Jules et Jim par Muriel DeLorient

Jules et Jim par Muriel DeLorient


Je suis indécise. Indécise sur l’attitude à adopter, sur la tenue à revêtir, sur mes intentions. En effet, ce soir j’ai rendez-vous. Un peu étrange, étonnant, imprévu peut-être plein de surprise ou de désillusion, je ne sais pas trop. J’ai déjà vécu ce genre de situation, j’ai déjà ressenti cette appréhension, j’ai déjà senti monter la tension en moi de la même façon, mais cela est si loin…

Le rendez-vous est près de Bastille, notre quartier de prédilection. J’ai choisi d’être moi-même, nature, décontractée, en y ajoutant une petite touche de sexy, ayant bien l’intention de charmer mes compères. L’endroit où nous retrouvons est un bar très fréquenté par les bobos parisiens. Je rentre, intimidé et rapidement je les vois, Jules me fait un signe de la main et Jim déjà me sourit à me faire fondre…je traverse la salle, ils se sont installés tout au fond à l’abri des regards, sous une lumière tamisée, je note la banquette et la table basse. Instinctivement je m’assois entre eux deux avant de me tourner vers l’un et l’autre pour le baiser du soir.

Tous deux m’embrassent sur les joues mais déjà si près des lèvres et de façon si douce que la soirée déjà prend une tournure sensuelle. Leurs regards entendus ne m’ont pas échappé et intérieurement je ronronne.

Ils sont gais, agréables, la bonne humeur est là, je le sens, je sens aussi que l’atmosphère se charge de quelque chose d’indéfinissable, d’imprévisible. Ils ont déjà un ou deux verres derrière eux…Je ne compte pas rester à la traîne que déjà un mojito me tend les mains.

La conversation s’engage légère et rieuse, on joue sur des jeux de mots, des regards ; ils sont l’un et l’autre assis très près de moi. Je les laisse faire, le message est clair. Je n’ai pas l’intention de jouer à l’effarouchée, la tournure que prend la soirée me convient parfaitement. Je leur ai dit auparavant ne pas avoir froid aux yeux et quelque part je compte bien le leur montrer, tout en leur laissant l’initiative.

Il y a bien des instants de silence où la musique susurre des rythmes sourds, lourds, enivrants ; j’aime cette musique  » lounge  » comme on dit maintenant, si bon fond musical discret pour conversation anodine mais musique si tentatrice, si inspiratrice de désir quand tous les éléments sont réunis. Ce qui est le cas pour nous trois ce soir, je ne sais comment finira la nuit mais je profite de chaque seconde avec ces deux hommes si charmants, si charmeurs, si tentateurs aussi, ils en rient, ils me sourient, ils m’effleurent sous n’importe quel prétexte ; une mèche de cheveux déplacés, une poussière imaginaire posée sur moi, mais qu’importe, je les laisse faire avec tant de plaisir, et de désir au fond des yeux, l’éclairage est léger mais mes regards sont transparents pour eux. La façon dont ils m’enserrent prouve que le message passe plus que bien. …

Je sens que les  » hostilités  » ne vont pas tarder, j’ai envie de faire le premier pas mais oserais-je poser ma main ou mes mains sur une de leur cuisse ou me retourner vers l’un pour l’embrasser ? Jim me devance et m’embrasse dans le cou, par petites touches légères mais qui aussitôt me provoque un frisson révélateur. La main de Jules caresse maintenant mon dos, je suis comme tétanisée, la pensée du  » qu’en dira-t-on  » me traverse un instant et s’en va bien vite ; l’un me caresse savamment, l’autre m’embrasse de façon appuyée maintenant et moi une main sur leur cuisse je gémis au rythme de la musique qui se fait complice et me chuchote des paroles si langoureuses qu’intérieurement je fonds de plaisir. Je m’alanguies entre leurs mains expertes, leur manège est discret, comme déjà bien rodé les fripons !

La bouche de Jim réclame son dû et je lui tends la mienne. Un baiser timide s’engage pour laisser vite place au désir qui nous dévore, mes mains caressant son torse, je l’embrasse à perdre haleine tandis que Jules, n’en perdant pas une miette me caresse les reins et s’égare sur mes fesses.

Quelle scène étrange. Je n’ai plus conscience de rien ni de personne autour de nous, je n’ai à l’esprit que le plaisir que je prends et que je donne. Je me retourne alors vers Jules pour goûter à ses baisers langoureux et expérimentés et subir avec délice les caresses de Jim. Ses mains s’aventurent sous ma jupe et caressent de manière plus insistante mon fessier rebondie.

Le raclement de gorge du serveur posté devant notre table nous ramène à la raison, nous réglons la note et le temps de me réajuster, nous sortons dans la rue et nous soufflons un peu. L’air frais nous requinque et nous fait un peu redescendre sur terre. Du regard je les interroge pour savoir comment va se goupiller la soirée. Jules prend les choses en mains et nous amène vers un hôtel non loin de là. Il ouvre la marche et me laisse main dans la main avec Jim.

Le paiement des chambres vu l’heure tardive est à l’extérieur par guichet automatique, je pousse un  » ouf  » de soulagement, aucun gardien pour me désapprouver du regard. Nous rentrons silencieusement dans le hall. Je suis un peu tendue de me dire que je vais vraiment passer à l’acte avec ces deux charmants hommes. Mais, comment dire, après cette séance d’allumage quelque peu poussée, nous ne pouvons manifestement pas nous arrêter en si bon chemin. Jules ouvre la porte de la chambre, Jim me laisse passer qualifiant par la même occasion mes fesses d’une caresse appuyée.

