Auto érotisme et pratiques dangereuses par Germain Palinski

 

Préalable :
Non je ne suis pas un empêcheur du plaisir solitaire et n’ai absolument rien contre. Les gens font ce qu’ils veulent Et il m’arrive moi aussi de m’amuser de la sorte.
Mais de par mon métier (j’ai été pompier de Paris) il m’est arrivé d’intervenir et de rencontrer des cas cocasses mais aussi dramatiques, voire tragiques suite à l’inconscience de certains.

Nous allons rencontrer des activités dangereuses dans deux domaines : l’auto introduction anale et l’auto masochisme. Pour ce dernier, nous parlerons de l’auto attachement, des strangulations contrôlées et des stimulations électriques.

Les auto introductions anales
(il est évident que tout ou partie ce qui va être dit peut aussi se rencontrer lors de séances en couple)

Introduction d’objets trop gros : risque de déchirure de l’anus, intervention hospitalière nécessaire.

Introduction d’objets trop petits : là le risque est ailleurs, l’objet risque d’être littéralement absorbé par l’anus et il va ensuite se balader dans les intestins. L’intervention hospitalière et très souvent nécessaire et c’est fou ce qu’on peut trouver : tubes de rouge à lèvres, vaporisateurs de poche, bouchons, crayons à papier (extrêmement dangereux à cause de la pointe) et autres stylos, marqueurs et surligneurs, légos, tubes de cachets, brosses à dents, à cheveux, à ongles, dosette de sérum physiologique, tubes et échantillons divers de produits de beauté, pinces à linges, clés, mignonnettes (en verre), briquets, personnages miniature en latex (ah ! Les introductions de schtroumfs ou de marsupilamis !), piles électriques (super dangereux). On y a même trouvé des télécommandes et des téléphones portables.

Introductions d’objets moyens : c’est plus rare mais les bouteilles de coca-cola et les canettes de bière ne sont pas des légendes et on a même trouvé… une poupée « barbie » !

- les précautions à prendre :

Ne pas utiliser d’objets volumineux si vous n’y êtes pas habitué et lubrifier à fond (l’objet et l’entrée de l’anus)

Ne pas utiliser d’objet de moins de 10 cm de long

Ne pas utiliser des objets possédant des parties piquantes (même si celles ci sont à l’extérieur)

Ne pas utiliser des objets contenant des produits chimiques (piles)

Utilisez des godes de taille moyenne, achetés en sex-shop. Je signale à ce propos que si vous habitez dans un trou ou dans un pays où la vente de genre de choses est prohibée, il suffit de les commander par correspondance. L’un des deux grands spécialistes de la vente par correspondance en France -celui qui a un chiffre dans son titre- en a dans son catalogue sous l’appellation vibro-masseurs (dans la rubrique confort, coincé entre les bouillottes et les brosses à dents électriques…)

Gardez la main sur l’extrémité sortie, surtout s’il ne reste pas grand chose à l’extérieur et de toute façon évitez de laisser sorti moins de 5 cm de l’objet pénétrant.

Ce qui est sans danger de façon quasi certaine :

- les boules de geishas (mais encore faut-il tester avant la bonne tenue des ficelles)
- le plug (il s’agit d’un gode muni d’un socle, il est impossible de se le rentrer entièrement) offre, lui une sécurité absolue !

Un mot sur les gants : le gant jetable est un objet permettant de faire du doigtage anal sans se salir (très pratique) mais ne peut convenir à contenir des objets, il est trop fragile. Si vous voulez vraiment vous introduire un tube de cachets dans le doigt d’un gant, choisissez alors le bon vieux gant en caoutchouc qui lui ne se déchirera pas. En cas d’absorption de la partie enveloppant l’objet, il arrivera à ressortir en combinant l’action sur les muscles du sphincter et le tirage par l’autre partie du gant

En cas d’absorption que faire ?

Appeler les pompiers ! En principe ce corps de métier ne vous demandera pas d’explication vaseuse, il n’est pas là pour cela, on vous emmènera aux urgences !

