Je suis une sorcière par Anne-Abigail Lemeunier du Chesne – 8 – Tout le monde enquête

Muni des adresses, le couple de policiers s’intéressa en priorité à une certaine Lucie Real, celle dont le numéro de téléphone avait été inscrit au dos de sa photo. C’est une femme divorcée entre la quarantaine et la cinquantaine, arborant une belle prestance.
Elle n’était pas chez elle mais une voisine indiqua aux policiers qu’elle tenait un magasin de lingerie dans le centre-ville… Ils s’y rendirent donc…
– …Nous enquêtons sur le meurtre de Marie-Lou Lesage…
– Je ne connais pas cette personne…
– Voici sa photo.
– Ça ,ne me dit rien du tout ! Pourquoi venir chez moi ?
– Parce qu’on a trouvé votre numéro de téléphone au dos d’une photo de vous ! Répondit le commissaire en exhibant la pièce à conviction.
– Ah ! Je comprends, ce sont les photos que j’ai distribuées quand j’ai tenu un stand au salon de la voyance.
– Vous êtes voyante ?
– Pas du tout !
– Je ne comprends pas.
– Je suis rebouteuse, j’ai un don pour soigner les luxations, les foulures, les douleurs articulaires. J’ai profité de cet événement pour me faire un peu de pub.
– Vous ne pouvez pas me dire si cette personne vous a téléphoné ?
– Impossible ! Après le salon j’ai été envahie de coups de fil. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de conneries que j’ai entendu !
– On a retrouvé cette photo au milieu des pages d’un bouquin de sorcellerie…
– Et alors ? Je me suis déjà fait traiter de sorcière, ça devient pénible.
– Donc vous ne pouvez rien me dire de plus ?
– Ben non !
– Je vous laisse ma carte… au cas où…
– On est mal barré ! Soupire le commissaire… Adresse suivante…
Ils frappent à la porte d’un jeune couple, monsieur et madame Besnard. Angèle Besnard ouvre la porte tandis qu’un bébé braille de toute sa voix stridente.
– Police, nous faisons une enquête de routine suite à l’assassinat de mademoiselle Marie-Lou Lesage…
– Marie-Lou a été assassinée ?
– Malheureusement ! Vous la connaissiez bien ?
– On s’est rencontré il y trois ou quatre ans, on est un peu sorties ensemble, puis on s’est perdu de vue.
– On a retrouvé votre numéro de téléphone au milieu des pages d’un bouquin de sorcellerie…
– Ça ne m’étonne pas d’elle, c’était son truc…
– C’est le vôtre aussi ?
– Pas du tout, on s’est rencontré au cours d’une soirée à thème, on était toutes les deux déguisées en sorcière avec des grands chapeaux, on a un peu sympathisé, elle voulait m’entrainer dans ses délires, au début ça m’a amusé, elle voulait vraiment faire la sorcière, créer un espèce de club. Ça a fini par me prendre le chou.
– Elle a réussi à le créer, son club ? Demande Chapisot.
– J’en sais fichtre rien !
Sur les quatre adresses restantes, deux s’avérèrent inutilisables, les intéressés .ayant déménagés, quant aux deux autres, elles ne leur apprirent rien de bien nouveau.
Le procureur de la république tint une conférence de presse destinée surtout à calmer les médias lesquels reprochaient à la police son impuissance dans cette affaire.
– Les premières investigations semblent indiquer que la série de crimes découvert ces derniers jours seraient le produit d’une rivalité entre sectes sataniques rivales. Une des victimes identifiée formellement semblait liée à la mouvance sataniste selon les témoignages de ses proches. L’enquête avance à grand pas et des moyens importants sont mis au service des enquêteurs. Nous ne pouvons rien dire de plus à ce stade.
Et le procureur se leva, évitant par ce geste les questions des journalistes.
Charles Duplessis, journaliste au « Clairon dijonnais » interpela discrètement le commissaire Chapisot.
– On peut savoir qui sont ces témoignages de proches ?
– Non, monsieur !
– On ne peut vraiment pas s’arranger ?
– A moins que vous me donniez une petite contribution au profit de l’orphelinat des agents de la force publique.
