Sieste par JF

Elle s’étire, là, nue, au soleil de cette fin d’après-midi. Son mari à ses côtés, sur la natte, nu lui aussi. Dolorès, leur amie, s’est étendue, un peu plus haut, perpendiculairement ; un reste de pudeur hispanique lui a fait garder un mini-slip, presque transparent, où se devine le large triangle de sa toison brune. Quant à son époux, à peine adossé contre un arbre, il s’est assoupi.

Elle se sent bien, dans une sorte de somnolence, ce flottement léger à mi-chemin de l’éveil et du sommeil, propice au vagabondage de la rêverie.

La vision, devenue un peu floue, de son amie au buste garçonnier, mais aux larges hanches féminines (sorte de Jane Birkin espagnole) ramène à son esprit un flot d’images récentes.

La veille, descendant faire leurs courses à la « ville » – comme on disait dans le « bled » -, ils étaient passés les voir, Dolorès et Bertrand, et c’est ensemble, qu’après un tour en médina, ils avaient fait leur marché. De retour à la villa, moites de sueur, les deux femmes, à peine entrées, s’étaient dénudées et précipitées, toutes les deux, sous la douche, sous le regard plus qu’intéressé des deux hommes. Bertrand s’était contenté de les suivre des yeux, avant d’aller chercher des rafraîchissements. Hugues, lui, assumant son voyeurisme, s’était posté à la porte, restée ouverte, de la salle d’eau, pour contempler le spectacle de leurs nudités si contrastées.

Il détaille Dolorès : l’étonnante opposition entre le buste d’adolescente – les seins comme naissants, à peine marqués, avec cependant des pointes foncées d’une étrange longueur – et l’épanouissement des hanches, la magnifique plénitude des fesses, le triangle fourni de la sombre toison (qui, à son tour, contraste avec le sexe parfaitement épilé de son épouse). Les deux compagnes, feignant d’ignorer le voyeur, sont au plus près pour profiter de la fraîcheur du jet, se frôlant de face ou de dos, s’offrant bras dressés, seins et ventres, à la caresse de l’eau, ou bien dos à dos, fesses à fesses.

Bertrand, revenant avec des boissons, entraîne Hugues, qui le suit presque à regret, vers le séjour (non sans avoir légèrement repoussé la porte de la salle d’eau).

Seules, désormais, débarrassées maintenant de la sueur et de la poussière de l’après-midi, elles ne se contentent plus de se frôler. Comme par jeu elles frottent leurs pointes de seins érigées par l’eau froide et, cuisses entremêlées, leurs sexes si dissemblables, celui de Dolorès pudiquement masqué par son épais pelage de jais, celui de Marie-Hélène impudiquement offert au regard ; en une sorte de danse, ce sont aussi leurs fesses qui se heurtent rythmiquement. Tout en riant aux éclats. (Peut-être pour cacher le trouble naissant que provoquent ces jeux).

Puis Marie-Hélène entreprend de savonner son amie. Douces caresses sur le cou, les épaules, avant de s’attarder sur les seins miniatures, les enveloppant, ce qui est facile, dessinant du doigt les aréoles, se saisissant des longues pointes pour les faire rouler entre pouce et index. Descendant sur le ventre, elle glisse un doigt dans le nombril, avant de savonner abondamment la brune toison, comme pour un shampooing qui la couvre de mousse ; incidemment l’index se glisse entre les grosses lèvres, effleure le clitoris, provoquant un frisson. Elle s’attarde encore à la fourche des cuisses – là où la peau est si douce – et descend jusqu’aux pieds. La retournant, elle frotte le dos avec énergie. Mais ses mains savonneuses deviennent plus tendres quand elles arrivent aux fesses opulentes qu’elles parcourent, dont elles écartent les globes pour glisser dans la raie profonde, un index s’attardant sur l’œillet sombre qui s’y niche.