Avant d’appeler les secours, essayez néanmoins ceci mais sans insister outre mesure :

Aussitôt que vous avez réalisé qu’il y a eu absorption, ne changez pas de position, et poussez, mais n’insistez pas trop… si ça ne sort pas, plus vous allez vous énerver, moins ça va aller…

Une variante pas si rare que ça est constituée par l’introduction anale d’une douchette de salle de bain. Imaginez la situation : la personne ne peut aller téléphoner, n’a accès à aucun outil permettant de dévisser le tuyau de la douche. A part crier et si une fenêtre ouverte est à proximité (ce qui a quand même permis de sauver du monde…), je ne vois pas trop. Dans la plupart des cas la personne panique, gigote, l’affaire se termine parfois en perforation intestinale avec la mort survenant quatre heures plus tard… Par contre si la personne garde son calme, elle peut être sauvée des problèmes de soif, vu l’environnement, mais elle est néanmoins dans de très sales draps.

Je suis intervenu un jour dans une situation semblable, le type avait par chance apporté son portable dans la salle de bains
- Je ne comprends pas comment ça a pu arriver !
- Mais on ne vous demande rien, monsieur, on n’est pas là pour ça !
- Ca me grattait, alors je me suis gratté avec la douchette et j’ai glissé…
(faut absolument qu’ils se justifient, alors qu’on ne demande rien aux gens, on n’est pas là pour écouter leur histoire, on est là pour les sauver…) par contre aux urgences il s’est fait recevoir un savon, qui a mon avis n’a rien de nécessaire ( « vous croyez qu’on n’a que ça à faire, et surtout le week-end ! ») ben oui, en principe on ne s’introduit pas des machins dans le cul quand on est en train de travailler…

Un autre risque est celui des infections : tout objet peut être infecté, mais si on est en principe sûr de ses objets personnels, il en est tout autrement des « godes biologiques » (fruits, légumes et saucissoïdes) ! En plus du danger d’infection notons que :

- les légumes « durs » (carottes) offrent un danger d’absorption (il est bien évident a contrario qu’une banane absorbée va se retrouver complètement écrabouillée, ce qui en la matière est réducteur de risque)
- les légumes à peau urticante (les courgettes et les aubergines) sont susceptibles de vous refiler une sérieuse irritation
- Les légumes traditionnellement dangereux (l’artichaut est un vecteur classique du microbe du tétanos. On ne s’introduit pas un artichaut me direz-vous ? Et si ! Pas le légume entier, mais sa queue !) Ce genre de microbe n’est dangereux qu’en cas de contact avec le sang (piqûre par ex) Or il faut savoir que l’anus est bordé de capillaires extrêmement fins qui permettent l’absorption immédiate dans le sang de toute saloperie virale ou microbienne. C’est d’ailleurs la voie royale de la transmission du sida !

Là encore la solution toute simple est d’incorporer l’objet dans un préservatif.

Je ne traite pas des pénétrations vaginales, le lecteur sera assez grand pour comprendre que toute la partie relevant des infections s’y applique également !

L’auto attachement
Peut-être avez vous lu  » Jenny  » de Stephan King ? Dans ce très bon bouquin, un couple se livre à un jeu érotique, monsieur attache madame et meurt d’une crise cardiaque ! Aïe ! Situation rarissime et que je n’ai jamais rencontrée. Par contre les auto attachements solitaires dont les protagonistes ne savent plus se défaire sont relativement nombreux.

On va trouver de tout :

Anecdote :

Monsieur X a un berger allemand, il a un panier spécial pour l’emmener avec lui dans les soutes des avions. Un jour il s’enferme dedans, cadenasse l’ouverture et fait tomber la clé au sol, mais à portée de main. Le chien n’a rien trouvé de mieux que de jouer au palet avec la clé. Le type était bel et bien prisonnier. Il est resté plus de 48 heures là-dedans et n’a été sauvé que… par le chien qui hurlant à la mort a ameuté tout le quartier.

A lui non plus on n’a rien demandé.

- Je voulais vérifier si mon chien avait du confort la-dedans !
Nous nous sommes bien sûr abstenus de lui demander si pour faire ce test il fallait fermer à clé, la jeter, être absolument nu, et s’être mis le collier du chien autour de son propre cou !

Des situations similaires se sont produites avec des menottes. Sur une chaise, on arrive toujours à se déplacer à grands coups de rein ! (si les pieds posent terre) Mais sur un lit ? Sans parler de ceux qui ont installé des systèmes de chaînes, de croix, de poteaux ou que sais-je encore !

Parlons justement des attachements en croix dans la position debout.

