Aux pieds de la psy par slavio63

Aux pieds de la psy
par slavio_63


AUX PIEDS DE LA PSY

En ce temps-là, après une séparation douloureuse dont j’étais l’unique responsable par ivrognerie à répétition, je n’allais pas bien du tout. Je déprimais, séchais le boulot, buvais encore plus, perdais le contact avec tout le monde et surtout avec la gent* féminine. Une amie, la dernière qui s’intéressait encore un peu à moi, me conseilla :

« Tu devrais faire une analyse pour découvrir d’où te vient cette envie permanente de boire. Mais il faut trouver le bon ou la bonne psy, celui ou celle qui te conviendra. Ce n’est pas toujours facile mais quand tu auras trouvé l’analyste qu’il te faut, tu auras déjà fait la moitié du chemin… »

Elle sortit de son sac une enveloppe à en-tête d’Orange, en retira la facture, consulta son répertoire et m’inscrivit trois noms et trois adresses.

Figurait en tête Mme Olga B., qui exerçait près de la porte des Lilas, à Paris, 20e arrondissement. J’avais d’autant plus de raisons de commencer par elle qu’elle exerçait non loin de chez moi. J’appelai donc le numéro indiqué et, croyant avoir affaire à une secrétaire, demandai à parler au docteur Olga B.

« C’est moi-même. »

La voix d’Olga, grave, ronde et chaude, me plut et même m’émut comme le font inexplicablement certaines voix de Femmes qui, lorsque j’étais dans mon âge viril, pouvaient me faire bander. Tout en sachant que je pouvais me tromper du tout au tout, je l’imaginai jolie de visage, brune à cheveux longs et bien en chair mais sans excès, et plutôt sexy d’apparence. (La suite me prouva que j’avais vu juste, à cette différence près que les longs cheveux noirs d’Olga, très fins et brillants, étaient le plus souvent sagement réunis en chignon.) Je pris rendez-vous…

Le moment venu de la rencontrer, je me sentais comme un collégien qui a obtenu un premier rencard avec la fille qui le fait baver d’envie et pour le cul de laquelle il se branle le soir, mais qui n’est plus sûr de rien… et surtout pas de la vaillance de sa bite !

J’arrivai devant chez Madame Olga avec une bonne demi-heure d’avance, mais par déférence décidai d’attendre le moment convenu. À la porte d’un petit immeuble qui aurait bien eu besoin d’un bon coup de ravalement scintillait le panneau de laiton portant très sobrement sur quatre lignes, suivies du numéro de téléphone : « Olga B./ Psychiatre et psychanalyste/4e étage/ Sur rendez-vous. »

Quelques secondes avant l’heure dite, je sonnai à l’interphone. Au bout d’un assez long moment, il grésilla et j’entendis cette voix que j’aimais déjà prononcer un simple

« Oui ? »

qui suffit à me donner des frissons. Je m’annonçai. Sur le même ton un peu sec qui était loin de me déplaire, la voix m’ordonna :

« Montez ! »

tandis que résonnait le déclic de la serrure.

L’intérieur de l’immeuble était bien plus reluisant que sa façade. Cossu même. Grande propreté, silence, jolies appliques à espace régulier sur le mur de la cage d’escalier à dominante bleu clair, lumière douce, belles reproductions de tableaux de nu de toutes époques bellement encadrées, tapis rouge sur les marches fixé par des baguettes de laiton luisantes. Pas d’ascenseur : très bon pour les jambes et le souffle.

En ce temps-là, je gravissais un escalier comme qui rigole. Maintenant, c’est l’escalier qui se marre ! J’arrive devant la porte de Madame Olga et là, surprise, je me trouve devant une disposition des lieux que je n’avais encore jamais vue et que je n’ai jamais rencontrée depuis.

