Martinov 32 – L’avocat ripou – 3 – Une romancière de charme

Martinov 32 – L’avocat ripou – 3 – Une romancière de charme

Lundi 17 février

Ne voulant pas se déplacer pour rien, Béatrice téléphone préalablement à Lestincourt.

– Eh oui ! Ils sont passés et ils ont laissé des traces. Indique ce dernier.

Sur place, Béatrice est bien obligée de constater qu’à côté de la flaque, il y a bien des petites traces de pas.

« Merde j’aurais dû laisser la caméra ! »

– Ils étaient combien ?
– Onze ! répond l’homme
– Comme une équipe de foot ?
– Hi, hi !
– Et ils ont fait quoi ?
– Comme d’habitude, ils marchent un peu. ils prononcent des paroles incompréhensibles.
– Donc onze, ça fait vingt-deux godasses et comme ils ont marché ça devrait nous faire plus d’une centaine de traces de pas ! On est bien loin du compte Monsieur Lestincourt !

Ce dernier en a le bec cloué.

– Je ne sais pas ce que vous avez fabriqué, mais vous êtes en train de vous foutre de ma gueule.

Blanc comme un linge, Lestincourt s’avère incapable de répondre et laisse Béatrice s’en aller.

« Romain Framboisert avait raison » se dit Béatrice, « Ce mec est tout simplement un mytho complétement barré  »

Ah ! Mais qu’est-ce qu’il a foutu, Lestincourt ? Se demandera le lecteur

Eh bien figurez-vous que Lestincourt malgré ses 40 ans passés, continue de temps en temps à jouer à la Barbie. Il possède donc également les accessoires et vêtements qui vont avec et bien sûr les chaussures… Je continue ou vous avez compris ?

Et le lundi suivant on sonnait à la porte du professeur Martinov.

– Ce doit être le facteur, j’y vais ! Indique Béatrice.
– Bonjour, Stanislas Foucher, je désirerais m’entretenir avec une madame Clerc-Fontaine. Se présente un type en blazer bleu marine et pantalon de flanelle grise, cheveux rares et barbe de trois jours
– C’est moi ! Vous avez rendez-vous ?
– Euh, non !
– Et c’est à quel sujet ?
– C’est un peu délicat, je ne peux pas vous expliquez ça sur le pas de la porte !
– Bon entrez cinq minutes, je vais appelez le professeur !
– Le professeur ? Quel professeur ?
– Eh bien le professeur Martinov, vous n’avez pas lu la plaque ?
– Ne dérangez pas ce monsieur, c’est uniquement avec vous que je désire m’entretenir…

Imaginez la perplexité de Béatrice.

– Allons bon ! Je vous accorde cinq minutes, je ne peux pas plus, je suis débordée, sinon il faudra prendre rendez-vous.
– C’est au sujet de mon frère…
– C’est qui votre frère ?
– Ryan Damon.
– Connais pas ! Euh, c’est votre frère mais il ne s’appelle pas comme vous ?
– C’est un pseudo, voyons ! C’est l’auteur d’excellents polars, il a reçu le prix « Revolver » il y a deux ans et il l’aurait eu aussi cette année s’il n’y avait pas eu ce scandale !
– Bon écoutez, ça ne me dit rien du tout, mais ce que j’aimerais c’est que vous m’indiquiez l’objet de votre visite.
– Je vais y venir, mais je suis bien obligé de contextualiser.
– Si vous pouviez faire court…
– L’an dernier le jury du prix « Revolver » devait départager Ryan Damon et Mylène Lothaire, l’autrice vedette des éditions Lanquemart.

Béatrice n’en peut plus !

– Non, écoutez, monsieur, je vais être très franche, j’en ai strictement rien à foutre de ce que vous me racontez, alors je vous laisse trente secondes pour me dire ce que vous attendez de moi, sinon merci de dégagez.
– En trente secondes, ça va être difficile, mais vos colères sont intéressantes ! Répond l’homme sans se départir de son calme.
– Dehors !
– J’y vais ! Au fait je ne m’appelle pas Foucher mais Lestincourt, tout comme mon frère d’ailleurs.
– Hein ?!
– Ben oui !
– Mais vous ne pouviez pas le dire tout de suite au lieu de me raconter vos salades ?
– Vous ne m’auriez pas écouté, mais en fait je crois que vous n’écoutez personne !
– Bon, ça va maintenant ! Je sais très bien que vous ne franchirez pas la porte sans m’avoir expliqué la raison de votre visite.
– Donc vous allez m’écoutez à présent ?
– Pfff ! Je vais essayer !