Et c’est ainsi que Duplessis rédacteur au « Clairon dijonnais » obtint les adresses des époux Besnard et de Lucie Real. Et comme la somme demandée par le commissaire était assez coquète il mit à contribution quelques-uns de ses confrères journalistes en échange du partage de l’information.
Les intéressés reçurent les premiers journalistes avec résignation, avant de carrément foutre les suivants à la porte.
Finalement les journalistes eurent peu de matière pour écrire des articles, alors ils firent ce qu’ils font toujours en pareil cas, ils brodèrent et racontèrent n’importe quoi. Pire les médias dits d’investigations ou satyriques effectuèrent leur travail de fouille-merde avec la voracité d’un rat dans une cave d’affinage. Et l’affreux Duplessis ne fut pas le dernier à dévoiler à qui voulait l’entendre des choses qui auraient dû rester dans le domaine privé
C’est ainsi que tout le monde pu apprendre que Lucie Real fréquentait assidument un club libertin à Beaune (Oh ! Une libertine en plein bocage vendéen vous vous rendez compte, ma brave dame !) Et pire que ça, elle s’y rendait parfois avec son propre fils (une sorcière lubrique, quoi )
Les réactions furent catastrophiques, les scotchés des réseaux sociaux s’en prirent après les personnes citées dans les articles et si les époux Besnard furent relativement épargnés, la haine se déferla en boucle en direction de Lucie Real qui reçut des menaces de mort et ce fit incendier sa voiture. Quant à son commerce, plus grand monde ne le fréquentait.
Lucie Real connaissait personnellement un journaliste du « Bien Public » (le journal que l’on lit à Dijon). Celui-ci se fendit d’un article vengeur.
« Parce qu’une femme possède un don permettant de guérir des rhumatismes, des imbéciles l’assimilent à des terroristes sanguinaires et coupeurs de tête »
Loin de calmer les enragés des réseaux sociaux, ceux-ci redoublèrent de haine et de hargne, s’en prenant au laxisme du gouvernement et du président de la République responsable de tous les maux de la Terre, (air connu)
Et les médias, au lieu d’apaiser le jeu, pondirent des articles du genre « les internautes sont furieux… » C’est bien connu flatter les imbéciles, ça fait vendre !
Lucie Real contrainte et forcée entama des démarches pour déménager à Beaune…
Et au niveau de l’Etat tout le monde s’énerva, le ministre de l’Intérieur passa un savon au directeur de la Police et la colère descendit jusqu’au niveau de Chapisot qui se fit traiter d’incapable et sommé d’obtenir des résultats tangibles sous 48 heures.
Retrouvons Augustin
Souvenez-vous… au début…
Augustin ne s’est toujours pas remis d’avoir essuyé un humiliant râteau de ma part. Alors il déprime.
Quant aux membres de ma famille, ils s’inquiètent, ne comprennent pas mon attitude, mais cherchent à obtenir des nouvelles. Alors ils demandent à Augustin de se renseigner, inconscients du fait que cette requête est de nature à remuer le couteau dans la plaie chez ce jeune homme.
Celui-ci ne sait trop comment s’y prendre et finit par choisir la simplicité, perché sur sa mobylette à l’arrêt devant la librairie où je travaille, il attend la fermeture…
Et quand l’heure fatidique arriva, et que les employés de la librairie quittèrent les lieux, il ne me vit point. Evidemment puisque je n’y étais pas !
Qu’à cela ne tienne, le lendemain c’est à l’heure du laitier qu’il se mit en planque devant la librairie, guettant l’arrivé du personnel. Il ne me vit point. Evidemment puisque je n’y étais toujours pas.
Alors après avoir laissé passer un quart d’heure, il pénétra dans la boutique.
– Euh, bonjour ! Ludivine n’est pas là ?
– Ludivine ! Non elle n’est pas là et on aimerait bien savoir où elle est. Pas de nouvelle, elle ne répond pas au téléphone, on espère qu’il ne lui est rien arrivée….
– Mais avant sa disparition, elle était normale ? Vous n’avez rien détecté d’inhabituel ?
– Non !
– Sauf les bouquins ! Intervient une seconde vendeuse.
– Quoi les bouquins ?