La dernière marche de l’escalier affleure le bas de la porte. Pas le moindre palier. Autrement dit, quand vous êtes sur cette dernière marche et que vous sonnez, à moins de vouloir rester le front bêtement collé à la porte et de risquer de heurter du nez la personne qui va vous ouvrir, vous redescendez de deux degrés pour attendre l’ouverture. Vous imaginez ? Vous vous sentez déjà en position d’infériorité par rapport à la personne qui va vous recevoir !

Je sonne. Pendant plusieurs secondes d’éternité qui me mettent en transe (et en sueur !), rien que du silence. Puis, j’entends enfin un claquement sec de talons sur un carrelage. Clic de la serrure. La porte s’ouvre avec une lenteur exaspérante, comme au ralenti et là, le choc !…

Je me trouve aux pieds d’une Femme plus grande que moi, littéralement à ses pieds. J’ai devant mes yeux une précieuse paire de bottines blanches à hauts talons lacées à l’ancienne mode. Je ne savais pas que les Femmes psy s’habillaient aussi sexy ! La voix qui m’émeut tant retentit.

« Vous êtes à l’heure. Sachez que j’apprécie… »

Un frisson me parcourt et je ne réponds rien. Médusé, je n’arrive pas à quitter des yeux ces bottines qui sont presque au niveau de mes yeux et qui remuent mon fétichisme soumis (ou ma soumission fétichiste), me donnant le désir quasi irrépressible de me courber sur elles pour y plaquer mes lèvres avec la force de la passion. Madame Olga m’arrache à ma sidération.

« Monsieur ?… MONSIEUR !…

Oh, pardon, Madame… »

Cloué par la stupeur, je ne bouge toujours pas. Lentement, mes regards remontent le long de la robe noire moulante, en soie ou en satin, genre chinoise, fendue le long d’une cuisse. Très jolies chevilles déliées, pied agréablement cambré, escarpins de prix, rouge sang. Quelle beauté ! Quelle prestance ! Quel air de fierté ! Ne me suis-je pas trompé de porte ? Cette Femme impressionnante, à qui je donne une petite quarantaine, ne cache-t-elle pas dans son dos une cravache, un fouet ? Ne va-t-elle pas m’ordonner :

« À genoux tout de suite, esclave ! »

Mais Madame Olga se contente de prononcer mon nom et, avec une nuance d’agacement :

« Entrez donc, Monsieur. J’ai très peu de temps à vous consacrer, vous savez… »

Je franchis les deux dernières marches, pénètre dans l’appartement derrière Madame Olga qui m’a tourné le dos.

« Fermez la porte, voulez-vous ? Sans la claquer ! »

J’obtempère sans moufter. Quel cul fantastique elle a ! Sous le fin tissu serré, ses fesses roulent l’une contre l’autre, à damner un ermite. Jusqu’ici, trop impressionné, je ne bandais pas, mais maintenant ça vient : popaul s’éveille, se redresse, demande à voir, voudrait toucher,, se fait impérieux.

Madame Olga pousse une porte à la vitre en verre dépoli et je la suis dans une toute petite pièce dont je devine qu’elle n’est pas son cabinet de consultation. L’unique fenêtre possède en ses deux tiers inférieurs des carreaux, eux aussi en verre dépoli, sans doute pour interdire la vue à l’immeuble qui fait vis-à-vis.

Madame Olga me désigne une banquette sans dossier ni accoudoirs, recouverte d’un velours vieux rouge tout râpé, sur laquelle je me pose timidement du bout des fesses, tandis qu’elle-même se laisse aller bien au fond d’un fauteuil de cuir noir, fatigué lui aussi, mais que je devine confortable et fait au corps de celle qui l’utilise.

Une idée bien de moi me traverse :

« J’aimerais être ce fauteuil ! Je me ferais aussi doux que possible sous son cul ! Je me creuserais tendrement sous ses fesses !… »

Il est déjà clair pour moi que cette Femme qui me subjugue sans aucun effort ne pourra pas être mon analyste. Elle pourrait être bien des choses pour moi, mais sûrement pas cela…

Dans un crispant crissement de collant, Madame Olga croise les jambes et je me demande comment elle y parvient si aisément avec une robe aussi moulante. La longue fente qui dévoile une partie de la jambe gauche, jusqu’à quelques centimètres au-dessus de la rotule, y est sans doute pour quelque chose.