Dolorès, pour ne pas être en reste, entreprend la même tâche. Les seins attirent évidemment ses soins attentifs. Elle les soupèse, les parcourt, ne se lassant pas d’en caresser la rotondité. En revanche, comme intimidée par le dévoilement des lèvres, elle ne fait qu’effleurer la vulve, juste pour sentir la douceur de la peau épilée. De même, elle ose à peine parcourir, d’un geste furtif, la raie culière de sa complice.

Leurs deux corps savonneux se frottent alors de nouveau, dans une glissante caresse. Dos à dos, fesses contre fesses, d’abord, seins contre seins, ventre à ventre, sexe à sexe après, dans une sorte de slow.

Marie-Hélène, s’étant légèrement décalée, frottant son sexe nu sur la cuisse de son amie, fait glisser sa main gauche sur le dos, entre les fesses, pour atteindre l’étroit trou secret, sa main droite, se frayant un chemin à travers l’épaisse toison, écarte les lèvres cachées.

À peine a-t-elle forcé, du majeur, l’anneau froncé, qu’elle est surprise par la violence des spasmes de sa compagne (dont les secousses se répercutent délicieusement sur son sexe). Et la caresse qu’elle prodigue activement au clitoris maintient sans difficulté cette jouissance si subite. Jouissance contagieuse, puisqu’il lui faut peu de temps pour la rejoindre dans une commune extase qu’elles prolongent, la faisant rebondir de crête en crête. Le plaisir retombé, un baiser profond conclut cette délicieuse communion.

Elles se rincent et, juste drapées d’une serviette de bain, rejoignent les hommes.

À leurs regards allumés – les pastis qu’ils sirotent ne pouvant expliquer une telle excitation – elles supposent qu’ils n’ont rien perdu des échos bruyants de leurs ébats. Mais Marie-Hélène ne tarde pas à découvrir qu’ils n’ont pas perdu non plus une miette du spectacle. Le grand miroir, sur la porte de la salle d’eau, leur a permis de le suivre en direct. Cette révélation de leur duplicité, loin de l’indigner, accroît presque – a posteriori – la joie ressentie.

« Sales voyeurs », glisse-t-elle tendrement à son mari, dont la main l’explore discrètement sous le drap de bain.

Bertrand, lui, se penche vers Dolorès pour lui demander en confidence – mais de telle façon que ses amis puissent l’entendre –

« Alors, petite salope, tu as bien joui ? », avant d’ajouter une phrase en espagnol, qu’ils ne peuvent saisir, mais qui la fait rougir jusqu’à la racine des cheveux.

La grossièreté de l’interrogation comme la verdeur supposée de la phrase inaudible, si elles surprennent Marie-Hélène, ne la choquent pas. Elle-même raffole, quand monte le plaisir, de ces mots ou interjections dont elle abhorrerait la vulgarité en temps normal. Mais, seul de ses amants, Hugues sait lui prodiguer opportunément des « Ma petite putain adorée », « Ma douce enculée », « Ma tendre salope » et autres gracieusetés qui augmentent son excitation.

Comme ils en ont pris l’habitude, ils doivent se retrouver le lendemain là-haut, dans la petite ville d’altitude. Depuis le début des chaleurs, chaque week-end si c’est possible, le dimanche en tout cas, Bertrand et Dolorès les rejoignent pour profiter de la relative fraîcheur montagnarde. Mais ce soir – chaque couple ayant une invitation à une de ces nombreuses soirées qui ponctuent les nuits printanières – ils se quittent.

C’est ainsi, le déjeuner ayant été pris fort tard, qu’ils se retrouvent, en cette fin de dimanche après-midi, dans ce coin tranquille du jardin.

