Gazette 446 : Québec

Nous reproduisons ci dessous un article très intéressant publié le  6 août 2013 sur le site québécois Canoe.ca et signé par Mélodie Nelson.
Bien évidemment cet article n’a aucunement la prétention de faire le tour de la question, mais sa présentation et son propos tranche tellement avec le politiquement correct ambiant qu’il nous a paru salutaire de le recopier sur notre site.


Pervers. Laids. Plus vieux que Grand-Papa. Exploiteurs de pauvres demoiselles en détresse. C’est ce que plusieurs personnes pensent erronément des clients des travailleuses du sexe, les insultant et souhaitant même les envoyer en prison dès qu’ils tendent un billet en espérant un moment privé entre eux, une femme et un condom.

Parfois, je crois que les clients sont plus stigmatisés que les escortes et que les danseuses. Pourtant, ils sont supers importants : sans eux, pas de loyer payé et de manucures pour les travailleuses du sexe.

La semaine dernière, j’ai invité des clients à se confier. À ma grande joie, quelques hommes m’ont fait suffisamment confiance pour me raconter leurs expériences avec des masseuses, des danseuses et des escortes. Qu’ils appellent des escortes simplement pour jouir ou qu’ils visitent une dominatrice pour réaliser des fantasmes trop difficiles à faire accepter à leur épouse, les clients ont beaucoup de choses à révéler, dévoilant à quel point la sexualité est importante au quotidien et que les façons de satisfaire un désir de sensualité sont multiples.

Clients de masseuses

«Je vais à l’occasion voir une massothérapeute pour un massage thérapeutique. Ça me fait du bien au niveau musculaire, mais aussi parce que je me fais toucher. Je vais aussi à l’occasion dans les salons de massages érotiques, pour le côté sensuel. Je vais chercher ce qui me manque dans mon couple. Je suis en couple depuis dix ans, avec deux enfants. Je ne me sens pas coupable. J’ai plusieurs fois discuté de notre sexualité avec ma conjointe et elle ne semble pas comprendre mes besoins. Je lui ai déjà payé un massage sensuel et un autre massage tantrique, afin de lui faire découvrir son côté plus sensuel. La vie passe vite et je ne veux pas me dire plus tard j’aurais donc dû.»

«J’ai développé une dépendance aux narcotiques opiacés dans le cadre de mon travail. Ça a précipité ma perte d’emploi et ma rupture amoureuse. Je suis un homme de quarante ans, ni riche, ni pauvre, de la classe moyenne. Selon moi, je suis un homme de belle apparence, intelligent, sociable, respectueux, mais certainement pas parfait. Ça fait maintenant deux ans que je suis sobre. J’ai décidé de vivre pour moi, d’être à l’écoute de mes besoins. Le goût de rencontrer une nouvelle femme est maintenant présent, mais j’ai peu d’occasions de rencontrer des femmes. J’ai commencé à aller dans un salon de massages pour combler mon manque d’affection. J’aime être en présence d’une femme, avec qui je peux bavarder, avoir un moment de tendresse, d’affection… C’est aussi pour pouvoir regarder la beauté d’une femme, la toucher et me faire toucher… C’est comme si je vivais un moment d’estime de soi positif, car j’ai moins confiance en mon pouvoir de séducteur qu’avant. J’ai l’impression d’avoir perdu la touche tellement ça fait longtemps, donc en allant dans un salon, j’ai l’impression de redevenir un homme.»

«Avant que je ne sois en couple, je voyais quelques fois par année une masseuse chinoise. J’aimais le côté affectif de la chose, elle me sautait dans les bras quand on se voyait, elle m’embrassait (avec la langue) pendant qu’elle me branlait…»


Clients de danseuses

«J’y vais en couple ou en gang. Je trouve ça drôle quand les danseuses passent près de notre table et nous assomment de leurs boules. Je n’irais pas seul. Pour moi, aller aux danseuses, c’est une sortie le fun à faire en gang.»

«Je suis allé une fois avec ma femme aux danseuses, on s’est payé une danse contact, c’était vraiment trippant. La danseuse laissait à ma blonde beaucoup plus de libertés qu’à moi, mais je m’en suis mis plein la vue et j’ai eu la totale en arrivant à la maison.»


Clients d’escortes

«Je vois des escortes dans des hôtels ou chez elle. Ça fait un mois que je ne suis plus avec ma femme et j’ai des besoins sexuels à combler. C’est plus simple d’aller avec une escorte que de sortir dans des bars.»

« Je vois des escortes pour me sentir moins gêné par les femmes. Je suis assez timide et les femmes me gênent. J’apprends à être bien en leur compagnie et avec leur corps nu grâce aux escortes.»

«J’utilise le service d’escorte de temps à autre pour combler quelques fantasmes, car ma femme ne s’intéresse pas à ce genre de choses et ne s’est jamais soucié que ça me fasse plaisir ou non. Je ne suis pas gêné de demander à une escorte de porter certains vêtements… Si je demandais à ma femme, elle me trouverait pervers ou déplacé…»

«Avec une escorte, c’est agréable de découvrir un nouveau corps, de nouvelles sensations… Tout reste discret et avoir des relations secrètes est également un fantasme en soi. Il faut faire attention par contre, il faut choisir la bonne, car elles n’aiment pas toutes autant leur travail. Il y a souvent déception. J’ai utilisé les services d’une trentaine d’escortes différentes au cours des vingt dernières années, des plus jeunes (dix-huit ans minimum) aux plus âgées (cinquante-cinq ans) et j’ai vraiment été satisfait qu’à quatre ou cinq reprises seulement.»

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