comment ça instructive ? Parce que ça t’excite sans doute d’entendre parler de bite ? Toi aussi, ça ne m’étonnerait pas que tu aimes bien sucer des bites ?
- Je me rends aux toilettes, je vous répondrai en revenant. Si vous pouviez me laisser passer …
- Au fond du couloir, dernière porte à droite ! Précise Gontran.
- J’ai bien envie de te flanquer une fessée, ça me calmera. Allez, mets-toi à poil ! Hurle-t-elle à Martinov.
- Ecoutez, je reviens dans trois minutes, je vous assure que j’ai une envie pressante.
- Je m’en fous de ton envie pressante, je t’ai dit de te mettre à poil.

Elle s’approche alors de Martinov et tente de lui retirer sa veste. Le professeur se débat mais Imogène trouve soudain une alliée. C’est Béatrice, qui n’en pouvant plus de sentir son excitation monter, trouve là le prétexte pour se laisser aller.

Martinov ne se débat que pour la forme, il n’a aucune envie de blesser l’une des deux femmes, et il se retrouve bientôt nu comme un ver au milieu de ce salon bourgeois.

- Aide-moi à le mettre sur mes genoux ! Demande Imogène à Béatrice.

Elle le fait mais auparavant la jeune chimiste roule un profond patin à la bourgeoise, qui se garde bien de s’en défendre. Bientôt le professeur se retrouve couché sur les cuisses d’Imogène assise, qui commence à lui claquer le cul en cadence.

Béatrice la laisse opérer puis se jette littéralement sur Gontran, lui touchant ostensiblement la braguette.

- Baise-moi, baise-moi !

C’est qu’il ne s’attendait pas vraiment à ça, le Gontran. Il est d’abord dubitatif, mais le sera beaucoup moins une fois que Béatrice se sera complètement déshabillée et encore moins quand celle-ci aura baissé le pantalon et le caleçon de sa « victime », découvrant une jolie bite qui ne demandait qu’à grossir.

Et cette bite, elle la gobe, elle n’a pas du tout l’intention de prodiguer à Monsieur de Fréville une fellation savante. Non pas du tout : son objectif est bien plus basique, c’est de le faire bander au maximum, afin qu’il puisse la pénétrer du mieux possible et tenter de calmer ainsi son excitation.

Imogène semble passionnée (excitée même) par ce qui se passe à quelques mètres du canapé où elle fessait Martinov. Car elle ne le fesse plus et finit par lui dire :

- Et si on faisait comme eux ?

Martinov hésite. Certes c’est un homme il n’est pas fait de bois et Imogène ne lui déplaît pas, mais il se dit de façon quelque peu hypocrite qu’il n’est pas ici pour ça. Sans attendre sa réponse, Imogène entreprend de retirer son tee-shirt. Le soutien-gorge en fine dentelle bleue est ravissant, moulant parfaitement le galbe d’une alléchante poitrine, mais quand elle le retire, dévoilant des seins légèrement lourds (en voilà une expression !), le professeur ne raisonne plus avec son cerveau, mais avec sa bite. Ses mains se portent sur les seins d’Imogène qu’il couvre de caresses. Il demande s’il peut toucher les tétons. Oui, il peut. Il demande s’il peut les embrasser. Il peut aussi. Il les gobe, les aspire, les déguste comme s’il s’agissait de pépites dans une boule d Häagen Dazs©.

- Que vous bandez bien, mon cher professeur !
- Mais c’est pour mieux vous baiser, chère Imogène. Répond-il, navré de devoir abandonner sa dégustation mammophile.
- Me baiser ? Je vous offre mieux que ça : vous allez m’enculer comme une salope, mais avant il faut que je goûte à votre bite.
- Goûtez, Imogène ! Mais ne me faites pas partir trop vite !
- Rassurez-vous, je possède une certaine expérience.

Oh que oui, Imogène avait de l’expérience ! Sa langue semblait dotée d’un pouvoir d’agilité digne de la plus douée des sopranos colorature et ses lèvres d’une capacité de succion digne du leader du championnat des poissons ventouses.

Jamais Martinov n’avait été sucé de la sorte et pourtant il en avait connu des bonnes suceuses… Même Béatrice qui n’avait pourtant pas sa langue dans sa poche, pouvait aller se rhabiller…

Mais nous rhabillerons Béatrice un peu plus tard, car il faut aussi nous intéresser à elle. Et en ce moment elle chevauche telle une Walkyrie, la bite de Gontran dans la position du duc d’Aumale. Elle est dégoulinante de sueur, ça coule partout, sur son visage, sur ses seins, sur son ventre. Et sur ses cuisses la sueur n’est pas seule à couler. Elle s’agite avec une frénésie invraisemblable en poussant de petits cris divers et variés. Elle jouit à répétition tandis que son partenaire a plutôt l’air d’être long à la détente.

Mais voilà qu’elle s’arrête, sans que Gontran ait pris son pied. Elle sort du salon, cherche la cuisine, la trouve. Sans demander la permission, elle ouvre le frigo à la recherche d’une bouteille d’eau fraîche, n’en trouve pas, va au robinet, et s’asperge d’eau avant d’en boire de longues lampées dans le creux de ses mains. La voilà un peu rafraîchie, un peu désaltérée… C’est une bonne douche qu’il lui faudrait. Va-t-elle chercher où se trouve la salle de bains ? Et bien pas du tout, elle revient dans le salon.

Gontran pensant la séance terminée, commence à rassembler ses vêtements afin de se rhabiller, tout en jetant un regard étrange vers Imogène, laquelle continue de sucer Martinov. Regard étrange car Gontran n’est pas jaloux, et voir sa légitime sucer une bonne bite aurait même tendance à l’exciter. D’autant que si ce n’est pas la première fois qu’il la voit ainsi, la chose reste très occasionnelle, madame n’ayant que peu souvent partouzé avec son époux.

- Mais Monsieur Gontran, pourquoi vous rhabillez-vous, vous êtes fâché avec moi ? Je ne vous plais plus ?
- Je pensais que nous avions fini !
- Grave erreur ! Mais maintenant c’est vous qui allez bosser, je fatigue un peu.

Et Béatrice se met en levrette, le cul tendu. La beauté de ce spectacle (imaginez un peu ces petites fesses bien rebondies qui s’écartent afin de laisser apparaître tous les trésors que la nature a disposé entre les cuisses) fait que c’est sans hésiter qu’il introduit sa pine dans la jolie chatte de notre coquine préférée.

Imogène à qui la scène n’a pas échappé, a alors une idée perverse.

- Viens m’enculer ! On va faire ça là-bas ! Indique-t-elle au professeur Martinov.

Elle s’installe alors en levrette elle aussi, face à Béatrice. Et tandis que notre vert professeur sodomise à qui mieux-mieux cette surprenante bourgeoise, cette dernière tend sa langue à l’assistante du professeur qui, bien évidemment ne la refuse pas.

- Que c’est bon de se faire enculer ! Commente ensuite Imogène en plein délire poétique.
- Oui, mais pour l’instant, il ne le fait pas !
- Il suffit de lui demander !
- Vous avez raison, enculez-moi Gontran !

Ce dernier ne se le fait pas dire deux fois et pénètre l’anus de notre héroïne préférée avant de se mettre en cadence. Ça devient infernal. Par une espèce de symbiose inconsciente, Martinov et Gontran accélèrent leurs va-et-vient tandis que les deux femmes parviennent à s’embrasser malgré les coups de boutoirs redoublés des deux mâles.

Les deux femmes n’en peuvent plus. Béatrice se met à jouir du cul sans crier gare, précédant l’éjaculation de Gontran. Martinov et Imogène prennent leur pied à la suite quelques courtes minutes plus tard.

Ah, les hommes ! Qu’ils sont comiques après avoir joui dans l’anus de leur partenaire. Fatigués, la capote en berne et pas bien nette, se demandant ce qu’il convient maintenant de faire.

Les femmes elles, ne se posent pas ce genre de question. Béatrice après moins d’une minute de récupération se précipite à grands pas vers la cuisine, se remet à boire, se remet à s’asperger d’eau. Puis elle revient dare-dare rejoindre Imogène restée couchée sur la moquette. Et de façon quasi instinctive, elles entament un soixante-neuf infernal.

Gontran souffle un peu avant de se rhabiller et s’est posé à poil sur le canapé. Martinov en profite alors pour se saisir du vase contenant les pivoines suspectes et les déplacer tout au fond du couloir.

Quand il revient, Gontran est en train de ronfler, quant aux deux femmes rien ne semble arrêter leur soif de sexe. Le professeur décide donc d’attendre sagement, d’autant que le spectacle lui plaît bien. Il va pour se rhabiller mais se ravise, se disant que le fait d’être nu participe aussi aux conditions de l’enquête. On se justifie comme on peut.

C’est le cri de jouissance d’une des femmes qui tirera Gontran de son court sommeil. Il écarquille les yeux, regarde les filles sur la moquette, puis lorgne sur la bite de Martinov.

- Vous avez là une bite fort intéressante, cher professeur !
- Je ne trouve pas, elle ne bande plus.
- Me permettez-vous de la toucher ? Euh, juste un peu !
- Si, ça vous fait plaisir !