Il revient, s’assoit…

– Je vais tenter d’être bref !
– Oui s’il vous plait, parce que je n’ai pas que ça à faire…
– Il y a certains auteurs de polars qui ne se fatiguent pas trop. Leurs idées ils vont les chercher chez les bouquinistes où croupissent des milliers de polars issus de collections bon marchés, ils sont souvent médiocres mais parfois l’intrigue développée peut s’avérer intéressante, il n’y a plus qu’à moderniser tout ça, et le tour est joué.
– Et ensuite ?
– C’est exactement ce que fait Mylène Lothaire qui est en fait la maîtresse d’Hugo Fresnes, le directeur de publication des éditions Lanquemart.
– Vous ne pourriez pas abréger un petit peu…
– J’essaie ! Donc Mylène Lothaire a obtenu le prix l’an dernier pour un polar intitulé le « Corbeau bleu ». Manque de pot, mon frère avait lu l’ouvrage original dans sa jeunesse et se souvenait de l’intrigue. Il s’est donc aperçu qu’il y avait plagiat et a fait publier un article au vitriol dénonçant le procédé.
– Et alors ?
– Je dois faire une dernière digression et vous parler de la collection « Suggestions ». C’est une espèce de challenge, n’importe qui peut envoyer un petit scénario policier ou fantastique et les auteurs de la maison ont l’obligation contractuelle de jouer le jeu une fois par an, sinon c’est rupture de contrat, voyez-vous ?
– Pour l’instant je ne vois pas grand-chose !
– Hugo Fresnes, sans doute avec la complicité de Mylène Lothaire, a eu une idée machiavélique, soumettre à mon frère dans le cadre de ce challenge un truc impossible, pour ensuite le virer !

Et du coup Béatrice comprend tout (ou presque) le scénario impossible ce sont les petits bonhommes qui apparaissent sur son plan de travail.

– Mais pourquoi Jean-Loup Lestincourt ne m’a jamais dit la vérité et pourquoi faire appel à notre officine ?
– En fait il cherchait quelqu’un qui avait résolu des énigmes un peu tordues, il est tombé par hasard sur l’adresse de monsieur Martinov. Il espérait que vous seriez apte à lui fournir des explications plausibles qui lui permettrait de rédiger quelque chose qui tienne la route.
– Mais ça ne me dit pas pourquoi il ne m’a pas dit la vérité.
– Par fierté, uniquement par fierté, un romancier primé n’allait pas selon ses codes s’abaisser à demander directement à un tiers de lui fournir des idées de scénario.
– Vous savez où il peut se la mettre sa fierté ?
– Non, mais je ne veux pas le savoir ! Je vous étonnerais sans doute en vous disant que mon frère vous estime beaucoup. Alors je vais vous dire ce que j’aimerais attendre de vous…
– Enfin !
– Vous jouez le jeu, vous faites comme si je ne vous avais rien dit et vous lui soumettez l’air de rien des idées de scénario.
– Impossible, le contrat est rompu !
– Peu importe, je suis prêt à en signer un autre avec vous ! Vous acceptez bien sûr ?
– Non pas « bien sûr », laissez-moi un temps de réflexion et votre numéro de portable.
– Il ne faudrait pas que ça traîne !
– Vous aurez une réponse demain.
– Le contrat que je vous propose de signer avec moi peut être très avantageux ! Dites-moi combien vous voulez ?
– On va arrêter la discussion, je vous rappelle demain sans faute, maintenant j’ai du travail, au revoir monsieur.

Le lendemain.

Béatrice n’a pas encore pris de décision, mais elle aurait plutôt tendance à refuser…

– Quoique tout dépend de ce qu’il est prêt à lâcher comme fric !

Et en rentrant de déjeuner, une inconnue frappait à la porte du laboratoire du professeur Martinov. Béatrice réajuste sa blouse de travail sous laquelle elle n’a que ses sous-vêtements, en oubliant de boutonner le haut; ce qui laisse entrevoir la naissance de ses seins. Puis elle va ouvrir.

– Mylène Lothaire ! Je voudrais m’entretenir avec Madame Martinov.

Le nom de la visiteuse dit quelque chose à Béatrice, mais elle est tellement surprise par la formulation de sa demande qu’elle n’approfondit pas la chose.

– Vous voulez sans doute dire avec le professeur Martinov ?
– Non, il s’agit d’une femme !
– Pas à ce que je sache ! S’amuse Béa.
– Mais vous êtes ?
– Sa collaboratrice.
– Ah ? Est-ce-vous qui avez été contacté par Jean-Loup Lestincourt ?
– Encore ? Soupire d’exaspération Béatrice.
– Pardon ?
– Non rien ! Et vous voulez quoi ?
– Je peux entrer cinq minutes ?
– Juste cinq minutes, j’ai du travail.