Ma gorge se noue, je ne sais plus quoi faire. Plus de musique, d’alcool, d’ambiance intime ; me voilà confronté à ce que j’ai déclenché et je me dois d’assumer mes actes. Jules perçoit mes doutes, mon émoi et ma gêne. Il vient alors au-devant de moi pendant que Jim recherche un éclairage adéquat, ferme le rideau, ouvre le lit… mon regard va de l’un à l’autre un peu apeurée, Jules prend ma main et m’attire à lui, il me rassure par des mots doux, ses mains caressent mes seins, m’enserrent la taille, me collant à lui jusqu’à percevoir son excitation grandissante, contre mon ventre se blottit son sexe dur. Jim vient le rejoindre et me déshabille, je me laisse faire comme tétanisée. Je me dis alors que si je me décide pas à prendre les choses en main ou du moins à faire preuve d’initiative, ce rendez-vous va tourner au fiasco.

La pénombre de la pièce est rassurante, je n’aime pas la pleine lumière, surtout pour un premier rendez-vous. Je déboutonne alors la chemise de Jules en embrassant son torse à chaque bouton ouvert. Je garde encore mes sous-vêtements, je lui ôte son jean et pendant qu’il s’occupe d’ôter ses chaussettes, je m’attaque à Jim qui lui, oh surprise, ne porte pas de sous-vêtements sous son pantalon, il brandit fièrement son étendard.

Jules en a profité pour enlever son boxer et voilà mes deux compagnons nus comme des vers. Je note au passage qu’ils sont fort bien pourvus… et je souris. Jim m’entraîne vers le lit me demandant de me mettre à plat ventre. Je suis relevé sur mes coudes et tend mes lèvres à qui veut bien les prendre, Jim vient alors se coller contre moi pour un baiser torride tandis que Jules assis de l’autre côté entreprend de me caresser de la nuque jusqu’aux pieds en dégrafant mon soutien-gorge et ôtant ma culotte tout en douceur. La caresse devient massage, le massage devient inquisiteur dans les plis de mon corps alangui. La langue de Jim n’en finit plus de tourner sur la mienne, ses lèvres de mordiller ma bouche gonflée, ses baisers de couvrir mon visage radieux. Ce ballet se déroule sans un mot, juste le doux bruit de succion, des frottements d’une peau contre l’autre. Quel plaisir de sentir ces quatre mains sur moi et je me dis que la soirée n’est pas encore finie…Je ferme les yeux, je savoure cet instant magique, quand je les rouvre je vois deux visages souriants et complices. J’attends une invitation silencieuse, elle ne tarde pas à venir ; je m’assois au bord du lit et Jim vient se mettre entre mes jambes. J’ai le visage au niveau de son sexe dur et dressé, je n’ai qu’à ouvrir les lèvres pour l’accueillir avec un soupir de plaisir. Mes mains viennent tout naturellement se poser sur ses fesses fermes et si douces que je me mets à les caresser. Jules s’assoit dans mon dos, ses jambes autour de moi, je sens son sexe dans le creux de mes reins, il se frotte doucement en prenant à pleines mains mes seins lourds.

Je sens ses lèvres courir dans mon cou, le long de mon échine, comme un vol de papillon se posant çà et là au gré du vent. Par petites touches ma peau se met à frémir de désir, elle vibre au rythme des caresses buccales dont elle est la cible. Je sens haleter Jim au fur et à mesure que son plaisir monte. Jules fait en sorte que ses mains soient au diapason de la mesure que je donne. Ses effleurements se font plus précis sur le bout de mes seins ; ils se tendent vers ses doigts savants et en redemandent, affamés, ils ne sont pas sollicités en vain. Peu à peu le frôlement s’oriente vers mes reins. Ces doigts, ces paumes posées savamment sur mon corps ont fait jaillir quelque humidité, et la main de Jules vient d’en faire le constat. Je mène doucement mais sûrement Jim au plaisir suprême et le bois avec délectation jusqu’à la lie tandis que dans un râle il s’abandonne. Je lui souris, il est heureux et moi comblée. Jules m’entraîne doucement sur le lit et je m’allonge alors. Je n’en ai pas fini pour autant, il vient alors le regard fiévreux, le sexe à la main, quémandant mon assistance ; je choisis de l’aborder différemment. Ma langue va telle une marée montante, lécher très doucement, très lentement ses bourses lisses et gonflées. Je titille, je mordille, je les avale une à une. Peu à peu il s’affaisse et me présente sa hampe qui palpite, de mes mains je viens l’apprivoiser tel un petit oiseau affolé, de ma bouche je viens l’apaiser et le cajoler. Et le ballet de ma langue recommence.

Je sens mes jambes s’écarter sous la pression des mains douces de Jim. Je devine, je sais que je suis trempée, j’en ai presque honte mais cela ne m’effleure qu’un instant. J’aime ce que je suis en train de faire, je m’y applique et la réaction sonore de Jules ne laisse aucun doute…

Je m’abandonne totalement sans honte aucune à la caresse de Jim. Savamment, sa langue vient se darder en moi. Il entreprend de découvrir la fleur qui s’éclot, pétale après pétale jusque arriver à épanouir son bouton…et c’est ainsi que mon plaisir atteint son paroxysme et que je m’abandonne à la jouissance venant tout juste de boire celle de Jules.

Heureux, satisfaits, repus nous nous allongeons tous trois dans le lit pour un dernier câlin. Je suis bien sur entre eux allant de l’un à l’autre pour de tendres baisers.

Je ne tarde pas caressée et cajolée ainsi à me laisser aller dans les bras de Morphée…A mon réveil, il fait jour, je suis seule, sous le drap, bordée comme un bébé, je les cherche du regard, mes amants d’une nuit, et ne trouve qu’une rose rouge sur la table de nuit et un carton où il est écrit  » bons baisers de Jules et Jim  »

Muriel

l’illustration nous a été fournie par l’auteure

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