Comme on le voit, ce n’est pas l’enthousiasme. Certes, nous l’avons constaté dans les épisodes précédents, notre vert professeur n’a rien contre le fait de s’amuser de façon épisodique avec des hommes, mais encore faut-il que le partenaire lui plaise, et encore faut-il qu’il soit bien excité. Et là en ce moment aucune des deux conditions n’est réunie.

Gontran allant bien au-delà de la permission accordée, se met à masturber le sexe du professeur, mais sans trop de résultat.

- Et si je la suçais un peu ? Ose demander Gontran qui lui, par contre est bien excité et rebande comme un taureau.
- Ça ne servira à rien, mais je vous en prie, si ça vous fait envie, faites.

Effectivement ça ne sert à rien. Mais voilà que les femmes après moult orgasmes à répétition se relèvent.

- Ben, alors les hommes, on fait des cochonneries ? Rigole Imogène.

Il n’y a plus aucune agressivité dans sa voix, elle paraît maintenant apaisée. Il devient donc clair pour le professeur que ces pivoines provoquent de curieuses réactions. L’enquête ne fait que commencer.

- On va prendre une douche toutes les deux ! Indique Imogène.

Les deux femmes prirent donc leur douches, Martinov fit de même ensuite et ils prirent congé.

- Vous allez chez les voisins, là, maintenant ? Demanda Imogène à brûle pourpoint.
- Peut-être pas tout de suite, mais on va y aller cet après-midi, oui !

Ni Martinov, ni Béatrice ne se demandèrent le pourquoi d’une telle question.

Ils cherchèrent un bistrot dans ce quartier, mais n’en trouvèrent pas. C’est donc sur un banc public qu’ils décidèrent de faire le point.

- Il est clair que ce sont les fleurs ! Commença Béatrice. Mais bon contrairement à ce que nous a dit Gontran, elles ne rendent pas méchantes. Elles accentuent de façon spectaculaire l’état du moment : il doit y avoir une forte production d’adrénaline et selon le cas ça crée une grosse colère ou une grosse montée de libido. Je me demande ce que ça ferait sur quelqu’un qui aurait des pulsions suicidaires !
- Mais ça ne marcherait que sur les femmes ?
- Pourquoi pas, on peut supposer que la fleur dégage un gaz, lequel associé aux hormones féminines produit une substance qui fait monter l’adrénaline. On fera analyser ça en laboratoire.
- T’as pris une fleur sur toi ? Demanda Martinov.
- Non, on en demandera une aux voisins !
- O.K., on y va !

Federico Sorozabal avait tout du quadragénaire hispanique typique : brun et bronzé, le regard clair et le sourire figée en mimique. Pas très grand mais d’allure sportive, il est habillé avec goût dans la décontraction : jean noir et chemise blanche ouverte sur une poitrine exagérément velue, ornée d’une lourde chaîne en or (qui brille).

- Veuillez nous excuser pour cette visite inopinée. Je suis le professeur Andrej Martinov et voici mon assistante, Béatrice Clerc-Fontaine. Nous enquêtons pour le compte du ministère de l’agriculture au sujet d’OGM. Pouvez-vous nous recevoir quelques instants ?
- Mais bien sûr ! Me permettez-vous de vous demander si vous avez des documents d’attestation. Vous me pardonnerez, mais de nos jours on n’est jamais trop prudent.

Martinov et Béatrice exhibèrent alors deux fausses cartes de service fabriquées la veille, ainsi qu’un ordre de service tout aussi bidon.

Federico les fit entrer et les installa dans le salon.

- Je vous fais patienter quelques minutes : une affaire urgente à finir de régler au téléphone, et je suis à vous.

Effectivement dix minutes plus tard, il était de retour.

- Eh bien messieurs dames, je vous écoute.
- C’est au sujet de vos pivoines… Commença le professeur, avant d’être interrompu par la sonnette d’entrée.
- Ah, excusez-moi, je vais voir ce que c’est.

Puis tout alla très vite : Federico ouvre, sept flics en uniforme font irruption, demandent à Martinov et à Béatrice les faux documents à l’enseigne du ministère de l’agriculture.

- Vous avouez que ce sont des faux, ou il faut qu’on vérifie ?
- Ce sont des faux.

Et hop, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, nos deux héros sont menottés dans le dos et embarqués sans aucun ménagement dans le panier à salade, direction le commissariat. C’est une première ! Nos deux joyeux personnages avaient déjà connu pas mal d’aventures mais ne s’étaient encore jamais fait emmener par la maréchaussée !

- Je crois qu’on a le droit de passer un coup de fil ! Intervient Martinov une fois dans les locaux de la police.
- Un seul et rapidos ! Répond le fonctionnaire.

Martinov téléphone à Gérard Petit-Couture (voir Professeur Martinov et le grimoire magique) en croisant les doigts pour qu’il réponde. Ouf, il est là.

- On a été arrêtés en pleine mission pour usage de faux papiers, on est au commissariat de Versailles…
- Je m’en occupe, soyez patients.

Et les interrogatoires commencent : ils déclinent leur identité, leur adresse et tout ce qui ne pose aucun problème, ils réitèrent que les documents incriminés sont bien des faux. Pour le reste Martinov reste muet comme une carpe, tandis que Béatrice déclare être une libre militante anti OGM et leur parle des pivoines maléfiques. Ils se font insulter, humilier et même gifler par les courageux fonctionnaires.

Puis on leur retire leurs ceintures, leurs lacets, ils ont droit à une fouille au corps, des fois qu’ils cacheraient des armes de destruction massive à l’intérieur de leur anus ! Puis au trou ! En garde à vue ! On les prévient qu’on les interrogera à nouveau un peu plus tard. Les cellules sont dégueulasses. Béatrice a pour compagne de cellule une ivrogne qui n’a pas fini de dessaouler et qui hurle d’incompréhensibles insanités. Ça pue là-dedans : un mélange écœurant d’odeurs de crasse, de merde et de vomi. Béatrice craque.

Deux heures plus tard, une fliquette ouvre leurs cellules.

- Bon vous êtes libres ! Excusez-nous, on ne pouvait pas savoir que vous faisiez partie de la DSGE.
- Certes, mais ce n’est pas une raison pour traiter les gens comme ça ! S’indigne Martinov. Je n’accepte pas vos excuses, les baffes dans la gueule et les visites de trou du cul, ce n’était vraiment pas nécessaire.

La nana ne répond pas, on leur rend leurs affaires. Ils se retrouvent Avenue de Paris, non loin du château. Ils décident d’aller boire un coup pour se déstresser. Dans ce quartier, au moins il y a des bistrots.

- Bon, maintenant j’en fais une affaire personnelle, déclare Béatrice. Ce connard de Federico la baballe, je vais le briser, lui rendre la vie impossible et ses pivoines de merde, je vais en faire du fumier pour les vaches.
- D’accord, je vais t’aider, tu peux compter sur moi. Je suppose que tu vas rentrer chez toi, je crois que la Gare pour Paris est un peu plus loin par là… moi je vais essayer de trouver la gare routière…
- Non, mon petit professeur, si tu n’y vois pas d’inconvénient, je préfère rester avec toi cette nuit, je n’ai pas envie de rester seule après ce qui vient de se passer.
- Pas de problèmes, tiens on va aller bouffer un couscous. J’en ai mangé un bon une fois ici, je vais essayer de retrouver où c’est… et après on rentrera en taxi.

Retour à Versailles

Le lendemain ils trouvèrent un mail de Gontran leur indiquant que s’ils souhaitaient revenir, ce ne se serait possible que dans quelques jours, Imogène et lui-même devant s’absenter. Ils patientèrent donc. Quand plusieurs jours plus tard, ils téléphonèrent pour prévenir de leur retour, Gontran n’était pas rentré mais Imogène était là…

- Bonjour Madame de Fréville, nous ne faisons que passer. Il nous faudrait un échantillon de ces pivoines, afin que nous puissions le faire examiner en laboratoire. Votre voisin a non seulement refusé de nous en fournir, mais il nous a fait passer pour des escrocs et nous a fait arrêter par la police !
- Non ?
- Si (il explique…).
- Eh bien, ça alors ! Quel idiot ce type ! Mais pour ce qui concerne les pivoines, nous n’y avons plus accès. Venez, je vais vous montrer.

Imogène les conduisit là où on avait vue sur le massif de pivoines. Un mur en parpaing de deux mètres de haut le rendait maintenant invisible. Et pour prévenir toute velléité d’escalade, on avait fait prendre dans le ciment du sommet de très vilains tessons de bouteilles.

- Pff, il suffit d’une échelle, on pose une planche en haut pour neutraliser les tessons… commença Martinov.
- N’y pensez pas ! Quand ils ont monté le mur, j’ai vu les ouvriers tirer des fils électriques, ils ont dû installer une alarme… et puis de toute façon, je vous interdis de faire ce genre de chose, je ne voudrais pas me retrouver complice d’une intrusion de domicile.
- D’accord !
- Et puis, votre mission devient sans objet.
- Pour vous peut-être, mais nous n’en avons pas fini avec votre voisin. Répliqua Béatrice.
- Vous aller retourner chez le voisin ? S’exclama Imogène en affichant une évidente expression d’incrédulité.
- Ben oui ! Bon on vous laisse !