Il est extrêmement dangereux de rester attaché plus de deux heures dans cette position si les bras sont maintenus plus haut que le cœur et si les pieds ne touchent pas le sol. Le torse va alors être entraîné au fil du temps en avant jusqu’à ce que la respiration devienne suffocante. En principe au bout de trois heures on meurt. Ca porte un nom, ça s’appelle la crucifixion ! Mais certains semblent avoir oublié que c’était une façon d’exécuter les gens ! Outre ce danger, il existe aussi des risques de blocage de la circulation du sang, et cela même si les pieds sont au sol.

Au lit la chose reste moins dangereuse, mais dans tous les cas il faut pouvoir se détacher. Bannissons donc tous les systèmes à clé. Il ne suffit pas d’avoir la clé sur la table de nuit, sans parler du chien ou du chat capricieux, un faux mouvement au moment de l’attraper et boum la voilà sous le lit, vous faites comment après ? Sans compter que se détacher d’une menotte d’une seule main, vous avez intérêt à vous entraîner avant… Et puis reste le risque affreux, vous savez faire, mais la serrure se bloque néanmoins ! Aïe !
Que reste-il comme système d’attachement : Je ne vois pas bien comment on peut se boucler soi-même une main si l’autre est attachée, idem pour les boutons et pressions. Restent donc le velcro et les nœuds.

Un velcro arrivera à se défaire si le sujet a une marge de gigotement suffisante. Concernant les nœuds, les conseils de bondagistes fous sont toujours les mêmes : on s’installe gentiment dans le lit, on s’attache les pieds, peu importe le système (de toute façon que feriez vous les pieds détachés et les mains attachées) on attache la main gauche comme vous le sentez, reste la main droite. Et là il n’y a pas trente six solutions : il faut mettre la main dans une boucle de nœuds et tirer afin que celui-ci se resserre sur le poignet. Or avec certains nœuds (de type marin) il est impossible de se défaire. La seule solution raisonnable resterait donc le nœud coulant classique. Mais là encore rien n’est sûr. Il est théoriquement possible de se débarrasser d’un nœud coulant par gigotement du poignet (il faut trouver le bon mouvement, souvent un mouvement de semi-rotation latérale continue, chaque mouvement va libérer un tout petit peu de pression) mais le résultat sera d’autant plus difficile que le la corde ne sera pas lisse. La vieille corde de chanvre par exemple est souvent de mauvaise qualité et les filaments de sa surface vont gêner la libération. La corde à linge en plastique est paraît-il pratique à cause de sa propriété à vouloir se détendre sans arrêt. Et puis il faut avoir du mou, sinon ce n’est même pas la peine car on risque d’obtenir l’effet inverse : un renforcement du serrage. De plus il faut savoir (tout le monde n’a pas été dans la marine), qu’il y a plusieurs sortes de nœuds coulants et que certains d’entre eux ne se déferont jamais tout seuls. Autrement dit, si vous voulez vraiment utiliser ce genre de nœuds, il faut vous tester en situation où la main gauche n’est pas attachée, et j’ajouterai qu’il n’est pas débile de faire ce test plusieurs fois (tout peut en effet varier suivant la longueur de la corde, la grandeur de la boucle du nœud, la qualité de la ficelle, et la distance de mou…)

En fait, je ne vois qu’une seule solution absolument inoffensive, c’est qu’après s’être attaché pieds et main gauche on n’opère sur la droite qu’un simulacre d’attachement. En introduisant par exemple la main doigts réunis, dans une boucle nouée non coulante… et là il ne peut y avoir de problème. Si on est entré, on ressortira…

Les interventions pour ce type de situations ne sont pas si rares que ça. Si le type n’est pas célibataire, il s’en sortira. Sinon restent pour le sauver, le chien, la fenêtre… pas grand chose quoi. A défaut, la mort par soif interviendra en 72 heures et peut-être même avant, le sujet passant souvent par une phase d’énervement forcené.

D’autres pratiques

Les strangulations contrôlées : On vend (parfaitement !) des machins permettant de se pendre et se le libérer juste avant que la situation redevienne irréversible (les morts provoquées par ces saloperies sont fréquentes).
Or il faut d’ores et déjà se demander pourquoi les gens font cela ! Il y a au départ une croyance débile : celle que la mort par strangulation ne peut être qu’extatique puisque le sujet éjacule. N’importe quel médecin vous expliquera qu’il s’agit tout bonnement d’une réaction mécanique. Il y a quand même d’autres façons de provoquer la jouissance à ce que je sache, même quand on est un masochiste invétéré !