Mylène Lothaire est une très jolie fausse blonde au look de bourgeoise, cheveux mi-long, visage agréable, sourire enjôleur, habillée chic, tailleur pantalon vert amande; collier de perles et foulard Hermès. Son parfum est envoutant.

Et comme les lecteurs connaissent les tendances bisexuelles de Béatrice… celle-ci ne se gêne pas pour fantasmer sur sa visiteuse.

– Je vous ai apporté deux bouquins, celui-ci c’est le mien qui a obtenu de prix « Revolver » l’an dernier, celui-là c’est un court roman publié jadis chez Paturel. Il était distribué gratuitement dans certaines stations-services dans le cadre d’une opération promotionnelle ce qui explique que beaucoup de personnes l’on eut en main. Vous n’êtes pas obligée de tout lire, je sous ai surligné en jaune les passages essentiels de l’énigme qui est à peu près la même dans les deux bouquins. Mais à part ça les deux romans sont très différents, le cadre, les personnages et tout le reste. Il n’y a donc pas plagiat au sens propre du terme. Lestincourt est donc un menteur et un fouteur de merde. J’ai d’ailleurs porté plainte en diffamation.

Béatrice comprend où sa visiteuse veut en venir. L’entretien va donc toucher à sa fin. A elle de tenter de le prolonger au cas où…

– Et donc, l’objet de votre visite ?
– Vous demander de rompre le contrat que vous avez signé avec Jean-Loup Lestincourt.

Béatrice se garda bien de lui répondre que c’était déjà chose faite.

– C’était plus ou moins dans nos intentions, ce monsieur me paraît difficilement gérable.
– C’est le moins qu’on puisse dire ! Je vous ai apporté une petite enveloppe pour le dédommagement.
– C’est gentil, il ne fallait pas, est-ce que je peux vous proposer un café ou un thé ?
– Je veux bien un petit café.

Béatrice file en cuisine, elle est rejointe par le professeur Martinov qui lui demande qui est cette mystérieuse visiteuse.

– Une nana en rapport avec l’affaire Lestincourt, je t’expliquerai… Une jolie femme bien foutue et plutôt sympa.
– Dans ce cas je vais peut-être aller la saluer !
– Vas-y !

Il est comme ça, Martinov, dès qu’on lui parle de jolie femme, ça réveille sa libido…

– Bonjour madame, je suis le professeur Martinov, ravi de faire votre connaissance.
– Mais moi de même, cher professeur.

Il a ensuite le tact de se retirer, tandis que Béatrice revient avec deux tasses de café posées sur un petit plateau

– Du sucre, du lait ?
– Non ça ira !
– Alors comme ça, vous êtes écrivaine ? Lui lance Béatrice toujours désireuse de prolonger la présence de sa visiteuse.
– Ecrivaine, c’est un bien grand mot, je ne suis pas si douée que ça…
– Mais votre prix ?
– Bof ! Un doigt de copinage ! Lestincourt écrit mieux que moi et aurait mérité le prix. Il n’a pas été très intelligent sur ce coup-là, au lieu de contester mes qualités littéraires, ce que j’aurais pu à la rigueur admettre, il m’a traité de plagiaire, et ça je ne l’accepte pas.
– Vous n’écrivez que des polars ?
– Non j’aime écrire, c’est une passion, j’ai publié un recueil de contes pour enfants, en fait je touche un peu à tout, j’ai écrit de la SF, du fantastique et même des trucs érotiques…
– Ah ? Sous le même nom ?
– Non, sous pseudo. Pourquoi ? Ça vous intéresse ?
– J’aime bien de temps en temps, surtout quand c’est écrit par des femmes, j’ai bien aimé Françoise Rey, Jeanne de Berg.
– Ah ! Elles sont gratinées ces deux-là ! Vous aimez bien les femmes, alors ?

Béatrice se demande si elle n’est pas en présence d’une ouverture…. Alors elle se dévoile carrément.

– Confidence pour confidence, je suis complétement bisexuelle.
– Mignonne comme vous êtes, vous devez avoir un certain succès ?
– En fait je ne cherche pas, mais parfois j’ai des occasions alors je ne les laisse pas passer.
– Vous êtes donc libertine ?
– Je n’aime pas trop les étiquettes, mais il y a un peu de ça !
– Imaginez quelques instants que nous soyons ailleurs, par exemple dans un club libertin, face à face, vous auriez fait quoi ?
– Ma foi je n’en sais rien mais il est possible que je me serais laissé draguer à moins que ce soit moi qui aurais fait le premier pas. Répond Béatrice.
– Et qu’est-ce qui vous fait supposer que je vous aurais dragué ?
– Je ne suppose rien, je fantasme, mais c’est vous qui avez suggéré cette situation.