Federico Machin-bidule ne semblait même pas surpris de revoir nos deux héros.

- Tiens les flics vous ont relâchés ? Vous êtes vraiment gonflés d’oser revenir.
- Ecoutez, si on nous a libérés, c’est qu’il y avait une bonne raison, et cette raison ne vous regarde pas. Je vous demande donc de nous accompagner jusqu’à votre massif de pivoines. Si vous refusez, nous reviendrons avec la police, et cette fois elle sera de notre côté ! Annonça Martinov sachant que soit ça passait, soit ça cassait !
- Entrez !

Et comme l’autre jour, il les installa dans le salon. Circonspect, il sembla hésiter sur la conduite à tenir, puis lâcha de façon volontairement méprisante :

- Qu’est-ce qu’elles vous ont fait mes pivoines ?
- Nous voulons savoir s’il s’agit d’OGM ou pas, et pour cela nous en avons besoin d’un échantillon.
- Des OGM ? Mais vous êtes tombés sur la tête ? Cultiver des fleurs est ma passion, je suis arrivé à force de greffes et avec pas mal d’acharnement et de patience à créer ces super-pivoines. Les commercialiser coûterait une fortune, donc je fais ça uniquement pour moi, pour m’amuser, et je n’ai rien modifié génétiquement. Qu’est-ce que c’est que cette société où dès qu’on voit une plante ou une fleur un peu bizarre, on prévient tout le tintouin ? Tout le monde m’emmerde avec ça ! Déjà que ma pétasse de voisine a fait construire un mur et que mes fleurs se retrouvent à l’ombre tout l’après-midi…
- Votre voisine a construit un mur ? S’étonne Martinov.
- Ben oui un mur ! Bon je vous sers un jus de fruit ?
- Ne vous donnez pas cette peine, nous souhaitons juste une ou deux de ces pivoines et on vous laisse.
- Moais, mais figurez-vous que moi, j’ai soif, vous n’allez tout de même pas vous opposer à ce que je me serve à boire chez moi !

Et sur ce, il quitte la pièce. Béatrice a l’oreille fine, très fine même, elle perçoit des bribes de conversations :

- Oui les mêmes que l’autre fois… Comment ça, vous ne vous déplacez pas ? Mais c’est incroyable ça ? Bon d’accord, je vais faire comme ça…

- Le salaud, il prévient les flics ! Commente Béatrice.

Federico revient. Il est accompagné d’un molosse, un dogue argentin à l’allure peu amène.

- Foutez-moi le camp immédiatement, je n’ai qu’un mot à dire et mon chien vous transforme en casse-croûte !

Voici le genre d’argument qui ne se discute guère. Le professeur Martinov et son assistante quittent alors ces lieux, bredouilles et la rage au ventre.

- Et que je ne vous revoie jamais dans le secteur, sinon ça chier ! Commente le Federico.

Assis sur un banc comme l’autre jour, le professeur Martinov et sa blonde assistante commentent leurs déconvenues du jour.

- On pourrait laisser tomber commença Martinov, maintenant qu’il y a un mur, Imogène ne cueillera plus de pivoines, on facture nos heures de déplacement à Gontran et on classe l’affaire.
- Tu n’as vraiment pas envie de savoir ce qu’il y dans ces saloperies de fleurs ?
- En fait si !
- Et puis l’autre espèce de toréador qui nous a balancés aux flics, on ne va pas le laisser tranquille avec ses fleurs pourries ! Reprit Béatrice
- Certes, mais il nous faudrait une pivoine. On la cueille comment ?
- J’en sais rien. Et puis il y a quelque chose qui me chiffonne. Federico Machin, il nous a bien affirmé que ce n’était pas lui qui avait fait construire le mur.
- Oui, je me demande bien pourquoi il nous a sorti ça !
- Mais mon petit professeur, parce que c’est vrai ! Un passionné de fleurs ne va pas construire un mur qui mettrait ses plantations dans une zone d’ombre ! S’il voulait vraiment faire une séparation, un simple bout de grillage suffisait !
- Certes !
- Et puis il y autre chose : comment veux- tu que des maçons construisent un mur de son côté ? Ils n’ont pas la place pour passer, sauf s’ils sacrifient toutes les fleurs qui sont près de la zone mitoyenne.
- Il aurait pu aussi demander à Imogène l’autorisation de monter le mur à partir de son terrain. Répondit Martinov sans trop de conviction.
- Non, pour moi c’est clair : c’est Imogène qui a fait construire ce mur. Pourquoi ? Mystère ! Et pourquoi nous a-t-elle menti ? Autre mystère.
- On va réfléchir. Allez viens, l’arrêt du car, c’est là-bas !

Mais parfois la réflexion ne mène nulle part. Ils tentèrent de joindre Gontran, mais ce dernier était sur répondeur. Il ne réussit à le joindre que le lendemain matin.

- Ah ! J’allais justement vous appeler. Envoyez-moi la facture, je vais vous payer ce que je vous dois par retour de courrier. On arrête tout.
- Ah, bon, vous ne voulez pas savoir le fin mot de l’histoire ?
- J’ai eu une longue et franche explication avec Imogène. Je ne l’aurais peut-être pas eue si vous n’étiez pas venus chez nous… Je ne peux pas vous en dire plus, mais je tiens à vous remercier du fond du cœur pour votre collaboration.
- C’est comme vous voulez !

Béatrice qui avait entendu déclara :

- Je ne sais pas ce qui se passe, mais il se passe quelque chose. Que Gontran arrête l’affaire, c’est son problème. Mais m’avoir fait foutre en garde à vue par un connard c’en est une autre ! Et le moyen de savoir ce qu’il y a dans ces foutues pivoines, je le trouverai ou je ne m’appelle plus Béatrice Clerc-Fontaine.

Dix jours plus tard

Ce lundi, Béatrice arrive toute guillerette au laboratoire du professeur Martinov.

- Mon petit professeur a passé un bon week-end ? Demande-t-elle après lui avoir collé un chaste bisou sur le bout des lèvres.
- Ça peut aller, petite Béatrice.
- Dis donc, je viens d’avoir une idée pour récupérer une pivoine.
- Dis !
- Tu vas voir ! Je mets l’ampli. Répondit-elle en composant le numéro de Gontran. Pourvu qu’il réponde !

- Bonjour Monsieur de Fréville, c’est Béatrice Clerc-Fontaine !
- Ah, que se passe-t-il ? Vous n’avez pas reçu mon chèque ?
- Si, si, mais je ne vous appelle pour tout à fait autre chose. Euh, j’espère que vous allez bien ainsi que votre épouse ?
- Ça peut aller, je suis célibataire en ce moment. Imogène est partie au Brésil avec sa sœur, elle revient au milieu de la semaine.
- Cela tombe très bien que votre épouse soit en voyage, je souhaitais justement passer vous voir après ma journée de travail un jour où elle ne serait pas là. Ce soir je peux ?
- Ce soir, je ne fais rien de spécial, mais vous éveillez ma curiosité ! Dites-m’en plus !
- J’ai très envie de poser pour vous !
- Mais pourquoi donc ?
- Comme ça, une envie !
- Mais Béatrice, je crois vous avoir expliqué dans quelles conditions je peignais.
- Cela ne me pose aucun problème !

Un blanc ! Gontran semble hésiter !

- Ce n’est pas si simple finit-il par répondre. Quand je choisis un modèle et que je lui explique ce qui va se passer, je fantasme à fond plusieurs jours avant. Puis il y a le plaisir de la découvrir, tout cela va crescendo… Le problème avec vous c’est que… comment dire
- C’est que vous m’avez déjà vue à poil et qu’il n’y aura pas de surprise.
- En quelque sorte ?
- Me croyez-vous incapable de vous faire bander, Gontran ?
- Je n’ai pas dit-cela
- Souvenez-vous comment je vous ai bien sucé votre bonne bite ! Hum qu’elle était bonne cette bite ! Rien que dans parler, j’en mouille ma culotte.
- Euh…
- Et quand vous m’avez mis votre bite dans le cul, quand vous m’avez enculée comme une chienne, oh, que c’était bon.
- Mais vous voulez quoi en échange ?
- Je vous l’ai dit, vous allez me peindre toute nue. Vous allez immortaliser mes gros nénés et comme je pense que vous en garderez une copie, vous pourrez vous branler en la regardant.
- Vous pensiez venir vers quelle heure ?
- Vers 20 heures !
- Pas plus tôt ?
- Non !
- Alors venez vite !

Et voilà !