– Elle a embarqué des bouquins de sorcellerie. Je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit qu’elle préparait un mémoire… J’ai pas insisté parfois elle avait des idées un peu bizarres
Inquiet comme un ver de terre devant une poule, Augustin prévint les pompiers. Ceux-ci font ouvrir la porte par un serrurier, et pénètrent à l’intérieur de mon appartement. Mais ils ne me trouvent point… Evidemment puisque je n’y étais pas non plus.
Les pompiers s’en vont, la police prend le relais.
– Vous êtres de la famille ?
– Je suis son fiancé !
Gonflé le mec !
– Le lit n’est pas fait, la vaisselle non plus. Tout indique un départ précipité. On n’a pas retrouvé de sac à mains ou de papiers.
– Un enlèvement ? Demande Augustin.
– Cela paraît peu probable, puisqu’il n’y a aucune trace d’effraction et que la porte a été verrouillée normalement. On va se livrer à quelques vérifications d’usage, mais ne vous attendez pas à des miracles, les gens ont parfaitement le droit de disparaitre. Elle est majeure. On nous signale 40 000 disparitions par an, on en retrouve les trois quarts, souvent de simples fugues… mais ça fait quand même 10 000 personnes dans la nature !
Augustin prévient d’abord ma famille, expliquant que j’allais bien, mais qu’il tenterait d’en savoir davantage. Puis persuadé que la police ne se bougerait pas, il fit appel à un détective privé.
Pas donné les prestations de ces mecs-là !
Le détective se nomme Carl Ruppert, gras, bouffi et pas trop net sur lui.
– Je ne peux garantir le résultat… commence-t-il. Les enquêtes pour disparition sont souvent difficiles
– Je prends le risque.
– On va commencer par visiter l’appartement de la dame…
– Mais la porte…
– Ce n’est pas un problème.
Effectivement le bonhomme possède un jeu de clés impressionnant…
– Bon, elle n’a pas laissé ses papiers, ça va compliquer l’affaire… Hum, ça c’est les livres dont vous m’aviez parlé ?
– On dirait bien.
Le détective fait feuilleter les pages à la recherche de quelque chose qui serait à l’intérieur. en vain.
– Bon maintenant la salle de bain…
Ruppert fouille dans la panière à linge sale et en extrait une petite culotte.
– Vous faites quoi ?
– Ah ! Ah ! Ce sont les petite ficelles du métier !
Augustin renonce à comprendre
Dans la chambre sur le chevet, il trouve une feuille de carnet arrachée portant l’inscription « Wingardium Leviosa »
– C’est quoi ça ? Un médicament ?
Il prend son téléphone et recherche sur Google.
« Formule pour faire voler un balai »
– On tient peut-être une piste… beaucoup trop d’allusion à la sorcellerie pour que ce soit un hasard. Je vais vous laisser, on se retrouve demain à mon cabinet à 9 heures, je vais me livrer à quelques investigations pour voir si on peut tracer cette personne.
Le lendemain Ruppert était tout content.
– Alors deux choses : la carte bleue a été utilisée pour la dernière fois chez un droguiste. 13 euros pour l’achat d’un balai de jardin. Vous voyez on est toujours dans les rites de sorcellerie. Sinon j’ai tracé son téléphone, il a borné pour la dernière fois dans le quartier de la Roseraie à Angers. Mais depuis plus rien.
– Alors ?
– Alors faut aller à Angers, on y va ensemble ?
Ils y vont, Ruppert a emmené son chien, un berger allemand, « bon renifleur » a-t-il précisé !
Il a fait imprimer des flyers avec mon portrait. Il les distribue massivement dans le quartier de la Roseraie et interroge badauds et commerçants. Mais c’est le fiasco… personne ne m’a vu !
Alors il fait renifler ma culote sale au chien qui se dirige vers une rue peu fréquentée et tombe en arrêt devant un tuyau de descente d’eau.
– Bon, elle est venue ici ! Mais après ? Se demande Ruppert.
– Elle ne s’est tout de même pas envolé ?
– Non, l’explication est simple et rationnelle, à cet endroit elle est montée dans un véhicule…
– Et donc ?
– Et donc on perd sa trace. Si seulement la rue était vidéo-surveillée, mais ce n’est pas le cas, je n’aperçois aucune caméra.
– On fait quoi ?
– Rien, on est bloqué, j’en suis désolé. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus. On va en rester là. Je me permets de vous rappeler que la mission que vous m’avez confiée n’était pas liée à une obligation de résultat.