Les genoux n’apparaissent pas mais la tension du vêtement dessine avec précision le contour des cuisses. Je peux même distinguer ce léger vallon qui se creuse en leur longueur et qui est un signe de robustesse et de fermeté des chairs.

La posture n’a rien d’indécent, au contraire, mais le contraste entre la beauté de cette Femme au port plutôt altier et ce que me suggèrent la fente sur la jambe et ce que je devine de ses cuisses (que je crois voir par transparence !) est pour moi d’un érotisme fou. Cette Femme ainsi vêtue, ainsi assise, est plus bandante que n’importe quelle miss à moitié nue. Mon érection s’est entièrement développée et mon pantalon me gêne.

Sous le regard insistant de la Dame, je n’arrive pas à prendre la parole. J’ai la gorge nouée et l’impression que ma langue a gonflé et emplit ma bouche desséchée.

« Et si vous me disiez maintenant, ce qui vous amène, jeune homme… »

Je tente d’expliquer à Madame Olga les raisons de ma déprime, mais je ne suis pas dans mon état normal, je ne pense pas vraiment à ce que je dis et surtout je n’y crois même plus, je bredouille, je sais que je suis plus confus que je ne l’ai jamais été. Je n’ai plus qu’un rêve en tête : me soumettre à cette Femme, tomber à ses pieds, lui lécher ses si jolies bottines, faire ses quatre volontés, la servir de mon mieux, lui donner avec ma langue (car je n’ose pas m’imaginer en train de la pénétrer) tout le plaisir qu’elle exigera, devenir son esclave.

Je suis conscient que de telles pensées sont totalement ineptes, car une psy ne peut pas se livrer à ce genre de jeu tordu, typiquement masculin.

« Tout cela ne me semble pas très clair, je dois l’avouer, et je lis un certain désarroi en vous », m’interrompt Madame Olga qui ajoute aussitôt : « Si nous sommes amenés à nous revoir, nous tâcherons ensemble d’éclairer un peu tout ça, mais pour aujourd’hui, nous en resterons là car je dois partir dans quelques minutes pour l’opéra Bastille ». (Ah, la voilà donc, l’explication de la tenue peu orthodoxe !)

Et là, je sais que je ne verrai jamais cette Femme en tant que patient, et je fais cette chose stupéfiante dont je n’aurais jamais cru capable ma timidité maladive devant les Dames.

Je me lève sans rien dire, fais les deux pas qui me séparent de Madame Olga et m’agenouille devant elle, en tenant mes yeux baissés.

Je m’attends à une réaction du genre :

« Mais qu’est-ce que cela signifie ? Relevez-vous, voyons ! Ne soyez pas ridicule ! Cessez cette mascarade !… »

Mais pas du tout. Madame Olga ne dit rien, Madame Olga ne sursaute pas, Madame Olga reste parfaitement immobile. Madame Olga me laisse prostré à ses pieds et je suppose qu’elle se penche sur moi. Quel contrôle de soi ! Puis, je sens qu’elle pose une main sur ma tête et vois qu’elle avance vers moi un pied que la bottine blanche rend irrésistible pour un fétichiste dans mon genre.

La paume appuie sur mon crâne et je comprends l’ordre muet que me donne Madame Olga. Je me courbe, j’achève de me prosterner, j’écrase avec avidité mes lèvres sur le cuir blanc, je ne recule pas devant l’âcreté du produit d’entretien dont il est imbibé. Et j’entends, avec un tutoiement qui me ravit :