- C’est quoi ton plan ?
- Je vais le laisser me peinturlurer et comme il faudra bien à un moment ou un autre qu’on se désaltère, je lui refile un somnifère. Pendant qu’il roupille – je suppose qu’il fera nuit à ce moment là -, je récupère une échelle, une planche, je grimpe sur le mur, j’attrape une pivoine avec une grande pince et je la place dans une boite étanche.
- Et après ?
- Après je rentre chez moi, et demain avant de venir ici j’irai la faire examiner…

Stratégiquement, Béatrice prévint Gontran qu’elle aurait une demi-heure de retard. Plus elle arrivera tard, moins l’attente de la nuit serait longue ! Elle passe par chez elle, à Paris et elle se change, optant pour une petite robe noire sans manches légèrement décolletée, des bas auto-fixants et des petits escarpins. Elle choisit un sac à main grand modèle afin de pouvoir y loger la boite étanche. Au passage, elle achète une pince à bois chez un marchand d’accessoires de cheminée. Et elle n’arriva qu’à 20 h 45. Elle dissimile sa pince dans un recoin de la grille d’entrée, puis sonne.

- Ah, Béatrice, je m’inquiétais
- Faut pas, il y avait un bouchon invraisemblable…
- Je suppose que vous n’avez pas dîné ? J’ai préparé un en-cas.
- Merci, peut-être tout à l’heure. Je n’ai pas très faim pour le moment.
- Bon, ben… On commence la séance de pose maintenant ?
- Allons-y
- Vous avez soif ?
- Non pas pour le moment !
- Mon atelier est là, la deuxième porte… Venez.

Béatrice entre dans l’antre de Gontran. Des toiles étaient accrochées au mur, que des nus, sans doute les plus beaux. Elle ne les trouva ni moches, ni merveilleux, du bon nu moyen de chez moyen. Elle simula néanmoins l’intérêt :

- Celui-là est très joli !
- Oui, c’est l’un de mes préférés. Le modèle n’était pas donné, mais je me suis bien amusé, elle était très vicieuse !
- Ah ! Qu’est-ce qu’elle a fait de particulier ?
- Oh ! Des cochonneries !
- Ben, dites-moi !
- Euh !
- C’est si spécial que ça ? Vous savez, il n’y a rien de pervers en amour entre deux personnes qui se respectent.
- Ben on s’est un peu pissé dessus ! Osa répondre Gontran.
- Ah ! Ce n’est que ça ! Ben quoi, c’est rigolo, non ?
- Ah, bon vous avez déjà fait des trucs comme ça ?
- Mais oui ! Bon je me déshabille ?
- S’il vous plaît.
- Je vais vous faire un strip !

Elle ne lui demande pas son avis, mais réclame de la musique. Gontran embarrassé finit par avoir l’idée d’aller chercher le radio réveil de sa chambre.

Béatrice en profite pour sortir de son sac un cachet de somnifère et le glisser dans un des replis du canapé.

On régla la radio sur une chaîne latino et Béatrice commença à se trémousser.

- Si vous voulez vous mettre à poil Gontran, ne vous gênez pas.

Il le fait, mais conserve ses chaussettes.

- Gontran, vos chaussettes !
- Je les garde toujours !
- C’est une faute de goût, Gontran, retirez les !

Il le fait, il n’est pas contrariant.

- Oh, la jolie bite ! Commente Béatrice après avoir dézipé la fermeture dorsale de sa petite robe. On va lui faire un joli spectacle et elle va bien se redresser, la coquine !

Elle enlève la robe. Béatrice a choisi de jolis sous-vêtements : le soutien-gorge est un modèle pigeonnant en fine dentelle bleue et le string est assorti. Elle s’approche de Gontran, lui fourre sa poitrine sous le nez, puis se recule, lui fait voir ses fesses, revient de nouveau vers lui et lui touche le sexe.

- Branlez-vous, Gontran !

Il le fait, mais assez mollement, comme si il ne voulait pas que les choses se précipitent. Néanmoins sa quéquette se met à prendre de la taille et du volume !

Béatrice fait durer plus que nécessaire le jeu du soutien-gorge, le dégrafant, l’agrafant, enlevant une bretelle, la remettant, faisant la même chose avec l’autre. Après avoir fait mine de l’enlever plusieurs fois, elle s’approche de Gontran, lui présente son dos :

- C’est vous qui allez me l’enlever, et après vous pourrez les prendre dans vos mains.

Béatrice s’amuse de le voir s’escrimer avec les agrafes qui refusent de lui obéir. Il lui faudra bien trois minutes avant de réussir à le faire.

- C’est l’émotion ! Dit-il comme pour se justifier.

En revanche pour prendre les seins à pleine main comme cela lui avait été suggéré, il n’a aucune hésitation, et que je te les soupèse et que je te les tripote et que je te les caresse avec une frénésie démentielle.

- On se calme ! Dit Béatrice en se reculant.

Gontran bande désormais comme un sapeur, mais se branle toujours aussi mollement. Voilà qui contrarie un peu les plans de Béa. Il était en effet dans ses intentions de se débrouiller pour le faire jouir pendant qu’elle se déshabillait, ce qui aurait eu pour résultat de le calmer pendant un bout de temps. Viendrait ensuite la séance de pose, qui sera interrompue par un petit rafraîchissement, et c’est à ce moment-là qu’interviendra le cachet de somnifère.

- Tu veux voir ma minette, mon gros cochon ?
- Bien sûr !
- Branle-toi mieux, fais-toi plaisir !

Mais il n’en fait qu’à sa tête. Béatrice décide alors de faire le grand jeu et après avoir envoyé valdinguer son string d’un élégant mouvement du pied, elle commence à s’écarter les lèvres vaginales de façon obscène.

- Alors ça te plaît ?
- Bien sûr que ça me plaît !

Gontran n’a manifestement pas envie de jouir rien qu’en la regardant. Il faudra modifier le plan en conséquence.

- Bon, on passe à la pose ?
- Il faudrait enlever vos bas ! Demande Gontran.
- D’accord ! Je me mets comment pour la pose ?
- On va voir. Mais avant, il faudrait vous enduire le corps avec cette crème dit-il en prenant sur une étagère un pot en métal. C’est pour souligner les formes.
- Hé, attendez, je ne me mets pas n’importe quoi sur le corps !

Il la rassure, lui explique qu’il s’agit d’un bon produit, qu’il l’a payé cher. Elle demande à voir la notice, il va en chercher une sur une boite non entamée… Bref l’art de gagner du temps.

Elle s’applique donc la crème, contrairement à ce qu’indique la notice, elle a une curieuse odeur de beurre de cacahuètes. Evidement certains endroits du corps sont difficilement accessibles. Nous voilà donc en plein syndrome de la crème à bronzer :

- Pour le dos, je vais vous aider…

Et bien évidemment, Gontran à une notion du « dos » très large, ou plutôt très basse ! Car après avoir tartiné le dos, le voilà qui s’occupe des fesses de la belle en les malaxant façon pâte à modeler. Elle le laisse d’abord faire puis se recule avec un geste d’agacement. Gontran ne comprend pas que Béatrice ne se prête pas au jeu alors qu’elle lui avait dit au téléphone qu’elle le ferait. Il ne fait rien pour cacher son dépit.

- Bon asseyez-vous sur le bord du canapé, légèrement penchée en avant, les bras légèrement écartés du corps, les mains à plat sur le canapé. Voilà, écartez un peu les jambes. OK, la pose est bonne, je vais faire deux ou trois petites photos pour me rendre compte si la pose est bonne.

Clic Clac ! Il prend deux, trois photos !

Super, je vais faire une première esquisse, ne bougez plus, regardez dans ma direction. Ah ! Vos tétons ne pointent pas assez, il faudrait les titiller un peu, attendez !

Et voilà Gontran qui s’approche pour s’en occuper.

- Laissez, je vais le faire moi-même ! Répond Béatrice.

C’est la deuxième fois en quelques minutes qu’elle l’envoie bouler. C’est instinctif. Pour la première fois Gontran se demande s’il ne devrait pas jeter à la porte cette nana. Alors il décide de la provoquer et droit devant elle, il se masturbe afin de redonner une vigueur acceptable à son membre, puis il l’approche à quelques centimètres de la bouche de Béatrice :

- Suce, salope !

Et voilà, à force de jouer avec le feu, on se brûle. Voilà Béatrice au pied du mur (on devrait dire au ras de la bite), alors elle joue sa dernière carte :

- Avec grand plaisir, j’adore sucer, mais avant de passer à ce genre de chose, j’aimerais boire un petit jus de fruit, apportez nous donc deux verres, Gontran !

Gontran accepta le contretemps. N’avait-elle pas dit qu’elle adorait sucer ? C’était l’essentiel, bien que du coup il comprenait encore moins ses atermoiements.

Béatrice se sentait un peu mal à l’aise : par deux fois elle avait rabroué Gontran et elle n’aimait pas faire du mal aux gens qui ne lui avaient rien fait. Et elle s’apprêtait à l’envoyer rapidement dans les bras de Morphée alors qu’elle lui avait proposé par téléphone de coucher avec lui. Il serait probablement profondément déçu à son réveil. Elle s’était toujours demandé comment pouvaient fonctionner les espions et les espionnes, dont le métier étaient de trahir constamment des gens à qui ils avaient fait des promesses, et parfois plus… Et là elle était en train de faire pareil. A cet instant elle se détesta, ce qu’elle faisait ne lui ressemblait pas ! Elle n’avait aucune sympathie particulière pour ce Gontran, il n’était pas beau, il ne sentait pas bon et si elle s’était jetée sur lui la fois précédente, c’était uniquement parce qu’elle était sous l’emprise du pouvoir diabolique de ces pivoines maléfiques. Mais elle éprouvait maintenant de la compassion à son égard, elle avait mal agi en voulant le manipuler, et pour se racheter, il n’y avait qu’une seule solution.