– Je sais, je sais…
– Mais je ne vais pas être vache, je vais vous facturer le minimum…
– Je vous en remercie
– Bon, il n’y a personne dans cette ruelle, je vais en profiter pour pisser !
Sans pudeur, Ruppert sort sa queue et se met à pisser d’abondance contre le mur. Augustin au lieu de détourner les yeux semble fasciné par cet organe.
– Elle te plait ma bite ? Le vanne le détective.
– Non, non…
– Pourquoi, elle est moche ?
Il ne sait plus où se foutre, l’Augustin !
– J’ai pas dit ça !
– T’aimes regarder les bites ?
– Non, non ?
– Alors pourquoi tu regardes la mienne ?
– Arrêtons cette discussion, je vous prie.
– Tu n’as pas à avoir honte, dans la vie il faut varier les plaisirs.
Et Ruppert, la bite toujours sortie s’approche très près d’Augustin.
– Si t’as envie de la toucher, n’hésite pas, moi je ne suis pas contre !
Ça se bouscule grave dans la pauvre tête d’Augustin où se mélangent fantasmes gays, timides expériences estudiantines et masturbation devant des images de jeunes gens qui se sucent et qui se sodomise.
Cela n’avait jamais empêché Augustin d’apprécier les jolies femmes, mais sa timidité naturelle l’avait longtemps laissé puceau jusqu’au jour où une gentille prostituée le déniaisa.
Il pensait donc ses penchants gays remisés au rang des errements juvéniles. Et voilà qu’en ce moment tout lui revenait en bloc.
– Pas ici, quand même ! Parvint-il à balbutier.
– Non, mais on peut se trouver une chiotte de bistrot ! Proposa le détective.
– Non, c’est trop glauque, prenons un chambre d’hôtel, c’est moi qui paye ! J’ai l’impression de faire une folie !
– Mas non, mais non !
Et les voici donc au premier étage d’un modeste hôtel.
– On se fout à poil ! Propose Ruppert.
Ben oui les rapports sexuels c’est mieux à poil ! (sauf dans les films américains)
Ruppert n’a rien d’un playboy, mais Augustin non plus, on n’est pas chez les chippendales. Mais la bite du détective fascine toujours autant le jeune homme qui (puisque la permission lui en avait été accordé) lui la touche. Une action qui fait bander quasi instantanément les deux hommes.
– Qu’est-ce qu’elle est belle ! S’exclame Augustin.
– Suce la !
Il ne se le fait pas dire deux fois, l’Augustin. Il embouche ce joli membre de chair avec le même enthousiasme qu’un gamin devant son gâteau d’anniversaire (il manque juste les bougies)
L’enthousiasme c’est bien mais le savoir-faire c’est mieux, et en la matière Augustin n’est pas si doué que ça ! Eh oui, une bonne fellation, ça s’apprend (faut pas mettre les dents)
Evidemment Ruppert s’en rend compte et ne voulant pas vexer le jeune homme le baratine.
– Arrête, je ne voudrais pas jouir trop vite.
A regret Augustin lâche l’affaire.
– T’aimerais que je t’encule ? Lui propose le détective.
– Euh, t’as des capotes ?
Evidemment qu’il en a, (dans les récits érotiques tous les queutards ont toujours une capote ou deux dans leur portefeuille)
– En levrette mon kiki ! Tu permets que je t’appelle Kiki ?
– Oui, oui, bien sûr.
A défaut de gel, Ruppert lui tartine le trou du cul se langue baveuse, puis tente de pénétrer… mais échoue lamentablement.
– Un peu serré, tout ça !
Il introduit donc un doigt, puis un deuxième afin de « faire » le passage. Miracle du doigtage, cette fois ça passe et Ruppert encule Augustin qui se pâme de plaisir tout en se masturbant.
L’affaire n’a pas duré bien longtemps, les deux coquins ont joui avant de se laisser aller à un grand élan de tendresse, les deux hommes s’embrassent et se caressent.
A suivre
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J’avais mal lu l titre et j’ai cru lire « tout le monde cherche une quéquette 😊
Passionnant avec des propos intelligents. Le passage gay fait un peu rajouti
Il fallait bien que ces messieurs s’amusent à leur tour