« Dès que je t’ai vu à ma porte, incapable de regarder autre chose que mes pieds, j’ai su que tu es un soumis. Et moi, bien que j’aie fait une longue analyse et que je sois devenue psy, je n’ai jamais pu me défaire d’un goût prononcé pour cette domination féminine qui constitue le fond principal de ma sexualité… Bien entendu, je ne pourrais en aucun cas t’accepter comme patient car nous ne pourrons plus avoir une relation neutre, mais des rapports… de Dominatrice à soumis. En revanche, si tu es tenté de poursuivre dans cette voie, comme je le suis moi-même, nous pourrions nous ménager, pour notre plaisir commun, des rencontres au cours desquelles je te dominerais à ma façon. Tu m’as bien entendue ? J’ai dit à ma façon et non à la tienne car je ne serai pas là pour satisfaire tes fantasmes mais pour tirer de toi tous les plaisirs que je voudrai et t’imposer ce qui me plaira. Qu’en penses-tu, jeune homme ? »

J’en pensais que j’étais d’accord et le dis à Madame Olga.

« Tu es libre ou tu vis avec quelqu’un ?
Je vis seul et les quelques parents qui me restent sont en province.
Parfait ! Mais donne-moi poliment du « Madame » quand tu me réponds. C’est entendu ?
Oui, Madame, pardonnez-moi…
Je pourrai te joindre facilement au téléphone ?
Oui, Madame.
Et tu pourras te libérer aisément quand je voudrai t’avoir à moi ?
Oui, Madame. Je vous mettrai par écrit tous mes créneaux de disponibilité.
J’y compte bien !… Bon ! Je crois que tu me conviens et je pense que nous allons pouvoir nous entendre. Pourras-tu revenir me voir lundi soir, à partir de dix-sept heures. Nous mettrons tout cela au point.
Bien sûr, Madame, avec grand plaisir.
Alors, baise mes bottes et va-t’en vite, je t’ai assez vu !…

***
C’est ainsi que je suis devenu le larbin sans gages de Madame Olga.

La première fois où je l’ai revue, ce fameux lundi soir, elle a commencé par me faire signe de me mettre à genoux à ses pieds et m’a annoncé, en lissant sur ses cuisses sa longue robe de satin noir :

« Ceci ne va peut-être pas te plaire, mais moi, ce que je recherche avant tout, c’est un domestique dévoué, silencieux, effacé et efficace qui ne me coûte rien car je suis quelqu’un qui gagne très bien sa vie, mais qui ne gaspille pas son argent. Il va donc falloir t’habituer à bien faire le ménage, la vaisselle et la lessive (y compris à la main celle de mes dessous et de mes affaires délicates), à bien t’occuper de toutes mes chaussures et à apprendre ce que tu ne sais pas faire, la cuisine ou le repassage par exemple, et même la couture… S’il le faut, je te ferai prendre des cours… à tes frais bien entendu. Il te faudra aussi acquérir les notions de base pour me masser les pieds, les jambes, tout le corps, et te perfectionner peu à peu dans ce domaine. Petit à petit, je te formerai à me rendre d’autres services comme m’assister au bain, me brosser les cheveux, me chausser et déchausser, m’aider à m’habiller et me dévêtir, me servir à table, m’apporter le petit déjeuner au lit lorsque la veille au soir je t’aurai gardé auprès de moi, être mon chauffeur quand je n’aurai pas envie de conduire, m’accompagner en lèche-vitrines pour me servir de porte-paquets, m’ouvrir et me tenir portes et portières, etc., etc. Bref, tu devras te charger de tout ce qui est susceptible de m’apporter un peu plus de repos, de bien-être et de confort. As-tu des remarques ou des questions… esclave ? »

Tout rougissant, estomaqué et ensoleillé par le mot « esclave », sur lequel Madame Olga avait légèrement hésité mais qui visiblement lui plaisait autant qu’à moi, je répondis que je n’en avais aucune, que tout était clair.

« Et tu acceptes tout ce que je viens de dire ? »

Je murmurai faiblement que oui.