- Pourvu qu’il soit propre ! Se dit-elle.

Gontran revint avec deux grands verres à jus de fruit et une bouteille de jus d’ananas.

- Posez-les là-bas et venez m’offrir votre bite ! Dit-elle simplement.
- Vous ne voulez plus boire ?
- Si mais après. Allez, viens te faire sucer ta bonne bite !

Il s’approche. Béatrice lui gobe la bite. Elle est propre, elle sent juste un peu l’urine. La première fois qu’elle l’avait sucé, elle avait fait court, souhaitant se faire pénétrer pour calmer son désir. Aujourd’hui les choses sont différentes, le désir n’est pas là. Elle souhaite être correcte vis-à-vis de Gontran, mais si quand même elle pouvait éviter la pénétration… Alors la solution c’est une fellation de première classe.

Et c’est ce qu’elle fait, après une mise en bouche assez banale pour mettre ce sexe dans le bain (de bouche). Elle joue avec sa langue à exciter le gland, remontant jusqu’au méat, descendant à la couronne et recommençant en de longues et savantes circonvolutions. Après quelques minutes de ce traitement infernal, elle se la joue plus classique, faisant aller et venir la verge en serrant les lèvres. Elle va de plus en plus vite. Gontran marque sa satisfaction de « C’est bon, c’est bon ». A défaut d’être original, c’est au moins encourageant. Petit intermède du côté des testicules qui sentent la transpiration, mais Béa s’est maintenant habituée aux odeurs de son partenaire, elle ne s’y attarde cependant pas. Puis retour au gland sur lequel elle fait frétiller sa langue. Gontran se pâme mais rien n’annonce la jouissance imminente. Peine à jouir ou champion d’endurance, c’est une question de point de vue, mais quoiqu’il en soit une conclusion s’impose, il lui faut faire un break, sa mâchoire devient douloureuse.

Elle qui voulait échapper à la pénétration, elle se fait maintenant à l’idée qu’elle va être inévitable. Une idée quand même :

- Tu veux me lécher la chatte ?

Il n’ose pas dire non, mais on sent bien que ce n’est pas trop son truc, il manque d’habitude et d’expérience. Il s’enhardit malgré tout à présenter sa langue sur l’œillet brun de Béatrice, et s’excite de la perversité de l’acte.

- Hummm ! Il est bon ton cul !
- Il est bon ? Il a quel goût ? Le taquine la belle blonde.

Il n’ose pas répondre et devient cramoisi. Béa en rit de bon cœur.

- Tu veux que je suce encore ? Demande-t-elle en espérant qu’il voudra bien.
- Euh, tu n’as pas envie de pipi ?
- Si, ça devrait pouvoir se faire, mais on risque d’en foutre partout.
- On va aller dans la salle de bains !

Gontran s’assoit sur le carrelage, la bouche ouverte, marquant ainsi clairement ses intentions. Béa l’enjambe et essaie de se concentrer.

- Tu vas te branler, pendant que je te pisse dessus !

Il se masturbe mais toujours aussi mollement. Béatrice essaie de pisser par saccade, afin que son partenaire ait le temps d’avaler, mais ce n’est pas facile, elle en met plein à côté. Pas grave, elle n’est pas venue pour faire le ménage.

- Humm, elle est bonne ta pisse !
- Tu t’es régalé, alors ? C’est bien, nettoie-moi la chatte maintenant.

Il se relève un peu et opère le travail demandé avec une évidente délectation, à défaut de savoir-faire. Il s’essuie ensuite très sommairement avec une serviette de toilette.

De retour dans l’atelier, Gontran ne souhaite pas une nouvelle fellation.

- J’aurais préféré vous prendre… comme l’autre fois ! Précise-t-il

Comme l’autre fois, ça veut dire dans l’anus, Béatrice s’est résignée.

- Vas-y ! Dit-elle en se mettant en levrette au pied du canapé, mets un préservatif !
- D’accord je vais en chercher.
- Ne vous donnez pas cette peine, j’en ai un ou deux dans mon sac à main, passez le moi.

Gontran est surpris qu’une femme puisse se promener avec des capotes dans son sac, mais ne fait aucun commentaire.

- Vous savez le mettre, ou vous voulez que je le fasse ?
- Je sais faire, mais mettez-le moi quand même.

L’insolite de ce mélange tutoiement-vouvoiement pratiqué par les deux parties amuse Béa qui hilare lui pose le préservatif sur sa bite à demi bandée, avant de la mettre en bouche ainsi recouverte afin de lui donner vigueur. Cette petite préparation étant effectuée, elle se repositionne en levrette.

- Allez, on y va !

Gontran effectue quelques allers-et-retours dans la chatte de la belle. Le rythme est très modéré. Béatrice s’angoisse à l’idée que ça puisse durer une heure !

Mais non. Après à peine dix minutes de coït mécanique, il fait ressortir sa bite et la pointe sur le trou du cul de la belle blonde avant de l’enfoncer avec une facilité déconcertante. Son vit est maintenant serré dans l’étroit conduit, ses va-et-vient deviennent enfin plus rapides et Béa l’aide comme elle le peut en gigotant du popotin.

Il s’énerve, il s’excite, il ne se contrôle plus !

- Je jouiiiiiis !

Il aurait continué un peu plus longtemps, Béatrice aurait peut-être joui aussi, mais elle avait la tête ailleurs, alors elle a la politesse de simuler.

- Toi aussi, tu as joui, hein ! Tu es une sacrée coquine (il allait dire salope) mais il n’a pas osé cette fois ci !
- Bon on va se le boire, notre jus de fruits, ça donne soif tout ça ! Bouge pas, j’y vais.

Elle récupère le somnifère caché dans le repli du canapé, se dirige vers la planchette où sont posés les verres, elle les remplit de jus d’ananas, non sans avoir déposé le cachet dans celui destiné à Gontran.

- Asseyez-vous à côté de moi ! Lui demande-t-elle en prévision de la suite.
- Tchin, tchin !

Quelques échanges de banalités, puis Gontran se met à bailler, et à bailler de plus en plus.

- J’ai un de ces coups de barre…

Trente secondes plus tard, il ronflait.

Béatrice peut enfin agir ! Il est 22 h 15. Il est possible qu’elle doive attendre minuit dans l’hypothèse où le voisin aurait une fenêtre éclairée vers le massif de pivoines. Pas grave, de toute façon Gontran en a pour huit heures de sommeil et en attendant, elle peut toujours préparer le matériel.

Elle sort rechercher la pince à bois, mais la grille est fermée à clé. Elle revient, met cinq minutes à trouver un trousseau, ressort, ouvre la grille, prend la pince, referme mais ne verrouille pas, pose l’objet sur le perron puis se dirige vers le salon, où elle a aperçu un magnifique escabeau de bibliothèque qui fera office d’échelle. Elle le sort sur le perron puis cherche quelque chose qui la protégera des tessons de verres scellés au sommet du mur. Le tapis de l’entrée replié en deux ou en trois fera parfaitement l’affaire. Ah, la torche électrique ! Elle est dans son sac à main.

Il lui faudra faire deux voyages. Eh bien elle fera deux voyages, d’abord l’escabeau. Elle y va s’éclairant de sa torche. Elle croit se rappeler que c’est sur la gauche mais n’aperçoit pas de mur. Elle a fait le tour complet de la maison. Pas de mur ! Elle devient folle ou quoi ? Nouveau tour, cette fois bien au bord. Des fleurs dépassent d’un grillage, elle regarde mieux ! Ce sont les pivoines ! Elle ne comprend plus, il y aurait donc un deuxième massif ? Incrédule elle refait un tour complet. Il n’y a pas d’autre massif, il n’y a plus de mur et celui-ci a été remplacé par un grillage. Pour s’en convaincre, elle éclaire le sol où des traces de travaux récents sont évidentes.

Mais pourquoi ?

Elle décide de réfléchir à tout ça plus tard mais se dit que si elle avait su, elle aurait pu adopter un plan beaucoup plus simple. En attendant, elle cueille plusieurs pivoines à travers la grille, avec bien sûr une facilité déconcertante. Elle les enferme dans la boite étanche.

Il lui reste à remettre tout en place. Elle abandonne la pince à bois près de la cheminée de Gontran, constatant par là-même qu’il était inutile d’en acheter, il y en avait déjà une ! Demain il se demandera sans doute pourquoi sa pince à bois a maintenant une petite sœur !

Un petit mot pour Gontran :

« J’ai passé une excellente soirée, mais j’ai été obligée de vous abandonner, vous vous êtes endormi, et vous quand vous dormez, vous dormez. Appelez-moi si vous voulez. Bisous, Béa »

Il lui fallut ensuite coucher Gontran sur le canapé de façon confortable et aller trouver une couverture afin qu’il ne prenne pas froid.