Mylène cherche ses mots, ne les trouve pas, et avale son café, puis se lance.

– On va arrêter de tourner autour du pot ! Vous-est-il permis de vous absenter pendant une heure ?
– Bien sûr !
– Et vous connaissez un petit hôtel dans le coin ?
– Pas besoin d’hôtel, il y a une chambre à l’étage !
– Mais ce Monsieur Martinov…
– Je vais lui demander de nous laisser tranquille. C’est un gentleman !
– Dans ce cas…

Elles montent…

– C’est ta chambre ?
– Non, c’est celle du professeur, moi je n’habite pas ici, j’habite Paris.
– Ah ! Et il te laisse disposer de sa chambre comme ça ?
– Disons qu’on est parfois un peu coquin tous les deux !
– Ah, je comprends mieux !

Mylène se déshabille ne conservant que ses sous-vêtements, un bel ensemble culotte et soutien-gorge en dentelle jaune. Béatrice n’a que sa blouse de travail à retirer.

Les deux femmes se font face, spontanément leurs visages se sont rapprochés, puis leurs lèvres et elles s’embrassent d’un long baiser fougueux tandis que leurs mains prodiguent maintes caresses.

C’est Mylène qui la première, d’une main experte dégrafe le soutien-gorge de Béatrice. Celle-ci n’a plus qu’à le retirer offrant ses jolis tétons à la gourmandise de sa partenaire.

Béa a toujours été très sensible des seins et ce que lui fait Mylène l’excite au plus haut point.

A son tour Béa libère les seins de sa visiteuse et les pelote avec douceur.

Et après ces quelques préliminaires, les deux femmes se précipitent sur le lit et envoient valser leur culotte sur la moquette.

Sur le lit les deux femmes se déchainent, on s’embrasse, on se caresse, on rigole, on gigote beaucoup et allez savoir comment, elles se retrouvent en soixante-neuf.

Béatrice adore cette position ! Lécher et être lécher, n’est-ce pas le paradis avec cette impression étrange de se lécher soi-même.

La bourgeoise a la chatte mouillée comme une soupe et Béatrice s’en régale. Ne voulant pas faire jouir sa partenaire trop précipitamment elle opère une diversion et vient lui taquiner l’anus de sa langue agile.

Béatrice est un peu surprise.

« Elle a beau être une bourgeoise bien habillée, elle ne sait pas s’essuyer le cul ! »

Mais ça ne la gêne pas outre mesure, cela aurait même tendance à accroitre son excitation.

Et après cette feuille de rose nos deux goudous recommencent à se caresser partout, alors évidement les doigts s’infiltrent dans les chattes et dans les culs jusqu’à ce que Béa annonce avec un air de défi qu’il y a quelque chose dans le tiroir du chevet qui pourrait lui plaire.

– Ciel ! Un gode !
– Tu aimes ?
– Pourquoi pas ? Mais le professeur a ça dans son tiroir ?
– Je t’ai dit qu’il était un petit peu coquin !
– Un gros coquin, oui !

Béatrice recouvre le gode d’un préservatif (parce qu’il y avait ça aussi dans le tiroir) et va pour l’introduire dans la foufoune de Mylène, qui proteste.

– Non, fous-le moi dans le cul, je préfère !
– A ta guise ! (comme disait le Duc en 1588)

Et donc Béatrice fait aller et venir le gode dans la rosette de la bourgeoise qui en miaule de plaisir.

– Plus vite, plus vite !

Non, elle ne peut pas aller plus rapidement mais elle a oublié d’actionner le petit vibrateur incorporé. Alors elle le fait, envoyant Mylène au ciel en dégoulinant de la moule. Et bien sûr tout ce jus ne sera perdu puisque Béa vient se régaler en le léchant, provoquant un second orgasme consécutif chez la bourgeoise qui est décidément très réceptive.

– Alors nous sommes d’accord, tu ne mets plus les pieds chez Lestincourt, ou alors juste pour donner le change.
– Même pas besoin de donner le change puisque je ne vais pas donner suite à la proposition de son frangin.
– Pardon ?
– En fait le contrat est déjà virtuellement rompu, j’ai eu la visite de son frère qui m’a proposé de racheter le contrat et…
– J’ai compris… Et t’as refusé ?
– Je vais le faire.
– Si ce retrait t’as faire perdre de l’argent, je peux te dédommager.
– Non ça ira !
– Bon je vais te laisser, on reste en contact, échangeons nos numéros de portable. Et puis fait gaffe à ce frangin, c’est le genre à naviguer en eaux troubles.
– T’inquiètes, j’en ai vu d’autres.

A suivre

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