« Alors, courbe-toi et pose ton front au sol ! »

J’obéis instantanément mais aussi rapidement que je me fusse exécuté, j’eus le temps de voir s’envoler les deux pieds de Madame Olga, chaussés ce soir-là de très élégants escarpins rouges à hauts talons, lesquels vinrent littéralement se planter dans ma nuque, en pointes de brûlante douleur.

Puis, au bout d’un long moment pendant lequel je sentis Madame Olga penchée sur moi, observant mes réactions, les pieds me libérèrent.

« Redresse-toi, esclave, mais reste à genoux. (J’obéis.) Parmi tes tâches auprès de ma Personne, tu auras de temps à autre celle de me faire jouir par du service oral. Tu considéreras cela comme un honneur et une faveur rares. Et jamais, tu n’espéreras me « connaître » autrement qu’avec tes doigts, tes lèvres, ta langue… et à la rigueur avec des substituts phalliques et des jouets sexuels… Mais es-tu seulement « bonne langue », esclave ? Sais-tu te servir de ta bouche pour réjouir une Femme ?
Plusieurs Dames m’ont dit que oui, Madame… et bien souvent, elles n’ont voulu rien d’autre de moi !
Eh bien, je vais vérifier tout de suite si elles avaient raison ! »

Là-dessus, Madame Olga, tout en soulevant d’une main l’ourlet de sa robe noire au-dessus du cerne encore plus noir de ses bas (qui fait un admirable contraste avec sa peau crémeuse que strient des jarretelles rouges, larges, festonnées et bien tendues), me fait signe de son autre main de glisser ma tête dessous. Puis, lorsque j’ai le visage engagé entre ses genoux ronds, elle rabat tranquillement sur moi son vêtement soyeux et crissant, me faisant disparaître sous elle. De l’extérieur, on ne doit voir que mes mollets et mes pieds. C’est ce que doit regarder Madame Olga dans le grand miroir mural que j’ai remarqué, et sans doute savoure-t-elle cette pose triomphale…

Pénombre odorante. Crissement ténu de ma barbe naissante contre le Nylon des bas. Puis doux contact des cuisses qui se referment sur mes joues. Lente et émouvante montée vers la vulve dont la senteur aigre-douce s’affirme. Mon exaltation grandissante. Mon infini respect. Mon infini bonheur. Mes mains qui tremblent. Mon corps tout entier qui tremble. Mes paumes timidement posées sur la tendreté des cuisses…

Et puis, tout soudain, le contact de mon nez, de mes lèvres avec la chaleur enivrante du Sexe Féminin que je trouve déjà tout humecté. Sentiment de crainte. Peur d’être insuffisant, maladroit. Main de Madame Olga qui se pose sur mon crâne à travers la robe. Son derrière ferme qui se soulève un instant et mon réflexe (que d’autres Femmes ont instillé en moi à force de remarques et de réprimandes) de glisser vite sous les fesses, avant qu’elles ne retombent, mes paumes ouvertes…

J’ai léché Madame Olga. J’ai sucé Madame Olga. J’ai tété avec précaution son clitoris bien décapuchonné, offert à l’extrémité vivace de ma langue. J’ai lapé le bon jus de Madame Olga. J’ai subtilement caressé du gras de mon médius l’anus de Madame Olga, sans chercher à le pénétrer. Et, pour finir, j’ai eu le bonheur de faire jouir Madame Olga et la satisfaction de l’entendre crier sa joie.

***
Madame Olga m’a repoussé de sous sa robe, d’entre ses jambes, mais par respect, je suis resté agenouillé, les yeux fixés sur ses pieds qui tapotaient le plancher.