Elle s’en va, elle a claqué la porte de l’entrée et la grille mais rien n’est fermé à clé. C’est un risque à prendre, elle téléphonera demain pour savoir si tout va bien.

Un plan de Versailles, à cette heure, c’est bien pratique, direction la Gare Rive-Droite qui n’est pas si loin, puis Paris.

Elle a la tête comme un zeppelin, se répétant en boucle qu’elle a vraiment choisi la complication. Et puis c’est quoi cette histoire de mur qu’on construit puis qu’on démolit pour finalement le remplacer par un grillage ?

L’équipement du laboratoire du professeur Martinov n’est sans doute pas assez pointu pour analyser ces mystérieuses pivoines, mais Béatrice connaît une bonne copine au CNRS qui pourra lui rendre ce service.

- Alors ! Raconte ! Demande Martinov, le lendemain, impatient de savoir !
- Ça y est les pivoines sont au laboratoire, mais on n’aura pas les résultats avant quinze jours.
- Il t’a peint, alors ?
- Non, je l’ai endormi avant.

Elle passe les détails mais lui raconte pour le grillage.

Son portable sonne, c’est Gontran.

- Allo, Béatrice, je voulais savoir si tout allait bien.
- Moi ça va, mais vous vous m’avez fait peur : vous vous êtes endormi comme une masse.
- Oui, c’est bizarre, j’ai peut-être fait un petit malaise. Trop d’efforts peut-être ? Rigole-t-il.
- Il faudrait peut-être consulter votre médecin.
- Bof !
- Oh, vous savez que j’ai eu une drôle de surprise en sortant de chez vous ?
- Ah ? Rien de grave, j’espère.
- Non. Figurez-vous qu’en sortant de chez vous, mais avant de franchir la grille, je me suis dit que j’aurais bien fait un petit pipi. J’ai donc contourné la villa, j’avais une petite torche électrique pour m’éclairer afin de ne pas faire n’importe où et voilà que j’aperçois un deuxième massif de pivoines derrière un grillage ! Dingue non, vous ne m’en aviez pas parlé ?
- Ce n’est pas un deuxième massif, c’est le même ! Mais je vais vous demander une faveur !
- Oui ?
- Celle-ci : si nous devons nous revoir, de ne plus jamais aborder ce sujet. Faites comme si c’était un sujet tabou !
- Les pivoines sont devenues taboues ?
- Absolument ! Euh, cette séance de pose, on la reprend quand ?
- Commencez à travailler d’après les photos et après on verra !
- En principe, je ne travaille pas comme ça, mais vous avez un comportement, comment dire…
- Atypique ?
- Oui, je vais voir ce que je peux faire, je vous envoie le résultat, et on conviendra d’une date pour la finalisation.
- C’est parfait, faisons comme ça !

Après quelques échanges de politesses, ils raccrochèrent.

- On n’en sait pas plus ! Ricana Martinov.
- Bon on va attendre les résultats des analyses, et après on s’occupera de l’espagnol ! On travaille sur quoi ?
- Sur des chaussettes électriques qui se remontent toutes seules !
- Rigolo va, et sérieusement ?
- Je viens de recevoir un mec d’une fabrique de jouet, un gros contrat, mais il n’y y a rien de chimique là-dedans, c’est surtout mécanique. Sinon j’ai une demande pour un défoulodrome pour chat. Un truc pour qu’ils y fassent leur griffes, et non pas sur les fauteuils et les canapés !
- Ça existe déjà !
- Oui, mais c’est pas très fiable !
- Bon ok, je vais travailler là-dessus. J’aurais préféré travailler sur un défouloudrome pour chattes, mais bon !
- J’en ai un ici, de défoulodrome pour chatte ! Plaisanta Martinov en montrant sa braguette !
- Tu es un gros cochon, mon petit professeur.

Quinze jours plus tard

- Allo Béa, c’est Jessie !
- Ah ! Tu as les résultats ?
- Oui, tu vas être déçue… Je ne sais pas ce que tu espérais trouver mais tes pivoines, elles sont chimiquement normales.
- Mais c’est impossible !
- J’ai fait faire une contre-analyse par un spécialiste dans ce domaine, il m’a confirmé mes résultats !
- Ben merde, alors !
- Je t’envoie tout ça par mail !

Béatrice ne comprend plus

- C’est une machination ! Déclare le professeur, il y a une personne très machiavélique derrière tout ça, mais bon ça ne nous ne regarde plus.
- Et la crise de nymphomanie que je me suis tapée la première fois, c’est de la machination aussi ?
- Oui. C’est soit Gontran soit Imogène qui t’a probablement fait avaler un truc à ton insu. Mais bon, on ne saura jamais. Comme on ne saura jamais pour ce mur remplacé par une clôture.
- O.K. ça me frustre un peu de ne pas pouvoir me venger de cet abruti d’espagnol, répond Béatrice.
- Te venger de quoi ? Sauf si on n’a pas tout compris, ses pivoines ne sont pas modifiées génétiquement. Il n’a donc rien à se reprocher. On se pointe chez lui, quelque chose a dû lui sembler bizarre sur les documents qu’on lui a présentés. Il était sans doute sincère en nous prenant pour des escrocs et il a appelé les flics. On aurait peut-être fait pareil…
- Il aurait pu nous foutre à la porte sans appeler les flics !
- Oui, mais c’est difficile de le lui reprocher.
- Ça m’énerve, ça m’énerve ! Et pourquoi il ne m’a pas rappelée, cette andouille de Gontran, ça ne l’intéresse plus de me dessiner à poil ? Je vais lui faire un mail ! Tu y vois un inconvénient mon petit professeur ?
- Pas du tout, je vois que tu en meurs d’envie. On le signera tous les deux.

Que ce serait-il passé si Gontran avait ouvert le mail lui-même ? Nul ne peut le dire. Mais toujours est-il que c’est Imogène qui la première en prit connaissance.

« Cher Monsieur Savignan de Fréville.
Vous avez émis le souhait que cette affaire de pivoines ne soit plus abordée entre nous. Nous n’avons pas l’outrecuidance d’aller à l’encontre de cette décision qui vous appartient. Il nous a cependant paru déontologiquement nécessaire de vous informer d’un simple fait et de sa conclusion évidente afin que vous les preniez en compte pour la suite.
Le fait : Les pivoines de votre voisin ne sont pas génétiquement modifiées.
La conclusion : Vous êtes victime d’une machination dont la recherche des tenants et des aboutissants n’est pas de notre compétence et dont vous seul êtes apte à mesurer le degré de dangerosité.
Nous vous souhaitons une bonne continuation.
Cordialement
Andrej Martinov et Béatrice Clerc-Fontaine, chercheurs indépendants »

Imogène pousse un soupir. Elle se lève, dubitative, se met à marcher de long en large, puis revient sur son PC, met le message à la corbeille, se relève, change d’avis, revient, l’extrait de la corbeille et l’imprime.

- Gontran ? Tu es là, tu es où ?
- Dans le salon !

Elle s’y précipite, sa feuille à la main.

- Tiens j’ai reçu ça, mais c’était pour toi !
- C’est joliment tourné.
- Ils ont fait comment pour faire analyser une fleur ? Je croyais que le voisin les avait jetés ?
- J’ai ma petite idée ! Répond Gontran
- Tu veux pas me dire ?
- On avait dit qu’on n’aborderait plus ce sujet !
- Alors n’abordons pas, du moins pas ce soir !
- Ça veut dire quoi ?
- Ça veut dire que ces gens-là sont honnêtes et que ça me coûte de les avoir roulés dans la farine. Alors tu sais ce qu’on va faire ? On va les inviter, et je vais tout déballer… Conclut Imogène

Au téléphone, Imogène avait été laconique :

- Si cela vous intéresse de tout savoir, nous vous attendons vendredi à 11 heures 30… ou un autre jour mais à la même heure.

Martinov consulte son carnet de rendez-vous, ça lui convient, de même qu’à Béatrice. L’heure est incongrue et les obligera à manger au restaurant, mais qu’importe.

On vient leur ouvrir. Les de Fréville ont semble-t-il remplacé leur majordome par cette soubrette assez atypique, trop maquillée et à la voix bizarre, mais troublante.

On se sert la main de façon courtoise, mais chacun semble rester sur ses gardes, on est loin des grandes effusions.

Imogène est affublée d’un jeans blanc et d’un débardeur orange qui lui moule sa belle poitrine.

- Je vous présente ma sœur Sidonie. Comme elle a participé à l’affaire qui nous préoccupe, j’ai trouvé normal de vous dire ce que j’ai à vous dire en sa présence.

Cette dernière est peut-être un peu moins belle que sa sœur, le look est différent : les cheveux sont méchés et coiffés à la diable, elle a un très joli sourire. Elle est vêtue d’une simple robe imprimée dans des motifs rouges, gris et blancs, décolletée sans outrance.

Le couple de Fréville s’installe sur le canapé ainsi que Sidonie, tandis que nos amis s’assoient dans de confortables fauteuils de cuir.