Cette évocation n’a pas manqué de produire son effet sur Marie-Hélène qui se sent trempée d’excitation. Sa main, comme par mégarde, se pose sur le ventre de son mari, descend vers le sexe qui répond instantanément à la caresse. Dolorès semble assoupie (bien que Marie-Hélène la soupçonne de filtrer un regard hypocrite sous les paupières en apparence closes). Ils se mettent sur le côté, face à face. Hugues n’a aucune peine à s’introduire dans la fente juteuse et il s’ente au plus profond, tandis qu’elle fait jouer autour du membre planté les seuls muscles du vagin. Soudain il lui murmure : « Regarde Dolorès ». Elle doit se tordre le cou pour découvrir la tache humide qui auréole le slip de leur amie, démontrant qu’elle mouille d’abondance. Se libérant doucement de l’étreinte, Marie-Hélène se retourne pour faire face à la sournoise, Hugues se plaque contre ses fesses et, lui soulevant une jambe, la pénètre à nouveau. Elle l’encourage, par ses soubresauts, à un va-et-vient actif. Au spectacle de cette queue qui sort et replonge entre les lèvres nues du sexe, Dolorès abandonne sa feinte somnolence. Elle fait vite glisser la culotte trempée et, talons remontés, cuisses grandes ouvertes, leur offre en retour le spectacle d’une violente masturbation. Leurs jouissances sont presque simultanées.

Les vagues de ce premier plaisir à peine retombées, Marie-Hélène fait signe à leur amie de venir les rejoindre. Elle lui intime, d’un geste impérieux, d’avoir à nettoyer leurs sexes de la bouche. Dolorès s’y emploie docilement, sur sa compagne d’abord dont elle lèche les sucs mélangés de sperme, avant de s’attaquer, à grands coups de langue, à la bite amollie où les jus déjà se dessèchent. Cette toilette ne tarde pas à provoquer un début de résurrection qu’elle accentue en avalant presque la queue grossissante. Marie-Hélène, fascinée par la croupe tendue, écarte les deux hémisphères charnus et s’active de la langue sur l’anus, en léchant tous les replis, tentant d’en forcer l’ouverture de sa langue pointée, avec, de temps en temps, des incursions vers le sexe béant, encore humide.

Reprenant la direction des opérations, toujours en silence, elle oblige sa compagne à abandonner sa proie qui se révèle, ma foi, fort présentable ; la remplaçant quelques secondes, elle mouille le membre abondamment de sa salive ; puis se glissant, tête-bêche, sous son amie, sexe à la hauteur de la bouche, visage sous le sexe et la croupe, elle guide elle-même la verge de son mari vers l’œillet sombre, forcé d’un brutal coup de reins. Elle est, cette fois encore, surprise par l’immédiateté des spasmes. Elle se délecte du spectacle, à quelques centimètres de ses yeux, du membre qui plonge et replonge entre les fesses ouvertes. Les couilles, qui se balancent juste au-dessus d’elle, tentent sa bouche et elle ne peut bientôt se défendre de pointer la langue sur la hampe du sexe qui sort et qui repart. Prenant sans doute cette caresse pour une invite, Hugues quitte soudain le cul offert pour plonger dans sa bouche, l’étouffant presque, avant de replonger dans l’anus impatient.

Il lui est déjà, maintes fois, arrivé de sucer la queue après qu’il lui eut fait l’amour, voire après que ce fut une autre qui eût profité de ses attentions ; elle aime d’ailleurs goûter les saveurs mélangées du sperme et du jus féminin. Mais jamais elle n’avait ne serait-ce qu’imaginé une telle alternance ; l’idée même lui aurait, sans doute, paru quelque peu répugnante.

Là, bizarrement, non seulement elle l’accepte, mais pour ainsi dire la provoque. Peut-être, après avoir dirigé l’humiliation soumise de son amie, veut-elle la partager. Retrouvant, enfoui, le plaisir d’humiliations plus anciennes, elles aussi volontaires.

Toujours est-il que son mari prend goût à cette double offrande et passe de la bouche au cul (chaque nouvelle introduction semble faire rebondir la jouissance silencieuse de Dolorès dont le plaisir suprême doit être de se sentir forcée par cette secrète entrée). S’extirpant de l’anus, il plonge entre les lèvres, puis, à nouveau, pilonne les fesses, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle sente la montée de la semence, qu’il stoppe en bloquant le canal séminal, le temps de replonger entre les fesses pour se répandre au plus profond, en de longues secousses.