« Je dois reconnaître que tu m’as surprise, esclave ! Pour un début, ce n’était pas mal du tout ! Tu m’as sucée et léchée presque aussi bien qu’une Fille. Et même mieux que certaines d’entre elles. J’ai senti que mon plaisir était très important pour toi, que rien ne comptait davantage pour toi, et c’était vraiment agréable. Tu t’oubliais complètement. Tu avais beau être dans une situation pas très confortable, tu ne pensais qu’à moi. Tu n’avais qu’un but : me donner mon plaisir. Et je savais que tu aurais été malade de ne pas réussir à me faire jouir. C’était formidable comme impression, très valorisant… Je pensais que j’étais devenue la Femme la plus puissante du monde ! Je me disais : « Ce pauvre type ne demande rien pour lui. Il n’attend rien de moi que le privilège d’être serré entre mes cuisses et de tenter de me satisfaire. Mon Plaisir Féminin est tout ce qui l’intéresse. Arrange-toi donc pour te l’asservir durablement, pour te le garder rien qu’à toi. Des mecs comme lui, il n’y en a pas beaucoup ! Il FAUT qu’il t’appartienne !… » Et plus je réfléchissais ainsi, plus je sentais la Volupté croître en moi, m’envahir tout entière. Je sentais en même temps tes lèvres téter mon clitoris, ta langue s’agiter dans mon vagin, ton gros doigt caresser mon cul et je ne savais plus d’où je jouissais pour la bonne raison que je jouissais de partout à la fois ! (Un temps de silence. Madame Olga s’est penchée et passe ses doigts dans mes cheveux.) Ah oui, au risque de te rendre trop prétentieux, je peux te dire que tu as brillamment réussi ton examen et que maintenant je veux VRAIMENT que tu deviennes mon esclave ! (Nouveau silence. Les doigts de Madame Olga s’entortillent dans mes cheveux, les tiraillent sans ménagement, comme si elle voulait me faire mieux sentir son pouvoir.) Mais ne te prends quand même pas la grosse tête ! Tu as encore beaucoup à apprendre pour me satisfaire entièrement. D’abord, tu veilleras désormais à mieux te raser. J’ai trop senti les poils agaçants de ta barbe contre mes cuisses si fines, si délicates, si précieuses ! Je veux que tu connaisses vraiment le feu du rasoir, que tes joues soient aussi douces que le cul d’un bébé ! Talque-les s’il le faut !… Mais enfin, comme je suis certaine de te faire progresser assez vite car je devine que ton fond est bon et que tu es un esclave né comme les Femmes en trouvent encore trop peu, je veux bien tenter l’aventure de t’accepter comme serviteur personnel… Bien que tu n’aies qu’une cervelle très limitée de mâle, te sens-tu capable de retenir trois lignes et de les réciter ?
Oui, Madame, je crois….
Alors, écoute-moi bien ! Je vais aller lentement pour te laisser le temps d’assimiler et ensuite tu répèteras sans te tromper : « Maîtresse Olga… Je serai désormais… votre très humble et obéissant esclave… Je ferai ce que vous voudrez… et vous servirai de mon mieux… quoi que vous puissiez exiger de moi.  » À ton tour, esclave ! »

Je répétai sans erreur cet engagement, dans lequel j’utilisais pour la première fois le mot « Maîtresse » qui, dès ce moment, m’est devenu si familier, et depuis maintenant six ans, je me tiens strictement et fidèlement à cette solennelle promesse.

***
En fait, je me suis arrangé pour être libre tous les soirs et tous les week-ends. Ma belle Psy occupe maintenant toute ma vie, même si je reste des soirées entières sans recevoir de ses nouvelles, à attendre qu’elle me sonne, à tourner en rond et à me ronger les ongles sans pouvoir rien faire, pas même regarder la télé, et encore moins lire. Plus le temps passe, plus je me dis avec une certaine anxiété que je vais trouver chez ma Maîtresse une masse de travaux en retard, mais ce n’est pas cela qui m’angoisse, seulement l’absence d’Elle et le désir de la servir.

Je me demande qui a la chance d’être en compagnie de Maîtresse Olga, ce qu’elle fait, ce qu’ils font, et la jalousie, le dépit, l’impatience me torturent.

Heureusement, elle me sonne quand même souvent car je crois qu’elle non plus ne peut plus se passer très longtemps de son esclave !

Très vite, ma Maîtresse a tenu à contrôler la totalité de ma sexualité et m’a imposé le port d’une cage de chasteté.