- Bien, commença Imogène, j’ai suite à votre message décidé de tout vous dire. J’avais réglé le problème avec mon mari avant de me rendre au Brésil, je pensais donc l’affaire terminée. Mais puisque vous avez analysé les pivoines, j’ai estimé que je vous devais aussi une explication. J’aurais bien voulu que tous les acteurs de cette histoire soient présents, mais notre ancien majordome est injoignable, quant au voisin, je n’ai nulle envie qu’il soit au courant des aspects scabreux que je vais évoquer. Souhaitez-vous prendre un apéritif pendant que je vous raconte tout ça ?
- Non merci, après peut-être ! répondit Martinov
- Mon mari vous a donc expliqué comment notre couple fonctionnait. Nous n’avons pas fait un mariage d’amour mais un mariage de raison, dans lequel chacun trouve son compte. Cela ne nous a pas empêchés au fil des années de ressentir sinon de l’amour, du moins une profonde affection et un profond attachement l’un pour l’autre, sans que cela empiète sur nos libertés respectives. Je dois ici vous faire un aveu : j’ai une sexualité particulière, je suis dominatrice, j’aime avoir les hommes à mes pieds, parfois les femmes aussi, les soumettre physiquement et moralement. Je suis comme ça, je le vis très bien et je ne vais pas me refaire. Quand à Sidonie, ma sœur, elle partage avec moi ce trait de personnalité.

Mimique approbatrice et très troublante de la Sidonie en question.

- J’avais évoqué cet aspect de ma sexualité au début de ma relation avec Gontran. Ça ne l’intéressait pas. Je n’ai pas insisté puisque je trouvais mon compte ailleurs. Au fil des ans, je remarquais néanmoins certains penchants masochistes chez Gontran, mais ne les exploitais pas. Puis il y a eu évènement imprévu au début du printemps : j’ai perdu l’un de mes amants, justement celui avec lequel j’allais le plus loin dans ces jeux. Il a été muté au Canada. J’ai mal vécu cette séparation et suis restée tranquille quelques semaines. Un matin à la maison alors je me sentais assez excitée, je me suis dit qu’il serait amusant d’impliquer Gontran dans mes jeux sadomasochistes. Alors pour la seconde fois en 10 ans je lui en ai parlé, il n’a pas voulu en entendre causer. Mais quelque chose me disait que ce refus n’était pas vraiment sincère. Alors le lendemain, je l’ai provoqué, il a été d’autant plus surpris que nous ne nous étions jamais vraiment disputés, du moins pas à ce point. Je lui ai administré une fessée en présence du majordome. J’ai eu là la confirmation de ses tendances masochistes. Mais il ne voulait pas se l’avouer. Quand je lui ai demandé à la fin si cela lui avait plu, il n’a pas osé me dire « oui », il m’a demandé « Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu n’étais pas dans ton état normal, je ne t’avais jamais vue comme ça ! » Alors cherchant un prétexte et apercevant le bouquet de pivoines sur la cheminée, je lui ai dit : « Je me demande si ce ne sont pas les pivoines qui dégagent un truc bizarre, je vais aller les jeter ».
- D’accord, d’accord, commenta Martinov.
- Puis j’ai continué. A chaque fois que je simulais une crise, les pivoines étaient sur la cheminée. Evidemment, Gontran a fini par me demander pourquoi je continuais à en cueillir, sachant l’effet qu’elles étaient censées me produire. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas m’en empêcher, qu’une force irrésistible me poussait à les cueillir. Il s’est aussi étonné du fait que moi seule était sensible au pouvoir de ces fleurs. Je lui ai suggéré que seules les femmes étaient peut-être ciblées mais j’ai voulu le lui prouver et c’est pour cela que j’ai fait intervenir Sidonie. J’ai alors senti de l’inquiétude chez Gontran, qui a interprété la participation de ma sœur comme une escalade, et a eu peur que ça aille trop loin. Il aurait pu tout simplement décider de construire une palissade pour cacher ces foutues pivoines, je ne vois pas comment j’aurais pu m’y opposer, mais il n’a pas eu cette idée…
- Ce n’est pas vous qui avez construit le mur ? Coupa Béatrice.
- Attendez… Gontran m’a proposé de faire appel à des spécialistes des OGM pour éclaircir l’affaire, il a écrit au ministère de l’agriculture, qui lui a fait une réponse bidon genre « merci de nous avoir prévenus, continuez à nous tenir au courant… » Quand vous êtes venus chez nous la première fois, je me suis retrouvée coincée, il fallait vous empêcher de cueillir ces pivoines. Par ailleurs, je ne m’attendais pas à voir arriver une femme, vous, Béatrice !
- Hé, hé ! Ricane l’intéressée.
- Très vite, j’ai concocté un petit plan. On est allés cueillir des pivoines, mais au lieu de vous les confier, j’en ai fait un bouquet que j’ai mis dans un vase, et parallèlement, à votre insu, j’ai glissé un fort aphrodisiaque dans votre café.
- Salope ! Intervient Béatrice dans une brusque montée d’adrénaline.
- Sans doute, mais attendez la suite.
- C’était quoi l’aphrodisiaque ? demande Martinov
- Un machin que prend parfois mon mari, ça s’appelle « Lapin dur » (voir Professeur Martinov et le lapin dur)
- C’est effectivement très efficace !
- Oui ! J’ai d’abord tenté de vous faire fuir en tenant des propos triviaux, mais ça n’a pas marché. Alors ce fut l’orgie, et à la fin vous n’avez emporté aucune pivoine, persuadé que le voisin vous en fournirait un échantillon après la visite que vous projetiez de lui faire. Seulement voilà : dès votre départ je préviens le voisin que deux escrocs agissent dans le quartier et lui suggère de ne pas vous ouvrir.
- Vous avez fait ça ? S’exclame Béatrice.

Cette fois Béatrice était écarlate, prête à exploser.

- Oui, mais j’étais loin de penser qu’il appellerait la police !
- Ben voyons !
- Je vous demande pourtant de me croire, dès votre départ et après avoir téléphoné au voisin, j’ai prétexté un appel au secours de ma vieille mère malade. Avec Gontran, nous avons pris la voiture et filé chez elle. Tout cela afin que vous trouviez porte close si vous deviez revenir. N’est-ce pas Gontran ?
- Absolument !
- Si j’avais eu l’intention de vous faire ramasser par les flics, cette mise en scène n’aurait eu aucun sens.
- Admettons !

Béatrice considéra comme suffisante cette explication, malgré le fait qu’elle pouvait être bidonnée. Du coup sa colère rentrée contre Imogène se transféra contre le voisin hispano, ce qui quelque part l’arrangeait bien.

- Cela dit, je savais que vous finiriez par revenir ! Le lendemain ça tombait très bien, Gontran partait pour Barcelone, j’avais les mains libres. Je fais un mail sur son compte vous prévenant que nous ne serons pas libres avant quelques jours et je fais construire un mur. J’en informe Gontran par téléphone en lui faisant croire que c’est le voisin qui en est à l’initiative.
- Mais pourquoi ?
- Mais par souci de cohérence, je ne pouvais pas à la fois dire que les pivoines m’attiraient et que j’avais décidé de faire monter un mur pour ne plus y accéder ! Quand vous êtes revenus, ce mur vous empêchait de cueillir quoi que ce soit, et j’étais de toute façon persuadée que le voisin ne vous laisserait pas approcher son massif. J’avais donc renoncé à mes fantaisies plus ou moins sadomasochistes avec Gontran. L’affaire paraissait donc terminée. Mais en fait elle ne l’était pas !
- Ah ?
- Oui, parce que Monsieur Sorozabal…
- Qui ?
- Monsieur Sorozabal, le voisin, est venu me faire un véritable scandale. Pensez donc, je créais de l’ombre pour ses chères pivoines… Il m’a tellement harcelée que j’ai fini par lui promettre de démolir ce mur et de le remplacer par un grillage. J’ai sans doute eu tort, j’aurais dû consulter un avocat, voir qui dans cette affaire était dans le droit ou pas, mais on ne réfléchit pas toujours comme il le faudrait ! Mais tout s’écroulait : les pivoines m’étaient de nouveau accessibles… comment intégrer ça dans mon accumulation de duperies ?

Elle marqua un temps d’arrêt, avant de reprendre :

- Alors j’en ai eu marre, marre de tous ces mensonges, je n’ai rien d’une mythomane, ça allait trop loin et surtout ça devenait trop compliqué. J’ai tout déballé à Gontran, je lui ai avoué la vérité et il a eu l’intelligence d’accepter mes explications et de me pardonner mes conneries. Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait, je ne suis pas une personne méchante, mais je ne suis pas parfaite, personne n’est parfait ! La page pouvait se tourner pour de vrai, votre enquête devenait sans objet, et il y avait même un petit plus, puisque Gontran, quelque part ravi d’avoir touché au SM, m’a avoué ne pas être insensible à quelques fantaisies en ce sens à l’occasion.

Martinov opinait du chef. Tout était clair à présent.