La dernière catégorie concerne le courant électrique ! Je ne la développerai pas ! Tout le monde sait maintenant que ce chanteur (?) qui fait encore les délices des soirées karaoké n’est pas mort en changeant une ampoule électrique…
Il faut tout simplement bannir l’usage de l’électricité dans les jeux sado-maso et ici j’ajouterai que l’on soit seul ou pas.

Mais rassurez-vous, il reste des tas de choses à se faire tout seul, pour se faire plaisir et ceci qu’on soit maso ou qu’on ne le soit pas !

 

ADDITIF

Pratiques dangereuses : je n’ai pas parlé des mutilations volontaires : A quoi bon ? Ce n’est plus du masochisme, c’est de la folie pure, et de toute façon mon pauvre article n’empêchera nullement celui qui veut le faire de passer à l’acte

Pratiques ne présentant en principe aucun danger :

L’auto-flagellation : Aucun danger ! En principe quand on se fait mal on s’arrête, non ?

Les pinces : Idem ! Ne jamais cumuler cette pratique avec l’auto attachement (risque de blocage de la circulation sanguine)

Le bondage d’organes : (ficelles autour des testicules, à la base du pénis, autour des seins, autour des mamelons…) idem que pour les pinces…

Le bâillon : Un bâillon doit pouvoir être enlevé sans problème en 3 secondes. Si cette condition n’est pas remplie (attachement), les dangers d’étouffement sont très graves (en cas de régurgitation notamment). Evitez de toute façon les modèles qui se ferment avec des trucs compliqués. En cas de panique vous risquez de cafouiller.

Les orties : Il y en a 3 sortes. Les deux que l’ont trouve dans l’hémisphère Nord ont une toxicité faible, mais qui peut provoquer des allergies à certaines personnes. Faites un test sur l’intérieur du bras une journée avant de vous foutre une fouettée magistrale. Il existe une variété à haute toxicité dans l’hémisphère Sud . Rappelons que l’ortie combine un effet immédiat (sensation de piqûre) et un effet retard (démangeaisons). La règle d’or est de ne pas se gratter !

Les ronces : Il vaut mieux être vacciné contre le tétanos, sinon, abstenez-vous

Les bougies : La brûlure à la bougie ordinaire n’est même pas du premier degré ! Plus la bougie est ordinaire plus elle est inoffensive. Attention toutefois aux belles bougies très chères et décorées avec des produits qui en chauffant auront une température supérieure à celle de la cire.

Aiguilles et fléchettes : risque d’infections

Urologie : absorber de l’urine est absolument sans danger (que ce soit la votre ou celle d’un partenaire, c’est absolument stérile !) Encore faut-il l’absorber dans des conditions d’hygiène normale (un verre quoi !). Le fait d’aller lécher le parquet ou l’on vient de pisser est assez irresponsable sauf si on vient de le laver à l’eau de javel !

Léchage de chaussures : Il est aussi irresponsable d’aller lécher des semelles ou des talons de chaussures qui ont été se balader sur les trottoirs de la ville. Vous n’attraperez peut-être pas le sida de cette façon mais vous pouvez chopper la tuberculose, d’autant que de nombreuses personnes ont repris cette détestable habitude de cracher par terre. Rappelons que les professionnelles qui se font lécher leurs chaussures ont une paire spécialement dédiée pour cette occasion

Il n’était encore une fois pas dans mes intentions de vous décourager de vous donner du plaisir tout seul, mais de mettre le doigt sur des dangers souvent ignorés dont les conséquences peuvent être dramatiques

© Germain Palinski (ex pompier de Paris)
Paris – Août 2001

Postface du Webmaster : ce genre d’article me paraît extrêmement intéressant. Ceci-dit personne ne possédant en la matière la science infuse, les lecteurs sont invités s’ils le désirent à nous adresser toutes contributions ou rectifications. (l’auteur n’a pas souhaité publier son e-mail)

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Une réponse à Auto érotisme et pratiques dangereuses par Germain Palinski

  1. hasouet dit :

    Un article que tous le monde devrait lire

  2. Valizere dit :
      IMPORTANT

    J’ajouterais juste qu’en ce qui concerne le bâillon, on ne doit JAMAIS laisser une personne bastillonnée sans surveillance. En cas de régurgitation la personne paillonnée meurt d’étouffement.

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