« S’il m’est une idée absolument insupportable, c’est celle que tu puisses te branler en mon absence… même si c’est en pensant à moi, en imaginant mon corps… et en reniflant une de mes petites culottes volées… Tu vois, je sais tout de tes vices !…

Le visage levé vers celui de ma Maîtresse, suspendu à ses lèvres, je suis agenouillé à ses pieds en cette posture qui m’est devenue spontanée en sa présence. Elle me caresse machinalement la tête et je trouve cela infiniment doux. Je comprends ce que ressent un chien que sa Maîtresse câline. Madame Olga me sourit et reprend :

« J’avoue être follement possessive, follement jalouse de mes moindres prérogatives. Alors que dans mon métier, je sais garder un contrôle absolu de moi-même, dans la vie intime, il en va autrement. Si l’on me contrarie un tant soit peu, je me fâche aisément. Tu en feras l’expérience et alors tu seras certainement puni, y compris physiquement. (Voyant mon air inquiet, Madame Olga sourit de nouveau. Elle passe une main à ma nuque et attire ma bouche contre ses genoux que je baise à tour de rôle, avant qu’elle me repousse.) Non, ne t’affole pas si vite, espèce de pleutre ! Je serai exigeante, certes et toujours sévère, mais ni sadique ni cruelle. Ce n’est pas ta souffrance que je chercherai mais ta docilité, ta soumission, ton obéissance… ma tranquillité absolue. (Rêveuse, Madame Olga lève les yeux au plafond. Elle semble réfléchir à ce qu’elle vient de dire.) Pourtant, je me demande… Enfin, je ne sais pas trop… Il se pourrait que si ta peur et ta souffrance m’apportaient un surcroît de plaisir et de contentement, je ne résisterais pas longtemps à l’envie de te tourmenter. Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous parlions de ta chasteté… »

Des cages de chasteté, Madame Olga m’en a fait porter plusieurs modèles, dont certaines très pénibles à supporter longuement (notamment une qui comportait des picots internes, vraiment douloureuse à l’érection). Je n’ai pas trop osé me plaindre mais, à de certaines marques, voire menues blessures, ma Maîtresse s’est rendu compte que ces cages ne me convenaient pas. Très récemment, elle a donc eu la gentillesse de m’autoriser à me payer une nouvelle création, la Dickcage, très efficace et en même temps très agréable à porter car faite de silicone souple.

Maîtresse Olga n’a d’ailleurs pas exagéré sur le chapitre de la chasteté car, chaque fois qu’elle m’appelle auprès d’elle, la première chose qu’elle fait, lorsque j’ai fini de lui rendre mon hommage prosterné par un tendre baisement de ses pieds, elle me débarrasse de cette coque et vérifie de près l’état de ce qu’elle nomme mon « attirail ».

Mieux : en dépit de son avertissement initial (« Jamais, tu n’espéreras me « connaître » autrement qu’avec tes doigts, tes lèvres, ta langue… ») , il est assez souvent arrivé que Maîtresse Olga, en proie à un impérieux besoin sexuel, me permette de pénétrer son intimité.

« Tu n’es que modestement membré, esclave, mais je vois que dès que tu te trouves en ma présence, le devant de ton short d’intérieur se gonfle toujours de prometteuse façon et que tu me désires avec constance. Je serais bien bête de ne pas profiter d’une aubaine pareille ! Non seulement j’aurai ainsi à ma disposition un serviteur dévoué et efficace, mais aussi un esclave sexuel ! Qu’est-ce qu’une Femme comme moi peut espérer de mieux, je te le demande !… Naturellement, sauf avis contraire, car il peut m’arriver de vouloir faire l’amour sans attendre, tu ne négligeras pas les longs préparatifs digitaux et oraux pour lesquels tu es si doué, que j’apprécie tant et qui me mettent en condition d’avoir de beaux orgasmes. Tu penseras aussi à te couvrir soigneusement, avec des préservatifs de haute qualité, bien lubrifiés. Et surtout… surtout, tu ne te permettras pas de te vider avant que je t’en aie donné la permission. J’ai horreur que le simple mâle que j’utilise pour mon plaisir jouisse avant moi. Et, à la vérité, je préférerais que tu ne jouisses pas du tout car j’adore être la seule à connaître le plaisir… Mais il ne faut pas trop demander et je suis une personne raisonnable et pondérée. Je te demanderai seulement, malgré la capote, d’attendre pour te laisser aller que je t’aie éjecté hors de moi, après que j’aurai bien joui, si possible plusieurs fois de rang… »