- Voilà, nous n’avions simplement pas pensé qu’il y aurait un ultime rebondissement. Gontran m’a raconté le stratagème que vous avez utilisé pour récupérer quelques pivoines et les faire analyser. Mais pourquoi cet acharnement ? Dites-nous Béatrice ?

Habile, l’Imogène qui après avoir énuméré toutes ces manipulations passait, in fine, la main à la jeune chimiste, coupable elle aussi d’un stratagème peu glorieux.

- Je restais persuadée que les fleurs étaient trafiquées, je voulais en savoir davantage avant de trouver le moyen de me venger de votre voisin, qui nous a fait embarquer par la police.
- Je vois, avez-vous des questions ?

Martinov et Béatrice après s’être concertés du regard, firent signe que non, ils n’avaient pas de questions

- Puis-je vous proposer à présent de trinquer à l’amitié ?

La solennité de la demande arracha un sourire à Béa, qui se tourna de nouveau vers Martinov. Ce dernier opina du chef. Imogène comprit et avant qu’il ne réponde, laissa éclater sa joie.

- Permettez-moi de vous embrasser.

Martinov eut ainsi droit à un gros poutou sur la joue, pour Béatrice cela se passa dans un premier temps un peu plus près de la bouche.

- Qu’est-ce que tu es mignonne, toi, commenta Imogène en lui caressant légèrement la bouche. Je peux ?

Les lèvres s’écartent, la langue vient les humecter.

- Sorcière ! Dit simplement Béatrice en acceptant ce baiser brûlant.
- Viens donc sur le canapé, nous serons mieux, propose Imogène, Gontran va nous donner sa place.

Imogène sonne la soubrette et lui demande de préparer les apéritifs. Celle-ci apporte ce qu’il faut en plusieurs voyages. A chaque fois Martinov est intrigué par cette jeune personne. Gontran s’en aperçoit.

- Oui, nous en avions assez de ne plus avoir de domestique, j’ai recruté cette troublante créature dans un bar un peu particulier. Elle est à l’essai, mais pour l’instant nous en sommes contents. Viens là Dominique et approche-toi de monsieur.

Martinov subodore qu’il va se passer quelque chose et la situation l’amuse, l’excite même.

- Soulève ta petite jupe, Dominique, montre à monsieur ce que tu as en-dessous.

La bite du travesti est à quelques centimètres du professeur, une telle situation ne peut avoir qu’une suite.

- Je peux ?
- Je vous en prie.

Et voilà Martinov qui tripote ostensiblement la bite de Dominique. Elle ne tarde pas à devenir toute raide. Une jolie bite bien droite légèrement halée, le gland brillant et bien dessiné.

- Si ça vous fait envie de la sucer, ne vous gênez pas.

Là comme ça, devant tout le monde ? Mais pourquoi se gêner ? Imogène et Gontran sont de joyeux partouzards et la vie est si courte ! Allez, hop dans la bouche, la bite de Dominique. Le gout est un peu fort, mais ça ne gêne pas notre vert professeur, qui se délecte de cette jolie chose. Il suce, il lèche, il pourlèche, il savoure… et il bande. Sidonie qui ne s’était pas beaucoup manifestée jusqu’à présent, tournicote autour du fauteuil du professeur, et après avoir vérifié que ça bandait comme il le faut du côté de la braguette, entreprend de l’ouvrir puis de fouiller à l’intérieur pour en extraire la bite bien bandée. Quelques secondes après, elle était dans sa bouche. Sucé et être sucé, ne voilà-t-il pas une situation royale que trop d’hommes se refusent à connaître ?

Sur le canapé, Imogène et Béatrice après quelques pelotages obligés, se sont bien débraillées. Béa lèche avec avidité les délicieux tétons de son hôtesse, qui se pâme d’aise. Quant à Gontran, bien calé dans son fauteuil, son pantalon et son caleçon ont dégringolé sur ses chevilles et il se branle en regardant tout ça.

Dominique profite d’une petite pause dans la fellation que lui prodigue le professeur pour se mettre à l’aise. On est tellement mieux quand on est à poil. Du coup Sidonie fait de même, libérant de grosses mamelles qui font loucher le professeur.

En voilà un dilemme ! La poitrine de Sidonie ou la bite de Dominique ? Mais pourquoi choisir entre le dessert et le fromage quand on peut avoir les deux ? Le temps de se déshabiller et le voilà en train de tripoter les nichons de la belle-sœur, qui rigole comme une bossue de voir cet homme mûr et respectable s’agiter ainsi. Quant à Dominique, il a décidé de s’intéresser à la bite de Martinov et il s’en régale… jusqu’au moment où sa mâchoire doit être saisie d’une crampe, car la voilà qu’elle se relève (pas la mâchoire, mais Dominique que nous déclinons comme cela se doit, au féminin) et qu’elle fait au professeur cette suggestion, o combien directe !

- Tu veux que je te baise ?

Notre vert professeur amoureux fou de la gent féminine, ne dédaigne pas pour autant se faire pénétrer le troufignon d’une jolie bite. Non seulement il acquiesce, mais quittant les nénés de Sidonie, il se positionne en levrette et tend ses fesses.

- Non, non proteste cette dernière, en s’allongeant sur le sol. Viens me baiser et Dominique va passer derrière toi ! Humm c’est excitant de faire ça à trois, non ?

Martinov ne sait pas si c’est excitant, mais pour lui c’est une nouveauté. Il pénètre donc la belle-sœur, puis une fois bien calé fait signe à Dominique de venir finaliser le sandwich. Et voilà nos trois joyeux drilles partis pour un petit train infernal qui assez vite trouve sa coordination.

Gontran a soudain une idée ! Il se fait provocateur et s’approchant des deux femmes qui se câlinent, vient s’immiscer dans leurs ébats.

- Dis donc toi, on ne t’as pas invité ! Proteste Imogène.
- Oh, pardon, excusez-moi ! Répond-il d’un ton faussement contrit.
- Mais il se fout de notre gueule !

Et puis Imogène, comprend. Pourquoi pas ?

- Viens on va rigoler ! Dit-elle à l’adresse de Béatrice.

Elle part dans la cuisine, revient très vite avec deux longues cuillères en bois. Elle en tend une à Béatrice, tandis que Gontran s’est mis en levrette, le cul relevé. Très vite les coups pleuvent sur ses pauvres fesses qui deviennent vite cramoisies. Les deux femmes s’excitent à ce jeu et mouillent comme des éponges. Elles insultent Gontran, qui semble y prendre un malin plaisir.

- Tiens, t’aimes ça, te faire fesser le cul, hein, ma salope, hein mon cocu, hein ma pédale !
- Ouiiiiiii

Il faut bien que ça s’arrête. Imogène lui enfonce délicatement l’extrémité du manche de la cuillère dans le trou du cul.

- Tu restes comme ça et tu ne bouges plus !

De nouveau Imogène disparait, laissant un moment Béatrice circonspecte. Elle revient avec une grande bâche en plastique, qu’elle dispose sur le canapé, puis elle s’y installe suivie de Béa. Elles ne tardent pas à se brouter mutuellement la chatoune en position de soixante-neuf.

Du côté de notre trio d’enfer, ça commence à fatiguer dur. Sidonie a joui sous les assauts du professeur, rendant ce dernier tout fier (Ah, les hommes !) et s’est décrochée du train. Dominique décule sans avoir joui, Martinov non plus mais il est au bord. L’insolite de la situation plus les frottements de la bite du travesti sur sa prostate l’ont rendu tout chose.

Les deux femmes sur le canapé se mettent à jouir comme des damnées.

- Les hommes, dit alors Imogène, venez vous finir sur nous. Toi aussi Gontran !

Martinov, Gontran et Dominique s’approchent du canapé et entreprennent de se branler avec frénésie. Bientôt de longs jets de sperme atterrissent sur nos deux coquines. Imogène avale tout ce qu’elle peut avaler.

- Si vous voulez pisser, allez-y j’ai mis une bâche.

Alors l’orgie se termine dans un déluge de pisse, et de rire.

- Vous voyez, dit alors Imogène, faussement sérieuse, là où il y Imogène, il a du plaisir !

La suite fut beaucoup plus sage, apéritif (enfin !) puis barbecue à l’extérieur.

On se quitte, on s’embrasse…

- J’espère qu’on se reverra, nous n’avons jusqu’ici qu’assez peu partouzé (je veux dire en couple), c’est une voie que nous allons explorer.
- Bonne exploration alors ! Répond Béatrice, amusée.
- Tenez, dit-alors Imogène, ne partez pas sans ce joli bouquet de pivoines !

Fin

Maud Anne Amaro – décembre 2010

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Une réponse à Professeur Martinov 10 – Professeur Martinov et les pivoines maléfiques par Maud Anne Amaro

  1. Robi dit :

    Délicieux, tout le catalogue des petites perversités qui vont bien sont là. Bonne lecture et pine au garde à vous ! Tout va bien mon colonel !

  2. Enrique dit :

    Les aventures d’une bande de joyeux délurés racontée de façon décontracté et très excitante. Et en plus l’histoire est passionnante. Ça me plait bien.

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