Cette jouissance, plus que la bouche et la langue de Dolorès aux caresses désordonnées et intermittentes, déclenche la sienne.

Cependant, il ne se retire pas, laissant le sexe s’amollir lentement. À une légère crispation, elle devine que c’est sa vessie qu’il vide à son tour. Dolorès sursaute, surprise par ces longs jets chauds qui lui criblent à nouveau les entrailles, après les giclées de sperme dont elle a apprécié la douceur profonde. Cet étrange lavement semble interminable et, à peine, s’étant doublement vidé, expulse-t-il son sexe de l’anneau resserré, qu’elle s’éloigne, d’à peine quelques pas, sous l’effet de ce traitement ; captivés par le spectacle de leur brune amie, accroupie pour se libérer par l’anus du liquide étranger tout en vidant sa propre vessie, ils sursautent à leur tour quand une voix furieuse s’écrie :

« Oh ! L’horrible petite salope dégueulasse ! Tu vas avoir la punition que tu mérites ! »

Bertrand, qu’ils avaient oublié, sortant de son sommeil, avait eu la vision brutale – pour lui indécente et obscène – de sa femme, nue comme un ver, satisfaisant ses besoins naturels, à deux pas de ses amis.

Un peu gênés – Bertrand, certes n’est pas jaloux, ou du moins il ne le paraît pas, mais il pourrait leur en vouloir de ne pas avoir été associé à leurs jeux – Hugues et Marie-Hélène s’apprêtent à plaider la cause de leur complice, quand, à leur surprise renouvelée, ils constatent que Dolorès, dans l’attitude d’une petite fille prise en faute, revient, tendant à son mari une badine qu’elle a elle-même choisie, et se couche avec docilité sur ses genoux, croupe tendue.

D’ailleurs, d’un clin d’œil, Bertrand fait comprendre qu’il s’agit bien d’un jeu complice et que l’appareil photo, dont Hugues ne se sépare presque jamais, pourra trouver son utilité.

Fascinés, ils contemplent le tableau : la badine fouette l’air pour s’abattre sur les splendides globes, qui s’épanouissent et se contractent au rythme des coups répétés qui les zèbrent. D’abord, Dolorès crie et pleure sous les attaques cruelles, mais bientôt son corps est secoué à nouveau de spasmes violents et elle implore « Encore, encore, plus fort », tout en s’offrant à la baguette qui habilement strie les cuisses, atteint le sexe et l’anus, et s’abat, s’abat toujours sur les fesses violacées.

Enfin, n’y tenant plus, Bertrand la redresse et, baissant fébrilement pantalon et slip, la courbe en avant, mains appuyées à un tronc d’arbre, et la prend en levrette, avec brutalité. Il ne lui faut que quelques rapides secousses pour vider des couilles gonflées par l’excitation de cette fessée.

Quand il se retire, Marie-Hélène vient, à son tour, lécher le membre encore gluant, avant de prodiguer les mêmes soins à son amie et de parcourir le fessier tuméfié de légers baisers. Hugues pendant ce temps épuise la pellicule de son appareil qui a cliqueté inlassablement.

Puis les deux jeunes femmes regagnent la maison, bientôt rejointes par les hommes qui admirent les soins de Marie-Hélène caressant d’une crème adoucissante les opulentes fesses, roses encore, de son amie.

Dolorès eut droit à quelques moelleux coussins pour l’apéritif et le dîner.

Envieuse, peut-être, de ce plaisir, pour elle inconnu, Marie-Hélène ne tarda pas à réclamer à son mari de subir à son tour la joie cruelle de la fessée.

Texte publié sur revebebe et réédité ici avec l’accord de son auteur

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1 réponse à Sieste par JF

  1. Claire dit :

    Cette petite merveille était donc cachée dans les tréfonds du site, je ne sais pas trop comment je suis tombée dessus mais ces jolies descriptions m’ont terriblement excité.

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