Pour ce qui est des punitions, j’en reçois peu car je fais très attention à bien écouter ma Maîtresse et à bien exécuter ses ordres. Bien sûr, il m’arrive d’être maladroit, d’être coupable d’un oubli, de commettre une erreur ou encore de me mettre en retard, surtout quand je suis resté plusieurs jours sans avoir été convoqué et que je ne sais plus où donner de la tête…

Si elle est de bonne humeur, par exemple si j’ai déjà réussi à lui procurer un bon orgasme et a fortiori plusieurs, Maîtresse Olga, quand elle constate une infraction ou un relâchement, se contente de me sermonner. En revanche, si elle est ronchon, elle n’hésite pas à me châtier. Elle ne possède qu’une cravache d’équitation (monter est son délassement préféré) et elle ne s’en sert guère sur moi. Quand elle pense indispensable de le faire, elle s’en tient à une relative modération. Certes, elle me zèbre le torse, le dos, les cuisses et les fesses, selon les parties de mon corps qui s’offrent à elle, mais rarement, très rarement jusqu’au sang. En deux ou trois jours, les marques de ma punition s’effacent.

***
Un soir, après que ma langue eut réussi à donner à Madame Olga plusieurs de ces jouissances consécutives, d’une intensité et d’une durée variables, qu’elle nomme « mes orgasmes en plateau », et qui se succèdent pendant un assez long temps, tandis que je continue à la lécher et la sucer en essayant d’adapter mes caresses à ses réactions corporelles et à ses injonctions que j’entends parfaitement bien qu’elles soient à peine susurrées (« Plus doucement !… Plus vite !… Ralentis !… Plus fort !… »), Maîtresse Olga, en récompense, me dit :

« C’était vraiment extra ! Mets-toi à genoux devant moi, branle-toi et décharge sur mes bottines, mais magne-toi !… »

C’étaient les fameuses bottines blanches à lacets du premier jour. Tout attendri, éperdu de reconnaissance, formidablement excité et maintenu en manque total de jouissance depuis des semaines, je ne fus pas long à me répandre d’abondance sur le cuir blanc, en gémissant de bonheur. Puis, quand j’eus, selon notre cérémonial, achevé de lécher les dernières gouttes de mon sperme, je me redressai sur mes genoux et une phrase jaillit malgré moi de mes lèvres, me surprenant moi-même :

« Je vous aime, Maîtresse ! »

Je vis nettement sursauter Madame Olga. De l’émotion et de la tendresse voilèrent ses beaux yeux et elle me fit un radieux sourire. Je fus certain qu’à sa manière elle me disait :

« Moi aussi, je t’aime, esclave ! »

Au lieu de quoi, j’entendis :

« Esclave, tel que tu es devenu, je crois que te posséder comme moi je te possède maintenant ferait plus de bien à toute Femme que n’importe quelle analyse… »

Jamais de ma vie je n’ai reçu pareil compliment, jamais je ne me suis senti aussi fier de moi. Et j’ai pensé, tout en me prosternant et en murmurant « Merci, Maîtresse ! » :

« Oui, mais à moi, c’est l’Analyste qui me fait du bien ! »

slavio63, septembre 2012
(*) La gent (voir dictionnaire) féminine domine la gent masculine et compte nombre de gentes (voir dictionnaire) dames et gentes demoiselles !

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